Interview imaginaire

Dialogue imaginaire entre Lạc Long Quân et Âu Cơ

par Charactorium · Âu Cơ (2825 — 2520) · Mythologie · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

C'est sur les hauteurs de Phong Châu, là où le brouillard des montagnes du Nord se dénoue au petit matin, que Lạc Long Quân remonte des eaux pour retrouver Âu Cơ. L'air sent la terre humide et les feuilles froissées ; au loin, on entend le clapotis d'une rivière qui descend vers la mer. Ils ne se sont pas parlé depuis le partage de leurs cent fils, et le seigneur-dragon vient, non pour reprendre la querelle, mais pour comprendre celle qui fut sa compagne. Elle l'attend assise sur un rocher plat, une brassée d'herbes séchées posée sur ses genoux.

Âu Cơ, te souviens-tu du jour où je suis venu à ta grotte, changé en jeune homme, entouré de mes musiciens ?

Comment l'oublierais-je, toi qui as fait surgir un palais du néant devant mes yeux ? Je vivais recluse dans cette grotte des montagnes du Nord, loin du monde, et je te croyais un simple voyageur égaré. Puis la musique a empli la vallée, et cette demeure merveilleuse s'est dressée là où il n'y avait que la pierre et la mousse. J'ai compris alors que tu n'étais pas un homme ordinaire, mais un seigneur des eaux. Ce n'est pas ta beauté qui m'a retenue — c'est que tu m'as tirée de ma solitude sans me forcer. Je t'ai suivi au palais de Long Đài de mon plein gré, curieuse de ce peuple des profondeurs dont je ne savais rien.

Ce n'est pas ta beauté qui m'a retenue — c'est que tu m'as tirée de ma solitude sans me forcer.

Quand tu as porté ce sac unique au lieu d'enfants, j'étais loin, au Royaume des Eaux. Qu'as-tu ressenti en le découvrant ?

La peur, d'abord — je ne te le cacherai pas. J'attendais des enfants, et j'ai mis au monde un unique sac gonflé de cent œufs. J'y ai vu un mauvais présage, et dans mon effroi je l'ai abandonné dans un champ, croyant conjurer le malheur. Puis, au sixième ou septième jour, le sac s'est ouvert de lui-même : cent garçons en sont sortis, droits et vigoureux, grandissant sans que j'aie besoin de les nourrir au sein. J'ai su alors que je m'étais trompée sur le présage. Ce que j'avais pris pour une malédiction était le commencement d'un peuple. Tu n'étais pas là pour le voir, mais crois-moi : nul ventre humain n'a jamais rien porté de tel.

Ce que j'avais pris pour une malédiction était le commencement d'un peuple.

On dit ici que tu parcours les vallées pour soigner les malades. Toi, une Tiên des montagnes, guérisseuse des humbles ?

Je suis née des hauteurs, du peuple des montagnes, et les plantes me parlent comme l'eau te parle à toi. Le matin, je monte les sentiers avec ma brassée d'herbes, et je m'arrête auprès de ceux que la fièvre tient couchés. L'après-midi, je continue de vallée en vallée ; nul village n'est trop pauvre pour mériter mes soins. C'est ma nature de Tiên : non pas régner, mais veiller. Certains racontent que je puis me couvrir d'un vêtement de plumes et m'élever comme un phénix pour fuir le danger. Peut-être. Mais mon vrai pouvoir n'est pas de m'envoler — il est de me pencher sur un malade et de le relever.

C'est ma nature de Tiên : non pas régner, mais veiller.

Nos natures s'opposaient, toi de la montagne, moi des eaux. Quand nous nous sommes retrouvés en terre de Tương, m'en as-tu voulu ?

Oui, et tu le sais — je te l'ai dit sans détour. Tu étais reparti si longtemps au Royaume des Eaux que nos fils et moi nous languissions du Nord. Je t'ai reproché de m'avoir laissée seule, de n'avoir pas élevé nos enfants avec moi. Mais en te revoyant à Tương, j'ai compris que ce n'était pas de la cruauté : le dragon ne peut vivre longtemps sur la terre ferme, ni la fée dans les abîmes. Nos natures étaient l'eau et le feu. Alors nous avons choisi, non de nous haïr, mais de nous partager. Ce fut la décision la plus lourde de ma vie, et pourtant la plus juste.

Nous avons choisi, non de nous haïr, mais de nous partager.

Cinquante fils m'ont suivi vers la mer, cinquante t'ont suivie vers les monts. Comment as-tu vécu cette séparation de nos enfants ?

Comme on vit une déchirure que l'on sait nécessaire. Nous avons compté nos cent fils et nous les avons répartis en deux moitiés : cinquante descendant avec toi vers les rivages, cinquante montant avec moi vers les hauteurs. J'ai gardé les miens et je me suis établie à Phong Châu, où l'air me ressemble. Je ne pleure pas les cinquante partis vers la mer — ils sont ta part, et par eux ton sang veille sur les eaux. Ce que je veux qu'ils retiennent, tous les cent, c'est qu'ils sont sortis du même sac, nés du même œuf. Séparés par les monts et les flots, ils demeurent un seul peuple.

Séparés par les monts et les flots, ils demeurent un seul peuple.

Notre fils aîné est resté avec toi à Phong Châu. Qu'attends-tu de lui, maintenant qu'il porte le titre de Hùng Vương ?

J'attends qu'il soit digne des deux sangs qui coulent en lui : le tien, du Dragon, et le mien, de la Fée. Je l'ai vu grandir parmi ses frères, et c'est vers lui que les autres se tournaient déjà. Il a été intronisé sous le nom de Hùng Vương, et il fonde en ces terres le royaume de Văn Lang — le premier de notre lignée. Ce n'est pas une couronne que je lui ai donnée, mais une origine. Que ses descendants sachent toujours d'où ils viennent : d'un dragon des eaux et d'une fée des montagnes. Tant qu'ils s'en souviendront, ils resteront frères, et aucun ennemi du Nord ne les brisera.

Ce n'est pas une couronne que je lui ai donnée, mais une origine.

Toi qui es le Dragon et moi la Fée — crois-tu que nos enfants garderont mémoire de cette double origine, après nous ?

Je le crois, et je le veux de toutes mes forces. Nos fils diront un jour qu'ils sont enfants du Dragon et de la Fée, et cette parole les tiendra ensemble mieux que n'importe quelle frontière. Regarde-nous : nous nous séparons, et pourtant nous ne nous renions pas. C'est cela l'héritage — non pas un royaume qui s'agrandit, mais une mémoire qui ne se perd pas. Quand mes cinquante fils des montagnes croiseront tes cinquante fils de la mer, qu'ils ne se voient pas en étrangers mais en frères d'un même sac d'œufs. Si l'on m'élève un jour un temple ici, en pays de Phú Thọ, que ce soit pour rappeler cela : une même mère, un même père, un même sang.

Une même mère, un même père, un même sang.

Avant que je ne t'emmène à Long Đài, tu vivais seule dans ta grotte. Regrettes-tu parfois cette solitude des montagnes ?

Il m'arrive de la regretter, oui. Dans ma grotte, je ne devais rien à personne ; le silence des sommets était mon seul compagnon. Mais je n'échangerais pas ce que j'ai vécu contre cette paix-là. Cette grotte était un refuge — Long Đài fut une révélation. J'y ai découvert un peuple, un époux, puis cent fils. Aujourd'hui encore, quand je regagne les hauteurs de Phong Châu, je retrouve un peu de cette solitude d'autrefois, mais habitée cette fois par la présence de nos enfants. La montagne reste mon monde. Simplement, je n'y suis plus seule, et c'est toi, seigneur des eaux, qui m'as appris qu'on pouvait aimer sans cesser d'être soi.

Cette grotte était un refuge — Long Đài fut une révélation.

Nos cent fils grandissaient sans être nourris, sortis d'un même sac. Y as-tu vu un signe, à l'époque ?

Sur le moment, j'étais trop saisie pour y lire un signe — je regardais ces cent garçons se dresser sans pleurs ni faim, et je ne comprenais pas. Ce n'est qu'ensuite que le sens m'est apparu. Un ventre ordinaire donne un enfant, parfois deux ; le nôtre a donné un peuple entier d'un seul jet. Ce sac unique disait que tous nos fils étaient égaux, issus de la même origine, sans aîné qui vaille plus qu'un cadet par le sang. Voilà pourquoi je tiens tant à ce qu'ils ne se divisent jamais vraiment. Le sac aux cent œufs n'était pas un présage funeste, comme je l'ai cru dans ma frayeur : c'était la promesse d'une fraternité que ni la mer ni la montagne ne devraient rompre.

Notre ventre a donné un peuple entier d'un seul jet.
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Pour aller plus loin

Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Âu Cơ. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.