Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Beaumarchais

par Charactorium · Beaumarchais (1732 — 1799) · Lettres · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

C'est dans un salon parisien, au printemps 1778, que Voltaire — revenu dans la capitale après vingt-huit ans d'absence et porté en triomphe — reçoit le jeune Beaumarchais. Les bougies font luire les dorures, et sur une table reposent les épreuves d'une comédie nouvelle, encore raturées. Le vieux philosophe connaît de réputation ce fils d'horloger devenu la coqueluche des tribunaux et des théâtres. Il l'observe avec la curiosité gourmande de celui qui flaire un esprit de sa trempe.

On me dit, mon cher Caron, que vous fûtes horloger avant les lettres. Comment passe-t-on de l'atelier paternel à la cour du roi ?

Vous touchez juste, Voltaire : tout commence à l'établi. À vingt et un ans, j'imaginai un nouvel échappement pour les montres, plus précis que tout ce qu'on connaissait. L'horloger Lepaute voulut s'en parer comme d'une plume volée ; je portai l'affaire devant l'Académie des sciences, qui me donna raison en 1754. Voilà ma première bataille — et j'y pris goût. Le roi me fit horloger de la cour, puis la harpe acheva l'ouvrage : j'enseignai cet instrument aux filles de Louis XV, et l'on m'écouta à Versailles, moi, le fils d'artisan. En 1761, j'achetai une charge de secrétaire du roi qui me fit gentilhomme. Un mécanisme d'horloge m'aura donné l'heure de ma propre fortune.

Un mécanisme d'horloge m'aura donné l'heure de ma propre fortune.

Vous voilà gentilhomme par charge, non par naissance. Les grands seigneurs vous le pardonnent-ils, à vous qui sentez encore l'atelier ?

Me le pardonner ? Ils me le font payer chaque jour, Voltaire. Pour eux je reste le petit Caron, l'homme qui sent l'huile de montre sous la dentelle. Mais qu'ont-ils fait pour mériter leurs titres, sinon se donner la peine de naître ? J'ai dû tout conquérir : mon nom, ma fortune, mon rang. Cette morgue des privilégiés, je la garde en mémoire, et croyez bien qu'elle nourrit ma plume mieux que toute l'encre du monde. Quand on m'a méprisé à la cour, j'ai appris à rendre coup pour coup — non avec l'épée, mais avec l'esprit, qui blesse plus profond et ne se lave jamais. Le mépris des grands aura fait de moi un meilleur écrivain qu'aucune académie.

Vous savez que j'ai consacré des années à laver l'honneur des Calas. Vous-même, dans l'affaire Goëzman, avez fait du tribunal une scène. Racontez.

Ah, Voltaire, vous qui avez crié pour les Calas, vous me comprendrez mieux que personne ! On m'avait dépouillé, calomnié ; le juge Goëzman réclamait jusqu'à des étrennes pour daigner m'entendre. Plutôt que de plier, je publiai quatre Mémoires où je pris l'opinion à témoin. J'y écrivis : on m'attaque dans ma fortune, dans mon honneur, et c'est moi que l'on traîne devant les tribunaux ! Tout Paris s'arracha ces pages. J'avais fait du mémoire judiciaire une œuvre littéraire, une arme à part entière. Le parlement me condamna pour la forme, mais le public m'avait absous — et c'est le seul tribunal qui ne se corrompt pas.

On vous dit l'homme le plus gai de Paris au sortir du pire procès. D'où vous vient cette manie de rire de vos malheurs ?

Mais c'est ma seule sagesse, Voltaire ! Dans mon Barbier de Séville, Figaro lâche ce mot qui est tout moi : je me presse de rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer. Le rire est ma cuirasse et mon épée. Quand on m'a accusé, ruiné, menacé de prison, j'aurais pu gémir ; j'ai préféré la satire, car elle désarme l'adversaire et rallie les rieurs. Un homme qu'on a fait rire ne vous condamnera jamais tout à fait. Vous-même maniez l'ironie comme un scalpel ; nous sommes de la même école, celle qui croit qu'une plaisanterie bien placée vaut dix plaidoiries et perce mieux qu'un long discours.

Ces épreuves sur la table — une suite du Barbier, dit-on, où le valet tient tête au maître. La ferez-vous jouer malgré la censure ?

Vous avez l'œil, Voltaire ! Oui, j'achève une comédie où Figaro, mon valet, ose dire en face à son maître ce que tout un peuple murmure tout bas. Écoutez : Parce que vous êtes un grand seigneur, vous vous croyez un grand génie ! Et plus loin, il lui jette : Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus. Voilà qui ne se pardonne pas aisément en haut lieu. Je sais déjà que la censure s'acharnera, que les grands crieront au scandale séditieux. Qu'importe : je la ferai jouer, dussé-je l'imposer scène après scène. Le théâtre est la seule tribune où le valet peut faire la leçon au prince sans qu'on le pende.

Le théâtre est la seule tribune où le valet peut faire la leçon au prince sans qu'on le pende.
Portrait of Pierre-Augustin Caron de Beaumarchaislabel QS:Len,"Portrait of Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais"
Portrait of Pierre-Augustin Caron de Beaumarchaislabel QS:Len,"Portrait of Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais"Wikimedia Commons, Public domain — After Jean-Marc Nattier

Mes Lettres philosophiques furent brûlées par le bourreau. Croyez-vous qu'un roi laissera un valet faire la leçon aux ducs sur ses planches ?

Vous fûtes brûlé, je serai interdit — c'est la rançon de ceux qui dérangent, Voltaire. Je connais déjà la chanson des censeurs : ma pièce serait dangereuse, séditieuse, un brandon jeté sous le trône. Le roi lui-même, dit-on, la jugera trop hardie. Mais j'ai pour moi une force qu'aucun censeur ne maîtrise : le parterre. Quand le public veut une pièce, il finit toujours par l'obtenir ; la cour elle-même brûle de voir ce qu'on lui défend. Je lirai ma comédie dans les salons, j'attiserai la curiosité, je rendrai l'interdiction si ridicule qu'on devra céder. Une œuvre qu'on défend devient bientôt l'œuvre que tout le monde exige.

On chuchote que vous armez les insurgés d'Amérique sous un nom espagnol. Un homme de lettres marchand de poudre — qu'est-ce qui vous y pousse ?

On chuchote juste, Voltaire, mais n'ébruitez rien ! Sous le nom de la maison Rodrigue Hortalez et Compagnie, j'expédie aux insurgés d'Amérique des fusils, de la poudre, des uniformes — tout ce qu'il faut pour qu'un peuple conquière sa liberté. Le ministre Vergennes ferme les yeux, le roi feint d'ignorer ; moi, j'avance ma propre fortune dans cette aventure. Mes lettres partent scellées à la cire, car un seul mot surpris ruinerait tout. Pourquoi ? Parce qu'un homme qui a chanté la liberté sur les planches doit savoir la servir dans le monde. Je crains seulement de n'être jamais remboursé — mais on n'achète pas l'honneur d'avoir aidé une nation à naître.

On n'achète pas l'honneur d'avoir aidé une nation à naître.
Portrait of Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais
Portrait of Pierre-Augustin Caron de BeaumarchaisWikimedia Commons, Public domain — After Jean-Marc Nattier

Vous risquez votre or et votre tête pour des hommes que vous ne verrez jamais. Le philosophe en moi admire ; le financier s'inquiète. Et vous ?

Le financier en vous a raison de s'inquiéter, Voltaire — moi-même je compte mal mes risques quand une grande cause m'enflamme ! J'ai toujours été deux hommes : le poète qui rêve et le marchand qui calcule. L'un a besoin de l'autre. Sans mes spéculations, je n'aurais ni le loisir d'écrire ni l'indépendance de dire ce que je pense. Cette affaire d'Amérique me dévorera peut-être ; les États qui naîtront là-bas oublieront vite à qui ils doivent leurs premières cartouches. Mais j'aime mieux une faillite glorieuse qu'une fortune oisive. Un homme qui n'a jamais tout risqué n'a jamais vraiment vécu, ni écrit rien qui vaille.

Vous avez fondé l'an dernier une société pour défendre les auteurs contre les comédiens. Pourquoi ce combat-là, vous qui en menez déjà tant ?

Parce que c'est le plus juste de tous, Voltaire ! Les comédiens encaissent l'argent, les libraires pillent nos textes, et l'auteur — celui sans qui rien n'existerait — meurt souvent dans la gêne. En 1777, j'ai réuni mes confrères en société pour exiger qu'un écrivain soit maître et propriétaire de son œuvre. C'est cela, le droit d'auteur : non l'aumône, mais le dû. Et je rêve plus grand encore : rassembler un jour les œuvres complètes des plus grands esprits de notre siècle, les imprimer en une édition magnifique, et les répandre par toute l'Europe, par-delà les frontières et les censeurs. Diffuser les Lumières, voilà l'imprimerie que je voudrais servir, car une pensée qu'on ne peut plus étouffer est une pensée qui a vaincu.

Mon jeune ami, je n'ai plus longtemps à écraser l'infâme. Quand ma plume se taira, qui portera le flambeau ? En serez-vous ?

Ne parlez pas de vous taire, Voltaire : votre voix résonnera longtemps après nous tous. Mais si le flambeau doit passer en d'autres mains, que les miennes soient dignes de le tenir. Je ne suis ni géomètre ni grand philosophe ; mon arme à moi, c'est la scène, le procès, la presse — partout où l'on peut faire entrer une idée par le rire ou par l'indignation. Je continuerai d'imprimer, de plaider, de faire jouer ce qu'on voudrait taire. Vous avez appris à tout un siècle qu'on pouvait penser librement ; moi, je tâcherai qu'on n'en oublie jamais le chemin. Le flambeau ne s'éteint que si nul ne se baisse pour le ramasser — et croyez bien que je me baisserai.

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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Beaumarchais. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.