Interview imaginaire

Dialogue imaginaire entre Trần Quang Diệu et Bùi Thị Xuân

par Charactorium · Bùi Thị Xuân (1752 — 1802) · Militaire · Politique · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

C'est dans une geôle de Phú Xuân, au cœur de l'été 1802, que Trần Quang Diệu retrouve celle qui fut sa femme et sa compagne d'armes trente années durant. Par la lucarne descend une lumière grise, et l'odeur de la terre humide monte du sol. Ils ont été pris ensemble à Hương Sơn, sur la route du Laos, abandonnés de leurs derniers soldats. Diệu sait ce qui les attend ; il veut, avant l'éléphant, entendre encore une fois la voix de celle qu'un tigre lui donna pour épouse.

Xuân, avant même que je te connaisse, on murmurait déjà ta légende. Dis-moi qui fut cette vieille femme qui te visitait chaque nuit.

Je ne l'ai jamais su moi-même, mon époux. Trois années durant, dès le crépuscule et jusqu'au premier chant du coq, elle venait m'enseigner la boxe et le maniement de la song kiếm, ces deux lames que l'on tient d'une seule volonté. Elle repartait avant l'aube et nul, dans Xuân Hòa, ne savait d'où elle sortait. À quinze ans, je frappais déjà mieux que les hommes de mon village. On m'a dit plus tard que le notable Bùi Sơn Nhi l'avait reconnue : elle serait l'aïeule d'un grand maître d'An Vinh. Peut-être. Pour moi, elle restera l'ombre qui m'a mis une épée dans chaque main sans jamais réclamer un merci.

Elle restera l'ombre qui m'a mis une épée dans chaque main sans jamais réclamer un merci.

On raconte qu'enfant tu portais les habits des garçons et que tu as quitté l'école à coups de poing. Est-ce vrai ?

Vrai, et je n'en rougis pas. À douze ans, deux condisciples se moquaient de moi ; je les ai frappés, puis j'ai refermé les livres classiques pour de bon. Les caractères ne m'apprenaient pas à défendre les miens. J'ai revêtu des vêtements de garçon parce que je refusais qu'on me destine au métier à tisser et au silence. Plus tard, quand j'ai voulu une tenue de combat, je l'ai taillée moi-même, en m'inspirant des femmes héroïques que je voyais dessinées dans les livres d'histoire. On me croyait révoltée ; j'étais seulement décidée. Une fille peut tenir un sabre aussi droit qu'un fils, et je voulais le prouver au monde entier.

Une fille peut tenir un sabre aussi droit qu'un fils, et je voulais le prouver au monde entier.

Tu n'as pas gardé cet art pour toi seule. Parle-moi de ces femmes que tu réunissais à Xuân Hòa, bien avant Tây Sơn.

Le soir, quand mes propres exercices étaient finis, j'appelais les jeunes femmes de ma région et je leur transmettais ce que l'ombre m'avait légué. Nous étions plusieurs dizaines à frapper, sauter, croiser le fer dans la cour. Parmi elles, Bùi Thị Nhạn dépassait toutes les autres — elle avait le poignet fait pour la lame. Je ne voulais pas d'élèves dociles, je voulais des sœurs d'armes. C'est de ce grain-là qu'est née, dit-on, ce que le peuple a nommé les Tây Sơn ngũ phụng thư, les cinq phénix. Une femme qui apprend à d'autres femmes à ne plus baisser les yeux : voilà l'ouvrage dont je suis peut-être la plus fière, avant même les batailles.

Tu sais bien pourquoi je souris en évoquant tes lames. C'était en 1771, ce tigre, ce jour où tu m'as sauvé la vie. T'en souviens-tu ?

Comment l'oublierais-je ? Tu étais à terre, la bête sur toi, et j'ai dégainé mes deux épées sans réfléchir. Le tigre est tombé, et toi tu saignais tant qu'il a fallu te soigner dans ma demeure. Je crois que ce jour-là nous avons scellé deux choses d'un même coup de lame : notre mariage et notre engagement. Peu après, nous partions ensemble rejoindre Nguyễn Nhạc au campement de Phú Lạc. Les gens ont fait de cette rencontre une légende ; pour moi, ce fut simplement le jour où j'ai compris à quoi mes épées serviraient — non plus à briller dans une cour, mais à garder en vie les hommes que j'aime et le pays que je sers.

Ce jour-là nous avons scellé deux choses d'un même coup de lame : notre mariage et notre engagement.

Au printemps Kỷ Dậu, sous les ordres de Quang Trung, tu menais les éléphants contre les Mãn Thanh. Que reste-t-il de cette aube-là ?

Il en reste le sol qui tremble. J'avais reçu le commandement du corps d'éléphants de l'armée centrale, la tượng binh, et je te jure que voir ces bêtes s'ébranler en ligne contre les Qing valait dix mille cavaliers. Nous avons frappé si vite que les Mandchous n'ont pas eu le temps de refermer leurs rangs. Quang Trung nous avait promis de fêter la victoire à Thăng Long avant que le riz nouveau ne mûrisse — et nous y étions. Diriger l'éléphant, ce n'est pas seulement le lancer : c'est sentir sa peur, la contenir, et la retourner contre l'ennemi. Ce matin-là, mes bêtes n'ont pas eu peur. Ce fut la plus belle campagne de ma vie de soldat.

Bùi Thị Xuân Hạnh during the Miss Cosmo 2024 event
Bùi Thị Xuân Hạnh during the Miss Cosmo 2024 eventWikimedia Commons, Public domain — Indonesian Embassy in Hanoi

Avant chaque bataille, tu te levais avant tous les autres pour tes éléphants. Pourquoi ce soin, toi qui commandais des milliers d'hommes ?

Parce qu'un éléphant mal soigné vous trahit au premier tambour. Dès avant l'aube, j'inspectais mes bêtes et je surveillais moi-même mes quản tượng, ces cornacs qui vivaient auprès d'elles jour et nuit. Nous en avions des dizaines à nourrir, à baigner, à entraîner sans relâche. On croit qu'il suffit de monter dessus ; en vérité, il faut connaître chacune comme on connaît un cheval de guerre — son humeur, sa hardiesse, le bruit qui l'affole. J'ai passé plus d'heures parmi les éléphants qu'auprès des lettrés de la cour, et je m'en félicite. Le jour du combat, elles me le rendaient. Une commandante qui néglige ses bêtes envoie ses soldats à la mort par paresse ; je n'ai jamais voulu être de celles-là.

À Trấn Ninh, ce printemps, nous avons combattu côte à côte jusqu'au bout. Dis au lecteur ce que tu as fait quand nos soldats ont fléchi.

J'ai chargé à dos d'éléphant du matin au soir, l'armure trempée de sang et de sueur — la mienne, celle des autres, je ne savais plus. Puis j'ai vu nos hommes commencer à reculer, les yeux vides. Alors j'ai sauté vers le grand tambour, le trống, j'ai saisi les baguettes et j'ai battu, battu sans m'arrêter, pour que le rythme les tienne debout. Un instant, Nguyễn Phúc Ánh et ses généraux ont failli céder ; je l'ai vu, je te le jure. Tu étais là, tu sais que nous avons été à un souffle de renverser la journée. Si l'on m'ôtait mon sabre, je me battrais encore avec un tambour : voilà ce qu'est tenir une ligne qui veut mourir.

Si l'on m'ôtait mon sabre, je me battrais encore avec un tambour.

Et pourtant tout a basculé loin de nos éléphants, sur l'eau. Qu'as-tu pensé quand la nouvelle de Nhật Lệ est arrivée ?

J'ai compris que le tambour ne suffirait plus. Notre flotte détruite à Nhật Lệ, c'était notre flanc ouvert, nos vivres coupés, la mer livrée à l'ennemi. On peut gagner une palissade et perdre la guerre le même jour ; ce jour-là fut celui-là. J'ai continué de frapper, mais je savais déjà, au fond, que la dynastie que nous servions depuis trente ans venait de recevoir sa blessure mortelle. Il a fallu ordonner la retraite, prendre la route des montagnes vers le Laos avec toi et notre fille. Je n'ai pas pleuré la bataille — j'ai pleuré tous ces jeunes hommes que j'avais entraînés et qui n'avaient plus de terre où revenir. La défaite d'un soldat, ce ne sont pas ses blessures : ce sont ses morts qu'il n'a pu sauver.

Nous voici pris, et tu sais comme moi ce qu'ils réservent aux vaincus. Quand on te mènera devant l'éléphant, comment veux-tu paraître ?

Droite, mon époux. Je ne leur donnerai pas le spectacle d'une femme qui tremble. J'ai commandé ces bêtes toute ma vie ; qu'importe qu'aujourd'hui l'une d'elles soit tournée contre moi. J'ai roulé sous mon vêtement une épaisse couche de tissu — même morte, je ne veux pas être exposée nue à leurs regards. Et quand on m'amènera, je marcherai jusqu'à la tête de l'animal et je crierai assez fort pour le faire reculer. Qu'ils sortent leurs pétards et leurs piques pour le rendre furieux ; qu'on voie bien que ce n'est pas moi qui ai reculé. Toi qui m'as vue charger cent fois, tu sais que je ne connais pas d'autre façon d'affronter ce qui vient droit sur moi.

Je marcherai jusqu'à la tête de l'animal et je crierai assez fort pour le faire reculer.

Notre fille partagera notre sort. C'est elle qui me serre le cœur, Xuân. Que lui as-tu dit ?

Je lui ai parlé comme une mère et comme un général, car je ne sais pas séparer les deux. Je lui ai demandé de mourir courageusement, pour être « digne d'être ma fille ». Ce sont des mots durs à prononcer devant son enfant, je le sais. Mais je ne lui laisse ni terre, ni titre, ni armée : je ne peux lui léguer que la tenue. Qu'elle tienne debout comme je lui ai appris à tenir debout ; que les bourreaux voient trois générations de notre sang refuser de plier. Nous avons vécu par les armes, nous partirons par les armes d'un autre — soit. Ce que je veux qu'elle emporte, ce n'est pas la peur, c'est la fierté d'avoir été des nôtres jusqu'au dernier souffle.

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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Bùi Thị Xuân. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.