Interview imaginaire

Les enfants interrogent Bùi Thị Xuân

par Charactorium · Bùi Thị Xuân (1752 — 1802) · Militaire · Politique · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Deux jeunes visiteurs de douze ans franchissent la porte d'une salle où repose une vieille armure de guerre. Devant eux se tient une générale vietnamienne du temps des éléphants de combat. Elle sourit, touchée qu'on vienne l'écouter, et les invite à s'asseoir tout près.

C'est vrai qu'à l'école, petite, vous portiez des habits de garçon ?

Oui, mon enfant, c'est bien vrai. À l'école du village, je m'habillais comme les garçons. Je ne voulais pas rester assise à broder pendant qu'eux couraient dehors. Imagine une petite fille qui refuse qu'on lui dise ce qu'une fille doit être. À douze ans, j'ai même frappé deux camarades qui se moquaient de moi. Alors j'ai quitté les livres classiques et je me suis donnée tout entière aux arts de combat. Plus tard, je me suis cousu moi-même une tenue de guerrière, inspirée des femmes courageuses que je voyais dessinées dans les vieux livres d'histoire. Tu vois, je me suis choisie avant qu'on me choisisse.

Je me suis choisie avant qu'on me choisisse.

Qui vous a appris à vous battre ? Vous aviez un maître ?

Ah, ça, c'est une histoire étrange, écoute bien. Chaque nuit, pendant trois ans, une vieille femme que personne ne connaissait venait chez moi. Elle arrivait au coucher du soleil et repartait au premier chant du coq. Imagine une ombre dans la cour, qui te montre sans un mot comment tenir deux épées à la fois. On appelle cet art le song kiếm, la double épée : une lame dans chaque main, qui tournent comme deux ailes. À quinze ans, je maniais ces épées mieux que bien des soldats. Et sais-tu qui était cette femme ? Personne ne l'a jamais su vraiment. Un mystère que j'ai gardé toute ma vie.

Deux lames dans les mains, qui tournent comme deux ailes.

Comment vous avez rencontré votre mari ? C'était romantique ?

Romantique ? Disons plutôt terrifiant, mon enfant ! J'avais vingt ans, en 1771. Un homme, un guerrier nommé Trần Quang Diệu, se faisait attaquer par un tigre sauvage. Imagine la scène : les crocs, les griffes, un fauve immense. J'ai dégainé mon épée et j'ai chargé la bête pour le sauver. Ensuite, il est venu soigner ses blessures dans ma maison. Et voilà, à force de se voir, deux combattants sont devenus mari et femme. Ensemble, nous sommes partis rejoindre les Tây Sơn, au campement de Phú Lạc. Notre histoire d'amour a commencé une épée à la main.

Notre histoire d'amour a commencé une épée à la main.

Et une fois chez les Tây Sơn, vous faisiez quoi exactement ?

Beaucoup de choses, tu sais, pas seulement me battre. Au début, on m'a confié l'argent et les vivres du mouvement. C'est moins glorieux qu'une bataille, mais écoute-moi : une armée sans riz ni chevaux ne gagne rien du tout. Nourrir les soldats, c'est déjà se battre. Mon mari, lui, monta si haut qu'on lui donna le titre de Thái phó, une sorte de grand conseiller du roi. Nous étions un couple puissant. Imagine deux personnes qui décident ensemble du sort d'un royaume, l'un aux armes, l'autre aux trésors. Voilà ce qu'était notre vie chez les Tây Sơn.

Une armée sans riz ne gagne rien du tout.

On dit que vous commandiez des éléphants de guerre. C'était comment ?

Des éléphants, oui, des dizaines ! On appelait ce corps le tượng binh, l'armée des éléphants. Imagine des montagnes vivantes qui avancent, la terre qui tremble sous leurs pas, et moi debout tout en haut. Chaque matin, avant le soleil, j'inspectais mes bêtes avec mes cornacs, les quản tượng, ces hommes qui soignent et dressent les éléphants. Il faut les connaître un par un, comme des amis énormes et têtus. Mon plus grand jour fut le printemps 1789 : nous avons écrasé l'immense armée chinoise des Qing aux côtés du roi Quang Trung. Ce jour-là, mes éléphants ont fait trembler tout un empire.

Des montagnes vivantes qui avancent, et la terre qui tremble.
Bùi Thị Xuân Hạnh during the Miss Cosmo 2024 event
Bùi Thị Xuân Hạnh during the Miss Cosmo 2024 eventWikimedia Commons, Public domain — Indonesian Embassy in Hanoi

Vous aviez déjà tué un général ennemi vous-même ?

Oui, mon enfant, et je ne te le cache pas. C'était en 1785, à la bataille de Rạch Gầm-Xoài Mút. Vingt mille soldats du Siam étaient venus attaquer notre pays. Je commandais les troupes à pied. Au plus fort des combats, le fracas, la poussière, les cris, j'ai croisé leur général, un homme nommé Lục Côn. D'un seul coup de mon épée, je l'ai abattu. La guerre n'est jamais un jeu, tu sais. Un chef doit combattre au premier rang, pas se cacher derrière. Ce jour-là, notre victoire a protégé les rizières du delta pour longtemps.

Un chef combat au premier rang, jamais caché derrière.

C'était quoi, votre dernière bataille ? Vous saviez que ça finissait mal ?

Ma dernière bataille, ce fut la palissade de Trấn Ninh, au printemps 1802. Une palissade, c'est un grand mur de bois et de terre pour se défendre. Je suis montée sur mon éléphant du matin jusqu'au soir, l'armure trempée de sang et de sueur. Et quand j'ai vu mes soldats faiblir, mon cœur se serrer, j'ai saisi les baguettes du grand tambour de guerre. Boum, boum, sans m'arrêter. Imagine ce bruit qui remplit ta poitrine et te redonne du courage. J'ai frappé si fort que l'ennemi a failli reculer. Mais notre flotte fut détruite à Nhật Lệ, et tout s'écroula.

Quand mes soldats faiblissaient, je frappais le tambour moi-même.

Vous aviez peur, quand ils vous ont capturée à la fin ?

La peur, mon enfant, je l'avais apprivoisée depuis longtemps. Après Trấn Ninh, mon mari, ma fille et moi avons fui vers le nord par les montagnes du Laos. Nos derniers soldats nous avaient abandonnés. On nous a pris à Hương Sơn. Je savais ce qui m'attendait, et je te le dis avec calme. Devant l'éléphant qui devait me donner la mort, je me suis avancée droite, sans trembler. J'ai même dit à ma fille de mourir avec courage, pour être digne de moi. Un guerrier ne choisit pas toujours sa fin. Mais il choisit toujours comment il y marche.

On ne choisit pas sa fin, mais on choisit comment on y marche.

Ça sert à quoi de si bien sauter et courir, pour se battre ?

Excellente question ! Un guerrier n'est pas qu'une paire de bras, tu sais. Ma vieille maîtresse de la nuit m'a fait sauter des heures entières. D'abord au-dessus d'une perche rigide, puis avec un bambou vert et souple : je le courbais, et hop, son rebond me projetait très haut, très loin. Imagine un ressort de bois qui te lance dans les airs. Grâce à ça, je pouvais bondir sur un éléphant, esquiver une lance, franchir un fossé en pleine bataille. Le corps agile compte autant que l'épée. On oublie souvent que se battre, c'est d'abord savoir bouger.

Se battre, c'est d'abord savoir bouger.

Vous aviez des héros à vous, des modèles quand vous étiez petite ?

Oh oui, deux femmes surtout ! On les appelle Bà Trưng et Bà Triệu. Elles avaient vécu bien avant moi, et elles aussi montaient au combat à dos d'éléphant contre les envahisseurs chinois. Enfant, je rêvais d'être comme elles. Imagine que tu grandisses en te disant : « Ces femmes-là l'ont fait, alors moi aussi je le peux. » Plus tard, j'ai formé tout un groupe de jeunes filles de mon village aux arts martiaux. Et on m'a rangée parmi les Tây Sơn ngũ phụng thư, les cinq phénix de Tây Sơn, cinq héroïnes. Les modèles, vois-tu, ça se transmet comme une flamme.

Un modèle, ça se transmet comme une flamme.

Aujourd'hui, qu'est-ce que vous aimeriez qu'on retienne de vous ?

Que je n'étais pas une exception, mon enfant. J'aimerais qu'on retienne toutes les filles que j'ai entraînées à Xuân Hòa, mon village, et celles qui ont combattu avant moi. Une héroïne seule, ça se perd dans le temps ; une chaîne de femmes courageuses, ça ne s'oublie pas. On m'a donné le titre de Đô đốc, un grade très haut, presque comme un amiral. Mais mon plus grand titre, c'est d'avoir montré qu'une fille du peuple pouvait commander des armées. Alors si un jour on te dit « tu ne peux pas, tu es trop petite », souviens-toi de moi.

Une héroïne seule se perd ; une chaîne de courageuses ne s'oublie pas.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Bùi Thị Xuân. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.