Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Catherine II de Russie

par Charactorium · Catherine II de Russie (1729 — 1796) · Politique · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Ce matin-là, deux jeunes visiteurs de douze ans, en classe découverte, poussent les portes dorées du Palais d'Hiver. Une vieille dame en robe de soie les attend, l'œil vif et le sourire malicieux. C'est Catherine, impératrice de toutes les Russies — et elle a beaucoup de choses à leur raconter.

Vous aviez quel âge quand vous êtes arrivée en Russie ?

Tu sais, je n'avais que quatorze ans. Je m'appelais Sophie, et je venais d'une toute petite principauté allemande, près de Stettin. Imagine une enfant qui débarque dans un pays immense et glacé, dont elle ne parle pas un mot de la langue. J'ai tout de suite voulu plaire à ce peuple. Alors j'apprenais le russe la nuit, en chemise, pieds nus sur le plancher froid. Une fois, j'en ai attrapé une pneumonie — j'ai failli en mourir ! Mais je me suis convertie à leur religion et j'ai pris le nom de Catherine. Je voulais devenir russe plus que les Russes eux-mêmes. C'était ma façon d'être acceptée.

C'était comment, la nuit où vous êtes devenue impératrice ?

J'avais trente-trois ans, et j'avais peur, je te l'avoue. Mon mari, le tsar Pierre III, gouvernait mal et tout le monde le détestait. Une nuit de juin 1762, j'ai pris une décision folle. J'ai enfilé un uniforme militaire vert, je suis montée à cheval, et je me suis présentée devant les soldats de la Garde. Imagine le silence... puis, d'un coup, ils m'ont acclamée impératrice ! Mon mari a renoncé au trône quelques jours plus tard. Il est mort peu après, dans des circonstances que personne n'a jamais vraiment éclaircies. Ce matin-là, presque sans verser de sang, une jeune femme étrangère était devenue maîtresse du plus grand empire du monde.

Vous aviez peur de vous faire piquer contre la variole ?

Oh oui, j'avais peur ! La variole, c'était une maladie terrible qui tuait des familles entières et défigurait les survivants. À mon époque, beaucoup de gens refusaient de se soigner. Alors en 1768, j'ai fait venir un médecin anglais, Thomas Dimsdale. Il m'a inoculée : il a introduit un peu du mal dans une petite égratignure, pour que mon corps apprenne à se défendre. Le lendemain, j'ai fait inoculer mon fils Paul. Tu vois, je voulais montrer l'exemple. Si l'impératrice osait, mes sujets oseraient aussi.

Un souverain ne demande pas du courage à son peuple, il en montre d'abord.

Et les gens, ils vous ont écoutée après ça ?

Beaucoup, oui ! Tu sais, quand un peuple voit son souverain prendre un risque le premier, cela lui donne du courage. Mon geste a fait grand bruit jusqu'en France, où mes amis philosophes m'ont félicitée. On disait que j'étais un vrai modèle des Lumières — ce grand mouvement d'idées qui voulait soigner le monde par la raison et la science plutôt que par la peur. Imagine : une impératrice qui croit aux médecins plutôt qu'aux vieilles superstitions ! Pour moi, gouverner, ce n'était pas seulement faire la guerre. C'était aussi protéger la vie de mes sujets et leur montrer le chemin.

Vous étiez vraiment amie avec des philosophes ?

Oui ! Et c'était la grande fierté de ma vie. J'écrivais des lettres — des milliers de lettres ! — à des penseurs français comme Voltaire et Diderot. C'étaient ce qu'on appelait des philosophes : pas des professeurs ennuyeux, mais des hommes qui se servaient de leur raison pour critiquer les injustices et imaginer un monde meilleur. À Voltaire, j'ai un jour écrit que j'étais « votre écolière la plus dévouée ». Imagine : l'impératrice de toutes les Russies, qui se dit l'élève d'un écrivain ! Mais je le pensais vraiment. Leurs idées éclairaient mon esprit comme une bougie éclaire une pièce sombre.

Portrait de Catherine II de Russie (?)
Portrait de Catherine II de Russie (?)Wikimedia Commons, Public domain — Russian School (18)

Pourquoi vous avez acheté la bibliothèque de Diderot ?

Parce que mon ami Diderot avait besoin d'argent, tout simplement. Il avait passé sa vie à fabriquer un livre immense, l'Encyclopédie, qui rassemblait tout le savoir du monde. Mais il était pauvre. Alors je lui ai acheté ses livres... tout en le laissant les garder chez lui jusqu'à sa mort ! C'était ma façon de l'aider sans l'humilier. Et en 1773, je l'ai invité à Saint-Pétersbourg. On discutait des heures, lui et moi. Il s'emballait tellement qu'il me tapait sur les genoux en parlant ! Un peu trop fort, d'ailleurs — j'ai fini par glisser une petite table entre nous deux.

C'était quoi, votre grand projet de lois ?

Ah, mon Nakaz ! En 1767, j'ai écrit un texte de plus de cinq cents articles pour réformer la justice russe. Je m'étais inspirée de grands penseurs comme Montesquieu. J'y proclamais la tolérance, l'humanité, et cette idée que j'aimais tant : « la liberté est le droit de faire tout ce que les lois permettent ». Imagine une impératrice toute-puissante qui écrit, de sa propre main, qu'il faut des lois justes pour tous ! Hélas, mon beau projet n'a presque rien changé dans la réalité.

Écrire de belles idées est facile ; les faire vivre, c'est une autre histoire.

Si vous aimiez la liberté, pourquoi les paysans étaient si malheureux ?

Tu poses la question la plus difficile, mon enfant. Et tu as raison de la poser. Vois-tu, je gouvernais en autocrate : cela veut dire que je détenais tout le pouvoir, sans personne pour me contredire. Et pour garder ce pouvoir, j'avais besoin des nobles. Alors je leur ai donné encore plus de droits, avec ma Charte de la noblesse de 1785. Mais sous eux vivaient les serfs — des paysans attachés à la terre, presque comme des esclaves. Sous mon règne, leur sort a empiré, pas l'inverse. Je rêvais des Lumières la nuit, et le jour, je faisais parfois des choix qui les trahissaient. Un souverain doit vivre avec ses propres contradictions.

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Russian: «Портрет Екатерины II »Portrait of Catherine IItitle QS:P1476,ru:"Портрет Екатерины II "label QS:Lru,"Портрет Екатерины II "label QS:Len,"Portrait of Catherine II"Wikimedia Commons, Public domain — Fyodor Rokotov

Comment vous avez fait pour agrandir autant votre empire ?

Par la guerre et par la ruse, je ne vais pas te mentir. J'ai mené deux longues guerres contre l'Empire turc. En 1774, un traité m'a enfin donné ce que la Russie cherchait depuis toujours : un accès à la mer Noire. Imagine un pays gelé une bonne partie de l'année, qui rêve d'un port au soleil pour ses bateaux ! Puis, en 1783, j'ai annexé la Crimée, cette belle péninsule. Quatre ans plus tard, j'y ai fait un grand voyage triomphal pour admirer mes nouvelles terres. À ma mort, la Russie était devenue l'une des plus grandes puissances du monde.

Et la Pologne, c'est vrai que vous l'avez fait disparaître ?

C'est vrai, et c'est une page sombre. Avec deux autres souverains — le roi de Prusse et l'empereur d'Autriche — nous nous sommes partagé la Pologne, comme on découpe un gâteau. On appelait cela un partage. Il y en a eu trois : en 1772, puis en 1793, et enfin en 1795. À la fin, la Pologne avait complètement disparu de la carte. Tout un pays, effacé ! Je te dis cela franchement, car l'Histoire n'est pas un conte de fées.

Les puissants prennent, et les faibles paient : c'était la dure loi de mon temps.

Si on pouvait vous voir un matin chez vous, qu'est-ce qu'on verrait ?

Tu me verrais debout très tôt, vers six heures, même en plein hiver ! Et — cela va te surprendre — c'est moi qui préparais mon café, un café tout noir, si fort qu'il aurait réveillé un ours. Ensuite, j'écrivais mes lettres dans le calme, avant que toute la cour ne s'éveille. J'habitais le Palais d'Hiver, à Saint-Pétersbourg, un immense bâtiment turquoise et or. À côté, j'avais fait construire l'Ermitage pour y garder mes tableaux — j'en ai rassemblé plus de trois mille ! C'est aujourd'hui l'un des plus grands musées du monde.

Ce que je laisse, ce ne sont pas mes guerres, mais ma beauté collectionnée.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Catherine II de Russie. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.