Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Georges Clemenceau

par Charactorium · Georges Clemenceau (1841 — 1929) · Politique · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Rue Franklin, un matin d'automne 1928. L'appartement sent le café noir et le papier journal froissé. Le vieil homme aux gants gris nous reçoit entre deux piles de livres, l'œil vif, la repartie déjà chargée.

Avant la tribune, il y eut la plume. Comment êtes-vous devenu le directeur du journal qui a publié « J'accuse » ?

J'ai toujours considéré l'encrier comme une arme aussi tranchante que la tribune. À L'Aurore, que je dirigeais depuis 1897, je passais mes aubes à éplucher la presse, à annoter, à préparer mes ripostes. Quand Émile Zola m'a apporté sa lettre ouverte au président Faure, en janvier 1898, elle n'avait pas de titre. Je l'ai lue, relue, et trois mots me sont venus : J'accuse…! On accusait un capitaine, Dreyfus, d'une trahison qu'il n'avait pas commise ; il fallait, à la une, retourner l'accusation contre les vrais coupables. Un titre, voyez-vous, c'est un coup de clairon. Celui-là a réveillé les consciences mieux qu'un long discours.

Un titre, voyez-vous, c'est un coup de clairon.

Qu'est-ce qui vous a poussé, vous l'homme politique, à risquer votre réputation dans cette affaire ?

On me croyait dreyfusard par calcul ; j'y étais par colère. Quand l'État ment, quand l'armée ferme les rangs sur une erreur judiciaire pour sauver son honneur, ce n'est plus un homme qu'on condamne, c'est la République elle-même. J'ai signé des centaines d'articles à L'Aurore, parfois deux par jour, jusqu'à l'épuisement de mes plumes et de mes adversaires. Le buste de la République trônait dans mon bureau ; je ne pouvais pas le regarder en face si je me taisais. La vérité finit toujours par sortir, mais elle a besoin qu'on lui ouvre la porte à coups d'épaule. J'ai poussé. Et la révision est venue.

Novembre 1917 : la France vacille, et l'on vous appelle au pouvoir. Dans quel état d'esprit avez-vous pris la présidence du Conseil ?

Le 16 novembre 1917, le pays était à genoux : mutineries, défaitisme, embusqués à l'arrière qui chuchotaient qu'il fallait négocier. On m'a confié le gouvernement parce que personne d'autre n'osait. Devant la Chambre, le 8 mars suivant, j'ai dit tout ce que j'avais à dire : « Ma politique étrangère et ma politique intérieure, c'est tout un. Politique intérieure ? Je fais la guerre. Politique étrangère ? Je fais la guerre. Je fais toujours la guerre. » Il n'y avait rien à ajouter. À soixante-seize ans, je n'avais plus le temps des nuances. Un peuple qui doute se gouverne par la volonté, pas par les commissions.

Un peuple qui doute se gouverne par la volonté, pas par les commissions.

On vous a vu, vieil homme, parcourir les tranchées. Pourquoi tenir à aller au plus près du feu ?

Parce qu'on ne galvanise pas des hommes depuis un fauteuil parisien. Je montais dans l'automobile, je gagnais la Picardie, la Champagne, et je marchais dans la boue jusqu'aux premières lignes, sous les obus parfois. Les poilus me voyaient, vieux, têtu, les mêmes gants gris aux mains, et ils comprenaient que celui qui leur demandait de tenir tenait avec eux. On m'a appelé le Père la Victoire pour cela, je crois — pas pour mes discours, mais pour ces visites où je serrais des mains pleines de terre. Le moral d'une armée ne se décrète pas ; il se gagne homme par homme, regard par regard.

Le 11 novembre 1918, vous annoncez l'armistice à la Chambre. Que ressent-on à cet instant ?

Quatre années de morts, et soudain le silence des canons. J'ai annoncé l'armistice et la Chambre entière s'est levée. J'ai dit que la France, hier soldat de Dieu, aujourd'hui soldat de l'humanité, serait toujours le soldat de l'idéal. Mais derrière l'ovation, je pensais déjà aux veuves, aux villages rasés, à tout ce qu'aucune victoire ne rend. La gloire est une ivresse brève ; le lendemain, il faut compter les tombes. J'ai connu peu de joies aussi entières et aussi traversées d'amertume. On avait vaincu, oui — au prix d'une génération couchée dans la terre que j'avais foulée dans les tranchées.

Portrait of Georges Clemenceau
Portrait of Georges ClemenceauWikimedia Commons, Public domain — Édouard Manet

Pour signer le traité, vous choisissez la Galerie des Glaces de Versailles. Pourquoi ce lieu précisément ?

Parce que la mémoire a ses comptes à régler. En 1871, dans cette même Galerie des Glaces, les Allemands avaient proclamé leur Empire sur nos ruines, humiliant la France à peine vaincue. J'avais vingt-neuf ans, j'étais maire de Montmartre, et cette insulte ne m'a jamais quitté. Alors le 28 juin 1919, j'ai voulu qu'ils signent là, sous les mêmes plafonds, dans les mêmes miroirs. Ce n'était pas de la rancune de vieillard : c'était refermer, au même endroit, la blessure ouverte un demi-siècle plus tôt. L'Histoire aime ces symétries cruelles. Je les ai mises en scène à dessein.

La mémoire a ses comptes à régler.

Face à Wilson et Lloyd George, les négociations furent rudes. Que retenez-vous de ces tractations ?

Que faire la paix est un métier plus ingrat que faire la guerre. Je l'ai écrit dans mes mémoires : « Il est plus facile de faire la guerre que la paix. » À la guerre, l'ennemi est en face ; à la table de Versailles, il était parfois à mes côtés. Wilson rêvait d'un monde réconcilié par ses quatorze principes ; Lloyd George ménageait son commerce. Moi, je n'avais qu'une obsession : que l'Allemagne ne puisse plus jamais recommencer. On m'a trouvé dur, intraitable — le Tigre, encore. Mais j'avais vu les tranchées. Je négociais avec les morts dans le dos. On ne marchande pas l'avenir d'un pays contre de belles idées.

On vous surnomme « le Tigre ». En 1892, vous vous battez même en duel contre Déroulède. Vous souvenez-vous de cette scène ?

Au pistolet, contre Paul Déroulède, en 1892. On s'est mis en place, on a tiré — et l'on s'est manqué l'un l'autre, magnifiquement. J'ai laissé tomber que nous avions visé comme des parlementaires : beaucoup de bruit, peu d'effet. Cela résume assez bien la politique. Je passais alors pour un fauve, le Tigre, celui qui faisait tomber les ministères les uns après les autres — seize, dit-on, de quoi mériter aussi le titre de tombeur de cabinets. Mais on se trompe sur le tigre : il ne mord pas par cruauté, il mord parce qu'il a faim de vérité. Le duel, l'invective, la chronique vacharde : autant de manières de réveiller les endormis.

Nous avons visé comme des parlementaires.
Georges Clemenceau - portrait peint par Eugène Carrière
Georges Clemenceau - portrait peint par Eugène CarrièreWikimedia Commons, Public domain — Eugène Carrière

En février 1919, un anarchiste vous tire dessus à bout portant. Comment a-t-on survécu à cela à soixante-dix-sept ans ?

Le 19 février 1919, je montais en voiture quand Émile Cottin a vidé son chargeur — sept balles. L'une s'est logée près du poumon ; on ne l'a jamais retirée, je l'ai gardée en moi comme un souvenir encombrant. Quelques jours après, j'étais de retour au travail : la besogne de la paix n'attendait pas. J'ai seulement regretté, en homme qui fut médecin, que le garçon tirât si mal — sept coups à bout portant pour ne me trouer qu'à moitié, cela méritait quelques semaines de cours de tir. On me prêtait une carapace ; je n'avais que de l'obstination. À mon âge, on ne meurt pas d'une balle, on meurt de renoncer.

Loin des champs de bataille, il y a Monet. D'où vient cette amitié pour le peintre des Nymphéas ?

Claude Monet fut le repos de ma vie de combattant. J'allais le voir à Giverny — des dizaines de fois, au fil des décennies —, et devant ses bassins je redevenais un homme simple, presque un gamin. Quand la cataracte menaçait de l'aveugler et le désespoir de l'arrêter, je l'ai bousculé, supplié, sommé de peindre encore. Les Nymphéas sont nés de cet acharnement à deux. Puis j'ai pesé de tout mon poids pour que l'État accepte le don de ces toiles et leur bâtisse un écrin à l'Orangerie. La France savait que j'avais gagné une guerre ; je voulais aussi lui laisser un peu de lumière sur l'eau.

Je voulais aussi lui laisser un peu de lumière sur l'eau.

Vous voici retiré de la politique, à écrire et à méditer. Que cherchez-vous dans ces dernières années ?

Depuis mon échec à la présidence en 1920, j'ai rendu mes armes parlementaires et repris la plume autrement. J'ai écrit sur mon ami Monet, et un livre, Au soir de la pensée, où je tourne et retourne les grandes questions : la science, la matière, ce qu'il advient de nous. À mon appartement de la rue Franklin, encombré de livres comme une tranchée de sacs de sable, je me lève toujours à l'aube, café noir et journaux. Un vieux médecin reste médecin : je regarde ma propre fin avec curiosité plus qu'avec effroi. J'ai demandé qu'on m'enterre debout, en Vendée, face à l'est. Même couché, je compte rester droit.

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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Georges Clemenceau. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.