Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Hadès

par Charactorium · Hadès · Mythologie · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

C'est dans la grande salle du palais souterrain, là où le trône d'Hadès côtoie désormais le sien, que Perséphone vient s'asseoir près de son époux. Au-dehors murmure le Styx, et la lueur froide des gemmes arrachées à la terre éclaire leurs visages. Reine de ce royaume autant qu'elle en fut un jour la captive, elle connaît l'homme derrière le dieu redouté. Elle veut, ce jour, l'entendre se dire — sur le rapt, sur la justice, sur l'ombre qui lui échut.

Mon seigneur, le jour où ton char noir a fendu la prairie de Nysa pour m'emporter, savais-tu déjà que je régnerais un jour à tes côtés ?

Je le savais, Perséphone, et c'est pourquoi je n'ai pas hésité. Zeus lui-même avait consenti à notre union, mais je connaissais ta mère Déméter : jamais elle ne t'aurait laissée descendre. Alors j'ai ouvert la terre et mes chevaux t'ont portée jusqu'ici. On me reproche ce rapt comme une violence ; moi j'y vois la seule porte qui pouvait s'ouvrir. La grenade que tu as goûtée n'était pas un piège, mais un lien — quelques pépins, et tu appartins pour toujours à mon royaume autant qu'au monde d'en haut. Je ne t'ai pas voulue servante ni captive. Je t'ai voulue reine. Tu n'es pas l'ombre de mon trône : tu en es la moitié.

Tu n'es pas l'ombre de mon trône : tu en es la moitié.

Pourtant les mortels chantent mon enlèvement comme un malheur qui glace la terre chaque hiver. Que leur réponds-tu, toi ?

Qu'ils chantent ce qu'ils voient, et qu'ils ne voient que la surface. Lorsque tu remontes vers ta mère, la terre reverdit ; lorsque tu reviens vers moi, elle se repose sous le gel. Ce partage des saisons n'est pas une plaie, c'est un ordre. Le grain doit descendre sous la terre avant de lever — toi-même tu es ce grain, mort et renaissance tout ensemble. Je n'ignore pas le chagrin de Déméter, ni les larmes que tu as versées les premiers temps. Mais regarde aujourd'hui : tu juges les âmes près de moi, on t'invoque, on te craint et on t'honore. Le malheur des hommes a fait de toi une déesse à part entière.

Avant le palais, avant moi, il y eut le partage du monde. Raconte-moi comment l'ombre t'est échue plutôt que le ciel.

Nous étions trois frères au sortir de la guerre contre les Titans : Zeus, Poséidon et moi. Notre père Cronos vaincu, le monde restait à répartir. On dit parfois que je fus relégué, châtié — c'est faux. Nous avons tiré au sort, à parts égales, en frères. Zeus obtint le ciel aux larges ailes, Poséidon la mer grise, et à moi échurent le brouillard et l'obscurité. Le hasard m'a donné le royaume le plus vaste, car tous les vivants finissent par y descendre. Je n'ai pas hérité d'un trône de second rang. J'ai reçu le seul domaine que nul ne quitte.

J'ai reçu le seul domaine que nul ne quitte.

Tu as combattu aux côtés de tes frères contre les Titans. Garde-tu rancune que Zeus brille au grand jour quand toi tu règnes dans l'ombre ?

Rancune ? Non. Mon frère règne sur l'Olympe et l'on chante sa foudre ; moi, je règne sur l'inéluctable. Lequel des deux pouvoirs est le plus grand, je te laisse en juger. Lors de la Titanomachie, c'est mon casque d'invisibilité qui nous donna l'avantage : je dérobais les armes des Titans sans qu'ils me vissent. Sans l'ombre, le ciel aurait peut-être perdu. Je ne convoite ni l'Olympe ni ses assemblées bruyantes. J'y siège quand Zeus me convoque, puis je redescends sans regret. Chacun son lot, scellé par le sort. Le mien me convient — d'autant qu'il m'a mené jusqu'à toi.

Chaque matin tu accueilles les âmes nouvelles avec Minos et Éaque. Quel poids portes-tu, toi qui décides de leur éternité ?

Un poids que nul vivant n'imagine. À l'aube, Charon dépose sur la rive les ombres du jour, et déjà Minos, Éaque et Rhadamanthe pèsent leurs vies. Je préside, je tranche : le Tartare pour les parjures et les criminels, les Champs Élysées pour les justes, la plaine d'Asphodèle pour la foule des tièdes. Platon dira de moi que je suis un dieu juste qui distribue châtiments et récompenses selon les actes — et c'est ainsi que je veux être connu. Je ne hais pas les morts ; je les ordonne. Sans cette justice, l'univers retournerait au chaos d'avant les dieux. La clé du Tartare ne quitte jamais ma main : elle retient ce qui doit rester enfoui.

Je ne hais pas les morts ; je les ordonne.
Hades abducting Persephonelabel QS:Lfr,"L'Enlèvement de Perséphone par Hadès"label QS:Len,"Hades abducting Persephone"
Hades abducting Persephonelabel QS:Lfr,"L'Enlèvement de Perséphone par Hadès"label QS:Len,"Hades abducting Persephone"Wikimedia Commons, Public domain — Unknown authorUnknown author

Toi qui juges les fautes des autres, t'es-tu jamais demandé si ton propre geste envers moi appelait un jugement ?

La question est juste, et toi seule pouvais me la poser. Je juge les hommes selon leurs serments et leurs trahisons ; or je n'ai trahi personne. J'ai demandé ta main à Zeus, qui me l'a accordée. Ce que j'ai pris de force, c'est ton consentement à descendre — non ton honneur. Pourtant, je ne me cache pas derrière le droit : j'ai vu tes larmes des premiers mois et je ne les ai pas oubliées. Si ma balance devait me peser moi-même, elle dirait que j'ai aimé maladroitement, à la manière d'un dieu de l'ombre qui ne sait pas courtiser. Mais elle ne dirait pas que j'ai été injuste. Tu es restée. C'est mon seul plaidoyer.

Là-haut, on n'ose prononcer ton nom : on t'appelle « le Riche », « le Bienveillant ». Cette crainte des mortels te blesse-t-elle ?

Elle ne me blesse pas — elle me protège, et les protège. Les Athéniens m'appellent Plouton, « le Riche », car les métaux et les gemmes dorment dans mon domaine ; ou « le Bienveillant », pour ne pas attirer mon regard. Ils croient qu'en taisant mon nom, ils retardent leur descente. Je les laisse à cette croyance, car la crainte tient les hommes dans l'ordre mieux que l'amour. On me dit le plus redouté des Immortels ; dans l'Iliade, nul n'ose m'affronter, car nul n'échappe à mon royaume. Mais le redouté n'est pas le cruel. Je suis inévitable, voilà tout — et l'inévitable effraie davantage que le méchant.

Statue Hadès Jardins Fontaine - Nîmes (FR30) - 2021-07-11 - 1
Statue Hadès Jardins Fontaine - Nîmes (FR30) - 2021-07-11 - 1Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Chabe01

Ton casque te rend invisible aux yeux des vivants. Aimes-tu marcher parmi eux sans qu'ils te voient, à les observer en secret ?

J'aime peu monter là-haut, et quand je le fais, le casque d'Aïdès m'enveloppe d'ombre. Invisible, j'observe les mortels qui se croient seuls : leurs serments murmurés, leurs offrandes jetées sur les tombes, leurs prières pour les morts qu'ils pleurent. Cela m'instruit sur les âmes avant qu'elles ne descendent. Mais ne crois pas que j'y prenne un plaisir de voleur — je n'ai pas le goût du monde d'en haut, sa lumière me lasse vite. Mon royaume me suffit. Le casque n'est pas un jouet : c'est le signe que je passe où je veux, vu ou non vu, et que rien ne m'est fermé. L'invisibilité est la forme la plus pure de la souveraineté.

Quand je suis descendue pour la première fois, j'ai traversé tes fleuves sans les comprendre. Explique-moi la frontière que tu gardes.

Mon royaume est ceint de cinq fleuves, Perséphone, et chacun a son office. Le Styx, par lequel les dieux eux-mêmes jurent leurs serments inviolables ; l'Achéron, fleuve de l'affliction, que Charon fait franchir aux âmes contre une obole ; le Cocyte des lamentations, le Phlégéthon de feu, et le Léthé dont l'eau efface les souvenirs. Ces eaux ne sont pas des décors : elles sont la frontière infranchissable. Une âme qui les a traversées ne remonte plus — sauf rares exceptions que les dieux accordent. Tu les as franchies vivante, et c'est pourquoi tu es unique : tu vas et viens là où tous restent. Au Nécromanteion de l'Achéron, les vivants me supplient pour entrevoir leurs morts. Je leur réponds par le silence des eaux.

Une âme qui a traversé mes fleuves ne remonte plus.

Notre palais brille d'or et de gemmes arrachées à la terre. Pourquoi tant de richesses dans un royaume que les vivants imaginent désolé ?

Parce que les vivants se trompent sur mon domaine, comme sur moi. Ils l'imaginent stérile et noir ; il est le plus riche de tous. Tout l'or, l'argent, les pierres précieuses dorment dans les entrailles de la terre — c'est-à-dire chez moi. Voilà pourquoi on m'appelle Plouton, le Riche : je garde les trésors enfouis comme je garde les âmes. Notre palais, que tu connais mieux que personne, en est paré non par vanité, mais parce que ces métaux sont ma part naturelle du monde. Et n'oublie pas que je veille aussi sur les graines et les moissons à venir, tapies sous le sol. Mon royaume n'est pas le contraire de la vie. Il en est la réserve secrète.

Voir la fiche complète de Hadès

Pour aller plus loin

Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Hadès. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.