Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Hadès

par Charactorium · Hadès · Mythologie · 6 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Nul vivant ne franchit ces portes sans raison, et pourtant l'entretien fut accordé. Dans la grande salle de basalte où le Styx murmure au loin et où Cerbère somnole au seuil, le Seigneur des morts a consenti à parler, son manteau sombre fondu dans la pénombre. Voici ce que dit celui qu'on n'ose nommer.

Comment êtes-vous devenu le maître de ce royaume souterrain ?

Avant les Enfers, il y eut la guerre. Mes frères Zeus et Poséidon et moi avons renversé les Titans, et Cronos notre père avec eux, dans une lutte qui ébranla les fondations du monde. La victoire acquise, nous n'avons pas combattu pour les dépouilles comme des mortels avides : nous avons tiré au sort. Le ciel échut à Zeus, la mer grise à Poséidon, et à moi, ainsi que le chante Hésiode, le brouillard et l'obscurité. On croit que j'ai été lésé. On se trompe. Le lot fut équitable, et nul ne décida pour moi : le sort divin trancha. J'ai reçu un domaine entier, aussi vaste que le ciel, aussi profond que la mer est large. Que le mien soit sans soleil n'en fait pas un royaume moindre.

On croit que j'ai été lésé. Le lot fut équitable : le sort divin trancha.

Ne regrettez-vous jamais l'éclat de l'Olympe, où siègent vos frères ?

Je monte au mont Olympe quand l'assemblée des dieux l'exige, et j'y prends ma place parmi les Douze. Mais je n'y demeure pas. Là-haut, tout est mouvement, querelle, vanité de lumière. Ici règne autre chose : une permanence. Le soleil se lève et se couche pour les vivants ; sous terre, rien ne change, rien ne ment. Mon palais s'enfonce dans les entrailles du monde, orné de l'or et de l'argent que la terre cache aux mortels, ces richesses dont j'ai la garde. Les Grecs l'ont compris, eux qui m'appellent parfois le Riche. On me plaint de vivre loin de l'éther ? Je ne plains pas l'éther. J'ai le silence, la justice, et l'éternité des choses accomplies. Le tumulte de l'Olympe, je le laisse à ceux qui en ont besoin pour exister.

Pourquoi les Athéniens refusaient-ils de prononcer votre nom dans leurs sanctuaires ?

Parce qu'ils craignaient que je les entende, et que les entendre, c'est se souvenir d'eux. Alors ils détournent la langue : ils m'appellent le Riche, ou le Bien-veillant, comme on flatte celui qu'on redoute pour qu'il regarde ailleurs. Cela me fait ni honneur ni offense. Je comprends leur prudence. Tout mortel sait qu'un jour il descendra le long du Styx, que Charon le passera pour le prix d'une obole, et que mon registre s'ouvrira à son nom. Prononcer Hadès, c'est nommer cette certitude. Ils préfèrent l'euphémisme, le pavot blanc déposé sur les tombes, l'offrande versée la nuit, le visage tourné. Je ne suis pas un dieu qu'on prie pour obtenir : je suis celui qu'on espère faire patienter. Cette pudeur des vivants, je l'accepte. Elle est, à sa manière, une forme de respect.

Je ne suis pas un dieu qu'on prie pour obtenir : je suis celui qu'on espère faire patienter.

Homère vous décrit comme le plus terrible des dieux. Vous reconnaissez-vous dans ce portrait ?

Dans l'Iliade, le poète dit de moi que je suis le plus terrible des dieux immortels. Terrible, oui — non pas cruel. Voilà la nuance que les mortels confondent toujours. Arès verse le sang par plaisir ; moi, je ne fais que recueillir ce que la mort dépose. On me redoute parce que je suis inévitable, non parce que je suis méchant. Aucun héros, fût-il le plus grand, ne lève les armes contre moi : on ne combat pas la fin. Je n'aime pas que les vivants me regardent, c'est vrai, car mon visage est celui auquel nul n'échappe. Mais terrible ne veut pas dire injuste. Je suis la borne, le terme, la frontière que Cocyte et Phlégéthon dessinent au bas du monde. Qu'on me craigne, soit. Qu'on me prenne pour un démon, jamais : je suis l'ordre, pas le mal.

Vous souvenez-vous du jour où vous avez emporté Perséphone dans votre royaume ?

La terre s'est ouverte, et je suis monté dans mon char d'or, tiré par des chevaux plus noirs que l'Érèbe. Elle cueillait des fleurs dans une prairie, Perséphone, fille de Déméter, et je l'ai prise pour reine. On nomme cela un rapt, et c'en fut un : je ne le pare d'aucun mensonge. Mais songez à ce que je lui offrais — non l'effacement, non l'ombre anonyme des âmes, mais un trône à mon côté, une couronne, un empire. J'avais eu le ciel à portée du sort et reçu les ténèbres ; je voulais qu'une lumière y règne avec moi. Sa mère hurla, le monde se figea de chagrin, les moissons moururent. Je le savais. Mais un dieu qui désire ne demande pas la permission au monde des vivants : il descend, et il emporte.

Un dieu qui désire ne demande pas la permission au monde des vivants : il descend, et il emporte.
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Hades abducting Persephonelabel QS:Lfr,"L'Enlèvement de Perséphone par Hadès"label QS:Len,"Hades abducting Persephone"Wikimedia Commons, Public domain — Unknown authorUnknown author

Comment expliquez-vous que Perséphone partage désormais l'année entre votre royaume et la surface ?

Par quelques grains de grenade. Avant qu'elle ne remonte vers sa mère, je lui ai offert le fruit de mon domaine, ces graines rouges comme le feu sous la terre. Elle en goûta — six, dit-on. Or quiconque a mangé la nourriture des morts appartient pour toujours, en partie, au royaume des morts. Ainsi fut scellée notre union. Chaque année, Déméter la reçoit et la terre reverdit ; chaque année, Perséphone redescend vers moi et le froid recouvre les champs. Les mortels appellent cela les saisons. Moi, j'appelle cela une justice : rien ne vit qui ne meure, rien ne renaît qui ne soit d'abord descendu. La grenade n'est pas un piège, c'est un pacte. Le monde respire au rythme de ses allées et venues, et personne, pas même Zeus, ne peut défaire ce que ce fruit a noué.

Que se passe-t-il lorsqu'une âme franchit enfin le seuil de votre domaine ?

Charon la dépose sur ma rive, et alors commence le seul jugement qui ne se trompe jamais. Je ne pèse pas seul les âmes : trois juges siègent pour moi — Minos, Éaque et Rhadamanthe, mortels d'une telle droiture que je les ai faits arbitres des morts. On examine chaque vie comme on lit un compte rendu. Les justes gagnent les Champs Élysées, ces prairies de lumière douce ; les âmes ordinaires errent dans les champs d'asphodèles ; les coupables descendent plus bas. Nulle faveur ne s'achète ici, nul puissant n'échappe à ce qu'il fut. Sur l'Olympe on peut tromper, séduire, corrompre. Dans mon royaume, la balance est nue. Platon l'a bien vu, lui qui me nomme le dieu juste qui distribue châtiments et récompenses selon les actes. C'est là tout mon office : rendre à chacun, exactement, ce qu'il a mérité.

Sur l'Olympe on peut tromper, séduire, corrompre. Dans mon royaume, la balance est nue.
Statue Hadès Jardins Fontaine - Nîmes (FR30) - 2021-07-11 - 1
Statue Hadès Jardins Fontaine - Nîmes (FR30) - 2021-07-11 - 1Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Chabe01

Au plus profond de vos Enfers s'ouvre le Tartare. Quel rôle lui réservez-vous ?

Le Tartare est l'abîme sous l'abîme, aussi loin sous mes pieds que la terre est loin du ciel. J'y garde les Titans que nous avons vaincus, enchaînés dans la nuit, et avec eux les pires criminels qui aient défié les dieux. Ce n'est pas une simple prison : c'est la digue qui retient le chaos. Si jamais ces forces remontaient, le monde ordonné qu'ont bâti mes frères s'effondrerait dans l'informe d'où il est né. Veiller sur le Tartare, c'est donc veiller sur l'univers entier. Les vivants ne voient en moi que le receveur des morts ; ils ignorent que je suis aussi le geôlier de l'ancien désordre. Je tiens fermée, sous mille verrous d'airain, la porte par laquelle tout pourrait recommencer. Telle est la part de mon règne dont nul ne me sait gré : empêcher que le commencement ne revienne.

On parle d'un casque qui vous rend invisible. Que représente-t-il pour vous ?

Les Cyclopes le forgèrent pour moi pendant la guerre contre les Titans, comme ils donnèrent la foudre à Zeus et le trident à Poséidon. On le nomme le casque des ténèbres. Coiffé de lui, je traverse les mondes sans qu'aucun œil, divin ou mortel, ne me saisisse. Y voyez-vous une ruse ? C'est plutôt l'emblème exact de ce que je suis. La mort marche parmi vous invisible ; elle est là, dans la salle des banquets comme au champ de bataille, sans qu'on la voie venir. Mon casque ne fait que rendre visible — à moi seul — cette vérité : je suis présent partout et perçu nulle part. Les autres dieux veulent qu'on les contemple, qu'on dresse leurs statues au grand jour. Moi, ma puissance est de n'être pas vu. On ne regarde pas Hadès. On le rencontre, une fois, à la fin.

La mort marche parmi vous invisible. Mon casque ne fait que rendre visible cette vérité.

Quel est le dernier visage que voient ceux qui descendent vers vous ?

Un char noir, des chevaux noirs, et un manteau plus sombre encore que la pierre de mon palais. Voilà l'attelage qui surgit de la faille de la terre, le même qui emporta Perséphone. Quand les mortels songent à moi, c'est cette image qu'ils dressent dans leur effroi : la couleur sans couleur, l'obscurité en mouvement. Je ne porte ni armure éclatante ni couronne de rayons — un simple diadème sur le front, le sceptre du juge à la main. Mon royaume n'a pas besoin de faste : qui descend ne remonte pas pour le raconter. Le dernier visage ? Le mien, peut-être, ou seulement l'ombre du passage. Mais qu'on n'ait pas peur outre mesure. Je ne suis pas l'ennemi des vivants. Je suis seulement leur destination commune, celle vers laquelle tous, rois et bergers, avancent du même pas.

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Pour aller plus loin

Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Hadès. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.