Interview imaginaire

Interview imaginaire avec James Cook

par Charactorium · James Cook (1728 — 1779) · Exploration · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

C'est dans le cabinet de New Burlington Street, à Londres, en ce mois de mars 1776, que je retrouve mon vieux compagnon de l'Endeavour. Autour de nous sèchent encore les plantes que j'ai rapportées de Botany Bay, et l'odeur des herbiers pressés se mêle à celle du thé. Le Resolution s'apprête à appareiller pour un troisième voyage où je ne l'accompagnerai pas — alors je veux, avant son départ, l'entendre une dernière fois parler de l'homme autant que du navigateur. Lui, James, sirote son thé sans façon, comme à bord lorsque nous partagions la même table de cartes.

James, tu te souviens, à Tahiti, après le transit de Vénus — ces ordres scellés de l'Amirauté que tu as ouverts devant moi. Que t'imposaient-ils vraiment ?

Tu étais là, Joseph, et tu sais donc combien j'ai pesé chaque mot de cette enveloppe. L'astronomie n'était que la moitié de ma tâche : une fois Vénus consignée, je devais cingler vers le sud à la recherche de cette Terra Australis Incognita que nos géographes plaçaient sur leurs cartes par pur amour de la symétrie. Une mission de savant et une mission de conquérant cousues dans le même pli — voilà ce qu'attend de nous l'Amirauté. J'ai compris ce jour-là que mon sextant servirait deux maîtres : la connaissance et la Couronne. Je n'ai jamais aimé qu'on m'envoie planter des pavillons, mais j'ai toujours aimé qu'on m'envoie lever des côtes que nul n'avait dessinées.

Mon sextant servirait deux maîtres : la connaissance et la Couronne.

Avais-tu foi en ce continent austral lorsque nous avons mis cap au large des îles de la Société ?

Franchement, non. J'ai trop sondé, trop relevé, pour croire aux terres qu'on rêve depuis un fauteuil d'Europe. Mais un ordre est un ordre, et puis je me disais : si elle existe, autant que ce soit moi qui la trouve plutôt qu'un autre qui la baptiserait mal. Nous avons donc tiré des bordées vers le sud jusqu'à ce que le froid nous chasse. Je tenais mon journal chaque matin, comme tu m'as vu faire, notant la moindre dérive. La géographie ne se corrige pas avec des suppositions, mon ami : elle se corrige avec du fil de sonde, des angles mesurés et beaucoup de patience par gros temps.

La géographie ne se corrige pas avec des suppositions : elle se corrige avec du fil de sonde.

Tes cartes de Nouvelle-Zélande font déjà autorité dans tous les bureaux de l'Amirauté. Comment parviens-tu à une telle exactitude, là où d'autres tâtonnent ?

Il n'y a pas de secret, seulement de la méthode et de l'obstination. Je relève les angles côtiers au sextant depuis le pont, puis j'envoie les chaloupes sonder chaque baie pendant que je note la profondeur, le cap, l'heure. L'après-midi entière y passe quand il le faut. Pour la longitude, ce diable de problème qui a noyé tant de navires, j'ai eu au second voyage la réplique du chronomètre de Harrison : un garde-temps qui ne dévie presque pas, et qui m'a donné l'est et l'ouest avec une sûreté inouïe. Avant lui, on naviguait à l'estime, en priant. Une bonne carte, Joseph, c'est la vie de tout marin qui passera après vous — voilà pourquoi je n'en bâcle jamais une seule.

Une bonne carte, c'est la vie de tout marin qui passera après vous.

Tu cartographias jadis le Saint-Laurent avant Québec. Diras-tu que c'est là, sous les canons, que s'est forgé ton métier de cartographe ?

Sans aucun doute. C'est devant Québec, en 1759, que j'ai appris qu'une côte mal levée tue plus sûrement qu'un ennemi. J'ai sondé le fleuve sous le feu, posé les balises qui ont permis à la flotte de remonter et au général Wolfe de débarquer. Quand on a fait cela une fois, relever paisiblement une baie du Pacifique paraît presque un repos. J'ai gravi tous les échelons depuis le charbon de Whitby jusqu'au pont d'un navire de Sa Majesté, et chaque relevé m'a appris davantage que le précédent. Le sextant, le compas de relèvement, la ligne de sonde : ce sont mes vraies armes. Un homme de mon rang ne monte pas par la naissance, il monte par l'exactitude.

Un homme de mon rang ne monte pas par la naissance, il monte par l'exactitude.

On murmure que tu fus le premier à franchir le cercle polaire antarctique. Qu'as-tu éprouvé, là, parmi les glaces, à la place où l'on attendait un continent ?

C'était en janvier 1773, le Resolution et l'Adventure se frayant un passage entre des montagnes de glace qui craquaient comme des coups de canon. Jamais navire n'était descendu si bas. Nous cherchions une terre habitable ; nous n'avons trouvé que le froid, le brouillard et ces murailles blanches infranchissables. J'ai poussé aussi loin que la prudence me le permettait, puis j'ai fait demi-tour, le cœur partagé entre la déception et la certitude. Car j'ai pu enfin l'écrire dans mon journal : s'il existe un continent austral, il gît contre le pôle, glacé, inutile aux hommes. J'ai vidé la carte d'un fantôme qui l'encombrait depuis des siècles. Pour un géographe, mon ami, effacer une erreur vaut bien une découverte.

J'ai vidé la carte d'un fantôme qui l'encombrait depuis des siècles.
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Portrait of Captain James Cooktitle QS:P1476,en:"Portrait of Captain James Cook"label QS:Len,"Portrait of Captain James Cook"Wikimedia Commons, Public domain — John Webber

Pas un seul homme perdu au scorbut sur ton dernier voyage, dit-on — toi qui nous régalais de choucroute sur l'Endeavour. Quel est ton remède ?

Ah, la Sour Krout ! Tu te souviens des grimaces de l'équipage devant ce chou fermenté. Le secret, c'est qu'un capitaine ne commande pas un régime, il le partage : j'en mangeais le premier à la table des officiers, et bientôt les marins en réclamaient par jalousie. À cela j'ajoute le malt, les agrumes et surtout les vivres frais raflés à chaque escale — légumes, verdure, tout ce que la terre offre. La propreté du bord, l'air, le linge sec comptent autant que la table. Le résultat, la Royal Society vient de me l'honorer d'une médaille cette année même. Mais la vraie récompense, Joseph, c'est de ramener mes hommes vivants quand d'autres en enterrent la moitié par-dessus bord.

Un capitaine ne commande pas un régime, il le partage.

Cette obsession de la santé de tes marins — d'où te vient-elle ? Peu de commandants s'en soucient autant que toi.

De ce que j'ai vu, tout simplement. J'ai connu des bords où le scorbut faisait pourrir les gencives et tomber les dents des plus solides gaillards, où l'on cousait chaque semaine un homme dans sa toile. Je me suis juré que sur mes navires cela n'arriverait pas. Lever des côtes, calculer des longitudes, tout cela ne vaut rien si l'équipage ne tient pas le voyage. Je veille à l'hygiène le soir comme je veille à mes cartes : c'est le même devoir. On me croit dur — je le suis sur la discipline du linge et des rations. Mais un homme bien nourri, bien lavé, c'est un homme qui rentrera embrasser sa femme. Voilà ma comptabilité à moi.

Lever des côtes ne vaut rien si l'équipage ne tient pas le voyage.
National Portrait Gallery, Canberra, Australia - Joy of Museums - Portrait of Captain James Cook RN
National Portrait Gallery, Canberra, Australia - Joy of Museums - Portrait of Captain James Cook RNWikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — GordonMakryllos

Tu repars bientôt vers des îles inconnues. Toi qui as tant abordé de rivages peuplés, comment se passe la rencontre quand l'étranger surgit de la mer ?

C'est l'instant le plus délicat de tout voyage, plus que les récifs ou les tempêtes. Quand nous mouillons devant une terre nouvelle, nous sommes des apparitions pour ces peuples : nos voiles, nos canons, nos habits leur semblent venus d'un autre monde, et parfois ils nous reçoivent presque comme davantage que des hommes. Cela flatte, mais cela inquiète, car ce qu'on prend trop haut retombe d'autant plus bas. Tout peut basculer sur un rien — un outil disparu, une chaloupe volée, un geste mal compris. J'ai vu le sang couler pour moins que cela. Aussi je m'efforce à la patience, aux échanges, aux présents, sachant que nous sommes les hôtes et non les maîtres de ces rivages.

Ce qu'on prend trop haut retombe d'autant plus bas.

Crains-tu, James, qu'un de ces malentendus tourne un jour mal pour toi-même, si loin de tout secours ?

Je serais sot de ne pas y songer. Un commandant qui descend à terre sur une plage étrangère met sa vie dans la balance, et nul pavillon ne le protège là-bas. J'essaie de tenir mes hommes en bride, car neuf querelles sur dix naissent de notre côté : un mousquet pointé trop vite, une rancune de marin. Mais la mer est ainsi faite qu'elle ne promet le retour à personne. Je pars néanmoins, parce qu'il reste à l'extrême nord du Pacifique un passage que l'on cherche depuis deux siècles, et que mon devoir est d'aller voir s'il existe. Si je dois tomber, que ce soit au moins une côte de plus portée sur la carte. Le reste, Joseph, n'est pas entre nos mains.

La mer est ainsi faite qu'elle ne promet le retour à personne.

Une dernière chose, mon ami : nos noms resteront-ils liés à cette aventure de l'Endeavour, crois-tu, ou la mer effacera-t-elle tout ?

Qui peut le dire ? Ce ne sont pas les noms qui demeurent, ce sont les cartes. Toi, tu as rempli des caisses de plantes que nul botaniste d'Europe n'avait jamais vues ; moi, j'ai tracé des côtes qui guideront des marins longtemps après que nous aurons quitté ce monde. Voilà ce que nous laissons : non pas notre gloire, mais le travail fait honnêtement. Je rentre à Mile End retrouver Elizabeth et les enfants entre deux voyages, et je me dis que c'est assez d'avoir servi la connaissance sans mentir sur une seule profondeur. Le souvenir des hommes est capricieux, Joseph ; un relevé exact, lui, ne trahit jamais celui qui s'y fie.

Ce ne sont pas les noms qui demeurent, ce sont les cartes.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de James Cook. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.