Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Jean Anouilh

par Charactorium · Jean Anouilh (1910 — 1987) · Lettres · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Deux jeunes visiteurs de douze ans poussent la porte d'un petit théâtre désert un matin de classe découverte. Sur la scène vide, un vieux monsieur élégant les attend, ravi. C'est Jean Anouilh, et il a accepté de répondre à toutes leurs questions.

Vous aviez quel âge quand vous avez commencé à travailler dans un théâtre ?

J'avais dix-neuf ans, mon enfant. En 1929, j'ai quitté ma ville pour monter à Paris, le cœur battant. Là, je suis devenu secrétaire d'un grand homme de théâtre, Louis Jouvet. Un secrétaire, c'est celui qui range les papiers, qui court partout. Un poste tout petit. Mais imagine : j'étais caché dans les coulisses, ce couloir sombre derrière le rideau. Et de là, je voyais tout ! Comment on dirige les acteurs, comment on choisit une lumière. Personne ne me remarquait, et moi, j'apprenais le métier en silence. C'est là que j'ai compris une chose : pour écrire pour la scène, il faut d'abord la regarder vivre.

On apprend mieux dans l'ombre des coulisses qu'au milieu de la lumière.

Comment vous avez su que vous vouliez écrire pour le théâtre ?

Tu sais, c'est arrivé par hasard, comme les plus belles choses. J'étais encore un garçon, presque comme toi. Un jour, j'ai ouvert une pièce de Jean Giraudoux, un auteur que j'adorais. Et là, ce fut comme un éclair ! J'ai senti que ces mots-là étaient plus vrais que la vie elle-même. J'ai décidé sur-le-champ : je passerais ma vie à écrire des pièces. Pour moi, le théâtre, ce n'est pas un mensonge. C'est la vie rendue plus claire, plus belle. Imagine une loupe posée sur le monde : tout devient net, même ce qui fait mal. Je n'ai jamais changé d'avis depuis ce jour.

Le théâtre, c'est la vie rendue plus claire, même quand ça fait mal.

C'est vrai que vous rangiez vos pièces par couleurs ?

Oui ! Et ça amusait beaucoup les gens. J'ai inventé mes propres petites boîtes pour ranger mon travail. Il y avait les Pièces roses : les plus légères, les plus joyeuses, comme Le Bal des voleurs avec sa bande de voleurs déguisés. Et puis les Pièces noires : les plus sombres, les plus tristes, comme La Sauvage. Plus tard, j'ai ajouté les Pièces grinçantes, celles qui grincent comme une vieille porte, à la fois drôles et méchantes. Pourquoi ces couleurs ? Parce que je suis fait comme ça, mon enfant. Un jour je ris, le lendemain je désespère. Mes pièces me ressemblent : un peu de soleil, beaucoup d'ombre.

Mes pièces me ressemblent : un peu de soleil, beaucoup d'ombre.

Pourquoi vous avez réécrit des vieilles histoires au lieu d'en inventer ?

Bonne question ! Tu vois, les très vieilles histoires sont comme de beaux habits qu'on peut remettre. Pour Antigone, je suis allé chercher une tragédie grecque écrite par Sophocle, il y a plus de deux mille ans. J'avais son texte tout couvert de mes notes. Mais je ne l'ai pas recopié : je l'ai raconté à ma façon, pour les gens de mon temps. Plus tard, j'ai fait pareil avec Jeanne d'Arc dans L'Alouette. Ces personnages se posent toujours la même question : faut-il obéir, ou dire non quand on nous demande une mauvaise chose ? Cette question-là, vois-tu, elle ne vieillit jamais. C'est pour ça que je les fais revivre.

Les vieilles histoires sont de beaux habits qu'on peut toujours remettre.

Et si vous vous trompiez sur des faits dans vos histoires ?

Ah, ça m'est arrivé ! Pour écrire Becket ou l'Honneur de Dieu, en 1959, j'ai plongé dans de vieux livres d'histoire anglais. Cette pièce raconte l'amitié, puis la dispute, entre un roi, Henri II, et son ami Thomas Becket. Eh bien, j'ai découvert trop tard que l'historien que j'avais cru s'était mélangé les pinceaux ! Certains faits étaient faux. Et tu sais ce que j'ai fait ? J'ai continué quand même. Parce que pour moi, ce qui compte, ce n'est pas la date exacte. C'est la vérité du cœur : deux amis qui se déchirent, ça, c'est vrai pour toujours. Un historien doit être exact. Un poète, lui, doit être juste.

Un historien doit être exact. Un poète, lui, doit être juste.
Anouilh 1940 2
Anouilh 1940 2Wikimedia Commons, Public domain — Studio Harcourt

C'était comment, jouer une pièce pendant la guerre ?

C'était étrange et un peu effrayant, mon enfant. En février 1944, mon Antigone est créée à Paris, au Théâtre de l'Atelier. À ce moment-là, la France est occupée par l'armée allemande. Imagine : des soldats étrangers dans les rues, et un monsieur qui surveille chaque mot qu'on écrit, pour interdire ce qui déplaît. On appelait ça la censure. Et pourtant, ma pièce a été jouée ! Dans la salle, il y avait des gens qui obéissaient aux Allemands et d'autres qui leur résistaient en cachette. Le soir de la première, tout ce monde a applaudi. Chacun y voyait son propre camp. C'était mon petit tour de magie pour passer entre les gouttes.

Ma pièce passait entre les gouttes : chacun y voyait son propre camp.

Pourquoi votre Antigone disait non, même si elle devait mourir ?

Parce que c'est une jeune fille qui ne sait pas se taire, comme certains d'entre vous, j'espère ! Dans la pièce, le chef qui gouverne s'appelle Créon. Il interdit d'enterrer le frère d'Antigone. Mais elle, elle refuse d'obéir. Elle préfère mourir plutôt que de trahir ce qu'elle croit juste. Il y a un moment où elle lance à Créon : « Je suis là pour vous dire non et mourir. » Quatre petits mots terribles. Tu sais, dire non, c'est parfois très facile, et parfois ça coûte la vie. Antigone, elle, dit non jusqu'au bout. C'est pour ça qu'elle est restée vivante dans la mémoire des gens.

Dire non, c'est parfois facile, et parfois ça coûte la vie.
Anouilh 1940 3
Anouilh 1940 3Wikimedia Commons, Public domain — Studio Harcourt

C'était comment, vos journées quand vous écriviez vos pièces ?

Pas du tout ce que tu imagines ! Je me levais tard, comme tous les gens de théâtre, parce que je travaillais le soir. Le matin, je lisais tranquillement le journal. L'après-midi, c'était mon vrai moment : je tapais mes pièces sur une petite machine à écrire, parfois dans un café, parfois à mon bureau. Et souvent, je travaillais sur plusieurs pièces à la fois ! Puis, le soir venu, j'allais aux répétitions. Là, je regardais les acteurs jouer, et je n'étais pas commode, tu sais. Je voulais que chaque mot, chaque geste soit parfait. On me disait exigeant. Moi, je disais juste : amoureux du travail bien fait.

Je n'étais pas commode : amoureux du travail bien fait, voilà tout.

Vous pensiez quoi du bonheur ? Vous étiez quelqu'un de triste ?

Quelle belle question, qui touche au cœur ! Tu sais, dans mes Pièces noires, je raconte souvent des gens qui cherchent à être purs, tout propres, tout droits. Mais le monde, lui, est plein de petits arrangements, de petits mensonges. Et mes héros n'y arrivent pas : ils veulent rester purs dans un monde qui ne l'est pas. C'est ce que j'appelais la pureté impossible. Étais-je triste ? Disons que je voyais le côté sombre. Mais regarde : j'ai aussi écrit des comédies pleines de rires et de fantaisie ! Un homme n'est jamais d'une seule couleur, mon enfant. Le même cœur peut pleurer le matin et rire le soir.

Un homme n'est jamais d'une seule couleur : il pleure et il rit.

Si on se souvient d'une seule chose de vous, ce serait quoi ?

Si je devais te laisser une seule petite graine à garder, ce serait celle-ci. J'ai cru toute ma vie en une chose simple : le théâtre dit la vérité mieux que les grands discours. Pas les idées compliquées, pas les leçons : juste des gens, en chair et en os, sur une scène. Quand tu vois Antigone dire non, ou deux amis se déchirer dans Becket, tu comprends quelque chose sur toi-même. Tu n'as pas besoin que je te l'explique. Alors voilà mon vœu : que dans très longtemps, des enfants comme toi lisent encore mes pièces, et qu'ils se posent les mêmes questions. C'est ça, pour moi, être vivant pour toujours.

Le théâtre dit la vérité mieux que tous les grands discours.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Jean Anouilh. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.