Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Joachim du Bellay

par Charactorium · Joachim du Bellay (1522 — 1560) · Lettres · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Joachim du Bellay
Wikimedia Commons, Public domain — Scan by NYPL

Deux jeunes visiteurs de douze ans poussent la porte d'une vieille salle d'étude, plumes et parchemins partout. Un poète à l'air doux les attend, un peu sourd, le sourire ému qu'on s'intéresse encore à lui. Il les invite à s'asseoir près de la chandelle.

C'est vrai que vous êtes devenu poète à cause d'une rencontre dans une auberge ?

Tu sais, mon enfant, parfois ta vie tourne en un seul après-midi. Vers 1547, je voyageais, et je m'arrête dans une auberge du Perche. Là, un jeune homme me parle de poètes latins, des yeux qui brillent. C'était Ronsard. Imagine deux garçons qui se découvrent la même passion secrète, comme si chacun avait trouvé son frère. On est partis ensemble étudier au collège de Coqueret, à Paris, chez un maître nommé Jean Dorat. C'est là qu'est née notre petite bande, qu'on a appelée la Brigade, puis la Pléiade. Un café, une rencontre, et toute la poésie française a changé de route.

Parfois ta vie entière tourne en un seul après-midi.

Vous étiez bon élève quand vous étiez petit, comme nous ?

Ah, non, justement ! Je ne veux pas te mentir. Je suis né au château de La Turmelière, en Anjou, dans une famille noble mais pauvre. Mes parents sont morts quand j'étais tout petit, et mon grand frère, qui devait s'occuper de moi, m'a un peu oublié. Imagine un enfant qui grandit presque seul, sans vrais maîtres. Je n'ai vraiment commencé mes études qu'à vingt ans ! Toute ma vie, j'ai cru que les autres poètes étaient mieux formés que moi. Alors écoute-moi bien : ce retard, je l'ai rattrapé avec du travail et de l'envie. On peut commencer tard et réussir quand même.

On peut commencer tard et réussir quand même.

Pourquoi vous êtes parti à Rome si loin de chez vous ?

En 1553, mon cousin, le cardinal Jean du Bellay, m'a emmené à Rome comme secrétaire. Je croyais partir vers la gloire, vers la ville la plus belle du monde. Imagine ton excitation si on t'emmenait voir un pays de légende. Et puis... la réalité. Du matin au soir, je rédigeais des lettres ennuyeuses, je gérais des affaires qui n'étaient pas les miennes. Le soir, dans le palais près du Vatican, je pensais à mon petit village de Liré, en Anjou. C'est cette tristesse-là qui m'a fait écrire mes plus beaux poèmes, Les Regrets. La douleur, vois-tu, sait parfois se changer en chanson.

La douleur sait parfois se changer en chanson.

C'est quoi votre poème le plus connu, celui d'Ulysse ?

Oui ! Quand j'étais à Rome, malade de ma maison, j'ai écrit un sonnet. Il commence par : « Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage ». Tu connais Ulysse, ce héros grec qui rêvait de rentrer chez lui après la guerre ? Eh bien c'était moi. J'avais sous les yeux les palais immenses de Rome, et pourtant je préférais mille fois mon petit Liré et l'air doux du Val de Loire. Imagine : tu vis dans un château splendide, mais tu pleures ta chambre toute simple. Voilà ce que je voulais dire. Le bonheur, ce n'est pas toujours le plus grand ni le plus riche.

Le bonheur, ce n'est pas toujours le plus grand ni le plus riche.

À Rome, vous faisiez quoi pendant votre temps libre ?

Je me promenais dans les ruines, mon enfant. Imagine des arcs brisés, des colonnes tombées, de l'herbe qui pousse entre les pierres. Je marchais dans le Forum, le grand cœur de la Rome antique, et je me disais : ici régnait le plus puissant empire du monde, et il n'en reste que des cailloux. Ça donne le vertige, tu sais. J'ai écrit un recueil là-dessus, Les Antiquités de Rome. Dans un sonnet, je dis qu'on cherche « Rome en Rome » sans la trouver. Les ruines m'apprenaient une chose : même les plus grands finissent par tomber. Rien n'est éternel, pas même la gloire.

Même les plus grands empires finissent en cailloux dans l'herbe.
Joachim Du Bellay
Joachim Du BellayWikimedia Commons, Public domain — Unknown authorUnknown author

C'était comment, votre maison à Rome ? Ça sentait quoi ?

Le palais du cardinal était immense, tout près du Vatican. Imagine des salles avec des plafonds très hauts, des bibliothèques pleines de livres, des tapisseries qui sentaient la poussière et la cire des chandelles. Le matin, je me levais avant le jour pour lire Virgile et Pétrarque, deux poètes que j'admirais. À midi, on mangeait bien : du pain blanc, de la viande rôtie, des fruits d'Italie, du vin du pays. Mais tout ce luxe ne me consolait pas. Je rêvais des poissons de la Loire et des fromages de mon enfance. Le ventre était plein, mais le cœur, lui, avait faim de chez moi.

Le ventre était plein, mais le cœur avait faim de chez moi.

Vous écriviez vos poèmes comment ? Avec quoi ?

Le soir, mon enfant, quand le travail était fini ! Je m'asseyais à ma table, une plume d'oie taillée à la main, un encrier, et une chandelle de cire pour y voir. Imagine le silence de la nuit, juste le grattement de la plume sur le papier. J'écrivais un vers, je le corrigeais, je le recopiais dix fois jusqu'à ce qu'il sonne juste. Un sonnet, c'est un petit poème de quatorze lignes, très exigeant : pas un mot de trop. C'était lent, patient, comme tailler une pierre précieuse. La beauté ne tombe pas du ciel toute faite. Elle se travaille, ligne après ligne.

La beauté ne tombe pas du ciel : elle se travaille, ligne après ligne.

Pourquoi vous vouliez écrire en français et pas en latin ?

Ah, voilà mon grand combat ! À mon époque, les savants méprisaient le français. Pour eux, seul le latin était noble, digne des belles idées. Le français, ils l'appelaient le « vulgaire », la langue du peuple, comme si elle était pauvre. Moi, ça me révoltait. En 1549, j'ai écrit un texte fort, la Défense et illustration de la langue française. J'y dis : notre langue peut être aussi belle que le latin ! Il suffit de l'enrichir, d'inventer des mots nouveaux. Imagine qu'on te dise que ta langue maternelle ne vaut rien. Tu te battrais, non ? Eh bien, je me suis battu avec mes poèmes.

Notre langue peut être aussi belle que celle des Anciens.
Du Bellay - Œuvres complètes, édition Séché, tome 3
Du Bellay - Œuvres complètes, édition Séché, tome 3Wikimedia Commons, Public domain — Joachim du Bellay

Ça a plu, votre texte, ou ça a fâché des gens ?

Oh, ça a fait scandale, mon enfant ! Tu sais, dans ce livre, je critiquais les poètes d'avant nous, comme Clément Marot, que beaucoup adoraient. Je disais qu'il fallait arrêter de simplement traduire les Anciens, et plutôt s'en inspirer pour faire mieux. On appelait ça l'imitation. Imagine un nouveau venu qui débarque et dit : « les vieux maîtres se sont trompés, suivez-moi ! ». Forcément, ça grince. Mais sans un peu d'audace, rien ne change jamais. J'étais jeune, j'avais du feu dans le cœur. Et figure-toi que ce petit livre a vraiment lancé une nouvelle façon d'écrire en France.

Sans un peu d'audace, rien ne change jamais.

Vous étiez devenu célèbre, alors vous étiez heureux à la fin ?

C'est une question triste, mon enfant, mais je vais te répondre franchement. Non. De retour à Paris, je devenais de plus en plus sourd. Imagine que le monde s'éteigne doucement autour de toi, que les voix s'éloignent. Et malgré ma réputation, je vivais dans la gêne, sans argent. J'espérais un mécène, un protecteur riche qui m'aiderait, mais il n'est jamais venu. J'ai même écrit une satire, Le Poète courtisan, pour me moquer de ceux qui flattaient les rois pour de l'or. Je suis mort à Paris en 1560, à seulement 37 ans. La gloire, vois-tu, ne remplit pas toujours le ventre ni ne réchauffe le cœur.

La gloire ne remplit pas toujours le ventre ni ne réchauffe le cœur.

Ça vous fait quoi qu'on lise encore vos poèmes aujourd'hui ?

Tu ne peux pas savoir comme ça me touche, mon enfant. De mon vivant, je me croyais oublié, mal-aimé, dans l'ombre des plus grands. Et voilà que des enfants, des siècles plus tard, récitent encore « Heureux qui, comme Ulysse ». Imagine : tu plantes une graine sans savoir si elle poussera, et un jour un arbre immense donne de l'ombre à des gens que tu n'as jamais connus. C'est ça, écrire. On parle à des inconnus du futur. Alors retiens cette leçon : ce que tu crées avec ton cœur peut vivre bien plus longtemps que toi. Les mots, eux, ne meurent pas.

Ce que tu crées avec ton cœur peut vivre bien plus longtemps que toi.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Joachim du Bellay. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.