Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Madame de Staël

par Charactorium · Madame de Staël (1766 — 1817) · Lettres · Philosophie · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Deux jeunes visiteurs de douze ans, en classe découverte au bord du lac Léman, poussent la porte d'un grand château. Une dame en turban les accueille, une petite brindille tordue entre les doigts. C'est Madame de Staël, et elle a tant de choses à leur raconter.

Vous aviez quel âge quand vous avez commencé à parler avec les grands savants ?

Tu sais, mon enfant, j'avais à peine douze ans — ton âge ! Mon père, Jacques Necker, était le ministre des finances du roi. Chez nous, le soir, la table se remplissait de philosophes. Ce sont les penseurs des Lumières, ces gens qui croyaient à la raison et au progrès. Imagine une salle pleine de messieurs qui discutent fort, et une petite fille qui ose répondre. Ils me regardaient, surpris. Moi, je n'avais pas peur. J'écoutais, je posais des questions, je lançais une réplique. C'est là, dans ce bruit d'idées, que je suis tombée amoureuse de la pensée. On n'apprend jamais mieux qu'en écoutant les grands parler.

On n'apprend jamais mieux qu'en écoutant les grands parler.

Vous aimiez très fort votre papa ? On dit que vous gardiez son buste.

Oh oui, je l'adorais. Mon père Necker était pour moi l'homme le plus juste du monde. Après sa mort, en 1804, j'ai gardé un buste de lui, en pierre, dans mes appartements. Chaque fois que je passais devant, je pensais à lui. C'était comme s'il veillait encore sur moi. Ma toute première œuvre, à vingt-deux ans, parlait de Rousseau, un philosophe que j'admirais. Mais au fond, c'est mon père qui m'a tout donné : le goût des livres, le courage de dire ce que je pense. Un parent qui te fait confiance, mon enfant, c'est le plus beau cadeau qui soit.

Un parent qui te fait confiance, c'est le plus beau cadeau qui soit.

C'est vrai que vous vous êtes disputée avec Napoléon ? Vous aviez peur de lui ?

Disputée, c'est un petit mot pour une grande affaire ! Napoléon ne supportait pas qu'une femme pense par elle-même et le dise tout haut. Il me faisait surveiller, jour et nuit. Avais-je peur ? Un peu, je l'avoue. Mais j'avais surtout de la fierté. Un jour, il m'a ordonné de rester à quarante lieues de Paris — une lieue, c'est à peu près une heure de marche. J'étais bannie, comme une coupable. Pourtant je n'avais tué personne. Mon seul crime, c'était de ne pas vouloir me taire. Toute ma vie, j'ai préféré l'exil au silence.

Mon seul crime, c'était de ne pas vouloir me taire.

Ça fait quoi d'être obligée de quitter sa maison et son pays ?

C'est un déchirement, mon enfant. Imagine qu'on te dise : tu ne peux plus rentrer chez toi, ni revoir tes amis. J'ai vécu cela pendant des années, je l'ai même raconté dans un livre, Dix années d'exil. On appelait les gens comme moi des proscrits : des personnes chassées pour leurs idées. C'était dur, mais je n'étais jamais vraiment seule. J'emportais mes livres, mes manuscrits, mes amis fidèles. Partout où j'allais, je recréais un petit foyer. La tristesse était là, oui. Mais une idée qu'on défend tient chaud, même loin de chez soi.

Une idée qu'on défend tient chaud, même loin de chez soi.

C'était comment, votre château au bord du lac ? Il s'y passait quoi le soir ?

Ah, Coppet ! Mon château au bord du lac Léman, avec les montagnes en face. Le soir, c'était magique. Vingt, trente personnes se réunissaient dans mon salon. On lisait des textes à voix haute, on discutait, parfois on jouait des petites pièces de théâtre. Cela durait parfois jusqu'à deux ou trois heures du matin ! Tous ceux que Napoléon avait chassés venaient chez moi : des écrivains, des penseurs, comme mon ami Benjamin Constant. On a appelé notre cercle le « groupe de Coppet ». Imagine une maison où les idées ne dorment jamais. C'était mon refuge, et le leur aussi.

Imagine une maison où les idées ne dorment jamais.
Delphine, Madame de Staël, Paris, 1803 04
Delphine, Madame de Staël, Paris, 1803 04Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — Coyau

Ça sentait quoi chez vous, et vous mangiez quoi le matin ?

Quelle jolie question ! Je me levais tard, vois-tu, souvent après dix heures — car j'avais parlé fort tard dans la nuit. Le matin, je prenais du café, cette boisson que tous les gens d'esprit aimaient à mon époque, et des petits pains. Pendant ce temps, déjà, je dictais des lettres. J'écrivais à des amis dans toute l'Europe, avec ma plume d'oie trempée dans l'encrier. Chez moi, ça sentait le papier, l'encre fraîche, et le café chaud. Et toujours, dans ma main, une petite brindille que je tordais en parlant. Une vieille manie ! Je ne pouvais pas réfléchir sans triturer quelque chose.

Chez moi, ça sentait le papier, l'encre et le café chaud.

C'est quoi le livre que Napoléon a fait détruire ? Pourquoi il vous en voulait autant ?

Il s'appelait De l'Allemagne. J'avais voyagé jusqu'à Weimar, en Allemagne, et là j'ai rencontré deux immenses écrivains, Goethe et Schiller. Leurs idées m'ont éblouie. Je voulais les faire connaître aux Français. Mais en 1810, la police de Napoléon a saisi tous les exemplaires et les a détruits, avant même la vente ! Pourquoi ? Parce que je parlais de liberté, d'imagination, et pas de sa gloire à lui. Le livre n'a pu paraître qu'à Londres, en 1813. Et tu sais quoi ? On peut brûler des pages, mais pas les idées qu'elles contiennent.

On peut brûler des pages, mais pas les idées qu'elles contiennent.

C'est quoi le romantisme dont vous parliez tout le temps ?

Bonne question, mon enfant ! Le romantisme, c'est une façon nouvelle de sentir et d'écrire. Avant, on aimait surtout la raison, l'ordre, les règles bien droites. Le romantisme, lui, met en avant le cœur, les rêves, la nature, les grands sentiments. Je disais qu'il y avait une littérature du Nord — celle des pays brumeux, mélancolique et rêveuse — et une littérature du Midi, plus claire et ensoleillée. C'est en découvrant l'Allemagne que j'ai compris cela. J'ai été l'une des premières à l'expliquer aux Français. Apprends à sentir avant de juger : c'est ainsi qu'on comprend vraiment une œuvre.

Apprends à sentir avant de juger.
Rue Germaine Staël - Paris XV (FR75) - 2021-08-09 - 1
Rue Germaine Staël - Paris XV (FR75) - 2021-08-09 - 1Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Chabe01

Vous avez écrit un roman sur une fille qui invente des poèmes en direct ? C'est qui ?

Oui ! Elle s'appelle Corinne, et son histoire se passe en Italie. Corinne est une improvisatrice : une artiste capable d'inventer un poème sur-le-champ, debout, devant la foule, sur un sujet qu'on lui donne. Imagine une jeune femme qui monte sur une estrade à Rome et fait jaillir des vers, comme ça, sans préparer. Tout le monde l'admire. À travers elle, je voulais dire une chose : une femme aussi peut avoir du génie, créer, briller. À mon époque, on ne le croyait pas assez. Corinne, c'était mon cri pour toutes les filles qui ont quelque chose à dire.

Une femme aussi peut avoir du génie, créer, briller.

Vous vouliez devenir très célèbre ? Ça rend heureux, la gloire ?

Ah, voilà une question que je me suis posée toute ma vie ! Oui, j'ai désiré la gloire, je ne te mentirai pas. Mais dans Corinne, mon héroïne se demande : la gloire, qu'est-ce donc, « un bruit, une agitation, dont l'âme se lasse » ? Tu vois, on croit que la célébrité va nous remplir. Et puis on découvre qu'elle ne suffit pas au bonheur. Ce qui compte vraiment, c'est de créer quelque chose de beau, d'aimer ses amis, de rester fidèle à ce qu'on pense. La gloire passe comme le vent. Une œuvre sincère, elle, reste.

La gloire passe comme le vent. Une œuvre sincère reste.

Si on vous croisait aujourd'hui, qu'est-ce qu'on remarquerait en premier chez vous ?

Ha ! Tu remarquerais d'abord mon turban — cette coiffure enroulée que j'aimais tant porter, sur mes cheveux noirs. Puis mes grands châles de cachemire, drapés un peu n'importe comment sur mes épaules. Et surtout, cette petite brindille que je tords sans cesse entre mes doigts en parlant. On me disait bavarde, passionnée, incapable de rester en place. C'est vrai ! Mes idées allaient si vite que mes mains devaient bouger aussi. Mais ne te fie pas à ce désordre. Derrière, il y avait une femme qui réfléchissait sans relâche. L'apparence agite ; c'est la pensée qui mène.

L'apparence agite ; c'est la pensée qui mène.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Madame de Staël. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.