Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Molière

par Charactorium · Molière (1622 — 1673) · Lettres · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Paris, hiver 1672. Dans une loge enfumée du Palais-Royal, entre deux répétitions, un homme au visage creusé range ses textes et tousse plus qu'il ne le voudrait. Molière accepte de poser un instant le masque du directeur de troupe pour parler de sa vie — celle qu'il a passée, dit-il, à faire rire les hommes de leurs propres travers.

Vous souvenez-vous de vos tout premiers pas de comédien à Paris ?

L'Illustre-Théâtre ! Quel beau nom pour une si pauvre chose. En 1645, nous avions tout d'une grande troupe, sauf le public et l'argent. Je m'appelais encore Jean-Baptiste Poquelin, fils de tapissier promis à une charge honnête, et voilà que je m'entêtais à dire des vers devant des bancs vides. Les créanciers, eux, ne manquaient jamais à l'appel : on me jeta quelques jours au Châtelet pour des dettes que mon pauvre père dut éponger. J'aurais pu rentrer chez moi, reprendre l'aune et le marteau. Mais voyez-vous, on ne guérit pas de la scène comme d'un rhume. J'ai plié bagage, et je suis parti vendre mon rire sur les routes.

Comment ces longues années de province ont-elles façonné votre art ?

Treize ans, Monsieur, treize ans à rouler nos malles d'une ville à l'autre. À Pézenas, je m'asseyais chez le barbier et je regardais défiler la ville entière — le marchand vaniteux, le médecin pédant, la coquette, le vieil avare qui comptait ses sous. La province fut mon vrai collège. Paris vous apprend les manières ; la route vous apprend les hommes. Tous ces visages, je les ai gardés dans ma mémoire comme dans un coffre, et bien plus tard ils sont remontés sur mes planches sous d'autres noms. Harpagon, Monsieur Jourdain — croyez-vous que je les aie inventés ? Je les avais déjà rencontrés, attablés dans une auberge, entre Lyon et Béziers.

Que représentait pour vous, au quotidien, la direction de votre troupe ?

On me croit volontiers poète rêvant dans son cabinet. La vérité est plus prosaïque : je tenais aussi le livre de comptes. Au Palais-Royal, mes journées se partageaient entre la plume du matin et les répétitions de l'après-midi, où je menais mes camarades d'une main ferme — il le fallait bien, car un comédien est un cheval qui rue. Il y avait les cachets à régler, les costumes à commander, les querelles à apaiser. J'écrivais, je jouais les premiers rôles comiques, je dirigeais tout. Certains soirs, harassé, je me disais qu'aucun de mes avares ni de mes bourgeois n'avait autant de soucis d'argent que leur propre auteur.

Il le fallait bien, car un comédien est un cheval qui rue.

Vous avez inventé un genre nouveau pour la cour. Comment est née la comédie-ballet ?

Le Roi aimait qu'on l'éblouisse, et le Roi commandait vite. Pour ses fêtes de Versailles, il fallait mêler la parole, la musique et la danse en un seul spectacle — ainsi naquit la comédie-ballet, que je façonnai avec Lully. Nous travaillions dans l'urgence ; je grimpais dans mon carrosse, je faisais la route jusqu'à la cour, et il fallait que tout fût prêt pour le divertissement royal. Le Bourgeois gentilhomme sortit de cette mécanique-là, en 1670, à Chambord : un homme qui découvre qu'il fait de la prose sans le savoir, entre deux ballets de tailleurs et de maîtres à danser. Travail de forçat, mais quel forçat fut jamais mieux applaudi ?

Pourquoi Tartuffe a-t-elle déchaîné une telle tempête ?

Parce que j'avais touché à l'intouchable : le dévot. Non pas l'homme pieux, comprenez-moi bien, mais le faux pieux, celui qui se sert de Dieu comme d'un masque pour mieux dérober le bien d'autrui. En 1664, à peine jouée, la pièce fut interdite. La Compagnie du Saint-Sacrement — ces messieurs si discrets et si puissants — s'employa à l'étouffer. Cinq années durant, mon Tartuffe demeura au cachot. Mon Cléante avait pourtant tout dit : « Il est de faux dévots ainsi que de faux braves. » Mais on ne pardonne pas à un farceur de démasquer les saints de comédie. Il me fallut récrire, supplier, attendre.

On ne pardonne pas à un farceur de démasquer les saints de comédie.
Portrait of Molière (1622-1673)
Portrait of Molière (1622-1673)Wikimedia Commons, Public domain — Charles-Antoine Coypel

Sans la protection du roi, cette pièce aurait-elle jamais vu le jour ?

Jamais, je le confesse. Le Roi fut mon bouclier. Songez qu'en 1664, l'année même de la querelle, il accepta d'être le parrain de mon premier fils — quel signe plus éclatant de faveur pouvait-on rêver ? Les dévots avaient le Parlement et les chaires ; j'avais Louis. C'est lui qui, en 1669, leva enfin l'interdiction et permit le triomphe public de ma pièce. Sans cette main posée sur mon épaule, on m'eût brisé comme on brise un insolent. Je n'oublie jamais que ma liberté de rire des hypocrites, je la devais au bon plaisir d'un seul homme. Voilà qui devrait inspirer quelque modestie aux faiseurs de comédies.

Votre mariage de 1662 fit grand bruit. Comment l'avez-vous vécu ?

Ah, ma vie privée... Voilà un théâtre où je n'ai jamais bien choisi mon rôle. En 1662, j'épousai Armande Béjart, de vingt ans ma cadette. Aussitôt Paris se mit à bourdonner comme un parterre avant le lever du rideau. Était-elle la fille ou la sœur de Madeleine, ma vieille compagne de tournées ? Chacun avait son avis, et le plus malveillant l'emportait toujours. J'avais passé ma vie à peindre les ridicules des autres ; on me rendait la monnaie en faisant de moi un personnage de farce. Que pouvais-je répondre ? Que le cœur, comme la scène, ne se gouverne pas avec la raison des sages.

J'avais passé ma vie à peindre les ridicules des autres ; on me rendait la monnaie.
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German: Porträt von Molière Portrait of Molièretitle QS:P1476,de:"Porträt von Molière "label QS:Lde,"Porträt von Molière "label QS:Len,"Portrait of Molière"label QS:Lfr,"Portrait de Molière"Wikimedia Commons, Public domain — Robert Nanteuil

Comment supportiez-vous d'être ainsi la cible des médisances ?

Mal, comme tout le monde, mais je m'en vengeais à ma façon : en les mettant sur les planches. Croyez-vous qu'Alceste, mon misanthrope, soit né d'autre chose que de ma propre lassitude des langues fielleuses ? Lui voulait « qu'on soit sincère, et qu'en homme d'honneur, on ne lâche aucun mot qui ne parte du cœur ». Beau programme, et bien impossible à la cour comme à la ville. Moi, je n'avais pas le luxe de fuir les hommes : il me fallait les faire rire le soir même de ceux qui m'avaient calomnié le matin. Le rire, voyez-vous, fut ma seule revanche honnête.

On dit que vous faillîtes être privé de sépulture chrétienne. Que s'est-il passé ?

Triste paradoxe : on m'applaudissait vivant, on me refusait une tombe mort. L'Église n'accordait pas de sépulture aux comédiens qui n'avaient pas renié leur métier — et je n'allais pas, au seuil de la mort, cracher sur ce qui avait été toute ma vie. On me traita un instant comme un baladin, bon à jeter à la fosse commune. Il fallut que le Roi intervînt encore, auprès de l'archevêque de Paris, pour qu'on m'accordât une inhumation. De nuit, presque en cachette, au cimetière Saint-Joseph. Songez-y : le premier comédien de France enterré comme un voleur, à la lueur des torches. Voilà la dernière farce, et ce n'est pas moi qui l'avais écrite.

On m'applaudissait vivant, on me refusait une tombe mort.

Votre dernière représentation est devenue légende. Vous sentiez-vous si mal ce jour-là ?

Le 17 février 1673. Depuis des années déjà la poitrine me brûlait, ce mal qui ne pardonne pas. Et que jouais-je ce soir-là ? Argan, mon malade imaginaire, un homme qui se croit mourant quand il se porte bien, tandis que moi, qui me portais mal, je faisais l'homme bien portant. Toute ma vie tient dans cette ironie. Au beau milieu de la quatrième représentation, un malaise me prit ; je serrai les dents, je terminai. On ne laisse pas tomber le rideau sur ses camarades. Quelques heures plus tard, chez moi, le sang me monta à la gorge. Si je dois mourir quelque part, me disais-je souvent, que ce soit au moins en faisant rire.

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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Molière. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.