Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Molière

par Charactorium · Molière (1622 — 1673) · Lettres · 4 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Ce matin-là, deux élèves d'une classe découverte poussent la porte d'un vieux théâtre parisien. Sur la scène vide, un homme en justaucorps les attend, l'œil malicieux. C'est Molière, et il a accepté de tout leur raconter.

Vous aviez quel âge quand vous avez monté votre premier théâtre à Paris ?

Tu sais, mon enfant, j'avais à peine plus de vingt ans. En 1643, avec mon amie Madeleine Béjart, nous avons fondé l'Illustre-Théâtre. J'y croyais de tout mon cœur. Et pourtant... ce fut un désastre ! Imagine une salle presque vide, des dettes qui montent comme l'eau dans une barque percée. On m'a même jeté en prison au Châtelet, parce que je ne pouvais plus payer. À ce moment-là, j'aurais pu tout arrêter. Mais non. J'ai pris ma troupe, et nous sommes partis sur les routes de France pendant treize ans. Un échec, ce n'est pas une fin. C'est une école qui ne te lâche jamais.

Un échec, ce n'est pas une fin : c'est une école qui ne te lâche jamais.

C'était comment, treize ans à jouer dans toutes les villes de province ?

C'était dur, mais tu sais quoi ? J'ai tout appris là. Imagine des routes de terre, des carrioles qui cahotent, et le soir une grange ou une salle prêtée pour jouer. Nous nous sommes arrêtés souvent à Pézenas, en Languedoc. On raconte que je m'asseyais chez le barbier pour observer les gens du peuple — leurs colères, leurs bêtises, leurs façons de parler. C'est là que mes futurs personnages sont nés ! Puis, en 1659, de retour à Paris, mes Précieuses ridicules ont fait un triomphe. Treize ans à regarder les humains : voilà mon vrai collège.

Treize ans à regarder les humains : voilà mon vrai collège.

C'était quoi, votre journée de travail quand vous dirigiez la troupe ?

Oh là là, je portais trois casquettes à la fois ! Le matin, j'écrivais, une plume d'oie à la main, l'encre qui sèche trop vite. L'après-midi, je répétais avec mes comédiens au Palais-Royal, notre théâtre. Et le soir, je montais moi-même sur scène pour jouer les rôles comiques. Mais ce n'est pas tout : je tenais aussi le livre de comptes de la troupe ! Les cachets, les costumes, les dettes, c'était moi. Imagine un capitaine qui rame, qui chante et qui compte l'argent en même temps. Diriger une troupe, c'est ça : on n'a jamais le droit d'être fatigué.

C'est vrai que le roi vous commandait des spectacles ? Vous aviez le temps ?

Le temps ? Jamais assez ! Louis XIV adorait les fêtes, et il me commandait des spectacles pour sa cour. J'inventais alors des comédies-ballets — un genre nouveau, où l'on mêle le théâtre parlé, la musique et la danse, avec mon ami le musicien Lully. Parfois je devais écrire une pièce entière en quelques semaines ! Et puis il fallait monter dans le carrosse, courir jusqu'à Versailles ou jusqu'au château de Chambord. Imagine des chevaux lancés sur la route, et moi qui relis mon texte en tremblant à l'arrière. Plaire à un roi, mon enfant, ça ne se repose jamais.

Pourquoi une de vos pièces a été interdite pendant cinq ans ?

Ah, Tartuffe ! Ma pièce la plus combattue. Vois-tu, j'y montrais un faux dévot — un homme qui fait semblant d'être très pieux, très religieux, pour mieux tromper les gens et voler une famille. Ça, ça n'a pas plu du tout à de vrais puissants, des messieurs de la Compagnie du Saint-Sacrement. Ils ont obtenu son interdiction dès 1664. Cinq ans ! Imagine un enfant à qui on défend de parler pendant cinq ans. Je n'ai jamais lâché. Je me battais pour une idée simple : se moquer d'un menteur, ce n'est pas se moquer de Dieu.

Se moquer d'un menteur, ce n'est pas se moquer de Dieu.
Portrait of Molière (1622-1673)
Portrait of Molière (1622-1673)Wikimedia Commons, Public domain — Charles-Antoine Coypel

Et comment vous avez réussi à la faire jouer quand même ?

Grâce au roi, mon enfant. Le roi Louis XIV m'aimait bien. En 1664, il avait même accepté d'être le parrain de mon premier fils — tu imagines l'honneur ! Cette protection était comme un grand bouclier au-dessus de ma tête. Pendant des années, j'ai retravaillé ma pièce, je l'ai adoucie, j'ai supplié. Et en 1669, enfin, le roi a permis qu'on la joue en public. Ce fut un triomphe immédiat, des salles pleines à craquer ! Sans l'amitié d'un roi, mon pauvre Tartuffe serait resté enfermé dans un tiroir pour toujours.

C'est vrai que vous êtes presque mort sur scène ? Ça fait peur...

C'est vrai, et je vais te le raconter doucement. C'était le 17 février 1673. Je jouais le rôle d'Argan dans Le Malade imaginaire — un personnage qui se croit toujours malade alors qu'il ne l'est pas. Quelle ironie : moi, j'étais vraiment malade ce soir-là, pour de bon. C'était la quatrième représentation. Pris d'un malaise sur scène, j'ai serré les dents et j'ai terminé le spectacle jusqu'au bout. Le public riait, sans savoir. Quelques heures plus tard, chez moi, je m'éteignais. Tu vois, j'ai donné mon dernier souffle à mon plus vieux compagnon : le théâtre.

J'ai donné mon dernier souffle à mon plus vieux compagnon : le théâtre.
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German: Porträt von Molière Portrait of Molièretitle QS:P1476,de:"Porträt von Molière "label QS:Lde,"Porträt von Molière "label QS:Len,"Portrait of Molière"label QS:Lfr,"Portrait de Molière"Wikimedia Commons, Public domain — Robert Nanteuil

Pourquoi vous avez continué à jouer alors que vous étiez si malade ?

Bonne question, mon enfant. Vois-tu, une troupe, c'est une famille. Si je ne montais pas sur scène, ce soir-là, tous mes comédiens perdaient leur paie. Le théâtre était fermé, les ouvriers, les acteurs, les musiciens ne mangeaient pas. Alors j'ai joué, malgré la fièvre, malgré la toux qui me déchirait la poitrine. Imagine un capitaine qui refuse de quitter son navire tant que l'équipage est à bord. C'était ça. J'aimais trop les rires que je faisais naître pour les priver d'un seul soir. Parfois, le devoir pèse plus lourd que la peur.

C'est vrai qu'on a failli ne pas vous enterrer correctement ?

Hélas, oui. À mon époque, mon enfant, on méprisait les comédiens. On nous traitait de baladins, de bateleurs — des mots durs pour dire saltimbanques, gens de rien. L'Église refusait même de nous enterrer chrétiennement si nous n'avions pas renié notre métier avant de mourir. Et moi, je suis mort trop vite pour cela ! On a donc failli me jeter en terre comme un chien. Imagine : toute une vie à faire rire un royaume entier, et pas même un coin de cimetière. Le rire, à mon époque, on l'adorait au théâtre... et on le méprisait à la sortie.

On adorait mon rire au théâtre, et on le méprisait à la sortie.

Et qui vous a sauvé pour que vous ayez quand même une tombe ?

Encore le roi, vois-tu. Louis XIV est intervenu en personne auprès de l'archevêque de Paris. Grâce à lui, on m'a accordé une sépulture — mais discrète, presque honteuse. On m'a enterré de nuit, en février 1673, au cimetière Saint-Joseph, sans grande cérémonie. Imagine quelques lanternes dans le noir, et le silence. Pourtant, l'histoire a sa revanche : bien plus tard, on a transporté mes restes au cimetière du Père-Lachaise, où ma tombe se visite encore. Les hommes m'ont enterré dans l'ombre, mais mes comédies, elles, vivent en pleine lumière depuis trois cents ans.

Les hommes m'ont enterré dans l'ombre, mais mes comédies vivent en pleine lumière.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Molière. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.