Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Pierre de Ronsard

par Charactorium · Pierre de Ronsard (1524 — 1585) · Lettres · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Deux jeunes visiteurs en classe découverte poussent la porte du prieuré de Saint-Cosme, près de Tours. Un vieux poète au sourire fatigué les attend dans son jardin. Il pose sa plume et leur fait signe de s'asseoir près de lui.

Vous aviez quel âge quand vous êtes parti tout seul à l'étranger ?

Tu sais, mon enfant, j'avais à peine douze ans. On m'a envoyé en Écosse comme page d'une princesse de France, Madeleine, qui venait d'épouser le roi Jacques V. Imagine un petit garçon qui traverse la mer, loin de sa maison du Vendômois, vers un pays de brume et de châteaux. Là-bas, j'ai vu une cour raffinée, des gens cultivés, des langues que je ne comprenais pas. C'était effrayant et magnifique à la fois. Ce voyage m'a ouvert les yeux : le monde était plus vaste, plus beau que mon village. Sans le savoir, je devenais déjà un poète qui regarde tout.

À douze ans, j'ai traversé la mer, et le monde a grandi d'un coup.

C'est vrai que vous êtes devenu sourd ? Ça vous a rendu triste ?

Oui, c'est vrai. Vers quinze ans, une grave maladie m'a laissé à moitié sourd pour toute ma vie. Imagine que tu entendes les voix comme à travers un mur épais : tu devines, mais tu ne saisis plus tout. J'ai beaucoup pleuré, car je rêvais d'être diplomate, de servir le roi en voyageant. Cette carrière-là, il fallait y renoncer : un homme qui n'entend pas mal les ambassadeurs ne peut pas négocier. Alors je me suis tourné vers les livres, vers le silence des mots écrits. Mon oreille s'était fermée, mais une autre porte s'ouvrait : celle de la poésie.

Mon oreille s'est fermée, et la poésie s'est ouverte.

Comment on apprend à devenir poète ? Il y avait une école pour ça ?

Presque ! Vers 1540, je suis entré au Collège de Coqueret, à Paris. J'avais un maître extraordinaire, Jean Dorat, qui nous apprenait le grec et le latin. Imagine des journées entières à lire les poètes anciens, à la lueur de la chandelle, jusqu'à en oublier de manger. Dorat m'a même offert un livre des odes du poète Horace : ce livre, je l'ai usé tellement je l'ai lu. À côté de moi étudiaient mes amis du Bellay et Baïf. On appelait ça l'humanisme : croire qu'en lisant les Anciens, on devient un homme meilleur. C'est là qu'est né notre grand rêve commun.

On croyait qu'en lisant les Anciens, on devenait meilleur.

Pourquoi vous avez appelé votre groupe d'amis « la Pléiade » ?

Quelle jolie question ! En 1549, avec mes amis poètes, on a formé un groupe. On l'a appelé la Pléiade, comme les sept étoiles qui brillent ensemble dans le ciel d'hiver — tu peux les chercher la nuit, elles sont toujours là. On était sept poètes, et on voulait briller pareil. Notre mission ? Défendre la langue française. À mon époque, les savants méprisaient le français et n'écrivaient qu'en latin. Nous, on a juré le contraire : montrer que notre langue pouvait être aussi belle que celle des Grecs et des Romains. Sept étoiles pour éclairer le français : voilà ce qu'on était.

Sept étoiles pour éclairer la langue française.

C'est quoi votre poème le plus connu ? Celui qu'on récite encore ?

Ah, tu veux parler de la rose ! J'ai écrit pour une jeune fille, Cassandre : Mignonne, allons voir si la rose... « Mignonne », à mon époque, c'était un mot tendre pour dire « ma jolie ». Dans ce poème, j'invite une jeune fille à regarder une rose ouverte le matin. Pourquoi ? Parce que le soir, déjà, ses pétales tombent. C'est une leçon douce et un peu triste : la beauté ne dure pas, alors profite de chaque jour. Les Anciens appelaient ça carpe diem, « cueille le jour ». Une fleur qui fane, et toute la vie est dedans.

La rose s'ouvre le matin et tombe le soir : c'est toute la vie.
PierredeRonsard1620
PierredeRonsard1620Wikimedia Commons, Public domain — AnonymousUnknown author

Vous écriviez pour devenir célèbre ou pour autre chose ?

Au fond, mon enfant, j'écrivais contre le temps. Vois-tu, tout passe : la jeunesse, la beauté, même nous. Dans mes Sonnets pour Hélène, j'ai écrit à une dame qu'un jour, vieille, assise près du feu, elle se souviendrait de mes vers. C'est ma vraie magie : un poème ne vieillit pas. Le corps fane comme la rose, mais le vers reste vivant. Pense à ça : nous parlons aujourd'hui, et je suis mort depuis longtemps — pourtant mes mots te touchent encore. C'est pour ça que j'écrivais. Pas pour la gloire d'un jour, mais pour ne jamais mourir tout à fait.

Le corps fane comme la rose, mais le vers reste vivant.

C'était quoi, les guerres de Religion ? Vous avez eu peur ?

C'était une tristesse immense. À partir de 1562, les Français se sont déchirés : les catholiques contre les protestants, qu'on appelait les huguenots. Imagine des voisins, des familles, qui s'entretuent au nom de Dieu. J'ai vu mon pays saigner. Alors j'ai écrit mes Discours des misères de ce temps. Dedans, je décris un peuple mort de soif dans ses maisons, des soldats qui pillent les campagnes. Oui, j'avais peur — peur que tout s'effondre. Un poète ne porte pas l'épée, mais il peut crier la douleur des gens. C'était ma façon à moi de me battre pour la paix.

Un poète ne porte pas l'épée, mais il crie la douleur des gens.

Il y avait des gens qui vous détestaient à cause de ça ?

Oh oui ! Quand on prend parti, on se fait des ennemis. Comme j'avais défendu les catholiques, des poètes protestants m'ont attaqué très violemment, surtout un certain Agrippa d'Aubigné. Ils écrivaient des vers contre moi, durs comme des pierres. Ça m'a blessé, je l'avoue. Mais j'ai répondu avec mes propres armes : des poèmes. Tu vois, à mon époque, on se battait aussi avec des plumes, pas seulement avec des épées. Le pire massacre est arrivé en 1572, la nuit de la Saint-Barthélemy, où tant de protestants furent tués à Paris. Cette horreur, c'est exactement ce que je redoutais.

À mon époque, on se battait aussi avec des plumes.
Rose4 Ronsard FR 2013
Rose4 Ronsard FR 2013Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — JLPC

C'est vrai qu'un roi est venu vous voir chez vous ?

Oui, et j'en suis encore ému ! Le roi Charles IX m'aimait tant qu'il est venu jusqu'à ma retraite, ici, au prieuré de Saint-Cosme, près de Tours. J'étais déjà vieux et malade. Imagine : le roi de France qui se déplace pour saluer un poète couché ! On m'appelait le « prince des poètes ». On me posait même sur la tête une couronne de laurier, comme aux poètes de l'Antiquité — le laurier, c'était le signe de la gloire. Mais tu sais, le plus précieux, ce n'était pas la couronne. C'était de voir qu'un roi respectait les mots autant que les armées.

Un roi qui respecte les mots vaut plus qu'une couronne de laurier.

Vous faisiez quoi de vos journées, quand vous étiez vieux ?

Des journées douces, mon enfant. Le matin, je me levais avant l'aube — j'aimais le silence, quand on n'entend que le vent et les oiseaux, aucun bruit de roue sur les pavés. Je relisais mes vers de la veille pour les corriger. L'après-midi, je m'occupais de mon jardin, dans mes prieurés. J'aimais les arbres comme des amis : j'ai même pleuré dans un poème la forêt de Gastine, près de chez moi, qu'on avait abattue. Le soir, on lisait mes poèmes à voix haute, parfois chantés avec un luth. Une vie simple, entre les fleurs, les livres et les vers.

J'aimais les arbres comme des amis.

Si on revenait dans très longtemps, qu'est-ce qui resterait de vous ?

Voilà la plus belle question pour finir. Mon corps, lui, repose ici à Saint-Cosme depuis 1585. Les châteaux tombent, les couronnes rouillent, les rois s'oublient. Mais écoute : tu es venu jusqu'à moi, et tu connais déjà ma rose, mon Mignonne, allons voir... C'est ça, ce qui reste. Pas la pierre, pas l'or — les mots. Tant qu'un enfant récitera mes vers, je serai un peu vivant. C'est la promesse que j'ai faite toute ma vie. Alors apprends des poèmes, mon enfant, et offre-les. C'est la seule chose au monde que le temps ne peut pas détruire.

Tant qu'un enfant récitera mes vers, je serai un peu vivant.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Pierre de Ronsard. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.