Interview imaginaire

Interview imaginaire avec René Char

par Charactorium · René Char (1907 — 1988) · Lettres · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Ce matin-là, deux élèves en classe découverte poussent la porte d'une maison provençale aux volets clos. Au bord de la Sorgue, un vieux poète aux mains larges les attend, ému que des enfants viennent l'écouter. Il les fait asseoir et commence à parler tout doucement.

Vous êtes né où ? Ça ressemblait à quoi, votre village quand vous étiez petit ?

Je suis né en 1907 à L'Isle-sur-la-Sorgue, en Provence. Imagine un village posé sur une rivière si claire qu'on voyait les pierres au fond. La Sorgue, elle ne dort jamais : elle court, elle chante, jour et nuit. Petit, je passais des heures à regarder l'eau tourner les roues des moulins. Il y avait l'odeur de la garrigue autour — tu sais, ces buissons de thym et de romarin qui sentent fort sous le soleil. Tout ce que j'ai écrit après, c'est né là. On croit qu'un poète invente. Moi, je n'ai fait qu'écouter ma rivière.

Un poète n'invente pas toujours : parfois, il écoute sa rivière.

Vous gardiez quoi dans vos poches quand vous étiez gamin au bord de l'eau ?

Des galets, mon enfant. Des galets de la Sorgue, blancs et lisses comme du savon. Je les ramassais, je les serrais dans ma main, et ils étaient froids même l'été. Tu sais ce que ça m'a appris ? Qu'une chose toute simple peut être très solide. Ces pierres-là, l'eau les use pendant mille ans et elles tiennent. Plus tard, dans mes poèmes, je voulais des mots comme ces galets : peu nombreux, mais durs, mais vrais. Quand tu ramasses une pierre au bord d'une rivière, tu tiens un petit morceau d'éternité dans ta main. Garde-le précieusement.

Je voulais des mots comme des galets : peu nombreux, mais vrais.

C'est vrai qu'à 23 ans, vous avez écrit un livre avec deux copains, tous ensemble ?

C'est vrai ! En 1930, j'avais 23 ans, et j'ai écrit Ralentir travaux avec deux amis poètes, André Breton et Paul Éluard. Imagine trois garçons enfermés quelques jours, qui se passent la plume à tour de rôle, en riant, en se défiant. On appartenait au surréalisme — un groupe d'artistes qui voulait écrire avec les rêves, avec ce qui sort de la tête sans réfléchir. C'était grisant, comme sauter d'un mur très haut. On se croyait invincibles. Mais tu sais, quand on est jeune, on a besoin d'une bande. Plus tard, on apprend à marcher seul. Et c'est encore plus difficile.

Et pourquoi vous avez quitté votre bande de copains poètes, après ?

Parce qu'un jour, mon enfant, on doit chanter avec sa propre voix. Vers 1934, j'ai senti que le groupe me serrait trop, comme un manteau trop petit. J'ai écrit Le Marteau sans maître — déjà le titre le dit : un marteau qui n'obéit à aucun maître ! Je voulais ma liberté. Alors je suis revenu en Provence, loin de Paris et des disputes. Les autres l'ont mal pris, certains m'en ont voulu. C'est dur de décevoir ses amis. Mais imagine un oiseau qui reste dans une cage ouverte par peur de voler : ce serait triste, non ? Moi, j'ai choisi de voler.

Un jour, on doit chanter avec sa propre voix.

On nous a dit que pendant la guerre, vous aviez un faux nom. C'était lequel ?

On m'appelait le « Capitaine Alexandre ». Tu vois, pendant la Seconde Guerre mondiale, la France était occupée par l'armée allemande. Beaucoup d'hommes sont entrés dans la Résistance pour se battre en cachette : on appelait ça le maquis, des combattants cachés dans la campagne. Je dirigeais un groupe dans les Basses-Alpes, près d'un village nommé Céreste. La nuit, on guettait le ciel : des avions alliés larguaient des armes en parachute, et il fallait les récupérer vite, sans bruit. Je ne pouvais dire mon vrai nom à personne. Imagine vivre des années sans pouvoir dire qui tu es. C'était ça, le danger.

Cabanon de René Char à Céreste en 1941
Cabanon de René Char à Céreste en 1941Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0 — vpagnouf

Vous aviez peur, la nuit, dans le maquis ? Et vous écriviez quand même ?

Oui, j'avais peur. Celui qui te dit qu'il n'avait pas peur te ment. Mais la peur, on apprend à marcher à côté d'elle. Le soir, dans ma cachette, je sortais un petit carnet de résistant et j'écrivais quelques lignes à la lumière faible. Pas de longs poèmes — juste des éclats, des pensées brèves. Ces carnets sont devenus un livre, les Feuillets d'Hypnos, en 1946. Hypnos, c'est le dieu grec du sommeil. J'écrivais pour ne pas devenir une bête, tu comprends ? Pour rester un homme. Quand tout s'effondre autour de toi, écrire trois mots vrais, c'est déjà résister.

Quand tout s'effondre, écrire trois mots vrais, c'est déjà résister.

Vous aviez des amis célèbres ? Vous faisiez quoi le soir avec eux ?

Oh oui, j'ai eu de beaux amis ! Le peintre Georges Braque, l'écrivain Albert Camus... Le soir, en Provence, ils venaient à la maison. On s'asseyait dehors, avec un peu de vin du Luberon, et on parlait jusqu'à tard. De poésie, de tableaux, de comment vivre droit. Imagine la table sous les étoiles, les voix basses, l'odeur de la nuit chaude. Braque me regardait peindre mes mots, moi je le regardais peindre ses oiseaux. On s'apprenait l'un l'autre. Tu sais, un ami, ce n'est pas quelqu'un qui te flatte. C'est quelqu'un qui te rend meilleur. J'en ai eu, de ceux-là.

Un ami n'est pas quelqu'un qui te flatte, c'est quelqu'un qui te rend meilleur.
Le village de Céreste en 1941, mention autographe de René Char
Le village de Céreste en 1941, mention autographe de René CharWikimedia Commons, CC BY-SA 2.0 — Not documented

C'est vrai que vous avez dit non à un grand prix ? Pourquoi refuser un cadeau ?

C'est vrai. En 1966, on a voulu me donner le Grand Prix national de la poésie. Un grand honneur, beaucoup d'argent peut-être. Et j'ai dit non. Ça a surpris tout le monde ! Mais réfléchis : la poésie, pour moi, c'est libre comme le vent. On ne met pas une médaille au vent, on ne le range pas dans une vitrine. J'avais peur qu'en acceptant, je devienne sage, obéissant, un poète « officiel ». Or je voulais rester libre jusqu'au bout. Ce n'est pas refuser un cadeau, mon enfant : c'est garder son trésor à soi. Parfois, dire non, c'est se protéger.

On ne met pas une médaille au vent.

Vous lisiez quoi pour vous, le soir ? Des trucs compliqués de grand ?

Je lisais de très vieux penseurs grecs, surtout un nommé Héraclite. Il a vécu il y a plus de deux mille ans ! Il écrivait par petites phrases mystérieuses, des éclats de pensée, et ça me parlait. Et puis j'ai reçu un philosophe allemand, Martin Heidegger, dans un village voisin, Le Thor, en 1966 et 1968. On marchait, on discutait des heures sous les arbres : qu'est-ce que penser, qu'est-ce qu'un mot vrai. Tu n'as pas besoin de tout comprendre tout de suite. Garde juste une idée simple : une phrase courte, si elle est juste, peut éclairer toute une vie. C'est pour ça que je les aimais brèves.

Une phrase courte, si elle est juste, peut éclairer toute une vie.

Si on vous demandait de nous laisser un seul conseil, ce serait quoi ?

Je vous dirais : avancez. Dans un de mes livres, Fureur et Mystère, j'ai écrit une phrase que je vous offre : « Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. » Ça veut dire : ne reste pas immobile par peur de te tromper. Comme la Sorgue de mon village, qui ne s'arrête jamais de couler. J'ai refusé les honneurs, j'ai quitté mes amis poètes, je me suis battu dans la nuit — toujours en avançant. Vous êtes jeunes, vous avez tout le matin devant vous. Alors levez-vous tôt, regardez la lumière, et allez vers ce qui vous fait un peu peur. C'est là que la vie commence.

Va vers ce qui te fait un peu peur : c'est là que la vie commence.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de René Char. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.