Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Rita Levi-Montalcini

par Charactorium · Rita Levi-Montalcini (1909 — 2012) · Sciences · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Rome, quartier Parioli, un appartement clair encombré de revues scientifiques et de quelques toiles signées par sa sœur Paola. À cent ans passés, le regard de Rita Levi-Montalcini reste celui d'une femme qui n'a jamais cessé de scruter le vivant. Elle nous reçoit un après-midi de printemps, droite dans son tailleur sombre, et accepte de remonter le fil d'une vie menée à contre-courant de son siècle.

Comment avez-vous réagi, à l'automne 1938, lorsque les lois raciales vous ont chassée de l'université ?

Je me souviens du poste de radio, à Turin, et de la voix de Mussolini qui promulguait les leggi razziali. Nell'autunno del 1938, mentre ascoltavo alla radio il discorso di Mussolini che promulgava le leggi razziali, non provai terrore, ma una fredda determinazione: avrei continuato a fare ricerca, in qualunque modo. Une froide détermination, oui, plutôt que la peur. On m'interdisait l'hôpital, la faculté, le titre de médecin parce que j'étais juive. Alors j'ai fait le calcul le plus simple du monde : si l'on me retirait le laboratoire, je m'en construirais un. Dans ma chambre à coucher. Quelques œufs, un microscope, des instruments de dissection — il n'en fallait pas davantage pour continuer à interroger l'embryon de poulet. La science n'avait pas besoin de leur permission.

Si l'on me retirait le laboratoire, je m'en construirais un. Dans ma chambre à coucher.

Que cherchiez-vous, exactement, dans ce laboratoire improvisé entre votre lit et votre table de nuit ?

Je cherchais à comprendre comment les fibres nerveuses se forment, comment elles trouvent leur chemin dans un organisme qui se construit. Mon modèle tenait dans le creux de la main : des œufs de poule embryonnés, que je me procurais comme je pouvais, parfois au marché noir, en racontant que c'était pour nourrir mes enfants — je n'en avais pas. Sous le microscope, je disséquais les minuscules ganglions nerveux de l'embryon avec un scalpel affûté, à l'âge de trois ou quatre jours, quand tout n'est encore que promesse. Ma sœur trouvait dément que je passe mes journées penchée sur des poussins à naître pendant que les bombes menaçaient. Mais c'est précisément cela qui me tenait debout : transformer une table de nuit en fenêtre sur le développement de la vie.

Vous souvenez-vous du jour où il a fallu fuir Turin ?

En 1943, les bombardements alliés ont rendu Turin invivable, et l'occupation allemande a fait de chaque Juif une proie. Nous sommes partis pour Florence, ma famille et moi, sous de faux noms — je n'étais plus Rita Levi-Montalcini mais une réfugiée parmi d'autres, papiers maquillés, accent piémontais qu'il fallait taire. J'ai emporté l'essentiel : non pas des bijoux, mais mon microscope et mes embryons, serrés dans une valise comme un trésor incompréhensible aux yeux des autres. À la Libération, en 1945, j'ai troqué le scalpel de recherche contre le stéthoscope du médecin, soignant les réfugiés frappés par le typhus dans des camps surpeuplés. La science attendrait ; les vivants, eux, ne pouvaient pas.

J'ai emporté l'essentiel : non pas des bijoux, mais mon microscope et mes embryons.

Comment fait-on de la science quand on est traquée et que tout peut s'effondrer du jour au lendemain ?

On apprend à réduire la recherche à son noyau le plus dur. Pas de grands moyens, pas d'équipe, pas de revues fraîchement reçues — seulement une question, un instrument, et la discipline de noter chaque observation dans un cahier de laboratoire, même quand on ignore si l'on sera vivant le lendemain pour la relire. Ces carnets tenus dans la clandestinité, à Turin puis à Florence, sont peut-être ce dont je suis le plus fière : la preuve qu'un régime peut vous interdire l'université, vous voler votre nom, mais pas votre manière de penser. J'ai compris là que la clandestinité scientifique n'était pas une parenthèse honteuse mais une forme de résistance — silencieuse, obstinée, à hauteur d'embryon.

Parlez-nous de cette nuit de 1952, à Rio de Janeiro, où tout a basculé.

On m'avait invitée à l'Instituto de Biofísica de Rio de Janeiro, auprès de Hertha Meyer, qui maîtrisait l'art délicat de la culture tissulaire. J'avais apporté, dans ma valise, deux souris porteuses de tumeurs. En cultivant un ganglion nerveux à côté d'un fragment de cette tumeur, j'ai vu surgir ce que je n'attendais pas. I looked at the tumor and suddenly the most beautiful sight confronted my eyes: a dense halo of nerve fibers around the tumor. Un halo dense de fibres nerveuses, rayonnant comme une couronne autour de la masse cancéreuse. La tumeur libérait quelque chose qui appelait les nerfs à pousser. Cette nuit-là, à demi tropicale, j'ai su que je tenais une substance inconnue — ce que nous nommerions le facteur de croissance nerveuse.

Un halo dense de fibres nerveuses, rayonnant comme une couronne autour de la masse cancéreuse.
Rita Levi-Montalcini (1986)
Rita Levi-Montalcini (1986)Wikimedia Commons, Public domain — Kurt Hagblom, Firma Hagblom-Foto, restored by Adam Cuerden

Qu'est-ce que cette découverte, le NGF, a changé dans notre façon de comprendre le cerveau ?

Le facteur de croissance nerveuse a renversé une certitude : on croyait le neurone passif, attendant docilement qu'on lui dicte sa croissance. Or il existe une protéine qui le nourrit, le guide, décide s'il vivra ou mourra. Avec Stanley Cohen, à la Washington University de Saint-Louis, nous avons isolé ce signal et publié nos résultats dès 1954, dans un article que je n'imaginais pas voir cité tant de fois. Comprendre comment un neurone survit, c'était ouvrir une porte vers les maladies où il meurt — ces dégénérescences qui effacent lentement la mémoire et le mouvement. Je n'ai pas guéri ces maux. Mais j'ai montré où chercher la serrure.

Vous avez passé votre vie penchée sur l'infiniment petit. Que voit-on, au juste, dans l'œil d'un microscope ?

On y voit l'invisible devenir loi. Un ganglion nerveux d'embryon de poulet n'est, à l'œil nu, qu'un point gris ; sous l'objectif, c'est une architecture qui se déploie, des fibres qui s'élancent, tâtonnent, choisissent. J'ai consacré mes après-midi à cela : la dissection au scalpel, la mise en culture dans des flacons — cette technique que Hertha Meyer m'avait enseignée à Rio —, puis l'observation, patiente, presque méditative. L'embryologie expérimentale exige des mains sûres et un regard qui ne se lasse jamais. Ma formation de médecin m'avait donné la dextérité ; le reste, c'est la curiosité qui le fournit. Disséquer la vie n'est pas la profaner : c'est lui demander, avec respect, comment elle s'y prend.

Disséquer la vie n'est pas la profaner : c'est lui demander, avec respect, comment elle s'y prend.
Rita Levi-Montalcini (1986) - Original
Rita Levi-Montalcini (1986) - OriginalWikimedia Commons, Public domain — Kurt Hagblom, Firma Hagblom-Foto

Comment se déroulait une journée ordinaire dans votre laboratoire ?

Je me levais avant sept heures, un café fort, une tartine, les dernières publications parcourues debout, et j'arrivais au laboratoire dès huit heures, la première. Le matin, je préparais les expériences et j'examinais les cultures tissulaires de la veille. L'après-midi appartenait aux dissections : des heures courbée sur l'embryon, à isoler des ganglions plus petits qu'une tête d'épingle, puis à consigner chaque résultat. Je supervisais mes étudiants avec exigence, mais sans dureté — la rigueur n'interdit pas la bienveillance. Le soir, chez moi, je rédigeais des lettres à mes collaborateurs européens et j'écrivais à ma sœur Paola. Je me couchais tard, l'esprit en mouvement, griffonnant parfois une idée au bord du lit. La science ne s'éteint pas avec la lampe de chevet.

Le prix Nobel vous est arrivé à soixante-dix-sept ans. Comment avez-vous accueilli cette reconnaissance si tardive ?

En 1986, on m'a annoncé que je partageais le prix Nobel de physiologie ou médecine avec Stanley Cohen. Soixante-dix-sept ans : l'âge où l'on suppose qu'une carrière s'achève. La mienne ne faisait que changer de forme. À Stockholm, j'ai tenu à nommer Viktor Hamburger, ce neurobiologiste qui m'avait invitée à Saint-Louis en 1947, alors que j'étais une réfugiée italienne sans rien. Sans cette main tendue, le NGF n'aurait jamais surgi sous mon microscope. La médaille en or que l'on m'a remise ne récompensait pas une seule femme, mais toute une obstination — celle d'une vie passée à refuser que les circonstances décident à ma place.

À plus de quatre-vingt-dix ans, sénatrice à vie, vous siégiez encore. D'où vient cette énergie qui semble ignorer l'âge ?

En 2001, le président Ciampi m'a nommée sénatrice à vie, et j'ai pris la chose au sérieux : j'allais voter, je participais aux débats, je ne tenais pas à n'être qu'un ornement. L'année suivante, j'ai fondé à Rome l'EBRI, pour que la recherche sur le cerveau ne s'arrête pas à ma propre fin. On me demande sans cesse le secret de cette longévité de l'esprit. Il n'y en a pas. Le corps vieillit, c'est entendu ; mais le cerveau, lui, ne se flétrit que si on cesse de l'employer. J'ai toujours dit que le mien fonctionnait mieux à quatre-vingt-dix-sept ans qu'à vingt — non par vanité, mais parce que la curiosité, entretenue chaque jour, est le seul remède que je connaisse contre l'extinction.

Le corps vieillit, c'est entendu ; mais le cerveau ne se flétrit que si on cesse de l'employer.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Rita Levi-Montalcini. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.