Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Robert Desnos

par Charactorium · Robert Desnos (1900 — 1945) · Lettres · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Deux jeunes visiteurs, douze ans à peine, sont venus avec leur classe découverte rencontrer Robert Desnos. Ils ont posé leurs carnets sur la table d'un café et, intimidés, ont commencé à poser leurs questions. Le poète, touché, leur a souri.

C'est vrai que vous pouviez vous endormir quand vous vouliez pour écrire des poèmes ?

Tu sais, mon enfant, c'est l'histoire la plus étrange de ma jeunesse. Vers 1922, je rejoignais mes amis au Café Cyrano, place Blanche. On s'asseyait autour d'une table, et moi, je fermais les yeux. En quelques secondes, je glissais dans une sorte de demi-sommeil. Là, des mots montaient tout seuls, et je les disais à voix haute. Mes camarades, eux, étaient stupéfaits ! André Breton notait tout. Imagine un garçon qui rêve les yeux fermés et qui parle en poèmes, sans réfléchir. On appelait ça l'écriture automatique : écrire sans contrôler, en laissant l'intérieur de soi parler.

Je fermais les yeux, et les mots montaient tout seuls.

Vous aviez peur de dire n'importe quoi en dormant comme ça ?

Un peu, oui. Mais tu sais, c'était grisant ! Mes amis m'avaient donné un drôle de surnom : Rrose Sélavy. C'est un jeu de sons, prononce-le vite et tu entendras une phrase cachée. Breton a écrit que je parlais surréaliste « à volonté ». Le surréalisme, c'était notre grande aventure : explorer les rêves et l'imagination, contre la logique trop sage. Le danger, c'est que je perdais la maîtrise de mes mains qui traçaient des signes. Mais quel bonheur de découvrir ce qui dort en nous ! Imagine une porte qu'on n'ouvre jamais, et derrière, un trésor de mots.

Derrière la porte du sommeil, il y a un trésor de mots.

Pourquoi vous aimiez autant jouer avec les mots qui se ressemblent ?

Ah, ça, c'était ma passion ! J'inventais des phrases où les sons se répondaient comme dans un miroir. Tiens, écoute : « Rrose Sélavy et moi esquivons les échos ». Tu entends comme les sons rebondissent ? On appelle ça un calembour : un jeu sur des mots qui sonnent pareil mais veulent dire autre chose. Pour beaucoup, c'est juste pour rire. Pour moi, c'était sérieux ! En jouant avec la langue, je montrais qu'elle était libre, qu'on pouvait la tordre, la retourner. Dans mon recueil Corps et Biens, en 1930, j'ai poussé ce jeu très loin.

Jouer avec les mots, c'est prouver que la langue est libre.

Un poème, ça peut servir à quelque chose ou c'est juste joli ?

Quelle bonne question, mon enfant ! Un poème, ce n'est jamais « juste joli ». Quand je jouais avec les sons, je m'amusais, oui, mais je tendais aussi une arme. Une arme douce, faite de mots. Pendant la guerre, j'ai écrit des poèmes pour donner du courage, et même des textes secrets contre l'ennemi. Un poème peut consoler, faire rire, ou résister. Imagine une petite graine : tu la glisses dans la tête de quelqu'un, et elle pousse, elle pousse. Dès mon premier livre, Deuil pour deuil, en 1924, je cherchais cette liberté-là. Les mots sont plus forts qu'on ne croit.

Un mot, c'est une graine qu'on glisse dans la tête des gens.

C'était quoi un tract, et pourquoi c'était dangereux d'en écrire ?

Tu sais, à mon époque, la France était occupée par l'armée allemande. On n'avait plus le droit de dire ce qu'on pensait. Un tract, c'est une petite feuille imprimée en cachette, qu'on glissait sous les portes pour dire la vérité. Moi, sur ma machine à écrire portative, je tapais ces feuilles la nuit. C'était interdit ! Si on te surprenait, tu pouvais être arrêté, ou pire. Imagine écrire en tremblant, l'oreille tendue vers l'escalier. Mais je ne pouvais pas me taire. Mon cœur, qui détestait la guerre, s'était mis à battre pour le combat.

Une petite feuille imprimée la nuit, c'était déjà résister.
Robert Desnos
Robert DesnosWikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — Menerbes

Vous aviez peur que la police vienne vous chercher ?

Oui, j'avais peur. Tous les jours un peu. Tu sais, on vivait avec cette ombre. Et puis c'est arrivé : le 22 février 1944, au matin, la Gestapo — la police secrète allemande — a frappé à ma porte. Quelqu'un m'avait dénoncé. J'ai compris tout de suite. J'avais écrit un poème où je disais que mon cœur « haïssait la guerre » mais se cabrait pour la bataille. Eh bien voilà, le moment était venu de payer mes mots. On m'a emmené. Mais je n'ai jamais regretté une seule de ces feuilles. Le courage, mon enfant, ça se décide à l'avance.

Le courage, ça se décide à l'avance, bien avant qu'on frappe à ta porte.

C'est vous qui avez écrit la fourmi de dix-huit mètres ? On la connaît !

Ha ! Alors tu la connais ? Ça me rend si heureux ! Oui, c'est moi : « Une fourmi de dix-huit mètres avec un chapeau sur la tête, ça n'existe pas ». Je l'ai écrite en 1944, dans mes Chantefables. Figure-toi qu'un poète qui jouait avec les rêves bizarres s'est mis à écrire pour les enfants ! J'imaginais des animaux impossibles, drôles, énormes. C'étaient des comptines faites pour être chantées. Et le plus beau, c'est ça : un homme passe sa vie à écrire des choses compliquées, et ce sont ses petites fourmis qui traversent le temps. Je trouve ça merveilleux.

Une fourmi qui n'existe pas a traversé le temps mieux que tout le reste.
Robert Desnos 2
Robert Desnos 2Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — Menerbes

Pourquoi un poète sérieux comme vous écrivait des trucs rigolos pour les petits ?

Parce que faire rire, c'est sérieux aussi, tu sais ! Dans les années 1930, je travaillais déjà pour la radio. Je parlais dans un microphone pour des milliers de gens, et j'adorais les voix, les sons, les chansons. Alors écrire pour les enfants, c'était tout naturel. Mes Chantefleurs et mes Chantefables étaient pleines d'images insolites : un hippopotame, une fourmi géante. Je voulais que les mots sautent et dansent. Imagine que la poésie soit un jardin où tu as le droit de jouer. Un poème pour enfant, ce n'est pas un petit poème : c'est un poème qui n'a pas oublié de s'amuser.

Un poème pour enfant, c'est un poème qui n'a pas oublié de s'amuser.

Quand vous étiez prisonnier, vous pouviez encore écrire des poèmes ?

Sur le papier, presque jamais, mon enfant. Mais dans la tête et dans la bouche, toujours. Après mon arrestation, on m'a emmené très loin, de camp en camp, jusqu'en Tchécoslovaquie. C'était terrible, la faim, le froid, la peur. Alors le soir, à voix basse, je récitais des poèmes à mes compagnons. Les mots les réchauffaient un peu. J'ai aussi écrit à Youki, la femme que j'aimais, pour lui dire de garder espoir. Tu vois, on peut tout te prendre : tes habits, ton nom sur une liste. Mais un poème que tu connais par cœur, personne ne peut te le voler.

Un poème que tu connais par cœur, personne ne peut te le voler.

Si on pouvait vous rencontrer à la fin, qu'est-ce que vous nous diriez ?

Je crois que je vous dirais la phrase que j'ai murmurée à la toute fin, au camp de Terezín, en juin 1945. J'étais épuisé, malade du typhus, cette fièvre qui se propageait dans les camps. Un camarade m'a reconnu, malgré mon visage changé. Et j'ai trouvé la force de dire : « Je suis Robert Desnos, poète. » Tu comprends ? Même mourant, je restais ce que j'avais toujours été. Voilà ce que je vous laisse, à toi et à ton ami : sachez qui vous êtes, et tenez-y bon. Les tyrans passent. Les poèmes, eux, continuent de chanter dans les cours de récréation.

Même à la fin, je restais ce que j'avais toujours été : poète.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Robert Desnos. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.