Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Sigurd

par Charactorium · Sigurd · Mythologie · 6 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Dans la grande salle de bois où crépite un foyer de chêne, un guerrier au regard pâle fait tourner entre ses doigts un anneau d'or. Dehors, la forêt sombre veille. Il accepte de parler de Gram, du dragon, et de la valkyrie endormie — de tout ce qui a fait sa gloire et préparé sa perte.

Comment vous êtes-vous préparé à affronter une créature comme Fáfnir ?

On ne marche pas vers un serpent monstrueux avec l'épée d'un autre. Regin, le forgeron, m'avait tendu des lames qui se brisaient au premier coup sur l'enclume. Alors j'ai exigé les éclats de l'épée de mon père, Völsung, et j'ai fait reforger Gram. Quand la lame fut prête, j'en tranchai une touffe de laine jetée dans la rivière, et le fil céda comme de la fumée. Voilà l'arme qu'il me fallait. J'ai creusé une fosse sur le chemin de Gnitaheiðr, là où le dragon traînait sa masse pour aller boire, et je m'y suis tapi dans la terre. Quand son ventre passa au-dessus de moi, je frappai vers le haut, jusqu'au cœur. La montagne trembla de son agonie. Un homme ne tue pas Fáfnir par la force des bras : il le tue par la ruse et par une lame que les nains seuls savent faire.

Un homme ne tue pas Fáfnir par la force des bras : il le tue par la ruse et par une lame de nain.

Que s'est-il passé après que le dragon fut mort ?

Regin voulait le cœur de son frère rôti. Il me chargea de le préparer pendant qu'il dormait. J'ai tendu le doigt vers la chair pour voir si elle était cuite, le sang brûlant m'a mordu, et je l'ai porté à ma bouche. Aussitôt le chant des oiseaux cessa d'être un chant : c'étaient des voix. Sur les branches, les mésanges se disaient entre elles que le forgeron méditait ma mort, qu'il me trancherait la gorge pour garder l'or pour lui seul. Ainsi je sus la trahison avant qu'elle ne me trouve. Le goût du sang de Fáfnir sur ma langue m'a ouvert le secret des choses cachées, comme le racontent depuis les Reginsmál. Il y a des savoirs qu'on ne reçoit pas d'un maître, mais d'une bête qu'on a saignée.

Le goût du sang du dragon sur ma langue m'a ouvert le secret des choses cachées.

On dit beaucoup de votre cheval. Que représente-t-il pour vous ?

Grani n'est pas une bête qu'on achète au marché. Son sang vient de Sleipnir, la monture d'Odin lui-même, et je ne l'ai pas choisi : c'est un vieillard borgne, surgi sur ma route, qui me l'a désigné parmi tout un troupeau lancé dans la rivière. Lui seul ne fuit pas le courant. Quand je le monte, je sens que je porte un peu du Père de tout sur mon dos, et qu'un fil me relie aux Ases. Il a marché avec moi à travers les flammes que nul autre cheval n'aurait franchies. Une épée forgée par les nains, une monture née des dieux — voilà ce qui fait un homme comme moi. Sans Grani, Gram ne serait qu'un beau métal sans destinée pour le porter.

Quand je le monte, je sens que je porte un peu du Père de tout sur mon dos.

Vous souvenez-vous du moment où vous avez découvert la valkyrie ?

Sur la hauteur, j'ai vu une lueur qui montait jusqu'au ciel, comme un incendie de forêt. En approchant, c'était un mur de flammes refermé sur un bouclier d'argent, et derrière, une forme couchée que je crus d'abord un guerrier endormi dans sa cotte. Grani passa le feu sans broncher. Quand j'ai tranché l'armure qui collait à elle comme une seconde peau, ce n'était pas un homme : c'était Brynhildr, la vierge guerrière qu'Odin avait piquée du sommeil pour la punir. Elle s'est éveillée et m'a salué comme on salue le jour. Puis elle m'a enseigné les runes — celles qu'on grave pour la victoire, pour calmer la mer, pour guérir. Les Sigrdrífumál gardent cette leçon. Aucun butin de dragon ne vaut ce qu'une valkyrie verse dans l'oreille d'un homme qui n'a pas eu peur du feu.

Aucun butin de dragon ne vaut ce qu'une valkyrie verse dans l'oreille d'un homme sans peur.

Que vous a transmis Brynhildr, au-delà de la promesse échangée ?

Elle ne m'a pas donné de l'or, elle m'a donné du savoir, ce qui est plus dangereux. Elle m'a montré comment tailler les runes dans la corne à boire et sur la lame, comment les rougir, où les cacher. Elle m'a dit les conseils du sage : ne pas se fier aux paroles d'un proche dont on a tué le parent, se garder de l'hydromel offert par une femme rusée, honorer les morts comme il convient. Nous nous sommes juré fidélité sur la montagne, et j'ai cru ce serment plus solide que Gram. Je ne savais pas encore qu'un breuvage suffirait à effacer un serment. C'est là toute l'amertume : on peut traverser un cercle de feu et rester sans défense devant une coupe.

On peut traverser un cercle de feu et rester sans défense devant une coupe.
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Siegfried, portrait study title QS:P1476,en:"Siegfried, portrait study "label QS:Len,"Siegfried, portrait study "label QS:Lpl,"Zygfryd, studium portretowe"Wikimedia Commons, Public domain — Jan Ciągliński

Pourquoi avez-vous emporté le trésor, si une malédiction y était attachée ?

Quel guerrier laisserait l'or d'un dragon pourrir dans une fosse ? J'ai chargé sur Grani tout le trésor des Nibelungen, et parmi lui un anneau, Andvaranaut. Je savais ce qu'on disait : que le nain Andvari l'avait maudit, que cet or apporterait le malheur à quiconque le posséderait. Mais on ne croit jamais qu'une malédiction est pour soi. On la prend pour une histoire qu'on raconte aux autres. J'ai glissé l'anneau au doigt, et j'ai gardé l'or comme on garde une preuve de sa valeur. Aujourd'hui je sais que cet anneau n'a pas fini de réclamer du sang — le mien viendra après celui de Fáfnir et avant celui des miens. L'or du dragon ne se possède pas : c'est lui qui possède l'homme.

On ne croit jamais qu'une malédiction est pour soi : on la prend pour une histoire qu'on raconte aux autres.

Cette richesse a-t-elle changé le regard des autres sur vous ?

Avant le trésor, on me voyait comme le fils de Völsung, le tueur de dragon. Après, on m'a vu comme l'homme qui détenait l'or des Nibelungen — et cela attire d'autres yeux que ceux de l'amitié. Un trésor pareil ne dort pas dans un coffre : il s'assoit à la table, il pèse sur les alliances, il fait naître des promesses de mariage et des serments de frères de sang. Chaque pièce de cet or maudit était une étincelle, et toute une maison princière allait brûler à cause d'elle. Je croyais avoir conquis une richesse ; j'avais ramassé un brasier. Voilà ce que la malédiction d'Andvari fait vraiment : elle ne frappe pas d'un coup, elle empoisonne lentement tout ce qu'on aime.

Je croyais avoir conquis une richesse ; j'avais ramassé un brasier.
Jacques Sturm-Statue-Banquet d'inauguration-1870
Jacques Sturm-Statue-Banquet d'inauguration-1870Wikimedia Commons, Public domain — Théodore Siegfried (lith.)

Comment expliquez-vous d'avoir oublié un serment aussi sacré ?

Je ne l'explique pas : on me l'a fait oublier. Chez les Gjúkungar, on m'a tendu une coupe préparée par la reine, un breuvage mêlé de sortilèges, et Brynhildr s'est effacée de moi comme une trace de pas sous la neige. Je ne savais plus que je l'avais réveillée, ni que je lui avais juré fidélité dans le feu. J'ai épousé Gudrun le cœur léger, l'âme vidée de son propre passé. Puis, pour servir mon beau-frère Gunnar, j'ai même franchi de nouveau les flammes sous ses traits, pour conquérir celle qui m'appartenait. Quand le philtre s'est dissipé, le mal était fait, et deux femmes trahies réclamaient justice. Un homme peut se garder de l'épée et du venin ; il ne peut rien contre ce qu'on verse dans son hydromel.

Brynhildr s'est effacée de moi comme une trace de pas sous la neige.

Vous parlez de votre fin comme d'une chose déjà décidée. La voyez-vous venir ?

Je connais ma route, car les oiseaux m'ont appris à entendre ce qu'on me cache. Brynhildr, blessée dans son honneur, ne pardonnera pas qu'un autre l'ait gagnée à ma place. Elle poussera Gunnar et ses frères jusqu'à ce que le sang coule, et comme aucun d'eux n'osera lever la main sur un frère de serment, ils armeront le plus jeune, Gutthorm, qui n'a juré aucune fidélité. Il viendra pendant que je dors près de Gudrun, et il me transpercera dans mon lit, là où ni Gram ni bouclier ne me protègent. Un guerrier rêve de tomber l'arme à la main, pour gagner le Valhöll. Moi, je serai tué endormi, par la malédiction d'un anneau. Mais les sagas qu'on contera autour des foyers diront mon nom longtemps après que mon meurtrier aura été oublié.

Je serai tué endormi, là où ni Gram ni bouclier ne me protègent.

Que diriez-vous à celui qui voudrait suivre votre chemin de héros ?

Qu'il regarde bien tout ce que je porte avant d'envier ma gloire. Une épée reforgée des éclats d'un père mort, une monture descendue de Sleipnir, des runes apprises d'une valkyrie, un trésor arraché à un dragon dans la fosse de Gnitaheiðr. Tout cela brille. Mais sous l'éclat, il y a l'anneau Andvaranaut qui ne lâche jamais sa proie, le philtre qui efface les serments, et la lame d'un parent dans le dos pendant le sommeil. Le wyrd, le destin, ne se marchande pas : on accomplit ce qui est tissé pour soi, même quand on en voit le fil tragique. Je ne regrette pas d'avoir tué Fáfnir. Mais qu'on sache qu'un grand exploit ouvre toujours une grande blessure, et que la même main qui prend l'or du dragon signe sa propre fin.

La même main qui prend l'or du dragon signe sa propre fin.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Sigurd. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.