Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Simone de Beauvoir

par Charactorium · Simone de Beauvoir (1908 — 1986) · Lettres · Philosophie · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Deux élèves de douze ans, en classe découverte à Paris, ont rendez-vous dans un café de Saint-Germain. Une dame les attend, une cigarette à la main et un carnet posé devant elle. C'est Simone de Beauvoir. Elle leur sourit et leur fait signe de s'asseoir.

Vous aviez quel âge quand vous avez décidé que vous seriez écrivain ?

Tu sais, j'étais encore une enfant rangée, élevée dans un Paris très sage, le 16e arrondissement. Imagine une petite fille à qui l'on répète qu'elle doit se marier et bien tenir sa maison. Eh bien, un jour, j'ai dit non à tout ça. Dans mes souvenirs, j'ai écrit cette phrase : « Je décidai de ne jamais me marier et d'être écrivain. » C'était exactement le contraire de ce qu'on avait prévu pour moi. J'ai senti, ce jour-là, que ma vie m'appartenait. C'était comme ouvrir une fenêtre dans une pièce trop fermée.

Ma vie m'appartenait, et j'ai décidé de l'écrire.

C'est vrai que vous avez rencontré Sartre à un examen ? Ça s'est passé comment ?

Oui ! C'était en 1929, à l'agrégation de philosophie, un très grand examen. Imagine une salle pleine de jeunes gens qui révisent comme des fous. Lui, Jean-Paul Sartre, a fini premier. Moi, deuxième. Mais tu sais le plus drôle ? Les professeurs du jury ont dit entre eux que la vraie philosophe, c'était moi. Nous avons commencé à discuter, à nous disputer aussi, des heures entières. Cette amitié-là a duré toute notre vie, jusqu'à sa mort en 1980. On ne s'est jamais mariés. On préférait être libres, et penser ensemble.

Deuxième à l'examen, mais le jury savait laquelle était la vraie philosophe.

C'était comment, une journée normale quand vous écriviez ?

Je me levais tôt, presque toujours. Un café bien chaud, une cigarette, et hop, au travail. Mais pas chez moi : dans un café ! Le plus souvent au Café de Flore, à Saint-Germain. Imagine une grande salle bruyante, les serveurs qui passent, et moi dans un coin avec mes carnets, à écrire des heures. L'après-midi, Sartre arrivait, et d'autres amis, et on discutait de tout. Pour les gens, c'était bizarre : écrire dans le bruit. Pour moi, c'était parfait. Le café, c'était mon vrai bureau, et il était chauffé l'hiver !

Le café, c'était mon vrai bureau — et il était chauffé l'hiver.

Vous écriviez à la main ou avec une machine ?

Les deux, mon enfant ! Au café, je remplissais des cahiers à la main, avec mon écriture rapide. C'était là que naissaient les idées, un peu en désordre. Puis, plus tard, je recopiais tout sur ma machine à écrire. Imagine un petit appareil avec des touches dures : tu appuies, et une lettre vient frapper le papier, tac, tac, tac. Pas d'écran, pas de bouton pour effacer. Si tu te trompais, tu recommençais la page ! C'était lent, mais ça m'obligeait à bien réfléchir avant d'écrire chaque phrase. J'aimais ce bruit régulier, c'était comme une petite musique de travail.

Pas de bouton pour effacer : il fallait réfléchir avant d'écrire.

Pourquoi vous avez écrit un livre entier sur les femmes ?

Au début, ce n'était même pas pour les autres. C'était pour me comprendre, moi ! Un jour, j'ai voulu écrire sur ma propre vie. Et là, j'ai été frappée par une chose : je m'étais toujours définie par rapport aux hommes. Toujours « la fille de », « l'amie de ». Jamais juste moi. Alors j'ai voulu comprendre pourquoi. Ça a donné Le Deuxième Sexe, en 1949. Imagine un gros livre qui demande, tout simplement : pourquoi traite-t-on les filles autrement que les garçons ? Je n'avais pas la réponse en commençant. Je l'ai cherchée en écrivant.

J'ai écrit ce livre d'abord pour me comprendre moi-même.
Simone de Beauvoir2
Simone de Beauvoir2Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — Moshe Milner

C'est quoi la phrase de votre livre que tout le monde connaît ?

Ah, tu veux dire celle-là : « On ne naît pas femme : on le devient. » C'est ma phrase la plus célèbre, et elle est plus simple qu'elle en a l'air. Imagine deux bébés, une fille et un garçon. À la naissance, ils sont presque pareils. Mais ensuite, on dit à la fille : sois douce, joue à la poupée, ne fais pas de bruit. Et au garçon : sois fort, cours, commande. Voilà ce que je voulais dire. Être une femme, ce n'est pas seulement la nature : c'est aussi tout ce que la société t'apprend à devenir.

On ne naît pas femme : on le devient.

Les gens ont aimé votre livre, ou ça les a fâchés ?

Oh, ça en a fâché beaucoup ! Tu sais, à mon époque, en 1949, on n'avait pas l'habitude qu'une femme parle si librement de la condition des femmes. L'Église, à Rome, a mis mon livre à l'Index : ça veut dire que les catholiques avaient interdiction de le lire. On me trouvait scandaleuse. Mais imagine : malgré l'interdiction, le livre s'est vendu par milliers ! Les gens étaient curieux. Et beaucoup de femmes m'ont écrit pour me remercier, parce que, pour la première fois, quelqu'un mettait des mots sur ce qu'elles ressentaient sans oser le dire.

On a interdit mon livre, et c'est pour ça qu'on l'a tant lu.

C'est quoi le manifeste que vous avez signé, avec le risque d'être arrêtée ?

C'était en 1971. À l'époque, en France, avorter était interdit par la loi. Des femmes le faisaient quand même, en secret, parfois dans des conditions dangereuses. Alors, avec d'autres femmes connues, j'ai signé un texte : le Manifeste des 343. Nous disions toutes, publiquement : « Oui, nous avons avorté, et nous demandons que ce soit autorisé. » Imagine le courage : avouer en public une chose interdite. On a reçu des insultes, des menaces. Mais ça a aidé à changer la loi quelques années plus tard, en 1975. Parfois, dire la vérité tout haut, ça déplace des montagnes.

Avouer tout haut une chose interdite : ça déplace des montagnes.
Simone De Beauvoir (cropped)
Simone De Beauvoir (cropped)Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — Moshe Milner

Vous aviez peur quand vous défendiez des idées dangereuses ?

Bien sûr que j'avais peur, parfois. On ne signe pas un texte interdit le cœur tranquille. Mais tu sais, je croyais à une idée toute simple : un penseur ne doit pas rester dans son coin à réfléchir tout seul. Il doit s'engager, prendre parti, descendre dans la rue si besoin. On appelait ça être un intellectuel engagé, c'est-à-dire quelqu'un qui se sert de ses idées pour agir vraiment dans le monde. Imagine un capitaine qui resterait au port par peur des vagues : à quoi servirait son bateau ? Moi, j'ai choisi de prendre la mer.

Un penseur qui reste au port, à quoi sert son bateau ?

C'est vrai que vous viviez à l'hôtel et que vous refusiez les grands prix ?

Tout à fait ! Pendant longtemps, je n'ai pas voulu d'appartement à moi. Je vivais dans des chambres d'hôtel, près des Deux Magots, à Saint-Germain. Imagine une chambre simple, juste un lit, une table, mes livres : rien à entretenir, rien qui m'attache. Pour moi, c'était ça, la liberté. Et les grands honneurs ? Je les ai refusés, comme Sartre. Je trouvais qu'accepter une médaille, c'était se laisser un peu acheter. Je préférais rester libre de tout dire. On peut être très riche de pensée et vivre avec presque rien.

Une chambre, une table, mes livres : c'était ça, ma liberté.

Si on vous croisait dans la rue, on remarquerait quoi en premier ?

Tu m'aurais reconnue, je crois ! D'abord, mes cheveux relevés, attachés simplement, en une sorte de couronne. Pas de robes à la mode, pas de bijoux : des vêtements pratiques, une chemise, un pull. Je me moquais bien de la coquetterie. Et puis, presque toujours, une cigarette au bout des doigts — c'était l'habitude des intellectuels de mon temps, même si je sais qu'aujourd'hui on dirait que c'est mauvais pour la santé. Imagine une femme qui marche vite, l'air décidé, vers son café pour travailler. Voilà. Je voulais qu'on me regarde pour mes idées, pas pour mes habits.

Regardez-moi pour mes idées, pas pour mes habits.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Simone de Beauvoir. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.