Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Smenkhkaré

par Charactorium · Smenkhkaré (1400 av. J.-C. — 1333 av. J.-C.) · Politique · Spiritualité · Militaire · 6 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Smenkhkaré
Wikimedia Commons, Public domain — Photo: Andreas Praefcke

Le vent du désert soulève le sable sur les ruines silencieuses d'Akhetaton, la ville que son frère Akhenaton fit surgir du néant. C'est là, dans la pénombre du Grand Palais désormais vide de ses courtisans, que Smenkhkarê a consenti à cette rencontre — une ombre parmi d'autres ombres, aussi insaisissable dans la mémoire des hommes qu'il le fut de son vivant. Le disque d'Aton décline à l'horizon tandis qu'il commence à parler, d'une voix posée, comme s'il avait toute l'éternité pour répondre aux questions que l'histoire n'a jamais tranchées.

Comment en êtes-vous venu à partager le trône avec Akhenaton ?

Je ne saurais dire le jour exact où l'on m'a associé au trône de mon frère Akhenaton — les dieux ne comptent pas le temps comme les hommes. Ce que je sais, c'est que sous le disque rayonnant d'Aton, à Akhetaton, nous avons paru côte à côte devant la cour, lui le roi qui avait renversé mille ans de temples, moi appelé à porter son héritage. La tombe de Méryrê II, le grand prêtre, garde la scène : on m'y voit avec Méritaton, mon épouse royale, recevant les hommages des dignitaires sous les mains de lumière du dieu. Régner à deux n'est pas se partager — c'est doubler la charge devant Aton, porter ensemble le poids d'une révolution que le monde entier, jusqu'aux rois de Babylone et du pays hittite, observait avec inquiétude.

Régner à deux n'est pas se partager — c'est doubler la charge devant Aton.

À quoi ressemblait votre matinée au Grand Temple d'Akhetaton ?

Avant que le soleil ne franchisse la falaise orientale, je me tenais déjà dans le Grand Temple aux cours sans plafond, car Aton ne se laisse approcher que sous le ciel ouvert. Les prêtres allumaient l'encens, sa fumée montait droit vers le disque dont les rayons se terminent en mains, chacune offrant l'ankh à qui sait le recevoir. Je récitais les hymnes devant la famille royale et les grands du royaume, car il revient au roi seul d'être le prêtre premier du dieu unique. Cette lumière du matin sur Akhetaton, ville bâtie en quelques années dans le désert vierge entre Memphis et Thèbes, n'était pas un simple lever de jour — c'était la preuve renouvelée que le monde continuait de vivre par la faveur d'Aton, et que le roi qui officiait en portait la charge devant tous.

Que représentait pour vous Méritaton, votre grande épouse royale ?

Méritaton portait le sang de mon frère et la charge d'une reine dans un monde que la révolution d'Aton avait bouleversé. À ses côtés, dans la scène que Méryrê II a fait graver dans sa tombe, nous recevions ensemble les hommages des dignitaires, elle et moi, sous le disque dont chaque rayon se referme en une main tendant l'ankh. Un mariage royal n'est jamais une affaire de cœur seul — il scelle une lignée, il rassure une cour inquiète de voir le pouvoir changer de mains si vite après la mort d'un roi qui avait tout renversé. Je ne dirai pas ce que nos cœurs se sont dit en privé, cela n'appartient pas aux scribes ; mais je peux dire qu'à deux, devant Aton, nous avons porté ce royaume vacillant sans le laisser tomber.

Que retenez-vous des soirées à la cour d'Akhetaton ?

Le soir, dans les jardins du palais royal, la harpe et le luth couvraient parfois le silence que je portais en moi. Les danseuses tournaient sous les fresques peintes, les banquets s'étiraient à la lumière des lampes à huile, et pour un instant, on aurait pu croire que rien ne menaçait. Mais je savais, en regardant les convives rire, que le royaume que mon frère avait bâti sur le sable neuf d'Akhetaton tenait par un fil aussi fin que la mèche de ces lampes. Le vin du Delta et le pain doré n'effaçaient pas la question qui rôdait sous les rires : qui, après moi, porterait encore le nom d'Aton, et jusqu'à quand cette ville magnifique resterait-elle debout entre le fleuve et la falaise ?

Vous êtes-vous vraiment tourné vers Thèbes et le culte d'Amon ?

Je n'ai fermé aucun temple, et je n'ai rouvert aucun temple à haute voix — mon frère Akhenaton avait fait taire le clergé d'Amon, saisi ses richesses, et cette blessure ne se referme pas d'un décret. Mais je n'ignorais pas que Karnak demeurait, silencieuse, avec ses prêtres dépouillés qui attendaient. Certains gestes, je les ai faits sans les proclamer : une offrande discrète, une porte qu'on ne referme plus tout à fait. Un roi qui hérite d'une révolution religieuse ne peut ni la renier publiquement — ce serait trahir mon frère — ni l'imposer davantage sans risquer que le pays entier se déchire. Je marchais entre le disque d'Aton et l'ombre d'Amon, et je ne saurais dire aujourd'hui lequel de mes successeurs achèvera ce chemin que j'ai à peine ouvert.

Karnak, le grand sanctuaire d'Amon, représentait-il une menace ou un espoir à vos yeux ?

Karnak n'a jamais cessé d'exister, même muette. On avait fermé ses portes, dispersé ses prêtres, saisi ses greniers et ses biens sur l'ordre de mon frère — mais une pierre sacrée ne s'efface pas comme un nom sur un mur. Je l'ai vue, cette Thèbes ancienne, comme on regarde un adversaire qu'on ne peut ni vaincre ni ignorer complètement. Une menace, certains l'auraient dit, tant sa mémoire pesait sur Akhetaton ; un espoir, pour ceux qui, à la cour, murmuraient qu'un royaume ne tient pas longtemps sur un seul dieu imposé de force. Je n'ai tranché ni dans un sens ni dans l'autre à voix haute. Mais un roi qui hérite d'une rupture aussi profonde sait qu'il devra, un jour, choisir entre l'achever ou la refermer — et ce choix, je l'ai laissé entrouvert.

Que signifie, pour vous, le martelage d'un cartouche royal ?

Mon nom de couronnement, Ankhkheperourê, était enfermé dans le shenou, ce cartouche ovale gravé sur l'or et la pierre, protection éternelle tant que le soleil continuerait de tourner autour du monde. Marteler ce nom, l'effacer d'une stèle ou d'une bague, ce n'est pas seulement rayer un souvenir des hommes — c'est condamner l'âme à ne plus être appelée dans l'au-delà, à errer sans que les vivants prononcent jamais plus son nom. Je le sais, car j'ai vu les cartouches de mon frère commencer à disparaître avant même que le mien ne soit gravé partout. Un roi qui porte une religion nouvelle sait qu'il porte aussi ce risque : que les prêtres qu'on a dépossédés attendent leur tour pour rendre le silence qu'on leur a imposé.

Que sait-on de votre dernière demeure, dans la Vallée des Rois ?

On m'a couché — ou l'on a couché quelqu'un de mon sang — dans une tombe de la Vallée des Rois que l'on nomme aujourd'hui KV55, plus modeste que ce qu'un roi devrait espérer pour l'éternité. Les vases canopes en albâtre y furent déposés, sculptés de têtes fines, pour garder mes organes selon le rite que tout Égyptien connaît depuis les pyramides. Mais les cartouches sur les parois et les objets funéraires portent les marques d'un martelage volontaire, comme si une main, après moi, avait voulu effacer jusqu'au nom du dormeur. Une dorure fragmentaire, un équipement de rang royal malgré tout : la tombe parle encore, même mutilée, et dit qu'un souverain y fut enseveli avec les honneurs — avant qu'on ne cherche à faire taire jusqu'à sa mémoire.

Qui êtes-vous vraiment, Smenkhkarê ? Les savants de votre postérité ne s'accordent pas.

Vous me demandez qui je suis, et je vous réponds que même à ma cour, tous ne s'accordaient pas sur la réponse. Je porte le nom de trône Ankhkheperourê, celui-là même que reprendra après moi Néfernéferouaton — deux souverains, un seul nom gravé dans l'or, comme si les scribes eux-mêmes hésitaient à démêler qui régnait. Étais-je le frère de mon épouse Méritaton, un proche élevé à la cour de mon frère Akhenaton ? Les dieux seuls tranchent ces généalogies que les hommes murmurent sans jamais les écrire clairement. Ce que je sais, c'est que j'ai porté le némès et le disque d'Aton, que j'ai régné à Akhetaton, et que le trouble qui entoure mon nom aujourd'hui n'est peut-être que le reflet du trouble qui régnait déjà, en ce temps, sur les rives du Nil.

Même à ma cour, tous ne s'accordaient pas sur la réponse.

Si l'on devait un jour lire dans votre tombe le nom d'un autre, que diriez-vous ?

Si les hommes d'un siècle lointain devaient ouvrir ma demeure et hésiter sur le nom à prononcer, je ne m'en offusquerais pas outre mesure — un roi sait que le temps efface plus sûrement que n'importe quel ciseau de graveur. J'ai vu, de mon vivant déjà, les cartouches de mon frère commencer à s'effacer des murs d'Akhetaton ; j'ai vu mon propre nom, Ankhkheperourê, partagé avec un autre souverain avant même que ma momie ne repose dans la Vallée des Rois. Peut-être est-ce là le sort réservé à ceux qui régnèrent dans l'ombre d'une révolution : porter un nom que la postérité devra reconstruire pièce par pièce, comme on rassemble les fragments d'un vase brisé. Je préfère cela à l'oubli total — qu'on hésite sur mon nom vaut mieux que le silence complet du cartouche martelé.

Qu'on hésite sur mon nom vaut mieux que le silence complet du cartouche martelé.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Smenkhkaré. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.