Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Sor Juana Inés de la Cruz

par Charactorium · Sor Juana Inés de la Cruz (1651 — 1695) · Lettres · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Deux élèves de 12 ans visitent un vieux couvent du Mexique avec leur classe. Dans une cellule remplie de livres, une religieuse au regard vif les attend. C'est Sor Juana, et elle adore qu'on lui pose des questions.

C'est vrai que vous avez appris à lire toute seule, en cachette ?

Oui, mon enfant ! À mon époque, on n'envoyait pas les petites filles à l'école. Mais ma grande sœur, elle, avait des leçons. Alors je me cachais pour écouter la maîtresse, puis je filais dans la bibliothèque de mon grand-père à San Miguel Nepantla. Imagine une pièce sombre, qui sent le cuir et le papier, avec des dizaines de livres reliés. C'était mon trésor secret. Je dévorais tout. On me disait que le fromage rendait bête, alors j'ai arrêté d'en manger pour mieux apprendre ! Tu vois, j'étais déjà têtue. Lire, c'était plus fort que tout.

On me disait que le fromage rendait bête : j'ai arrêté d'en manger pour mieux apprendre.

Et c'est vrai que vous parliez plein de langues avant dix ans ?

Le latin, surtout. Tu sais, à mon époque, tous les vrais savants écrivaient en latin, comme une langue secrète des gens cultivés. Moi, je voulais en faire partie. Alors j'ai demandé des leçons, et j'ai promis de me couper les cheveux si je n'apprenais pas assez vite ! Quand mes cheveux repoussaient et que ma tête était encore vide de savoir, hop, je les recoupais. Une tête pleine de boucles mais vide de connaissances, ça ne me plaisait pas. J'ai aussi appris un peu de nahuatl, la langue qu'on parlait autour de moi au Mexique. Apprendre, c'était ma plus grande joie.

Une tête pleine de boucles mais vide de savoir, ça ne me plaisait pas.

Pourquoi vous êtes devenue religieuse si vous vouliez juste étudier ?

Bonne question, tu as tout compris. Je ne rêvais pas vraiment de prières du matin au soir. Mais regarde mon époque : une femme avait deux chemins. Se marier et tenir une maison... ou entrer au couvent. Le mariage, ça voulait dire abandonner mes livres. Alors en 1668, je suis entrée chez les sœurs Jerónimas, à Mexico. C'était l'un des rares endroits où une femme pouvait lire, écrire, réfléchir, sans qu'on l'en empêche. J'ai transformé ma cellule en bibliothèque, avec des milliers de volumes. Imagine une petite chambre tapissée de livres jusqu'au plafond. C'était mon royaume à moi.

Le couvent n'était pas ma vocation : c'était la seule porte vers mes livres.

Elle ressemblait à quoi, votre journée au couvent ?

Elle commençait avant le lever du soleil, mon enfant. Cloche, messe, prières : la vie d'une religieuse est très réglée. Au petit matin, je prenais un repas simple, du pain, parfois du chocolat — un grand luxe chez nous ! Je portais l'habit blanc des hiéronymites, avec un voile sur les cheveux. Mais le vrai bonheur venait l'après-midi : seule dans ma cellule, je composais des poèmes, des pièces de théâtre, je répondais au courrier de gens savants. Le soir, vêpres, puis encore un peu de lecture à la bougie avant le grand silence. Écrire entre deux cloches, c'était ma façon de respirer.

Écrire entre deux cloches, c'était ma façon de respirer.

On raconte que quarante savants vous ont fait passer un examen. Ça s'est passé comment ?

Ah, ce fameux jour ! J'étais jeune, je vivais alors au palais du vice-roi de Nouvelle-Espagne. Le vice-roi, c'est l'homme qui gouvernait le Mexique au nom du roi d'Espagne. Pour voir si ma réputation était méritée, il a convoqué une quarantaine de savants : des théologiens, des mathématiciens, des poètes. Imagine une grande salle, et chacun à son tour me pose une question difficile. Moi, debout, je répondais à tous. On a dit que j'étais comme un grand navire royal qui repousse l'assaut de petites barques. J'avais le cœur qui battait fort, crois-moi. Mais j'ai tenu bon.

Quarante savants m'ont interrogée : j'ai répondu à tous, le cœur battant.
Sor Juana Inés de la Cruz (Juan de Miranda)
Sor Juana Inés de la Cruz (Juan de Miranda)Wikimedia Commons, Public domain — Juan de Miranda (c.1667?-1714)

Vous écriviez aussi des poèmes pour les gens importants ?

Oui, ça faisait partie de mon métier de poétesse à la cour. Quand un nouveau vice-roi arrivait, on lui construisait un grand arc de triomphe, comme une porte géante décorée. En 1680, on m'a demandé d'imaginer celui de Mexico : ce fut mon Neptuno Alegórico. J'y comparais le vice-roi à Neptune, le dieu de la mer dans les vieilles légendes. Tu vois, à mon époque, montrer qu'on connaissait les dieux antiques, c'était prouver qu'on était très savant. C'était une commande, du travail payé. Mais même là, je glissais mes idées. Une poétesse trouve toujours un coin pour faire passer ce qu'elle pense.

Même dans un travail commandé, une poétesse glisse ce qu'elle pense vraiment.

C'est vrai que vous avez écrit un poème pour défendre les femmes ?

Oui, et celui-là, on le récite encore ! Ça commence par : Hombres necios que acusáis a la mujer sin razón — "Hommes déraisonnables qui accusez les femmes sans raison". Je leur disais une chose toute simple, mon enfant : les hommes reprochent aux femmes leurs défauts, mais ce sont souvent eux qui les y poussent. C'est comme quelqu'un qui salit un miroir, puis se plaint que le reflet est sale. À mon époque, écrire ça, c'était audacieux. Une femme n'était pas censée donner la leçon aux hommes. Moi, je l'ai fait, en vers, pour qu'on s'en souvienne.

Ils salissent le miroir, puis se plaignent que le reflet est sale.
Sor Juana Inés de la Cruz
Sor Juana Inés de la CruzWikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — Juan de Miranda

Pourquoi c'était si grave qu'une femme veuille étudier, à votre époque ?

Parce qu'on pensait que le savoir n'était pas fait pour nous. Une femme devait obéir, prier, tenir sa maison, pas réfléchir aux grandes questions. Quand on m'a reproché ma passion des études, j'ai écrit une longue lettre, la Respuesta a sor Filotea, en 1691. J'y confessais que j'étais tombée dans le labyrinthe de ces études, et que je ne pouvais plus en sortir. Mais je défendais surtout une idée : si Dieu m'a donné un esprit curieux, pourquoi serait-ce un péché de m'en servir ? Je voulais qu'on laisse les filles apprendre. C'était mon vrai combat.

Si Dieu m'a donné un esprit curieux, pourquoi serait-ce un péché de m'en servir ?

Vous avez eu des ennuis à cause de vos écrits ?

Oui, et ça m'a fait beaucoup de peine. Un jour, un texte où je critiquais le sermon d'un prêtre célèbre a été publié sans ma permission, sous le titre Carta Atenagórica. Et puis l'archevêque de Mexico m'a réprimandée en public : une religieuse n'avait pas à discuter de théologie, disait-il. La théologie, c'est l'étude des choses de Dieu, un domaine réservé aux hommes d'Église. Imagine qu'on te dise, devant tout le monde, que ton plus grand talent est en réalité une faute. Ça serre le cœur. J'ai dû me défendre seule, avec ma plume pour seule arme.

On m'a dit en public que mon plus grand talent était une faute.

Et à la fin, vous avez vraiment arrêté d'écrire ?

Oui, mon enfant. Sous la pression de l'Église, vers la fin de ma vie, j'ai peu à peu posé ma plume. J'ai même vendu une partie de mes précieux livres pour aider les pauvres. Beaucoup ont cru que je me taisais pour de bon. En 1695, une épidémie a frappé mon couvent ; je soignais mes sœurs malades, et la maladie m'a emportée. Mais sais-tu ? Mes poèmes, eux, ont continué de voyager, jusqu'en Espagne et bien après moi. On me lit encore aujourd'hui. C'est ma petite revanche. Les mots qu'on écrit vraiment, on ne peut pas les faire taire pour toujours.

Les mots qu'on écrit vraiment, on ne peut pas les faire taire pour toujours.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Sor Juana Inés de la Cruz. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.