Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Théodose

par Charactorium · Théodose (583 — 602) · Politique · 6 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Constantinople, sous le règne du soleil byzantin. Dans une salle du Palais Sacré où l'on entend au loin le bruit des maçons sur les remparts, un empereur encore jeune nous reçoit, entouré de parchemins et de tablettes de cire. Théodose II accepte de parler de ses murs, de ses lois et de cette sœur qui veilla sur lui.

On vous a fait empereur tout enfant. Que reste-t-il de ce garçon de sept ans porté sur le trône ?

J'avais sept ans quand on m'a posé le diadème sur le front, en 408. Un enfant ne gouverne pas un Empire ; il apprend à se taire et à regarder. Ma sœur Pulchérie a tenu la barre pendant que je grandissais, et je lui dois plus qu'à mes maîtres de rhétorique. On me reproche aujourd'hui d'avoir tant confié à mes généraux et à mes conseillers, que je recevais chaque matin avant les offices. Mais dites-moi : faut-il qu'un homme prétende tout faire seul pour être grand ? Mon père Arcadius m'a laissé un trône, non une science infuse. J'ai préféré écouter ceux qui savaient la guerre et la frontière, plutôt que de jouer au stratège dans la pourpre. La sagesse, disaient les Anciens, commence par connaître sa propre mesure.

Un enfant ne gouverne pas un Empire ; il apprend à se taire et à regarder.

Quel rôle votre sœur Pulchérie a-t-elle vraiment joué auprès de vous ?

Pulchérie fut ma régente, ma conseillère, et un peu ma conscience. Quand j'étais trop absorbé par mes parchemins et mes disputes de grammairiens, c'est elle qui rappelait les affaires de l'État à l'ordre du jour. Au Palais Sacré, les matins se ressemblaient : les offices d'abord, car un empereur chrétien prie avant de juger, puis les ministres et les questions de l'armée d'Orient. On a dit que je me laissais gouverner ; je réponds que je me laissais entourer, ce qui n'est pas la même chose. Les Perses au levant, les barbares au couchant — aucun homme ne tient seul deux frontières. J'ai appris d'elle qu'une volonté ferme vaut mieux qu'une voix qui crie, et que la piété d'une famille fait parfois plus pour un trône que dix légions.

Parlons de vos remparts. Pourquoi tant d'efforts pour ceinturer Constantinople de murailles ?

Parce qu'une capitale sans murs est une promesse faite aux barbares. En 410, Alaric et ses Wisigoths ont mis Rome à sac — Rome, la ville éternelle ! Cette nouvelle a traversé l'Empire comme un froid. J'ai donné l'ordre, dès 413, d'élever autour de ma ville une triple ligne de pierre, près de sept kilomètres courant de la Corne d'Or à la Propontide. On les achève à peine, ces Murs de Théodose, et déjà je sais qu'ils tiendront. Les ingénieurs me parlent de fossés, de tours, de courtines doublées ; moi je pense aux générations qui dormiront tranquilles derrière. Rome est tombée faute de remparts dignes d'elle ; Constantinople ne tombera pas pour cette raison-là.

Une capitale sans murs est une promesse faite aux barbares.

Vous semblez certain que ces murs vous survivront. Qu'est-ce qui vous rend si confiant ?

Allez-y voir vous-même, là-bas vers l'ouest, où les maçons s'affairent encore. Ce n'est pas un simple rempart, c'est trois lignes étagées : un mur intérieur haut comme plusieurs hommes, un mur extérieur, et le fossé devant. Un assaillant qui franchit la première meurt devant la seconde. Quand un tremblement de terre les a ébranlés, mes préfets ont fait rebâtir en quelques semaines, car la ville entière s'y est mise. Je n'ai pas le don de prophétie, mais la pierre bien posée parle d'elle-même. Si l'on me lisait dans un siècle ou dans dix, je voudrais qu'on dise : ses lois ont vieilli, ses guerres se sont effacées, mais ses murailles tenaient toujours debout. Voilà l'ambition la plus modeste et la plus durable d'un empereur.

Venons-en à votre grande œuvre juridique. Qu'avez-vous voulu accomplir avec le Code théodosien ?

Mettre de l'ordre dans le chaos des lois. Depuis Constantin, les édits s'étaient accumulés par centaines, éparpillés, parfois contradictoires, si bien que nul juge ne savait plus à quelle règle se vouer. En 438, j'ai fait rassembler en un seul recueil les lois de mes ancêtres et les miennes — plus de deux mille cinq cents dispositions, transcrites avec soin pour qu'aucun sujet ne pût plaider l'ignorance. Mon ordonnance le disait clairement : que tout soit réuni en un seul recueil, afin que personne n'ignore le droit. Un Empire ne tient pas seulement par ses murs et ses légions ; il tient par ce fil invisible qu'est la loi connue de tous. Ce Codex est ma muraille de mots, aussi nécessaire que celle de pierre.

Ce Code est ma muraille de mots, aussi nécessaire que celle de pierre.
Cardinal de Bouillonlabel QS:Lfr,"Portrait d'Emmanuel Théodose de la Tour d'Auvergne (1643-1715), cardinal de Bouillon"
Cardinal de Bouillonlabel QS:Lfr,"Portrait d'Emmanuel Théodose de la Tour d'Auvergne (1643-1715), cardinal de Bouillon"Wikimedia Commons, Public domain — Hyacinthe Rigaud

Pourquoi tenir tant à ce que chacun, jusqu'au plus humble, puisse connaître la loi ?

Parce qu'une loi cachée n'est pas une loi, c'est un piège. À quoi sert un édit si le marchand d'Antioche ou le paysan de Thrace ne peut savoir ce qu'il lui commande ? J'ai voulu que mes magistrats — préteurs et préfets — puisent tous à la même source, et non au gré de leur humeur ou de leur intérêt. On copie le Code théodosien sur parchemin pour les provinces, on le proclame, on l'applique d'Orient en Occident. Ma cousine d'Occident, la cour de Ravenne, l'a reçu elle aussi. Les jurisconsultes me diront si j'ai bien fait ; je crois, moi, qu'un prince qui donne à ses peuples des règles claires leur donne plus que des victoires. Les batailles passent, les lois écrites demeurent.

En 431, vous avez convoqué les évêques à Éphèse. Qu'attendiez-vous d'un tel concile ?

Qu'on tranche enfin une question qui déchirait mes peuples : quelle est la nature du Christ ? Ces disputes ne sont pas des subtilités de clercs oisifs ; quand les fidèles se divisent, c'est l'Empire qui se fissure. J'ai donc réuni à Éphèse, en 431, les évêques de tout le monde chrétien, d'Égypte, de Syrie, d'Occident. Un empereur ne définit pas la foi — ce n'est pas son office — mais il lui revient de convoquer ceux qui le peuvent et de faire respecter leur sentence. On loue ma piété ; je préfère qu'on retienne mon souci de l'unité. Une seule foi, comme une seule loi, sous un seul trône : voilà ce que je cherchais. Les querelles théologiques sont des incendies ; mieux vaut un concile qu'une guerre civile.

Les querelles théologiques sont des incendies ; mieux vaut un concile qu'une guerre civile.
Workshop of Rigaud - Emmanuel-Théodose de La Tour d'Auvergne, duc de Bouillon
Workshop of Rigaud - Emmanuel-Théodose de La Tour d'Auvergne, duc de BouillonWikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Workshop of Hyacinthe Rigaud / After Hyacinthe Rigaud

Certains diront qu'un empereur n'a pas à se mêler des affaires de l'Église. Que leur répondez-vous ?

Je leur réponds que le pouvoir et l'autel ne marchent pas séparés dans mon Empire. Je commence chaque journée par les offices avant de recevoir mes ministres ; comment voudrait-on que je sois sourd aux divisions de l'Église le reste du temps ? Je ne monte pas en chaire, je ne récite pas le dogme — cela, je le laisse aux évêques. Mais quand l'orthodoxie est en péril, qui d'autre que l'empereur a la force de rassembler le concile, de garantir la paix des débats, de faire appliquer leurs décrets dans tout l'Orient ? Constantin l'a fait à Nicée avant moi ; je marche dans ses pas. Un trône chrétien qui se désintéresse de la foi de ses sujets scie la branche sur laquelle il est assis.

Vous avez aussi fondé une école à Constantinople. À quoi bon des grammairiens, en un siècle d'invasions ?

Justement parce que le siècle est rude. Quand les royaumes s'effondrent et que les barbares prennent Carthage, on croit que le savoir est un luxe ; je crois l'inverse. En 425, j'ai réuni à Constantinople les meilleurs maîtres de rhétorique, de grammaire, de philosophie, grecs et latins, pour qu'ils enseignent sous l'autorité impériale. Que deviendrait un Empire qui aurait des murs mais plus de lettres, des lois mais plus personne pour les comprendre ? Les Anciens nous ont légué la langue de Platon et celle de Cicéron ; il serait honteux de la laisser s'éteindre par négligence. Pendant qu'on rebâtit les remparts de pierre, je fais bâtir un rempart pour l'esprit. L'un protège la ville, l'autre la civilisation.

Pendant qu'on rebâtit les remparts de pierre, je fais bâtir un rempart pour l'esprit.

Vous gardez-vous du temps, dans tout cela, pour l'étude personnelle ?

Le soir venu, oui. Quand les banquets de cour s'achèvent et que les dignitaires se retirent, je gagne mes appartements et je lis. Textes sacrés, documents d'administration, parfois les calligraphes me confient leur ouvrage — on m'a même surnommé le Calligraphe, car j'aime tracer de belles lettres de ma propre main. Certains jugent qu'un empereur devrait passer ses nuits à comploter ou à festoyer ; moi je tiens qu'un prince qui ne lit pas gouverne en aveugle. Mon école de Constantinople n'est que le prolongement public de ce goût privé. Les Anciens disaient que l'âme se nourrit comme le corps ; je crois qu'un Empire affamé d'esprit dépérit aussi sûrement qu'une ville assiégée. Voilà pourquoi je veille tard sur mes parchemins.

Voir la fiche complète de Théodose

Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Théodose. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.