Jean Gabin

Jean Gabin

1904 — 1976

France

Performing ArtsCultureVisual Arts20th CenturyXXe siècle — âge d'or du cinéma français, de la Nouvelle Vague au cinéma populaire d'après-guerre

Jean Gabin (1904-1976) est l'un des plus grands acteurs français du XXe siècle. Révélé dans les années 1930 par des films comme La Bête humaine et La Grande Illusion, il incarne le mythe de l'homme du peuple, dur mais sensible.

Famous Quotes

« Je ne joue pas, je vis mes rôles. »
« Un acteur, c'est quelqu'un qui a besoin des autres pour exister. »

Key Facts

  • 1904 : Naissance à Paris sous le nom de Jean-Alexis Moncorgé
  • 1934-1939 : Période du réalisme poétique avec Pépé le Moko, La Bête humaine, La Grande Illusion
  • 1940-1945 : Exil aux États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale, engagement dans les Forces françaises libres
  • 1954 : Renaissance avec Touchez pas au grisbi, qui relance sa carrière
  • 1976 : Décès à Neuilly-sur-Seine, laissant une œuvre de plus de 95 films

Works & Achievements

La Grande Illusion (1937)

Film de Jean Renoir sur des prisonniers de guerre français en 1914-1918. Chef-d'œuvre du pacifisme et de l'humanisme, premier film non anglophone nominé à l'Oscar du meilleur film, interdit par les nazis.

Quai des brumes (1938)

Film de Marcel Carné incarnant le réalisme poétique à son sommet : Gabin joue un soldat déserteur dans un port brumeux. Joseph Goebbels qualifia ce film de « poison français ».

La Bête humaine (1938)

Adaptation de Zola par Jean Renoir où Gabin joue un mécanicien de locomotive hanté par des pulsions meurtrières. Gabin conduit lui-même la locomotive, apprenant le métier pour le rôle.

Touchez pas au grisbi (1954)

Film de Jacques Becker qui marque le grand retour de Gabin après dix ans de disette. Il invente un nouveau type de gangster vieillissant, digne et fatigué, qui redéfinit le polar français.

Le Président (1960)

Gabin joue un homme politique autoritaire et intègre dans ce film d'Henri Verneuil. Il confirme sa nouvelle image de patriarche puissant qui domine le cinéma populaire français des années 1960.

Le Chat (1971)

Face à Simone Signoret, Gabin joue un vieil homme dans un mariage délabré. Film intimiste et bouleversant récompensé à Berlin, considéré comme l'un des sommets de sa carrière tardive.

L'Affaire Dominici (1973)

Gabin incarne Gaston Dominici, paysan accusé d'un triple meurtre, dans une reconstitution du célèbre procès des années 1950. Sa performance est saluée comme l'une des plus puissantes de sa carrière.

Anecdotes

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Jean Gabin refuse de collaborer avec l'occupant nazi et part aux États-Unis en 1941. Insatisfait de son exil doré, il s'engage dans les Forces françaises libres en 1943 et participe au débarquement en Provence en 1944 comme canonnier sur un char. Il reçoit la Médaille militaire et la Croix de guerre pour ses faits d'armes.

En 1936, lors du tournage de La Belle Équipe de Julien Duvivier, deux fins alternatives furent tournées : l'une heureuse, l'autre tragique. C'est le public qui trancha par un vote lors des avant-premières. La fin sombre fut finalement retenue pour la version définitive, illustrant la noirceur caractéristique du réalisme poétique.

Après la guerre, Gabin traverse une longue traversée du désert : ses films américains sont des échecs, et le public français semble l'avoir oublié. C'est son rôle dans Touchez pas au grisbi (1954) de Jacques Becker qui le relance spectaculairement, imposant cette fois un nouveau personnage de patron vieillissant mais imposant, qui marquera toute sa seconde carrière.

Jean Gabin était passionné d'agriculture et possédait un haras en Normandie où il élevait des chevaux de course et des vaches. Loin de l'image glamour d'Hollywood, il se levait à l'aube pour s'occuper de ses bêtes et affirmait que la terre le ressourçait bien mieux que les plateaux de tournage.

Sur le tournage de La Grande Illusion (1937), Jean Renoir et Gabin entretinrent un rapport de confiance totale. Gabin improvisait certaines répliques que Renoir conservait au montage, estimant que l'acteur incarnait une vérité humaine que le scénario seul ne pouvait atteindre. Le film fut nominé à l'Oscar du meilleur film, premier film non anglophone à recevoir cet honneur.

Primary Sources

Lettre de Jean Gabin au général de Gaulle demandant son engagement dans les FFL (1943)
Je veux me battre pour la France. Je ne peux pas rester ici à faire des films pendant que mes camarades souffrent.
Témoignage de Jean Renoir sur le tournage de La Grande Illusion (1937)
Gabin n'a pas besoin de jouer. Il est. C'est la différence entre un acteur et un homme qui porte en lui toute la vérité d'un peuple.
Interview de Jean Gabin dans L'Express (1958)
Je ne joue pas les pauvres types parce que ça fait bien. Je les joue parce que je les connais, parce que j'en suis un.
Discours de réception du César d'honneur — accepté en son nom (1976)
Jean Gabin a construit une œuvre qui est le miroir d'un siècle, d'un peuple et d'une langue.
Entretien avec Gabin dans Le Monde, sur sa retraite à la ferme normande (1970)
Mes vaches ne me demandent pas d'être célèbre. Elles ont besoin que je sois là, c'est tout. C'est reposant.

Key Places

Mériel, Val-d'Oise

Lieu de naissance de Jean Gabin le 17 mai 1904. Ce village de la banlieue parisienne, où sa famille d'artistes s'était installée, marque ses origines populaires qui nourriront tous ses rôles.

Moulin Rouge, Paris

C'est dans ce célèbre cabaret montmartrois que Gabin fit ses premières armes sur scène dans les années 1920, suivant la tradition familiale du spectacle vivant.

Studios de Joinville-le-Pont

Gabin y tourna de nombreux films dans les années 1930, à l'époque dorée du réalisme poétique français. Ces studios étaient le cœur de l'industrie cinématographique française d'avant-guerre.

Haras de La Moncorgerie, Normandie

Propriété agricole de Gabin en Normandie où il élevait chevaux de course et bovins. Il y passait le plus de temps possible, loin du monde du cinéma qu'il aimait mais qui l'épuisait.

Neuilly-sur-Seine

Ville où Jean Gabin vécut ses dernières années et mourut le 15 novembre 1976. Ses obsèques mobilisèrent une foule considérable, témoignant de l'affection populaire pour l'acteur.

Gallery

Jean Gabin 1958

Jean Gabin 1958

Wikimedia Commons, Public domain — Unknown (Mondadori Publishers), published in Grazia magazine

Jean Gabin 1949

Jean Gabin 1949

Wikimedia Commons, Public domain — Italia Produzione / Francinex (Mondadori Publishers)

Jean Gabin 1955

Jean Gabin 1955

Wikimedia Commons, Public domain — Unknown (Mondadori Publishers), published in Epoca magazine

Jean Gabin (1959)

Jean Gabin (1959)

Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — Cognacq-jay

Gabin-Bourvil-Italie-1956

Gabin-Bourvil-Italie-1956

Wikimedia Commons, Public domain — Emilio Ronchini / Mondadori Portfolio


The Oak Leaf (Vol 39, January 14 - July 20, 1977)

The Oak Leaf (Vol 39, January 14 - July 20, 1977)

Wikimedia Commons, Public domain — U.S. Naval Regional Medical Center Oakland


Photoplay Studies (1939-1940)

Photoplay Studies (1939-1940)

Wikimedia Commons, Public domain — National education association of the United States. Dept. of secondary teachers. Committee on motion pictures

See also