Imaginary interview

Imaginary interview with Amaterasu

by Charactorium · Amaterasu · Mythology · 6 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.

On ne rencontre pas une déesse du soleil ; on attend qu'elle daigne paraître. C'est à l'aube, sur l'esplanade de galets blancs du Grand Sanctuaire d'Ise, parmi l'odeur du bois de cyprès fraîchement coupé, qu'Amaterasu Ōmikami a accepté de répondre. Sa voix semble venir de la lumière elle-même, intemporelle et claire.

Comment décririez-vous le domaine d'où vous régnez ?

Je règne depuis Takamagahara, la Haute Plaine du Ciel, là où siègent tous les kami. Ce n'est pas une terre comme la vôtre, avec ses limites et ses fatigues : c'est le séjour d'où la lumière descend sur le monde des roseaux. Chaque jour, j'émerge de l'horizon et je parcours le ciel, et par ma seule présence le monde s'illumine, les rizières mûrissent, les vivants ouvrent les yeux. Je ne connais ni le repos ni la lassitude des hommes. Mon père Izanagi m'a fait naître de son œil gauche lorsqu'il se purifia au retour du pays des morts, et il m'a confiée le gouvernement des cieux. Veiller à ce que l'ordre tienne, à ce que la nuit succède au jour sans rupture : voilà ma tâche, et elle n'a pas de fin.

Par ma seule présence le monde s'illumine, les rizières mûrissent, les vivants ouvrent les yeux.

Vous souvenez-vous de ce qui vous a poussée à vous retirer dans la grotte céleste ?

Mon frère Susanoo, dieu des tempêtes, était venu prendre congé avant de descendre vers le pays des morts, et sa fureur ne connaissait pas de mesure. Il ravagea mes rizières, souilla mes salles sacrées, jeta un cheval écorché dans l'atelier où l'on tissait. Le cœur blessé, j'ai fui. Je me suis enfermée dans la Grotte d'Ama no Iwato et j'ai roulé la pierre derrière moi. Aussitôt le ciel et la terre furent plongés dans les ténèbres ; sans ma lumière, mille calamités se levèrent à la fois. On croit qu'une déesse ne pleure pas. Mais dans cette obscurité, j'ai connu quelque chose qui ressemblait au chagrin d'un enfant qui se cache parce qu'on l'a offensé — et qui attend, sans le dire, qu'on vienne le chercher.

Sans ma lumière, mille calamités se levèrent à la fois.

Que s'est-il passé pour que vous consentiez enfin à ressortir ?

J'ai entendu, à travers la pierre, un vacarme que je ne comprenais pas : des rires, des tambours, le martèlement d'une danse. Les autres kami s'étaient rassemblés devant ma grotte et menaient grand tapage. La curiosité me piqua : comment pouvait-on se réjouir dans un monde que j'avais privé de jour ? J'ai entrouvert la pierre, et là, j'ai aperçu un visage de lumière qui me dévisageait — c'était mon propre reflet dans le Yata no Kagami, le miroir qu'on avait suspendu. Étonnée, je me suis avancée, et des bras puissants m'ont saisie tandis qu'on tendait derrière moi une corde de paille tressée, le shimenawa, pour m'interdire le retour. Aujourd'hui encore, cette corde sacrée barre l'entrée des lieux saints : elle se souvient du jour où le soleil revint au monde.

Ce miroir tient une place singulière dans votre histoire. Que représente-t-il pour vous ?

Le Yata no Kagami est l'objet qui m'a rendue à moi-même. En y voyant ma propre clarté, j'ai cru un instant qu'une déesse plus brillante encore était née pendant mon absence — et c'est cette surprise qui m'a fait sortir. Voilà pourquoi je l'ai compté parmi les trois trésors que je confie aux miens : le miroir pour la lumière et la vérité, l'épée Kusanagi no Tsurugi pour la force, le joyau recourbé Yasakani no Magatama pour la vertu et la sagesse. Le miroir repose désormais ici, à Ise, voilé, que nul œil ne regarde. Car un miroir n'est pas fait pour qu'on l'admire : il est fait pour qu'on s'y reconnaisse honnêtement, et qu'on n'oublie jamais d'où vient la lumière qu'on porte.

Un miroir n'est pas fait pour qu'on l'admire : il est fait pour qu'on s'y reconnaisse honnêtement.

Pourquoi avoir transmis ces trois trésors aux hommes plutôt que de les garder au ciel ?

Parce qu'un pouvoir qui demeure au ciel ne sert qu'aux dieux. Lorsque j'ai décidé que ma lignée gouvernerait le pays des roseaux, j'ai remis ces trois insignes à mon descendant qui descendait du ciel, afin que les hommes sachent reconnaître l'autorité légitime. Le miroir, l'épée, le joyau ne sont pas des ornements : ce sont des serments rendus visibles. Tant qu'ils accompagneront ceux de mon sang, le lien entre Takamagahara et la terre ne sera pas rompu. On les présente encore lorsqu'un nouvel empereur monte sur le trône ; ils passent de main en main à travers les âges comme une flamme qu'on se garde de laisser mourir. J'ai voulu que ma lumière ne soit pas seulement vue, mais portée, transmise, et tenue en dépôt par des mains mortelles.

Installation of the Sun Goddess (Amaterasu) c1870 after Kawanabe Kyosai
Installation of the Sun Goddess (Amaterasu) c1870 after Kawanabe KyosaiWikimedia Commons, Public domain — Unknown, after a work by Kawanabe Kyosai

Comment votre descendance est-elle venue régner sur le pays d'en bas ?

J'ai jugé que la terre, troublée par les kami sauvages, avait besoin d'un souverain issu du ciel. J'ai donc envoyé mon petit-fils Ninigi-no-Mikoto, chargé des trois trésors, descendre sur les hauteurs du mont Takachiho. De cette montagne du sud, ma lumière a pris pied dans le monde des hommes. C'est de Ninigi que descend celui que vous appelez Jinmu, le premier empereur, qui fonda l'empire et inaugura la lignée qui ne s'est jamais interrompue depuis. Je n'ai pas voulu une dynastie pour la gloire d'un homme, mais pour qu'un fil ininterrompu relie le ciel et la terre. Tant qu'un descendant veillera, je veillerai à travers lui ; tant qu'on se souviendra de cette descente sur la montagne, la nuit ne pourra pas effacer le matin.

Je n'ai pas voulu une dynastie pour la gloire d'un homme, mais pour qu'un fil ininterrompu relie le ciel et la terre.

Que diriez-vous à ceux qui se réclament aujourd'hui de votre sang ?

Je leur dirais que descendre du soleil n'est pas un privilège, mais une charge. Le Kojiki rapporte que mes descendants règnent sur le Japon ; mais régner, pour qui vient de ma lumière, signifie éclairer, non écraser. Un empereur de ma lignée doit se purifier comme on essuie un miroir : sans cesse, car la poussière revient sans cesse. Qu'ils n'oublient jamais le sens des trois trésors que je leur ai confiés — la vérité du miroir, le courage de l'épée, la douceur du joyau. Le jour où un souverain ne porterait plus que la couronne sans en porter le poids, ma clarté en lui pâlirait. Le ciel ne donne pas le pouvoir : il le prête, et il regarde ce qu'on en fait.

Le ciel ne donne pas le pouvoir : il le prête, et il regarde ce qu'on en fait.
Amaterasu cave wide
Amaterasu cave wideWikimedia Commons, Public domain — Utagawa Kunisada (歌川国貞)

Le sanctuaire d'Ise vous est consacré depuis des siècles. Qu'éprouvez-vous d'y être vénérée ?

Ise Jingū est ma demeure sur la terre, parmi les cyprès et la rivière Isuzu où les pèlerins se lavent les mains avant d'approcher. Là, sous le toit de chaume, mon miroir repose à l'abri des regards. Ce qui me touche, ce ne sont pas les bâtiments — on les reconstruit à l'identique de génération en génération, et c'est très bien ainsi : le sacré n'a pas besoin d'être vieux pour être pur, il a besoin d'être recommencé. On m'y apporte chaque jour le riz nouveau, le sake, les fruits de la saison, déposés sur des plateaux comme à une hôtesse qu'on honore. Je ne mange pas ces offrandes : je reçois la gratitude qu'elles portent. Un grain de riz tendu avec un cœur droit me nourrit plus que mille temples vides.

Le sacré n'a pas besoin d'être vieux pour être pur, il a besoin d'être recommencé.

Que signifie pour vous le passage sous le torii, à l'entrée du sanctuaire ?

Le torii n'est pas une simple porte de bois ; c'est la frontière entre votre monde et le mien. Quand le pèlerin le franchit, il quitte le profane et entre dans l'espace où réside le kami. Je voudrais qu'on le passe avec la lenteur qu'on accorde à un seuil véritable, qu'on s'incline, qu'on se purifie d'abord. La religion des miens — ce que vous nommez le shintō — ne demande pas qu'on me craigne, mais qu'on garde les choses claires et nettes : le linge propre, le cœur sans rancune, les paroles sans souillure. Tout mon culte tient dans ce geste de purification, ce désir de revenir au matin du monde, avant la querelle, avant la grotte, quand la lumière était encore intacte. Franchir le torii, c'est promettre d'être un peu plus limpide qu'on n'était.

Au terme de cette rencontre, si vous deviez confier ce qui vous tient le plus à cœur, que diriez-vous ?

Que la lumière n'est jamais acquise. J'ai régné sur la Haute Plaine du Ciel, j'ai illuminé le monde des roseaux, et pourtant j'ai connu la grotte et les ténèbres que j'avais moi-même répandues. Voilà ce que je voudrais qu'on retienne : même le soleil peut se cacher, même le soleil peut être ramené par les rires des autres et par un miroir tendu au bon moment. Ne croyez pas qu'une clarté, fût-elle divine, se garde toute seule. Elle se purifie, elle se transmet de main en main comme les trois trésors, elle se recommence comme on rebâtit Ise. Tant que quelqu'un, quelque part, prendra soin de raviver la lumière au lieu de la tenir pour due, je continuerai de me lever sur l'horizon. C'est là tout mon mythe, et c'est aussi, je crois, toute votre tâche.

Même le soleil peut se cacher, même le soleil peut être ramené par les rires des autres.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Amaterasu's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.