Imaginary interview

Imaginary interview with Angela of Foligno

by Charactorium · Angela of Foligno (1248 — 1309) · Spirituality · Literature · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Angela of Foligno
Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — Francesco Mancini

Foligno, en Ombrie, au tournant du XIVe siècle. Dans une maison dépouillée où seul un crucifix orne le mur, une femme en bure grise reçoit son visiteur au sortir d'une longue veille. Frère Arnold, son confesseur, tient déjà le parchemin, prêt à consigner chaque parole.

Vous souvenez-vous du moment où votre vie d'autrefois s'est effondrée ?

Je n'oublierai jamais ces mois de 1285. Ma mère d'abord, puis mon mari, puis mes enfants — la mort les a pris l'un après l'autre, comme on arrache les feuilles d'une même branche. Autrefois j'étais l'épouse d'un marchand de Foligno, entourée d'aisance, de robes, de tables garnies. On croira que j'ai pleuré ces deuils comme un malheur : la vérité est autre. J'ai vu dans ce grand vide un doigt qui me montrait le chemin, une main qui déliait mes attaches une à une. J'ai vendu ce que je possédais, je l'ai donné aux pauvres, et j'ai revêtu la corde des tertiaires. On m'a crue folle. Moi je respirais enfin.

La mort les a pris l'un après l'autre, comme on arrache les feuilles d'une même branche.

Pourquoi choisir la pauvreté quand vous aviez tout ?

Parce que l'aisance est un poids qu'on ne sent qu'en le déposant. Tant que je possédais, je croyais posséder ; en réalité mes coffres me tenaient. Le jour où j'ai rejoint le Tiers-Ordre de saint François, j'ai troqué mes parures contre un habit de bure grise, usé, rapiécé à dessein. Je me suis mise à jeûner, souvent au pain et à l'eau, et à visiter les malades de la cité. Ceux qui me plaignaient ne comprenaient pas que je n'avais jamais été si riche. La pauvreté n'est pas la privation : c'est la place qu'on fait à Dieu quand on a vidé la maison de tout le reste.

L'aisance est un poids qu'on ne sent qu'en le déposant.

Que s'est-il passé lors de votre pèlerinage à Assise ?

J'étais venue prier à la Portioncule, cette petite chapelle de Santa Maria degli Angeli où saint François lui-même reçut sa vocation. En franchissant le seuil, quelque chose m'a saisie que je ne saurais nommer. Je me suis mise à crier, à me rouler sur les dalles, incapable de me contenir. Mon compagnon, frère Arnold, en fut si honteux qu'il pensa d'abord s'éloigner de moi, comme on s'écarte d'une femme prise de démence. Il ne savait pas encore que Dieu venait de faire de lui ma plume. Ce jour-là, dans le sanctuaire des franciscains, ma vocation mystique fut scellée devant les hommes, que cela leur plût ou non.

Il ne savait pas encore que Dieu venait de faire de lui ma plume.

Comment le frère qui voulut vous fuir est-il devenu votre scribe ?

La honte est parfois le premier pas de la foi. Arnold, mon confesseur à l'église Sant'Angelo, avait vu mon extase d'Assise et s'en était détourné. Mais Dieu ne lâche pas si aisément ceux qu'il attèle. Il revint, méfiant, et me demanda de dire ce que j'avais vu. Alors j'ai parlé, et lui, sur son parchemin, écrivait sous ma dictée en son latin d'homme d'école, corrigeant, doutant, me relisant mes propres mots pour vérifier qu'il n'avait rien ajouté. De cette défiance patiente est né le Liber. Sans ce frère d'abord gêné, mes ténèbres seraient mortes avec moi.

La honte est parfois le premier pas de la foi.

Vous parlez d'une « ténèbre divine » : qu'entendez-vous par là ?

C'est la chose la plus difficile à dire, car c'est justement ce qui excède toute parole. Il m'est arrivé de contempler une obscurité si totale que je ne me souvenais plus d'aucune des œuvres de Dieu, ni de la Trinité, ni de rien. Et pourtant — écoutez bien ce paradoxe — dans ces ténèbres je voyais la Trinité. Ni image, ni figure, ni mot : rien que cette nuit comblée. Les anciens l'appelaient la voie négative, et le vieux Denys l'avait pressentie. Dieu n'est pas au bout de nos idées, il est au-delà, là où l'esprit doit consentir à devenir aveugle pour enfin voir.

L'esprit doit consentir à devenir aveugle pour enfin voir.
Angela of Foligno 1
Angela of Foligno 1Wikimedia Commons, Public domain — XVIIth century print

Comment mettre en mots une expérience que vous dites indicible ?

On ne le peut pas, et c'est là ma peine autant que ma joie. Quand j'ai dicté mon Memoriale à frère Arnold, j'ai compris que l'âme qui contemple Dieu ne peut en aucune façon parler de Lui, parce que tout ce qu'on peut dire de Lui reste bien inférieur à la vérité. Les mots que je livre sont des cendres après le feu. Arnold s'en désolait, croyant mal transcrire ; je le rassurais : nul ne transcrit bien l'infini. Ce que le parchemin retient n'est pas la vision, seulement sa trace, comme le sable garde l'empreinte d'un pas sans garder le marcheur.

Les mots que je livre sont des cendres après le feu.

On vous a surnommée « maîtresse des théologiens ». Comment recevez-vous ce titre ?

Avec un sourire, car voyez l'ironie : je suis une femme sans latin d'école, une veuve de marchand, et voilà que des docteurs viennent s'asseoir à mes pieds. À Foligno, autour de moi, s'est formée une petite communauté d'hommes et de femmes que je guidais de mon mieux. Mes Instructions spirituelles ne sont que cela : des lettres, des paroles données à mes fils et filles pour les tenir sur le chemin. Je ne leur enseignais pas des raisonnements, mais une expérience — comment aimer la Passion du Christ, comment se dépouiller. Le savoir gonfle ; l'amour seul édifie. Si l'on m'a dite maîtresse, c'est que Dieu se plaît à instruire les savants par les ignorants.

Dieu se plaît à instruire les savants par les ignorants.
AngelaFoligno
AngelaFolignoWikimedia Commons, Public domain — Skier Dude

Vous répétez à vos disciples que la pauvreté est « la voie royale ». Pourquoi ce mot ?

Parce qu'une voie royale mène au Roi, et notre Roi est monté sur une croix. Je le dis et le redis dans mes Instructions : celui qui choisit la pauvreté a choisi la croix du Christ, et celui qui a choisi la croix a choisi le Christ lui-même. Ce n'est pas une doctrine que je débite, c'est le chemin que j'ai foulé pieds nus. Mes disciples voulaient parfois des consolations ; je leur montrais plutôt le crucifix pendu à mon mur, unique ornement de ma maison dépouillée. Le dénuement n'est pas le but : il est la porte étroite. Qui refuse de tout perdre garde toujours quelque chose entre Dieu et lui.

Une voie royale mène au Roi, et notre Roi est monté sur une croix.

À quoi ressemblent vos journées de pénitence à Foligno ?

Elles commencent avant l'aube. Je me lève pour Matines et Laudes, puis je rejoins l'église pour la messe, où il m'arrive d'être saisie et de perdre le fil des heures. L'après-midi est à la prière silencieuse, à la Passion méditée, aux pauvres visités. Le soir, après Vêpres et Complies, je prolonge souvent la veille toute la nuit, insensible au froid, ma corde de pénitence à la ceinture. Je jeûne durement — parfois le pain et l'eau seuls pendant des jours. En période de grâce intense, l'Eucharistie me suffit pour toute nourriture ; mon corps s'oublie, et ce qui devrait m'épuiser me tient debout.

Ce qui devrait m'épuiser me tient debout.

Ces jeûnes et ces veilles ne sont-ils pas une violence faite à votre corps ?

On me le reproche, et je comprends l'objection. Mais je ne hais pas mon corps : je veux l'accorder à celui du Christ. Quand je médite longuement devant le crucifix, contemplant ses membres meurtris, je ne puis rester rassasiée et molle tandis qu'il a tout souffert. La discipline, la corde, le pain sec ne sont pas des tortures que je m'inflige par dégoût de vivre — ce sont des façons d'unir ma petite douleur à sa grande douleur. Le corps est un instrument : accordé trop lâche, il ne rend aucun son ; tendu vers la Passion, il chante. Je ne cherche pas à mourir. Je cherche à aimer jusqu'au bout.

Accordé trop lâche, le corps ne rend aucun son ; tendu vers la Passion, il chante.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Angela of Foligno's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.