Imaginary interview

Imaginary interview with Asima Chatterjee

by Charactorium · Asima Chatterjee (1917 — 2006) · Sciences · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Asima Chatterjee
Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — No machine-readable author provided. Burn~commonswiki assumed (based on copyright claims).

Calcutta, un après-midi de mousson. Dans un laboratoire de l'université où flottent des odeurs d'extraits végétaux, une femme en sari de coton range ses tubes avant de nous recevoir. Asima Chatterjee accepte de remonter le fil d'une vie passée à interroger les plantes de l'Inde.

Comment êtes-vous devenue chimiste dans une Inde où si peu de filles poussaient les portes de l'université ?

J'ai passé mon master de chimie à l'université de Calcutta en 1938, dans des salles où j'étais souvent la seule à porter le sari parmi les blouses. Mon maître, Prafulla Chandra Ray, celui qu'on appelait le père de la chimie indienne, ne faisait aucune différence entre ses garçons et moi : il voulait des mains soigneuses et un esprit obstiné, rien d'autre. Il répétait volontiers que la science de notre pays devait se bâtir avec les moyens de notre pays. En 1944, l'université m'a décerné un doctorat ès sciences ; on m'a dit que j'étais la première femme à en recevoir un d'une université indienne. Je n'y ai pas vu un trophée, mais une porte qu'on ne pourrait plus refermer.

Je n'y ai pas vu un trophée, mais une porte qu'on ne pourrait plus refermer.

Que gardez-vous de vos années de formation auprès de vos aînés ?

J'ai grandi scientifiquement dans un milieu dense, où l'on croisait au détour d'un couloir des savants comme le physicien Satyendra Nath Bose. On discutait de tout, de la matière et de la nation, avec le sentiment de préparer quelque chose de plus grand que nos carrières. Plus tard, j'ai complété ma formation à l'étranger, à l'université du Wisconsin puis au Caltech, où j'ai appris à traquer la structure des pigments naturels avec des méthodes que nous n'avions pas encore chez nous. Mais je suis toujours revenue à Calcutta. Ce que mes maîtres m'avaient transmis n'était pas seulement une technique : c'était l'idée qu'une chimiste indienne devait faire sa science en Inde, sur les plantes de l'Inde.

Une chimiste indienne devait faire sa science en Inde, sur les plantes de l'Inde.

Pourquoi avoir consacré votre vie aux plantes médicinales plutôt qu'à une chimie plus abstraite ?

Parce que ces plantes étaient sous nos yeux, tenues pour de simples remèdes de village, et que personne n'avait ouvert leur secret avec les outils de la chimie moderne. J'ai passé des années sur les alcaloïdes, ces molécules amères que fabriquent les végétaux, en particulier ceux de la pervenche, la Vinca, dont mon équipe isolait les composés un à un. Chaque extrait passait par la colonne de chromatographie, ce long tube de verre où l'on sépare patiemment le pur du mélange. Il fallait des semaines pour obtenir quelques grains d'une substance dont on ignorait encore la forme. Mais derrière chaque poudre se cachait peut-être un médicament, et cela suffisait à me tenir éveillée devant ma verrerie.

Derrière chaque poudre se cachait peut-être un médicament.

Vous souvenez-vous de la mise au point de votre traitement contre l'épilepsie ?

Elle est née d'une plante bien humble : la Marsilea minuta, une petite fougère aquatique qui pousse dans nos marécages et que les paysans connaissaient depuis toujours. Nous en avons tiré, après bien des extractions, un antiépileptique que l'on a appelé Ayush-56. Cela résumait tout mon travail : prendre un savoir ancien, presque celui de l'Ayurveda, et le faire passer au crible du polarimètre et du carnet de laboratoire pour en faire une médecine sûre. Nous avons cherché de la même façon des composés contre le paludisme, ce fléau qui vidait des villages entiers autour de nous. Guérir avec ce qui pousse chez soi : c'était pour moi la plus belle promesse de la chimie.

Prendre un savoir ancien et le faire passer au crible du laboratoire.

Que représentait pour vous la construction de la science dans l'Inde tout juste indépendante ?

L'indépendance de 1947 n'a pas seulement changé un drapeau ; elle nous a donné le droit de rêver une recherche à nous. Le gouvernement de Nehru bâtissait le CSIR et les grands instituts, et nous sentions que la chimie n'était plus un ornement colonial mais un pilier de la nation. J'ai voulu que mes travaux soient enracinés dans les ressources naturelles et les besoins réels du pays, ses maladies, ses plantes, ses paysans. Une science qui ignore la fièvre des siens n'est qu'un luxe importé. J'ai eu la chance de vivre ce moment où l'Inde a cessé de recevoir la connaissance pour commencer à en produire.

Une science qui ignore la fièvre des siens n'est qu'un luxe importé.
Asima Chatterjee - Calcutta 1993-03-29 35
Asima Chatterjee - Calcutta 1993-03-29 35Wikimedia Commons, CC BY 3.0 — Biswarup Ganguly

Comment avez-vous vécu votre présidence de l'Indian Science Congress ?

En 1975, on m'a demandé de présider l'Indian Science Congress, cet immense rassemblement annuel de nos savants. J'y ai prononcé une allocution où j'ai défendu, encore et toujours, une recherche ancrée dans notre sol et nos besoins. C'était, m'a-t-on dit, la première fois qu'une femme occupait cette chaire ; j'espérais surtout que ce ne serait pas la dernière. La même année, l'État m'a remis le Padma Bhushan, l'une de ses plus hautes distinctions. J'ai reçu ces honneurs avec gratitude, mais mon vrai contentement restait ailleurs : dans une structure enfin élucidée, une molécule domptée après des mois d'obstination au laboratoire.

La première femme à cette chaire ; j'espérais surtout que ce ne serait pas la dernière.

Pourquoi avoir tant investi dans l'enseignement, jusqu'à fonder un département de chimie ?

Parce qu'une découverte meurt si personne ne vient la continuer. Au Lady Brabourne College de Calcutta, j'ai fondé et dirigé un département de chimie, avec l'idée têtue d'ouvrir grand la discipline aux jeunes filles. Je voulais qu'elles n'aient pas à conquérir seules le terrain que j'avais dû gagner pas à pas. Mes après-midi se partageaient entre les cours et la supervision de mes doctorants, penchés avec moi sur une structure moléculaire tracée au tableau. Former un chercheur me semblait aussi important que publier : on ne bâtit pas une science nationale avec une seule paire de mains, mais avec des générations qui se relaient devant la même paillasse.

Une découverte meurt si personne ne vient la continuer.
Statue of Asima Chatterjee
Statue of Asima ChatterjeeWikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Salil Kumar Mukherjee

Que diriez-vous de votre travail d'écriture, ces centaines d'articles et ces ouvrages de référence ?

J'ai publié plus de quatre cents articles au fil des décennies, mais un chiffre ne dit rien de la patience qu'il recouvre. Chaque soir, après le laboratoire, je dépouillais la littérature internationale et je rédigeais, corrigeais, recommençais. Plus tard, j'ai dirigé pour le CSIR l'édition d'un vaste ouvrage sur les plantes médicinales de l'Inde, le Treatise on Indian Medicinal Plants, qui recensait leurs propriétés et leurs principes actifs. C'était une manière de mettre par écrit, une bonne fois, ce savoir dispersé de notre flore, pour qu'il ne reparte pas dans l'oubli. Un carnet de laboratoire garde une expérience ; un traité, lui, garde la mémoire d'un pays tout entier.

Un traité garde la mémoire d'un pays tout entier.

À quoi ressemblait une de vos journées ordinaires au laboratoire ?

Le matin, je rejoignais mon laboratoire de l'université de Calcutta, où m'attendaient la verrerie et les extractions lancées la veille. Mon premier geste était souvent de contrôler un ballon laissé à distiller, de surveiller si un principe actif avait commencé à se concentrer. Puis venait le polarimètre, cet instrument qui mesure comment une molécule fait tourner la lumière : pour mes alcaloïdes, cette petite déviation valait une signature. L'après-midi appartenait aux étudiants et aux doctorants. Je travaillais en sari de coton, le plus commode sous le climat humide de la ville, sans jamais penser que l'habit et la paillasse fussent incompatibles. La chimie, pour moi, n'a jamais exigé qu'on renonce à ce que l'on était.

La chimie n'a jamais exigé qu'on renonce à ce que l'on était.

Que restait-il de la vie bengalie derrière la scientifique de renom ?

Tout, en vérité. Le soir, une fois les articles rédigés et la correspondance close, je retrouvais ma famille à Kolkata, dans cette ville dense où le laboratoire n'était jamais bien loin de la maison. On y mangeait ce que mange un foyer bengali : du riz, du dal, du poisson de rivière, le tout relevé d'épices, une tasse de thé pour finir. Je n'ai jamais senti de rupture entre ces deux mondes. Le même soin que je mettais à isoler un composé, je le retrouvais dans les gestes anciens de la cuisine, dans la manière de plier un sari. Une vie de recherche ne m'a pas arrachée à mon Bengale ; elle s'y est nichée, patiemment, comme une molécule dans sa plante.

Une vie de recherche s'est nichée dans mon Bengale, comme une molécule dans sa plante.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Asima Chatterjee's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.