Imaginary interview

Imaginary interview with Assia Djebar

by Charactorium · Assia Djebar (1936 — 2015) · Literature · 4 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.

Deux jeunes visiteurs de douze ans, en classe découverte, ont rendez-vous avec Assia Djebar. Ils ont apporté un cahier de questions et beaucoup de curiosité. Elle les accueille avec un sourire doux et les invite à s'asseoir près d'elle.

Vous aviez quel âge quand vous êtes partie étudier à Paris ?

J'avais dix-huit ans, mon enfant. En 1955, je suis devenue la première Algérienne admise à l'École normale supérieure de Sèvres. Imagine une petite fille de Cherchell, une ville au bord de la mer, qui se retrouve soudain dans la grande ville. J'étudiais l'Histoire. Mais à ce moment-là, mon pays se battait pour sa liberté. Une grève d'étudiants a éclaté, et j'ai dû arrêter mes cours. Alors, tu sais ce que j'ai fait ? J'ai écrit. Le soir, dans ma chambre, j'ai écrit mon premier roman, La Soif. J'avais vingt ans quand il est sorti.

Quand l'école s'est fermée, c'est l'écriture qui m'a ouvert sa porte.

Pourquoi vous avez changé de nom pour écrire votre livre ?

Ah, c'est une belle question. Mon vrai nom, c'est Fatima-Zohra Imalayen. Mais quand La Soif est sorti en 1957, mon pays était encore une colonie française, en pleine guerre. Imagine : si mon nom apparaissait sur un livre, ma famille pouvait avoir des ennuis. Alors j'ai pris un autre nom, Assia Djebar, comme un voile sur mon visage. C'était pour les protéger. Tu vois, parfois on se cache non par peur de soi, mais par amour des siens. Et ce nom d'emprunt est devenu, finalement, mon vrai nom d'écrivaine pour toute la vie.

J'ai pris un autre nom comme un voile, pour protéger ceux que j'aimais.

C'est vrai que vous enregistriez des dames qui parlaient ? Pour quoi faire ?

Oui, c'est tout à fait vrai ! J'emportais un petit magnétophone, une machine qui garde la voix des gens. Je m'asseyais avec des femmes algériennes, le soir, et je les écoutais raconter leur vie, leurs peines, leurs espoirs. Elles parlaient en arabe, en berbère. Imagine toutes ces voix que personne n'écoutait jamais. Moi, je les recueillais comme on recueille de l'eau précieuse. Puis je les transformais en livres, comme Les Femmes d'Alger dans leur appartement, en 1980. C'est ce qu'on appelle l'oralité : faire passer la parole vivante dans l'écriture qui reste.

Ces voix que personne n'écoutait, je les recueillais comme de l'eau précieuse.

Ça vous rendait triste, toutes ces histoires de femmes ?

Parfois, oui, mon enfant. Certaines femmes avaient vécu des choses très dures pendant la guerre. Mais sais-tu ce qui me touchait le plus ? Qu'elles me fassent confiance. Imagine une dame qui n'a jamais raconté son histoire à personne, et qui te la confie à voix basse. C'est un cadeau immense. Le soir, je participais à des réunions de femmes, et j'écoutais. Beaucoup de ces femmes portaient le haïk, ce grand voile blanc. Mon travail, c'était de leur donner une voix qui traverse le temps. La tristesse devenait alors quelque chose d'utile : une mémoire.

Quand une femme te confie son histoire, c'est un cadeau immense.

Vous avez aussi fait un film ? C'était comment, derrière la caméra ?

Oui ! J'ai pris une caméra de cinéaste et je suis montée au Mont Chenoua, une montagne de mon pays. Mon film s'appelle La Nouba des femmes du Mont Chenoua, sorti en 1978. J'allais filmer des femmes des campagnes, des femmes berbères dont on n'entendait jamais parler. Imagine : au lieu d'écrire leurs voix, je montrais leurs visages, leurs gestes, leurs montagnes. C'était une autre façon de dire la même chose. Et tu sais quoi ? Ce film a gagné un grand prix à Venise, en Italie. La première fois qu'une réalisatrice algérienne recevait un tel honneur.

Au lieu d'écrire leurs voix, je montrais leurs visages et leurs montagnes.
Journée hommage Assia Djebar Montréal
Journée hommage Assia Djebar MontréalWikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Great11

Pourquoi c'était si important de filmer la montagne et pas juste la ville ?

Parce que dans les villes, on regardait déjà les femmes. Mais celles des montagnes, au Mont Chenoua, on les oubliait complètement. Imagine un coin de pays où les anciennes gardent en elles toute la mémoire de la résistance, et que personne ne vient écouter. C'était injuste. Ces montagnes kabyles avaient vu passer tant d'histoires de courage. Avec ma caméra, je voulais dire : regardez aussi par ici. Les voix effacées ne sont pas seulement dans les grandes villes. Elles sont partout, surtout là où on ne regarde jamais.

Les voix effacées sont partout, surtout là où on ne regarde jamais.

C'est bizarre, vous écriviez en français mais c'était la langue de ceux qui vous colonisaient ?

Tu as tout compris, et ça m'a longtemps tourmentée. Le français, c'était la langue arrivée avec la colonisation. Je l'appelais ma langue marâtre : ni vraiment ma langue maternelle, ni une langue étrangère. Imagine un manteau qu'on t'aurait donné de force, mais que tu décides de coudre à ta taille. C'est ce que j'ai fait. J'ai pris cette langue et je l'ai retournée, comme on retourne un gant. J'écrivais en français pour raconter mon pays, mes femmes, ma mémoire. Une langue d'abord imposée devenait, entre mes mains, une arme de liberté.

J'ai retourné la langue du colon comme on retourne un gant.
Assia-Djebar
Assia-DjebarWikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Unknown authorUnknown author

Vous utilisiez les vieux livres des colons aussi ? Ça m'étonne.

Oui, et ça surprend toujours ! J'avais étudié l'Histoire, alors je lisais les livres d'histoire coloniale, les archives écrites par les Français qui avaient conquis Alger en 1830. Mais imagine : dans ces vieux papiers, les soldats parlaient des Algériens sans jamais les écouter vraiment. Alors j'ai fait une chose maligne. J'ai pris leurs propres mots et je les ai retournés contre eux. Entre les lignes, je cherchais les voix algériennes qu'ils avaient effacées. Dans L'Amour, la fantasia, en 1985, j'ai mêlé cette vieille conquête à ma propre enfance.

J'ai pris les mots des conquérants et je les ai retournés contre eux.

C'est quoi l'Académie française ? Et pourquoi c'était spécial pour vous ?

L'Académie française, c'est une très vieille maison, créée en 1635, où se réunissent les gardiens de la langue française. On les appelle des académiciens. Imagine un cercle très fermé, presque toujours des hommes, des Français. Et en 2005, ils m'ont choisie, moi, une femme née en Algérie. J'étais la première femme du Maghreb à entrer là. On m'a même remis une épée gravée, comme un trésor. C'était immense, mon enfant. Une petite fille de Cherchell assise sous cette grande coupole. Mais je n'y suis pas entrée seule.

Une petite fille de Cherchell, assise sous la grande coupole de l'Académie.

Quand vous avez fait votre grand discours, vous avez parlé de quoi ?

J'ai parlé d'elles. De toutes ces femmes algériennes que j'avais écoutées pendant ma vie. Le jour de ma réception, en 2006, je me tenais debout devant des gens très importants. Mais dans ma tête, je voyais les visages des femmes du Mont Chenoua, celles que j'avais enregistrées. Je leur ai rendu hommage. Tu sais, je me sentais fille de deux langues et de deux mémoires, l'arabe et le français. Je ne choisissais pas entre elles. Mon honneur, ce jour-là, je ne le gardais pas pour moi : je le partageais avec les sans-voix.

Mon honneur, je ne le gardais pas : je le partageais avec les sans-voix.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Assia Djebar's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.