Imaginary interview

Imaginary interview with Benazir Bhutto

by Charactorium · Benazir Bhutto (1953 — 2007) · Politics · 6 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.

Karachi, fin de l'année 2007. Le foulard blanc posé sur ses cheveux, Benazir Bhutto reçoit dans une pièce sobre où traînent encore des dossiers de campagne et des notes manuscrites en ourdou. La foule de son retour d'exil résonne encore dans sa voix lorsqu'elle accepte de revenir, pour nous, sur une vie entière passée entre le deuil, le pouvoir et la menace.

Comment avez-vous appris la mort de votre père, et qu'est-ce que cela a fait de vous ?

On l'a pendu à l'aube, en 1979, sur ordre du général Zia ul-Haq. J'étais en résidence surveillée, séparée de lui par les murs d'une prison militaire, et je n'ai pu lui dire adieu qu'à travers des barreaux. Zulfikar Ali Bhutto avait fondé le Parti du peuple pakistanais, et en le tuant, ils croyaient enterrer une idée. Ils se trompaient. J'ai compris ce jour-là que mon deuil personnel ne m'appartenait plus, qu'il devait devenir une cause. Mon père répétait : "My father used to say that democracy is the best revenge." J'ai porté cette phrase comme on porte un héritage trop lourd, mais qu'on refuse de poser. Le foulard blanc que je n'ai jamais quitté depuis, c'est lui — c'est le deuil fait étendard.

Ils croyaient enterrer une idée en pendant mon père. Ils se trompaient.

Reprendre la direction d'un parti à votre âge, après une telle perte, n'était-ce pas écrasant ?

À vingt-cinq ans, on ne se sent pas l'âme d'un chef de parti, on se sent orpheline. Pourtant, dès 1984, il a fallu reprendre la tête du PPP et le tenir pendant plus de vingt ans, face à une dictature qui m'emprisonnait, m'exilait, me harcelait de procès. J'ai appris à transformer chaque cellule, chaque assignation à résidence, en salle de réflexion. Quand je suis revenue à Lahore en 1986, des millions de visages m'attendaient, et j'ai senti que ces gens ne m'acclamaient pas, moi, mais l'espérance que mon père avait incarnée. On ne reprend pas un flambeau sans se brûler les mains. Mais il aurait fallu une lâcheté que je n'avais pas pour le laisser s'éteindre dans la poussière de Larkana.

Le jour de votre élection en 1988, qu'avez-vous voulu dire au Parlement et au monde ?

J'avais trente-cinq ans, et j'entrais dans une assemblée d'hommes qui, pour beaucoup, doutaient qu'une femme pût gouverner un État musulman. Alors je le leur ai dit en face : "Je suis consciente d'être la première femme élue à la tête d'un gouvernement dans le monde islamique. Je suis consciente que certains doutent qu'une femme puisse diriger un État islamique. Mais je suis là, devant vous, élue démocratiquement." Il n'y avait pas de défi dans cette phrase, seulement un fait que les urnes avaient rendu irréfutable. Briser ce double plafond — celui du genre, celui de la tradition — ne se décrète pas, cela se prouve par la légitimité du vote. Ce jour-là, à Islamabad, ce n'était pas Benazir qui triomphait, c'était l'idée qu'aucune porte n'est définitivement fermée aux femmes de mon pays.

Aucune porte n'est définitivement fermée aux femmes de mon pays.

Que répondiez-vous à ceux qui prétendaient que les droits des femmes étaient une importation occidentale ?

Je leur opposais une distinction qu'ils n'aimaient pas entendre. À la Harvard Kennedy School, je l'ai formulée ainsi : "Women's rights are not Western rights. They are human rights. And human rights are universal." Quand un mollah me disait que l'émancipation des femmes venait de Londres ou de Washington, je lui rappelais que ma foi, l'islam, ordonne la justice et l'égalité bien avant que l'Occident n'invente ses déclarations. Mes deux mandats, de 1988 à 1990 puis de 1993 à 1996, je les ai voulus consacrés à des réformes sociales, à l'école, à la santé des mères. On me les a coupés net, sous prétexte de corruption, mais l'idée avait germé. Aucune culture, aucune tradition, ne peut prétendre légitimement refuser à une femme sa place pleine dans la cité.

Vous avez consacré un livre à la réconciliation entre l'islam et la démocratie. Pourquoi cette question vous tenait-elle tant à cœur ?

Parce qu'on a voulu me convaincre toute ma vie que ces deux mots s'excluaient, et que je sais, moi, qu'ils se nourrissent. Dans Reconciliation: Islam, Democracy, and the West, j'ai écrit que "Islam and democracy are not only compatible but mutually reinforcing." Un véritable État islamique doit être démocratique, car l'islam lui-même commande la justice et la protection de la dignité humaine. Ceux qui prêchent le contraire — les talibans, les marchands d'islamisme politique — trahissent la religion qu'ils prétendent défendre. Je l'écris à l'heure où le radicalisme menace l'Asie du Sud, et je le crois fermement : le dialogue entre les civilisations n'est pas une faiblesse, c'est la seule arme durable contre la haine. La démocratie n'est pas l'ennemie de Dieu, elle est l'instrument de sa justice parmi les hommes.

La démocratie n'est pas l'ennemie de Dieu, elle est l'instrument de sa justice parmi les hommes.
Benazir BhuttoSocialistmeeting
Benazir BhuttoSocialistmeetingWikimedia Commons, CC BY-SA 2.0 — Panayotis Vryonis

Face à la montée du radicalisme, comment défendre encore la voie du dialogue ?

On me reproche ma naïveté, on me dit que face à ceux qui se font exploser, le dialogue est une coquetterie de salon. Je réponds que c'est tout l'inverse. Le coup d'État militaire, l'attentat suicide, l'impunité qui suit — voilà le cercle qui étrangle mon pays depuis sa naissance. Briser ce cercle exige plus de courage que de l'alimenter. J'ai vu de mes yeux ce que l'extrémisme afghan a déversé sur les villages du Pakistan dans les années 1990, et je sais qu'on ne combat pas une idée fausse par les seules armes. On la combat par l'école, par le vote, par la parole. Le radicalisme prospère là où la démocratie parlementaire a été assassinée. Rendez la voix au peuple, et vous tarirez la source où s'abreuvent les fanatiques.

Le 18 octobre 2007, votre cortège de retour a été frappé. Que s'est-il passé en vous, cette nuit-là ?

À peine descendue de l'avion à Karachi, après huit ans d'exil, je voulais marcher au milieu des miens. Et puis la nuit s'est déchirée. Deux explosions, et autour de moi, 179 morts, des jeunes hommes du PPP venus simplement m'accueillir, déchiquetés à mes pieds. J'ai porté parfois un gilet pare-balles, mais ce soir-là j'ai compris qu'aucune armure ne protège contre un homme décidé à mourir. On m'a suppliée de fuir, de me terrer. J'ai refusé. Si je cédais, le terrorisme aurait gagné sans même m'atteindre. J'ai dit que je ne me laisserais pas intimider, et je l'ai répété chaque jour depuis. Ces morts m'avaient liée à eux par un serment que je n'avais pas le droit de trahir.

Aucune armure ne protège contre un homme décidé à mourir.
Benazir Bhutto, Dubai 2006
Benazir Bhutto, Dubai 2006Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Inconnu

Comment continue-t-on une campagne électorale en sachant qu'on est la cible numéro un ?

On apprend à habiter la menace comme on habite une maison dont on connaît chaque grincement. Mes journées sont des convois sécurisés, des meetings où je parle dans un microphone en sachant qu'un visage dans la foule me veut peut-être morte. Mais quand je prends la parole devant des dizaines de milliers de personnes, cette peur s'efface — il ne reste que la voix, l'unique outil qui m'ait jamais été fidèle. On me poursuit de dossiers de corruption, on me menace de mort, on m'a déjà chassée deux fois du pouvoir. Le pire qu'ils puissent me prendre, ils me l'ont déjà pris en 1979, avec mon père. Le reste, je l'offre librement, parce qu'un peuple qui voit sa dirigeante reculer apprend lui aussi à reculer.

Vous souvenez-vous de vos années d'Oxford et de cette présidence de l'Oxford Union ?

Oxford fut ma forge. À Lady Margaret Hall, puis à Christ Church, j'ai découvert qu'une idée bien dite vaut une armée. En 1977, je suis devenue la première femme d'Asie du Sud à présider l'Oxford Union, ce club de débat où les meilleurs orateurs britanniques s'affrontent comme des duellistes. J'y ai appris à tenir une salle, à retourner une objection, à ne jamais montrer ma peur. Quelle ironie cruelle : l'année même de mon triomphe à la tribune, mon père tombait sous le coup d'État de Zia. Je rentrais d'un monde de mots policés vers un pays où les mots pouvaient vous coûter la vie. Mais cette rhétorique apprise au bord de la Tamise, elle m'a servi sur chaque estrade du Sindh et du Pendjab.

Que représentaient pour vous ces longues années d'exil entre Dubaï, Londres et Washington ?

L'exil, c'est un passeport qui se couvre de visas et un cœur qui reste à Larkana. Après mon second renvoi en 1996, j'ai vécu loin du Pakistan, dans une villa de Dubaï, à lire la presse en ourdou et en anglais, à accorder des interviews, à tenir mon parti par le fil du téléphone. On croit l'exilé inactif ; il est au contraire dans une vigilance épuisante, car son combat se mène par procuration, à des milliers de kilomètres. Je voyageais de Londres à Washington pour plaider la cause de la démocratie pakistanaise auprès de ceux qui pouvaient peser. Mais aucune capitale étrangère ne remplace l'odeur de ta terre natale. Je savais que je rentrerais — un Bhutto ne meurt pas en exil, il rentre, quel qu'en soit le prix.

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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Benazir Bhutto's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.