Imaginary interview

Imaginary dialogue between William Wills and Bessie Coleman

by Charactorium · Bessie Coleman (1892 — 1926) · Technology · Society · Exploration · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Bessie Coleman
Wikimedia Commons, Public domain — National Air and Space Museum

C'est sur le tarmac poussiéreux d'un champ d'aviation de Floride, un soir d'avril 1926, que William Wills rejoint Bessie Coleman près du Curtiss JN-4 qu'ils inspecteront demain à l'aube. Le vent de la baie fait claquer la toile des ailes, et l'odeur d'huile de ricin flotte encore autour du moteur refroidi. Mécanicien et pilote, Wills connaît chaque boulon de cet appareil autant qu'il connaît l'entêtement de celle qu'on surnomme Queen Bess. Ce soir, avant la répétition, il vient l'écouter parler — non de gloire, mais du long chemin qui l'a menée jusqu'ici.

Bessie, avant même qu'on serre nos premières bougies ensemble, tu avais traversé l'océan pour voler. Pourquoi la France, et pas une école de chez nous ?

Parce qu'aucune école de chez nous n'a voulu de moi, William. J'ai frappé à toutes les portes de Chicago et d'ailleurs : une femme, noire, on me riait au nez avant même que je finisse ma phrase. Alors j'ai fait ce que personne n'attendait. J'ai appris le français le soir, après mes journées de manucure, et j'ai pris le bateau. À l'école des frères Caudron, au Crotoy, sur la baie de Somme, on ne me regardait pas comme une curiosité mais comme une élève. Le 15 juin 1921, j'ai décroché mon brevet international. Quand on te ferme toutes les portes, tu ne restes pas devant à pleurer : tu changes de continent.

Quand on te ferme toutes les portes, tu ne restes pas devant à pleurer : tu changes de continent.

Ce brevet FAI, le numéro dix-huit mille trois cent dix, tu le gardes comme une relique. Qu'as-tu ressenti le jour où on te l'a remis ?

J'ai senti que je tenais dans ma main la preuve que tout le monde avait tort. Ce n'était pas qu'un papier, William, c'était une réponse à chaque directeur d'école qui m'avait tourné le dos. Sur ce champ français, personne ne m'avait ménagée : les vrilles, les atterrissages moteur coupé, un camarade s'était même tué à côté de nous pendant ma formation. Je savais donc à quoi je m'engageais. Mais quand l'homme de la Fédération m'a tendu ce brevet reconnu dans tous les pays, j'ai compris que la couleur de ma peau ne pouvait plus m'interdire le ciel. Aucune frontière au monde ne pouvait me clouer au sol désormais.

Ce n'était pas qu'un papier : c'était une réponse à chaque directeur d'école qui m'avait tourné le dos.

Toi qui me vois trafiquer ces vieux Jenny rachetés à l'armée, tu sais leur état. Le matin, avant un meeting, à quoi penses-tu en montant dans le cockpit ?

Je pense d'abord à toi, et à tes mains sur le moteur, parce que ma vie tient à ce que tu as serré la veille. Tu le sais mieux que quiconque : ces JN-4 sont des rescapés de la guerre, la toile est fatiguée, les gouvernes jouent. Alors le matin je ne monte jamais sans avoir tout revu avec le mécanicien, moteur, câbles, aile. Je consulte les rares bulletins de météo qu'on trouve. Ce n'est pas de la méfiance, c'est du respect pour la machine. Un barnstormer qui néglige son appareil ne fait pas de vieux os. Moi je veux voler longtemps, assez pour ouvrir mon école.

Ma vie tient à ce que tu as serré la veille.

L'après-midi, devant la foule, tu enchaînes tonneaux et piqués rasants qui me glacent le sang d'en bas. Qu'est-ce qui te pousse à aller si près du sol ?

Parce qu'un public ne retient que ce qui lui coupe le souffle, William. Si je passe haut et propre, ils applaudissent poliment et rentrent chez eux. Mais si je descends en piqué et que je redresse au dernier moment, ils se souviendront de la femme noire qui pilotait comme personne. Et c'est ça mon vrai travail : qu'ils repartent en se disant qu'une aviatrice de ma couleur existe. La voltige n'est pas de l'orgueil, c'est ma tribune. Dans ma combinaison de cuir, mes lunettes et mon casque, je ne suis plus une manucure de Chicago : je suis la preuve vivante que le ciel n'appartient à aucune race.

La voltige n'est pas de l'orgueil, c'est ma tribune.

Entre deux villes, tu loges chez des familles, jamais à l'hôtel. Cette vie sans toit fixe, elle te pèse ou elle te porte ?

Un peu des deux, je ne vais pas te mentir à toi. Je dors chez des familles noires, on me prépare un repas, du poulet, des haricots, comme quand j'étais petite au Texas — car les restaurants et les hôtels des États Jim Crow me sont fermés. C'est fatigant, cette route sans fin, cette valise toujours prête. Mais chaque maison qui m'accueille, chaque enfant qui me regarde descendre de l'avion, ça me porte plus que ça ne m'épuise. Chicago reste mon port d'attache, j'y retrouve les miens entre deux tournées. Le reste du temps, mon chez-moi, c'est le cockpit et la route.

Mon chez-moi, c'est le cockpit et la route.
Bessie Coleman in 1923
Bessie Coleman in 1923Wikimedia Commons, Public domain — Unknown

On m'a rapporté que tu as annulé un meeting parce qu'on voulait séparer les Blancs des Noirs dans les tribunes. Tu tiens vraiment à perdre ton cachet pour ça ?

Sans hésiter, oui. Le jour où on m'a annoncé deux entrées, une pour les Blancs, une pour les Noirs, j'ai dit que je ne décollerais pas. Que l'argent reste dans leurs poches. Réfléchis, William : à quoi bon voler pour prouver notre égalité, si j'accepte qu'on nous parque comme du bétail au pied de mon avion ? Mon avion, lui, ne demande jamais la couleur de qui le regarde. J'ai grandi sous ces lois qui nous humilient, je n'allais pas les servir moi-même sous prétexte de spectacle. Perdre un cachet, ça se rattrape. Trahir les miens, jamais.

Mon avion ne demande jamais la couleur de qui le regarde.

Après tes vols, tu files souvent parler dans les églises et les écoles noires. Que vas-tu chercher là, quand tu pourrais te reposer ?

Je vais y chercher les visages de demain. Le soir, dans ces églises et ces associations, je raconte mon parcours à des jeunes qu'on a habitués à baisser les yeux. Je leur dis qu'ils peuvent piloter, étudier, s'élever — que j'ai traversé un océan et qu'eux n'auront pas à le faire si je réussis mon projet. Le repos attendra. Chaque conférence sème une idée dans une tête, et une idée, ça vole plus loin qu'un avion. Je ne veux pas seulement qu'on m'admire dans le ciel : je veux qu'on me suive au sol. Voilà pourquoi je parle autant que je vole.

Une idée, ça vole plus loin qu'un avion.
2023 Bessie Coleman Womens Quarter
2023 Bessie Coleman Womens QuarterWikimedia Commons, Public domain — Eric David Custer, Chris Costello

Cette école de pilotage pour les nôtres, tu en parles à chaque étape. Où en es-tu vraiment, entre nous ?

Entre nous, elle n'existe encore que dans ma tête et dans le peu que je mets de côté. Chaque numéro que je fais, chaque cachet que j'empoche sert à ça : bâtir la première école de pilotage ouverte aux Afro-Américains sur le sol américain. Pour que plus jamais une gamine du Texas ne soit forcée d'apprendre le français et de traverser l'Atlantique comme moi. C'est lent, William, terriblement lent. Mais je préfère mille meetings épuisants à l'idée que d'autres subissent ce que j'ai subi. Le jour où cette école ouvrira, mon vrai vol commencera. Le reste, la voltige, la gloire, ce n'est que le carburant.

Le jour où cette école ouvrira, mon vrai vol commencera.

En 1923, à Santa Monica, ton appareil s'est écrasé et on t'a crue perdue. Comment retrouve-t-on le courage de remonter après ça ?

On le retrouve parce qu'on n'a jamais eu le choix de l'abandonner. À Santa Monica, mon moteur a lâché, je me suis brisé une jambe et des côtes, j'ai passé des semaines couchée. Beaucoup ont cru que Queen Bess était finie. Mais rester au sol par peur, c'était donner raison à tous ceux qui disaient qu'une femme noire n'avait rien à faire dans un cockpit. Alors dès que j'ai pu marcher, j'ai repris les commandes. La peur, je la garde, elle me rend prudente. C'est la peur qui me fait vérifier chaque câble avec toi. Mais la peur ne pilote pas à ma place.

La peur, je la garde ; mais elle ne pilote pas à ma place.

Demain, quand je serai aux commandes et toi penchée hors du cockpit sans ceinture pour repérer le terrain, ça ne t'inquiète pas de voler ainsi détachée ?

Je sais ce que tu vas me dire, et tu as raison de t'en soucier. Mais pour préparer un saut, je dois voir le terrain de mes propres yeux, me pencher au-dessus du bord, repérer où la foule se tiendra. Avec la ceinture bouclée, je ne vois rien. Alors j'accepte ce risque en connaissance de cause. C'est le métier qui veut ça : on ne peut pas montrer aux gens l'impossible en restant sagement sanglé. Tu piloteras droit, je le sais, et moi je regarderai le sol comme il faut. Nous avons fait ça cent fois. Demain ne sera qu'une répétition de plus.

On ne peut pas montrer aux gens l'impossible en restant sagement sanglé.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Bessie Coleman's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.