Imaginary interview

Imaginary interview with Buffon

by Charactorium · Buffon (1707 — 1788) · Sciences · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.

Ce matin-là, une classe découverte pousse la grille du Jardin du Roi. Deux jeunes visiteurs s'avancent, carnet à la main, vers un vieux monsieur à la perruque poudrée. Le comte de Buffon les attend, et ses yeux brillent : voilà longtemps qu'on ne lui avait pas posé d'aussi bonnes questions.

C'est vrai que vous avez chauffé des boulets de fer pour savoir l'âge de la Terre ?

Oui, mon enfant, et tu aurais dû voir ça ! J'ai fait chauffer à blanc des boulets de fer de tailles différentes, dans mes forges. Puis j'ai mesuré combien de temps chacun mettait à refroidir, en posant ma main dessus. Imagine la Terre comme un énorme boulet sorti du feu il y a très longtemps. Si je sais combien de temps un petit met à tiédir, je peux deviner pour le grand. J'en ai conclu que notre Terre avait au moins 75 000 ans. C'était énorme pour l'époque ! On croyait alors qu'elle avait à peine quelques milliers d'années.

La Terre est un boulet sorti du feu, et je l'ai écoutée refroidir.

Et les gens, ils étaient d'accord avec votre chiffre ?

Oh non ! Ça a fait grand bruit, tu sais. À mon époque, beaucoup pensaient que la Terre n'avait que quelques milliers d'années, comme le racontaient les vieux livres sacrés. Et moi, j'arrivais avec mes 75 000 ans ! Les docteurs de la Sorbonne, qui étaient les maîtres de la théologie à Paris, m'ont fait des remontrances en 1751. Ils voulaient que je me rétracte. Alors j'ai été prudent, j'ai écrit que je me soumettais. Mais au fond de moi, je continuais à penser que la nature avait une histoire bien plus longue. J'ai mis tout cela dans Les Époques de la nature, des années plus tard, en 1778.

On peut courber l'échine devant les docteurs et garder sa pensée droite.

C'était comment, le jardin, quand vous êtes arrivé ?

Bien plus petit qu'aujourd'hui, mon garçon ! Quand on m'a nommé intendant du Jardin du Roi en 1739, c'était surtout un jardin de plantes qui soignent. Moi, j'en ai fait un vrai royaume du savoir. J'ai doublé sa surface, j'ai planté des allées, fait venir des graines et des animaux du monde entier. Imagine des caisses qui arrivent de pays lointains, pleines de coquillages, d'os étranges, de peaux d'animaux qu'on n'avait jamais vus. Je rangeais tout cela dans mon cabinet de curiosités. J'y ai passé près de cinquante ans. Ce jardin est devenu l'ancêtre du grand muséum que tu peux visiter encore.

On m'a confié un jardin, j'en ai fait une fenêtre sur le monde entier.

Ça servait à quoi, votre cabinet rempli de cailloux et d'animaux ?

Excellente question ! Un cabinet de curiosités, c'était une pièce où je gardais des minéraux, des fossiles, des animaux naturalisés, des coquillages rares. Pour toi, ça ressemble peut-être à un grenier en désordre. Mais pour moi, c'était un livre ouvert ! En comparant un os d'ici et un os de très loin, je comprenais comment la nature s'arrange partout. Tout cela nourrissait mon grand ouvrage, l'Histoire naturelle, 36 volumes ! Les visiteurs illustres venaient de toute l'Europe pour admirer mes collections. Et chaque pièce me racontait un petit bout de l'histoire de notre Terre.

Un caillou bien observé en dit plus long qu'un livre mal lu.

On m'a dit que vous réécriviez la même phrase plein de fois, c'est vrai ?

Jusqu'à onze fois, parfois ! Tu trouves ça fou ? Pour moi, écrire et penser, c'est la même chose. Si ma phrase est claire, c'est que mon idée est claire. Si elle est embrouillée, c'est que je n'ai pas encore bien compris. Alors je prenais ma plume d'oie, je trempais dans l'encrier, et je recommençais. Encore et encore. En 1753, quand on m'a reçu à l'Académie française, j'ai prononcé mon Discours sur le style. J'y disais que seuls les ouvrages bien écrits passent à la postérité. Pas les faits rares, pas les découvertes : la beauté de la pensée bien dite.

Une phrase mal écrite cache toujours une idée mal pensée.
Georges-Louis Leclerc
Georges-Louis LeclercWikimedia Commons, Public domain — After François-Hubert Drouais

Pourquoi un savant ferait attention à la beauté des mots ?

Parce que la science qu'on ne comprend pas est inutile, mon enfant ! À quoi bon découvrir une vérité si personne ne peut la lire ? Moi, je voulais que mes livres se lisent comme on raconte une belle histoire. Tiens, ma description du cheval : j'en ai fait un portrait digne d'un héros. J'avais cette idée, que tu connais peut-être : « le style est l'homme même ». Cela veut dire que ta façon d'écrire montre qui tu es vraiment. Le reste, les listes, les noms savants, le temps les efface. Mais une pensée bien dite traverse les siècles et arrive jusqu'à toi.

Une vérité que personne ne peut lire reste une vérité endormie.

C'est bizarre, un savant qui possède des forges. Vous fabriquiez quoi ?

Du fer, tout simplement ! À Montbard, en Bourgogne, j'avais d'importantes forges. Tu sais ce qu'est une forge ? Un grand atelier où l'on chauffe le minerai pour en tirer du métal. Le feu y rugit jour et nuit, il fait une chaleur à ne pas tenir. Cela me rapportait beaucoup d'argent, c'est vrai. Mais ce n'était pas qu'une affaire d'or. Mes forges étaient aussi mon laboratoire ! C'est là que je chauffais mes boulets pour étudier comment les corps refroidissent. J'étais à la fois savant et maître de forges. Le même feu nourrissait ma fortune et mes recherches.

Le même feu forgeait mon fer et faisait avancer ma science.
Portrait of Georges-Louis Leclerc, comte de Buffonlabel QS:Len,"Portrait of Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon"
Portrait of Georges-Louis Leclerc, comte de Buffonlabel QS:Len,"Portrait of Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon"Wikimedia Commons, Public domain — François-Hubert Drouais

Vous habitiez où quand vous travailliez à Montbard ?

Dans une vieille tour, figure-toi ! À Montbard, j'avais aménagé une ancienne tour médiévale en cabinet de travail. Tout en haut, loin du bruit, seul avec mes papiers. Je me levais à cinq heures du matin. Et comme j'aimais bien rester au lit, j'avais demandé à mon domestique Joseph de me tirer dehors de force ! Je lui donnais même une récompense quand il réussissait. Autour de la tour, j'avais dessiné moi-même des jardins en terrasses, en escaliers. J'écrivais là, dans le silence du petit matin, l'essentiel de mon Histoire naturelle. La régularité, c'était mon secret pour tant travailler.

Mon meilleur outil de savant, c'était mon réveil à cinq heures.

Il y avait un autre savant, Linné, vous n'étiez pas d'accord avec lui ?

Pas d'accord du tout, mon enfant ! Linné était un grand naturaliste suédois. En 1735, il avait inventé un système pour ranger tous les êtres vivants : à chacun deux petits noms en latin. C'est ce qu'on appelle la nomenclature. C'est pratique, oui, comme une grande liste d'étiquettes. Mais moi, ça ne me suffisait pas ! Mettre une étiquette sur un animal, ce n'est pas le connaître. Je préférais le décrire longuement, en français, raconter comment il vit, comment il bouge, ce qu'il mange. Pour moi, la nature n'est pas un tiroir bien rangé. C'est une chose vivante qu'il faut regarder de tout près.

Coller une étiquette sur un animal, ce n'est pas encore le connaître.

Vous pensiez que les animaux pouvaient changer avec le temps ?

J'en avais l'intuition, oui ! J'employais un mot pour cela : la dégénération. Ne crois pas que ce soit une insulte. Je voulais dire que les animaux se transforment peu à peu, selon le climat où ils vivent et ce qu'ils mangent. Une espèce partie dans un pays froid ne ressemble plus tout à fait à sa cousine du pays chaud. Pour reconnaître une même espèce, je regardais si les animaux pouvaient avoir des petits ensemble. C'était une idée toute neuve. Bien plus tard, d'autres savants iront beaucoup plus loin avec l'évolution. Mais moi, à mon époque, j'avais déjà senti que le vivant n'était pas figé pour toujours.

Le vivant n'est pas figé : il se transforme, lentement, comme la Terre elle-même.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Buffon's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.