Imaginary interview

Kids interview Catharine MacKinnon

by Charactorium · Catharine MacKinnon (1946 — ?) · Society · Philosophy · Politics · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Catharine MacKinnon
Wikimedia Commons, Public domain — No machine-readable author provided. Crunk~commonswiki assumed (based on copyright claims).

Ce matin-là, deux élèves d'une classe de découverte poussent la porte d'une grande école de droit. Une femme aux cheveux gris les attend, entourée de livres et de dossiers. Catharine MacKinnon leur fait signe de s'asseoir : les questions peuvent commencer.

Vous aviez quel âge quand vous êtes entrée à l'université, et c'était comment ?

Tu sais, j'ai d'abord étudié au Smith College, une université où il n'y avait que des filles. Imagine un campus entier de jeunes femmes qui lisent, débattent et rêvent de changer le monde. Puis je suis partie à Yale, une grande école de droit. Là, j'ai passé des années le nez dans les lois et les décisions des tribunaux. J'y ai même obtenu deux doctorats : un en droit, un en science politique. C'était long, exigeant, parfois épuisant. Mais une question ne me lâchait pas : pourquoi les règles, écrites pour être justes, laissaient-elles toujours les femmes de côté ? Je cherchais la réponse depuis toute petite, sans le savoir.

C'est vrai que vous étiez à la fois professeure et avocate ? Comment on fait les deux ?

Oui, et c'était rare, tu sais. Le matin, j'enseignais le droit à mes étudiants de l'Université du Michigan, dans un grand amphithéâtre. L'après-midi, je préparais de vraies plaidoiries, pour de vraies femmes, devant de vrais juges. Imagine quelqu'un qui explique les règles du jeu en classe, puis descend jouer le match. Beaucoup de professeurs restent dans leurs livres. Moi, je voulais que mes idées servent pour de bon. J'ai porté la robe du professeur et la toge de l'avocate. Les deux disent la même chose : le droit ne doit pas seulement être beau sur le papier, il doit protéger des gens en chair et en os.

Vous avez inventé quoi exactement pour le harcèlement au travail ?

Avant moi, tu ne vas pas me croire : le harcèlement sexuel n'existait pas dans la loi. Une femme embêtée par son patron n'avait aucun mot pour se défendre devant un juge. En 1979, j'ai écrit un livre, Sexual Harassment of Working Women. J'y explique une idée toute simple : embêter une femme parce qu'elle est une femme, c'est une discrimination. Cela veut dire : la traiter injustement à cause de son sexe. Or il existait déjà une loi contre ça au travail, le Civil Rights Act. Je l'ai retournée comme un gant pour dire : ceci aussi, c'est interdit.

Mettre un mot sur une souffrance, c'est déjà commencer à la réparer.

Et les juges vous ont écoutée tout de suite ?

Pas tout de suite, mon enfant. Il a fallu attendre sept ans. En 1986, la plus haute cour du pays, la Cour suprême, a jugé une affaire appelée Meritor Savings Bank. Et là, les juges ont dit : oui, le harcèlement sexuel est bien une discrimination interdite. Ils ont même cité mon livre dans leur décision. Imagine ça : tu écris une idée, seule dans ton bureau, et des années plus tard neuf juges la transforment en règle pour tout un pays. Je n'ai pas ressenti de la fierté, non. Plutôt le sentiment qu'une porte venait de s'ouvrir, et que des milliers de femmes pourraient enfin passer par là.

C'est quoi, traiter tout le monde pareil ? C'est pas ça, être juste ?

Ah, belle question ! On croit que la justice, c'est traiter tout le monde exactement pareil. Mais écoute-moi. Imagine une course où certains coureurs portent un sac de pierres sur le dos. Si tu dis « mêmes règles pour tous », ceux qui portent les pierres perdront toujours. Ça, je l'appelle l'égalité formelle : les mêmes règles, mais en fermant les yeux sur les différences de départ. Moi je défends l'égalité substantielle : regarder qui porte les pierres, et corriger. Sinon la loi a l'air neutre, mais en vérité elle recopie l'injustice. J'ai développé tout cela dans mon livre de 1989 sur l'État et le droit.

Une règle égale entre inégaux n'est pas juste.
Catharine MacKinnon, May 2006
Catharine MacKinnon, May 2006Wikimedia Commons, Public domain — No machine-readable author provided. Crunk~commonswiki assumed (based on copyright claims).

On m'a dit que vous avez écrit une loi avec une amie. C'était sur quoi ?

Oui, avec mon amie Andrea Dworkin, une autre féministe. En 1983, dans la ville de Minneapolis, nous avons écrit ensemble un texte de loi. Il permettait aux femmes blessées par certaines images — ce qu'on appelle la pornographie — de porter plainte devant un tribunal. Notre idée : ces images ne sont pas de simples dessins, elles utilisent de vraies femmes, parfois maltraitées pour les fabriquer. Le conseil de la ville a voté notre texte. Deux fois, même ! C'était un peu fou de voir nos idées devenir presque une loi. Écrire à deux, vois-tu, c'est comme se tenir la main quand tout le monde vous crie dessus.

Alors la loi est vraiment passée à la fin ?

Non, et ça m'a fait mal. Deux fois le conseil a voté oui, et deux fois le maire a dit non. Son argument : la liberté d'expression. Aux États-Unis, un texte très important, le premier amendement, protège le droit de dire et de montrer presque tout. Le maire craignait qu'on y touche. Moi je répondais : et la liberté des femmes, alors ? J'ai écrit un petit livre là-dessus en 1993, Only Words, ce qui veut dire « rien que des mots ». Car ma question était celle-ci : est-ce vraiment « rien que des mots », quand de vraies personnes sont blessées ? On peut ne pas être d'accord avec moi. Mais je voulais qu'on se pose la question honnêtement.

MacKinnon.8May.CambridgeMA (cropped)
MacKinnon.8May.CambridgeMA (cropped)Wikimedia Commons, Public domain — No machine-readable author provided. Crunk~commonswiki assumed (based on copyright claims).

C'est vrai que vous avez défendu des femmes pendant une guerre ?

Oui, et c'est peut-être ce dont je suis la plus fière. Dans les années 1990, une guerre terrible a éclaté en ex-Yougoslavie, en Europe. Des femmes, bosniaques et croates, y ont subi des violences atroces, commises de façon organisée. Je suis allée les défendre devant un grand tribunal international, à La Haye, aux Pays-Bas. Nous avons obtenu quelque chose de nouveau : que ces crimes soient reconnus comme crimes de guerre, punissables partout dans le monde. Imagine des femmes à qui personne ne voulait croire, et dont la parole devient soudain une preuve devant des juges venus du monde entier. Cela change tout, pour elles et pour celles d'après.

Pourquoi vous avez appelé un de vos livres « Est-ce que les femmes sont humaines ? »

Parce que c'est une vraie question, aussi choquante soit-elle. En 2006, j'ai réuni mes textes sur les droits des femmes dans le monde sous ce titre : Are Women Human?. Je voulais secouer les gens. On dit « droits de l'homme », « droits humains »... mais quand une femme est vendue, battue ou réduite en esclavage, où sont donc ses droits à elle ? Je me demandais : si on la traitait vraiment comme un être humain, est-ce que cela arriverait ? Poser la question tout haut, c'était forcer chacun à regarder en face ce qu'on préfère ne pas voir. Parfois, un titre qui dérange fait plus réfléchir qu'un long discours bien sage.

Aujourd'hui, est-ce que les choses ont changé pour les femmes ?

Beaucoup, et cela me touche. En 2017, des millions de femmes se sont mises à parler en même temps du harcèlement qu'elles avaient subi. On a appelé ce mouvement #MeToo, « moi aussi ». Près de quarante ans plus tôt, seule dans mon bureau, j'avais posé un mot sur ce que ces femmes vivaient sans pouvoir le nommer. Voir tant de voix s'élever d'un coup, c'était bouleversant. Mais je ne veux pas te mentir : le travail n'est pas fini. Il reste des sacs de pierres sur beaucoup d'épaules. À vous, les jeunes, de continuer le chemin.

Une idée juste met du temps. Mais elle finit toujours par grandir.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Catharine MacKinnon's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.