Imaginary interview

Imaginary interview with Charles Baudelaire

by Charactorium · Charles Baudelaire (1821 — 1867) · Literature · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.

Deux jeunes visiteurs de douze ans, en classe découverte à Paris, ont rendez-vous avec un poète tout vêtu de noir. Il les observe un instant, surpris qu'on s'intéresse à lui. Puis il sourit et les invite à s'asseoir.

On vous voit tout en noir ! Pourquoi vous habilliez-vous toujours comme ça ?

Tu as l'œil, mon enfant. Oui, toujours du noir, avec du linge blanc bien propre et une cravate nouée avec soin. On appelait ça être un dandy : un homme qui fait de son allure un véritable art. Imagine quelqu'un qui refuse les couleurs criardes et les fanfreluches. Moi, je voulais me distinguer par la perfection des petits détails. Mes gants étaient toujours impeccables. Le matin, je passais un temps fou à ma toilette, comme un rituel sacré. C'était ma façon de dire au monde : je ne ressemble pas aux bourgeois ordinaires. La beauté, vois-tu, commence par la manière dont on se tient debout.

Le noir, c'était ma façon de ne ressembler à personne.

Vous mangiez quoi le matin ? Et vous vous leviez tôt ?

Tôt ? Oh non, mon enfant ! Je me levais rarement avant midi. La nuit, je veillais très tard à travailler mes poèmes. Alors le matin, mon seul repas était souvent un café noir, très fort, presque amer. Je mangeais peu, et de façon irrégulière, parfois parce que je n'avais pas un sou. Le soir venu, j'aimais marcher seul dans Paris, observer la foule, les rues, les lumières. On appelait ça être un flâneur : un promeneur qui erre sans but pour regarder la vie. Ces longues marches nocturnes, c'est là que je trouvais mes idées. La ville était mon vrai cahier.

La ville la nuit, c'était mon vrai cahier.

C'est vrai que vous aviez plein de dettes ? Comment c'est arrivé ?

Hélas, oui. À 21 ans, je devais hériter de la fortune de mon père : presque 75 000 francs-or, une somme énorme ! Mais j'ai dépensé sans compter, en beaux vêtements et en objets d'art. Ma famille a pris peur. Elle a demandé au tribunal un conseil judiciaire : c'est comme un tuteur qui garde ton argent et te verse seulement une petite somme chaque mois, parce qu'on te juge incapable de te gérer. Imagine qu'on décide à ta place combien tu peux dépenser. Dès 1844, j'ai vécu sous cette règle. Cela m'a poursuivi toute ma vie, comme une ombre. J'écrivais sans cesse à ma mère pour réclamer un peu d'argent.

On a décidé à ma place ce que je pouvais dépenser — toute ma vie.

Vous avez vraiment été jugé au tribunal à cause d'un livre ?

Oui, et j'en tremble encore en y pensant. En 1857, je publie Les Fleurs du Mal, le recueil de poèmes de toute ma vie. Mais on m'accuse d'« outrage à la morale publique » : on trouvait mes vers trop sombres, trop scandaleux. Au procès, le procureur Pinard dit que j'ai voulu « tout peindre, tout mettre à nu », même les côtés hideux de l'âme humaine. Le tribunal condamne six poèmes : on doit les retirer du livre ! Imagine qu'on déchire des pages de ton cahier parce qu'elles dérangent. Il a fallu attendre 1949, bien après ma mort, pour qu'on me réhabilite enfin.

On a déchiré six poèmes de mon livre parce qu'ils dérangeaient.

Ça vous a fait quoi qu'on déteste autant votre poésie ?

Tu sais, ça m'a blessé, mais ça ne m'a pas étonné. J'avais cherché à dire des choses que personne n'osait dire : la tristesse, le mal, la beauté cachée dans la laideur. Le public n'était pas prêt. Cette même année 1857, j'écris à ma mère que je me sens « frappé d'un grand découragement », écrasé par les dettes et les erreurs de ma jeunesse. Pourtant, je n'ai jamais regretté mon livre. Un poète doit oser regarder ce que les autres fuient. Imagine un explorateur qui descend dans une grotte sombre : il sait qu'il trouvera des choses effrayantes, mais aussi des trésors.

Un poète doit oser regarder ce que les autres préfèrent fuir.
Charles Baudelaire
Charles BaudelaireWikimedia Commons, Public domain — Étienne Carjat

Ça veut dire quoi exactement, le mot "spleen" qu'on voit partout chez vous ?

Ah, le spleen ! C'est un mot que j'ai emprunté à l'anglais. Il désigne une tristesse profonde, un ennui qui te colle à la peau sans raison. Tu connais ces jours gris où tout semble lourd et où tu n'as envie de rien ? Voilà, c'est ça. Dans Les Fleurs du Mal, j'oppose ce spleen à l'idéal : le rêve d'une beauté parfaite, d'une élévation vers le haut. Toute ma poésie balance entre ces deux forces, comme une balançoire. Un jour tu montes vers la lumière, le lendemain tu retombes dans l'ombre. J'ai voulu raconter cette bataille qui se livre dans chaque cœur.

Le spleen, c'est cette tristesse qui te colle à la peau sans raison.

Vous pensiez quoi du bien et du mal dans les gens ?

Question profonde, mon enfant ! Je croyais que chaque personne porte en elle deux voix qui tirent en sens contraire. Dans mes carnets secrets, Mon cœur mis à nu, j'ai écrit qu'il y a en tout homme « deux postulations simultanées, l'une vers Dieu, l'autre vers Satan ». L'une te pousse à t'élever, à devenir meilleur ; l'autre te pousse à descendre, à céder à la facilité. Imagine deux mains qui tirent sur tes épaules, une vers le ciel, une vers le bas. Je ne jugeais personne : je trouvais ça simplement vrai. Et c'est cette tension que j'ai mise dans mes poèmes.

Il y a en chacun de nous deux mains : une qui tire vers le haut, une vers le bas.

C'est qui Edgar Poe ? On dit que vous l'aimiez beaucoup.

Edgar Allan Poe ! Un écrivain américain que je n'ai jamais rencontré, mais que j'aimais comme un frère. En lisant ses histoires sombres et étranges, j'avais l'impression qu'il pensait exactement comme moi, à l'autre bout de l'océan. Alors j'ai décidé de traduire ses livres en français, pour les faire connaître ici. Sais-tu combien de temps ça m'a pris ? Près de dix-sept ans ! Je possédais ses recueils, je les annotais sans cesse. C'était un travail immense, presque amoureux. Grâce à moi, toute l'Europe a découvert Poe. Parfois, on se sent plus proche d'un mort qu'on lit que des vivants qu'on croise.

Je me sentais plus proche de Poe, que je n'ai jamais vu, que des vivants autour de moi.
Baudelaire en 1844 par Émile Deroy
Baudelaire en 1844 par Émile DeroyWikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — PRA

Pourquoi vous passiez tout ce temps à traduire les livres d'un autre ?

Parce que traduire, ce n'est pas recopier, mon enfant ! C'est faire renaître un texte dans une autre langue, mot après mot, en gardant son âme. Avec Poe, je travaillais comme sur mes propres poèmes : avec une plume et un encrier, réécrivant chaque phrase jusqu'à ce qu'elle sonne juste. Je voulais que le lecteur français ressente la même peur, la même beauté que le lecteur américain. Imagine que tu transportes une fleur fragile d'un pays à l'autre sans en abîmer un seul pétale. C'était ça, mon défi. Aujourd'hui encore, on lit mes traductions comme de vraies œuvres. J'en suis fier autant que de mes vers.

Traduire, c'est transporter une fleur fragile sans en abîmer un pétale.

C'est vrai que vous êtes parti à Bruxelles et que ça s'est mal passé ?

Hélas, oui, et c'est un souvenir amer. En 1864, criblé de dettes, je suis parti à Bruxelles, en Belgique, pour gagner de l'argent en donnant des conférences. Imagine : je montais sur une estrade pour parler devant un public, en espérant qu'il paye pour m'écouter. Mais ce fut un échec cuisant ! Les gens boudaient, les salles restaient vides. Je me suis senti seul et rejeté. De colère, j'ai commencé un pamphlet rageur, Pauvre Belgique !, que je n'ai jamais terminé. Ma santé déclinait déjà. Ce voyage devait me sauver ; il m'a achevé. Parfois, mon enfant, on fuit ses problèmes et on tombe sur de plus grands.

Ce voyage devait me sauver ; il m'a achevé.

Si on se souvient de vous aujourd'hui, vous aimeriez qu'on retienne quoi ?

Quelle belle question pour finir ! J'aimerais qu'on retienne que j'ai osé. J'ai cherché la beauté là où personne ne la cherchait : dans la tristesse, dans la ville, dans les coins sombres de l'âme. Avec Les Fleurs du Mal et mes poèmes en prose du Spleen de Paris, j'ai voulu inventer une poésie nouvelle, plus libre, plus vraie. On m'a jugé, condamné, moqué de mon vivant. Mais les vrais poèmes survivent à leurs juges. Si toi, un jour, on te dit que tes idées dérangent, souviens-toi de moi. Ce qui choque aujourd'hui peut devenir, demain, la chose que tout le monde admire.

Les vrais poèmes survivent à leurs juges.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Charles Baudelaire's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.