Imaginary interview with Charles de Gaulle
by Charactorium · Charles de Gaulle (1890 — 1970) · Politics · 5 min read
Ce matin-là, une classe découverte visite un grand lieu de mémoire. Deux élèves de douze ans, carnet à la main, s'avancent, intimidés mais curieux. Ils osent enfin poser leurs questions à Charles de Gaulle.
—C'est vrai que vous aviez deviné comment serait la guerre avant les autres ?
Tu sais, mon enfant, j'étais un jeune officier, et je passais mes soirées à écrire. En 1932, dans Le Fil de l'épée, je réfléchissais à ce qu'est un vrai chef. Puis, en 1934, j'ai écrit Vers l'armée de métier. J'y disais une chose simple : la guerre d'après serait celle des chars, ces grosses machines d'acier qui roulent et qui tirent. Imagine une vague de fer qui déferle sur les routes. À l'état-major, personne n'a voulu m'écouter. On me trouvait trop sûr de moi. Et sais-tu qui m'a lu avec attention ? Les Allemands. Six ans plus tard, ils ont déferlé sur nous, exactement comme je l'avais craint.
La guerre d'après serait celle des chars. Personne n'a voulu m'écouter.
—Vous aviez peur en parlant à la radio, le 18 juin 1940 ?
J'avais cinquante ans, et j'étais seul à Londres, loin de mon pays. Le 18 juin 1940, je suis entré dans un studio de la radio anglaise, la BBC. Devant le micro, j'ai lancé : « La France n'est pas seule ! » Mon cœur battait fort, je l'avoue. Peur ? Non. Mais une immense gravité. Je savais que je désobéissais au gouvernement de mon propre pays. Le plus étrange, c'est que presque aucun Français ne m'a entendu ce soir-là. Les gens n'étaient pas tous à l'écoute. Mais mes mots ont été réimprimés dans les journaux. Et peu à peu, ils sont devenus le premier cri de la Résistance.
La France n'est pas seule.
—C'était comment, ce studio de la BBC à Londres ?
Imagine une petite pièce, avec des murs épais pour étouffer les bruits du dehors. Un seul micro froid devant moi, posé sur son pied. Pas de public, personne pour applaudir — juste un technicien anglais derrière une vitre. Dans cette ville, les sirènes hurlaient parfois la nuit, car les bombes tombaient. J'avais choisi un emblème pour ceux qui me suivraient : la croix de Lorraine, une croix à deux barres. Je l'avais dressée contre la croix tordue des nazis. Ce micro et cette croix, c'était tout ce que j'avais. Pas une armée, pas un trésor. Seulement une voix, et une idée : la France libre.
—C'est vrai qu'on a tiré sur votre voiture ?
Ah, ça ! C'était le 22 août 1962, au soir, à un endroit qu'on appelle le Petit-Clamart, près de Paris. Ma voiture, une grande Citroën DS noire, roulait vite. Soudain, des hommes cachés ont tiré des dizaines de balles. La carrosserie a été criblée, les vitres brisées. Ces gens appartenaient à l'OAS, un groupe qui refusait que l'Algérie devienne indépendante. Ils voulaient ma mort. Et moi, sais-tu ce que j'ai fait ? Je suis sorti de la voiture sans une égratignure. J'ai simplement haussé les épaules : « Ces gens-là tirent comme des cochons. » Il faut garder son calme, même quand la mort passe si près.
Ces gens-là tirent comme des cochons.
—Vous n'aviez pas peur, après ça ?
Tu sais, mon enfant, quand on a mon âge et qu'on a déjà vu la guerre, on apprend à vivre avec le danger. À la première guerre, j'avais été blessé trois fois, puis fait prisonnier. À Verdun, on m'avait même cru mort. Alors la peur, je la connaissais depuis longtemps. Après le Petit-Clamart, je n'ai rien changé à mes habitudes. Je continuais à sortir, à serrer des mains, à parler aux gens. Si un chef se cache, il abandonne ceux qui le suivent. Bien sûr, je pensais à mon épouse Yvonne, qui était dans la voiture ce soir-là. Pour elle, j'avais peur. Pour moi, non.
—Pourquoi vous vouliez changer la façon dont la France était gouvernée ?
Vois-tu, avant moi, la France changeait de gouvernement presque tous les mois. C'était une agitation sans fin : on se disputait, on renversait tout, rien ne tenait debout. Dès 1946, dans un discours à Bayeux, la première ville libérée, j'ai dit qu'il fallait que « réapparût l'État ». Un État, c'est comme la charpente d'une maison : sans elle, le toit s'écroule. En 1958, avec mon ami Michel Debré, nous avons écrit une nouvelle Constitution. Elle donnait à un président le pouvoir de tenir le pays droit, au-dessus des querelles. Cette charpente-là tient encore aujourd'hui. C'est peut-être ce dont je suis le plus fier.
—C'est quoi, voter au suffrage universel ?
C'est une belle idée, et toute simple. Avant, le président de la France n'était pas choisi par le peuple, mais par un petit groupe d'élus. Moi, je voulais que ce soit toi, ta famille, ton voisin — tous les citoyens — qui décident. En 1962, j'ai posé la question directement aux Français par un référendum : voulez-vous élire vous-mêmes votre président ? C'est cela, le suffrage universel direct : chacun glisse son bulletin dans l'urne. Les Français ont répondu oui. Imagine des millions de mains qui déposent chacune un petit papier plié. Toutes ensemble, elles choisissent celui qui dirigera le pays. C'est le peuple qui parle, et personne d'autre.

—Vous mangiez quoi, chez vous, à la campagne ?
À la maison, rien de compliqué, je t'assure ! Nous vivions à La Boisserie, une grande maison de pierre à Colombey-les-Deux-Églises, en pleine campagne. Mon épouse Yvonne tenait la table, et nous mangions une cuisine toute simple : du pot-au-feu, de la blanquette de veau, du bon fromage. Je buvais un peu de vin, jamais beaucoup. Le soir, après le dîner, je lisais — de l'histoire, des romans — près de la cheminée. Imagine le silence de la campagne, juste le vent dans les arbres et le craquement du feu. Après chaque départ du pouvoir, c'est là que je revenais. Cette maison, c'était mon refuge, loin du bruit de Paris.
—C'était quoi, pour vous, la France ?
Ah, voilà la plus belle question. Dans mes Mémoires de guerre, j'ai écrit cette phrase : « Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France. » Pour moi, elle n'était pas qu'un pays sur une carte. Je l'imaginais comme une princesse des contes, ou comme une madone peinte sur un mur d'église. Quelque chose de grand, de noble, qu'il fallait protéger. Tu sais, quand tout semblait perdu en 1940, c'est cette idée qui m'a tenu debout. On peut perdre une bataille, des terres, des soldats. Mais une idée, si on y croit assez fort, ça ne meurt jamais.
Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France.
—Qu'est-ce que vous aimeriez qu'on retienne de vous ?
Ce que j'aimerais que tu retiennes ? Pas mes médailles, ni mon képi de général. Plutôt une leçon. Quand j'avais cinquante ans, mon pays était écrasé, occupé, et presque tout le monde baissait les bras. Moi, j'ai refusé. Seul, à la radio de Londres, en 1940, j'ai dit non. Et finalement, la France s'est relevée. Alors retiens ceci : même quand tu es seul à penser une chose juste, ne te tais pas. Il suffit parfois d'une seule voix pour réveiller tout un peuple. Tu n'as pas besoin d'être grand, ni puissant. Tu as besoin de croire, et de tenir bon.
This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Charles de Gaulle's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.


