Imaginary interview

Imaginary interview with Corazón Aquino

by Charactorium · Corazón Aquino (1933 — 2009) · Politics · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.

C'est dans la pénombre de la maison de Quezon City, là où flotte encore l'odeur de l'encens et des fleurs jaunes fanées, que Ninoy vient retrouver Cory un soir d'orage tropical. Le chapelet repose sur la table, près d'un portrait encadré. Ils se sont aimés et déchirés à travers vingt ans d'exil, de prison et de campagnes ; lui, le tribun, elle, la femme effacée derrière lui. Ce soir, c'est lui qui écoute, et veut savoir ce qu'elle a fait de ce qu'il a laissé.

Cory, lorsqu'on m'a abattu sur le tarmac de Manille, tu détestais la politique. Comment toi, ma femme au foyer, as-tu accepté de me remplacer ?

Je ne t'ai pas remplacé, Ninoy — personne ne le pouvait. J'ai seulement refusé que ton sang sèche en silence. Tu sais mieux que quiconque combien je fuyais les estrades ; je préférais préparer ton café et ranger tes discours. Mais quand l'opposition est venue me chercher, j'ai compris que mon inexpérience était mon unique vertu. On m'accusait de n'avoir aucune compétence : c'était vrai, je n'avais jamais touché à la corruption. C'est avec cette pauvreté de moyens que j'ai marché contre Marcos. Toi qui m'as tant reproché ma timidité, tu aurais ri de me voir haranguer les foules. Je tremblais à chaque meeting. Mais je portais ton nom, et ce nom-là, eux ne pouvaient pas le tuer.

Mon inexpérience était mon unique vertu : je n'avais jamais touché à la corruption.

Te souviens-tu des rubans jaunes que nos amis nouaient aux arbres pour mon retour ? Qu'est devenue cette couleur après ma mort ?

Elle est devenue tout, Ninoy. Ce jaune que nous avions choisi en pensant à cette chanson américaine, Tie a Yellow Ribbon, ce ruban qui devait fêter ton retour de prison — il a recouvert l'archipel entier. Les gens m'appelaient Cory et brandissaient des fleurs jaunes comme on brandit une prière. Je portais le terno couleur de paille à chaque apparition, non par coquetterie, mais pour qu'on reconnaisse de loin que l'espoir avait un camp. Ta couleur d'attente conjugale est devenue la couleur d'un peuple qui attendait sa liberté. Je n'ai jamais eu besoin d'expliquer ce que signifiait le jaune : chacun savait qu'il portait ton souvenir.

Ta couleur d'attente est devenue celle d'un peuple qui attendait sa liberté.

On m'a parlé de millions de gens dans les rues, de religieuses devant les chars. Cory, raconte-moi ces journées de février 1986 — avais-tu peur ?

J'avais peur, oui, mais d'une peur étrangement calme. Sur l'avenue EDSA, des centaines de milliers de Philippins se sont dressés sans une arme, le chapelet à la main, des fleurs tendues vers les soldats. Des religieuses se sont agenouillées devant les blindés et les ont arrêtés net, par la seule force de la prière. Je n'ai pas ordonné cela, Ninoy ; le peuple l'a inventé tout seul. Plus tard, devant le Congrès américain, j'ai osé leur dire que nous avions choisi de combattre la dictature par la paix et par la prière. Eux qui ne juraient que par les fusils, je crois les avoir laissés sans voix. Ce que tu avais semé par ta mort, le peuple l'a moissonné par sa douceur.

Nous avons combattu la dictature par la paix et par la prière.

Toi qui priais chaque matin avant même de me rejoindre, ta foi t'a-t-elle vraiment tenue debout dans ce tumulte ?

Elle était mon seul gouvernement intérieur. Tu te moquais gentiment de mes messes quotidiennes et de mon chapelet usé ; pourtant c'est là que je puisais le courage de ne pas répondre à la violence par la violence. Chaque matin, avant les conseillers et les rapports, je m'agenouillais. Marcos avait les généraux, les fortunes, les fusils ; moi, je n'avais qu'une certitude tranquille que la justice finit par l'emporter. Beaucoup ont cru que ma piété me rendait fragile, naïve. C'était tout le contraire : prier m'empêchait de devenir comme ceux que je combattais. Je crois sincèrement qu'on ne renverse pas durablement une dictature avec de la haine — seulement avec une conscience plus solide que la peur.

Prier m'empêchait de devenir comme ceux que je combattais.

Cory, nous sommes des Cojuangco, propriétaires de la Hacienda Luisita à Tarlac. Comment as-tu pu signer une réforme qui visait nos propres terres ?

Cela a été la blessure la plus intime de ma présidence, Ninoy. Nous avons grandi ensemble dans ce monde d'ilustrados, parmi les champs de canne et les paysans qui courbaient l'échine. En 1988, j'ai promulgué la grande réforme agraire, la CARP, sachant qu'elle pointerait du doigt la hacienda de ma propre famille. Comment réclamer la justice pour les Philippins et l'épargner aux miens ? Mes oncles, mes cousins ne me l'ont jamais pardonné. L'application fut incomplète, je le confesse, et l'on m'a reproché tantôt d'aller trop loin, tantôt pas assez. Mais je ne pouvais pas demander aux pauvres de croire en moi tout en protégeant le grenier des Cojuangco. La démocratie sans pain n'est qu'un mot.

Je ne pouvais réclamer la justice pour tous en épargnant les terres des miens.
Corazon Aquino at Andrews AFB DF-SC-88-01605
Corazon Aquino at Andrews AFB DF-SC-88-01605Wikimedia Commons, Public domain — Airman Gerald B. Johnson

Toi qui m'écoutais parler des paysans sans terre pendant nos longues nuits d'exil à Boston, crois-tu avoir tenu cette promesse-là ?

Pas autant que je l'aurais voulu, et c'est un regret que je te confie à toi seul. À Boston, dans ces années d'exil de 1980 à 1983, tu refaisais le pays jusqu'à l'aube, et la terre revenait sans cesse dans ta bouche. J'ai porté ce rêve au pouvoir, mais les grands propriétaires, les lenteurs administratives, les tribunaux ont émoussé la loi. Beaucoup de paysans ont reçu des papiers plus que des champs. J'ai parfois eu le sentiment de léguer un chantier inachevé plutôt qu'une victoire. Mais j'ai au moins inscrit le principe dans la loi du pays : que la terre appartient aussi à ceux qui la travaillent. Les héritiers devront finir ce que nous n'avons fait qu'amorcer.

Beaucoup de paysans ont reçu des papiers plus que des champs.

Les militaires se sont retournés contre toi, m'a-t-on dit, sept fois. Pourquoi n'as-tu pas décrété la loi martiale comme Marcos l'avait fait contre moi ?

Parce que c'est précisément cette loi martiale qui t'avait jeté en prison et conduit à la mort, Ninoy. Comment aurais-je pu reprendre l'arme même qui t'avait tué ? Entre 1986 et 1992, sept tentatives de coup d'État ont voulu me renverser ; j'ai entendu les tirs jusqu'aux abords de Malacañang. La tentation était grande de suspendre les libertés au nom de la sécurité. Mais j'aurais alors trahi tout ce pour quoi le peuple s'était levé sur EDSA. J'ai préféré gouverner les mains tremblantes plutôt que les mains liées par l'autoritarisme. Tenir sans devenir tyran : voilà la seule victoire dont je sois vraiment fière.

J'ai préféré gouverner les mains tremblantes plutôt que de redevenir une tyrannie.
Corazon Aquino 1986
Corazon Aquino 1986Wikimedia Commons, Public domain — Airman Gerald B. Johnson

Et au terme de tout cela, Cory, toi qui n'avais jamais voulu le pouvoir, comment as-tu pu t'en défaire si simplement ?

Justement parce que je ne l'avais jamais désiré, Ninoy, il ne me coûtait rien de le rendre. La Constitution de 1987 que nous avons fait adopter limitait le mandat à six ans, sans second mandat pour le président ; je l'ai voulue ainsi pour qu'aucun homme ne soit plus jamais tenté de s'incruster comme Marcos. En 1992, j'ai donc passé le pouvoir à Fidel Ramos, paisiblement, comme on rend un dépôt qui ne nous appartient pas. Tant de chefs en Asie du Sud-Est s'accrochaient à leur trône ; moi, je suis simplement rentrée chez nous. Le plus grand service qu'un président puisse rendre à la démocratie, c'est de savoir partir. Tu m'aurais reconnu ce soir-là : redevenue une femme ordinaire.

Le plus grand service qu'un président rende à la démocratie, c'est de savoir partir.

Les Américains, le monde entier t'ont fêtée comme une héroïne. Toi, ma Cory si discrète, comment as-tu vécu cette gloire soudaine ?

Comme un habit trop grand, Ninoy. Je répétais à qui voulait l'entendre que je n'étais qu'une femme au foyer propulsée par les circonstances au cœur d'une lutte que je n'avais pas choisie. On me prêtait du génie politique ; je n'avais que de l'entêtement et la mémoire de toi. Cette gloire m'effrayait davantage que les coups d'État, car elle pouvait me faire oublier d'où je venais. J'ai refusé de m'installer dans le faste des Marcos à Malacañang, préférant les appartements privés et nos repas simples de riz et d'adobo. La célébrité passe ; je voulais surtout pouvoir me regarder en face le matin, à l'heure de la prière. Le reste n'était que bruit.

Cette gloire m'effrayait plus que les coups d'État : elle pouvait me faire oublier d'où je venais.

Une dernière chose, Cory. Si tu devais me dire ce que tu as porté de moi durant toutes ces années de présidence, ce serait quoi ?

Ton nom, et l'idée que tu défendais, Ninoy. Quand on t'a tué à l'aéroport en 1983, j'ai compris qu'on pouvait abattre un homme mais non le rêve de liberté d'un peuple. C'est cette conviction que j'ai portée comme on porte une bannière. Chaque décision difficile, je me demandais ce que tu en aurais pensé, toi le combattant. Le jaune, le chapelet, le portrait sur mon bureau : tout cela te ramenait dans la pièce. Je n'ai pas été présidente à ta place, j'ai été la gardienne de ta promesse. Et le jour où j'ai quitté le pouvoir librement, j'ai eu le sentiment de t'avoir enfin rendu justice — non par la vengeance, mais par la liberté rendue à notre peuple.

On peut abattre un homme, jamais le rêve de liberté d'un peuple.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Corazón Aquino's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.