Imaginary interview

Imaginary interview with David

by Charactorium · David (1038 av. J.-C. — 968 av. J.-C.) · Mythology · 6 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.

C'est dans les fourrés du désert de Ziph, près de la forêt de Horesh, que Jonathan rejoint en secret son ami David par une nuit sans lune, vers 1012 av. J.-C. Le fils du roi Saül a quitté le camp de son père pour retrouver le fugitif que ce même père traque de grotte en grotte. Une braise rougeoie entre les pierres, une lyre repose contre la roche, et l'on entend au loin les chacals. Ils ne se sont pas vus depuis des mois ; Jonathan vient fortifier le cœur de son frère — et, peut-être, lui faire dire ce qu'aucun homme de la cour n'entendra jamais.

David, je revois l'armée de mon père figée dans la vallée d'Elah quand tu es descendu vers le géant. Qu'avais-tu dans le cœur ?

Toi qui étais là, Jonathan, tu sais que je n'avais ni cuirasse ni épée — seulement ma fronde et cinq pierres lisses du torrent. Les hommes de ton père tremblaient depuis quarante jours devant ce géant qui insultait le Dieu vivant. Moi, je gardais les brebis de mon père à Bethléem ; j'avais déjà arraché l'agneau de la gueule du lion. Ce n'était pas ma force. Quand j'ai marché vers Goliath, je lui ai dit qu'il venait à moi avec l'épée, la lance et le javelot, mais que moi je venais à lui au nom de l'Éternel des armées, du Dieu de l'armée d'Israël qu'il avait insultée. La pierre est partie, et le géant est tombé la face contre terre. Ce jour-là, ce n'est pas un berger qui a vaincu — c'est le nom que je portais.

Je n'avais ni cuirasse ni épée — seulement ma fronde et cinq pierres du torrent.

Avant la vallée, il y a eu la harpe. Te souviens-tu du jour où l'on t'a fait entrer dans les appartements de mon père pour apaiser ses ténèbres ?

Je m'en souviens comme d'hier, Jonathan. On m'a tiré de mes pâturages parce qu'un esprit mauvais tourmentait le roi, et que ma lyre savait, disait-on, apaiser les âmes. J'ai joué, et le roi respirait mieux ; le mal se retirait le temps d'un chant. Mais ce que j'ai gagné de plus précieux dans ces appartements, ce n'est pas la faveur de ton père — c'est toi. Nos âmes se sont liées ce jour-là, et tu m'as aimé comme toi-même. Tu as ôté ton manteau, ton arc et ta ceinture pour me les donner, moi le cadet de Jessé qui ne valais rien à la cour. Le peuple, lui, s'est mis à chanter mon nom dans les rues — et c'est peut-être là qu'a commencé tout ce qui nous sépare aujourd'hui, dans ce désert.

Ce que j'ai gagné de plus précieux dans ces appartements, ce n'est pas la faveur du roi — c'est toi.

Ici, dans les grottes et les rochers, on dit que tu chantes encore. Quels chants montent de ta bouche quand la peur te serre ?

Oui, je chante, Jonathan — surtout quand la nuit est noire et que les hommes de ton père cernent ma cachette. Je n'ai que ma voix et ma lyre pour répondre à la peur. Je dis à l'Éternel qu'il est ma lumière et mon salut, et que je ne crains personne ; qu'il est la force de ma vie, et que je ne tremble devant nul homme. Ces chants ne sont pas vraiment de moi : ils montent comme l'eau d'une source que je n'ai pas creusée. Quand je suis poursuivi, je me lamente ; quand il me délivre, je danse et je le loue. Un roi qui sait pleurer devant son Dieu vaut mieux qu'un roi qui ne sait que régner. Voilà ce que je voudrais laisser : non des batailles, mais des prières que d'autres bouches reprendront.

Je n'ai que ma voix et ma lyre pour répondre à la peur.

Tu sais comme moi que tu régneras sur Israël, et que je serai près de toi. Si ce jour vient, quelle ville voudras-tu pour ton trône ?

Si l'Éternel m'accorde ce que tu dis, Jonathan — et que ta bouche le dise me bouleverse —, je ne veux pas d'une ville qui appartienne à une seule tribu. Ni à Juda d'où je viens, ni à Benjamin d'où tu viens. Je rêve d'une forteresse neuve, prise à nul frère d'Israël, où les douze tribus pourraient monter ensemble. Et là, je voudrais faire venir l'Arche d'Alliance, ce coffre sacré qui erre de lieu en lieu depuis trop longtemps. Car à quoi bon un palais si le Dieu vivant n'a pas sa demeure au cœur du peuple ? Un roi n'est rien qu'un berger plus grand : il rassemble le troupeau dispersé autour d'un seul point d'eau. Voilà mon songe — mais il dépend de Lui, non de mon épée.

Un roi n'est rien qu'un berger plus grand : il rassemble le troupeau dispersé.

Mon père était humble lui aussi, avant la couronne. Ne crains-tu pas, David, que le pouvoir un jour change ton cœur comme il a changé le sien ?

Ta question me transperce, Jonathan, parce que je l'ai déjà vue s'accomplir sous mes yeux. J'ai vu l'esprit quitter ton père, et l'homme bon devenir celui qui me chasse de grotte en grotte. Qui suis-je pour me croire à l'abri ? Un roi commande aux armées, juge les différends, prend les femmes et les champs qu'il convoite — et nul ne lui dit non. C'est là le piège. Je prie pour qu'au jour de ma faute — car elle viendra, aucun homme n'en est exempt — l'Éternel m'envoie un homme assez libre pour me regarder en face et me dire que je suis cet homme-là. Le roi qui n'a plus personne pour le reprendre est déjà tombé. Mieux vaut un prophète qui m'accuse qu'une cour qui m'applaudit.

Mieux vaut un prophète qui m'accuse qu'une cour qui m'applaudit.
Self-portrait as David with the head of Goliathtitle QS:P1476,en:"Self-portrait as David with the head of Goliath"label QS:Len,"Self-portrait as David with the head of Goliath"
Self-portrait as David with the head of Goliathtitle QS:P1476,en:"Self-portrait as David with the head of Goliath"label QS:Len,"Self-portrait as David with the head of Goliath"Wikimedia Commons, Public domain — Johann Zoffany

On dit que tu n'avais jamais porté les armes avant Goliath, toi le cadet des fils de Jessé. Comment un berger apprend-il à tuer ?

Un berger, Jonathan, n'apprend pas à tuer — il apprend à garder. Quand un lion ou un ours venait enlever une brebis du troupeau de mon père, je le poursuivais, je le frappais et j'arrachais la bête de sa gueule. S'il se dressait contre moi, je le saisissais par la mâchoire et je l'abattais. La fronde, ce n'est pas une arme de guerre : c'est l'outil du gardien, pour écarter les loups du bord du chemin. Quand j'ai vu Goliath, je n'ai vu qu'une bête de plus menaçant le troupeau — sauf que le troupeau, cette fois, c'était tout Israël. Le Dieu qui m'avait délivré de la patte du lion et de l'ours pouvait bien me délivrer de la main de ce Philistin. Voilà pourquoi je n'ai pas voulu de la cuirasse de ton père : on ne marche pas avec des armes qu'on ne connaît pas.

La fronde n'est pas une arme de guerre : c'est l'outil du gardien.

Te souviens-tu du jour où mon père a lancé sa lance contre toi pendant que tu jouais ? J'ai eu honte pour lui. Lui en veux-tu ?

Comment t'en voudrais-je à toi, Jonathan, qui as risqué la colère de ton père pour me sauver ? Quant à lui... la lance a frôlé ma tête et s'est plantée dans le mur, oui, et deux fois j'ai dû fuir. Mais ton père est l'oint de l'Éternel. Tant que cette huile est sur son front, ma main ne se lèvera pas contre lui — je l'ai juré, et tu le sais, toi qui m'as connu fidèle même quand je le tenais à ma merci. Ce n'est pas lui que je combats, c'est l'esprit mauvais qui le ronge, celui-là même que ma lyre repoussait autrefois. J'ai pleuré sur ton père plus que je ne me suis jamais plaint de lui. Et je pleurerai, si ce jour vient, plus encore sur le fils que sur le père.

Tant que l'huile est sur son front, ma main ne se lèvera pas contre l'oint de l'Éternel.
Portrait of Jacques-Louis David
Portrait of Jacques-Louis DavidWikimedia Commons, Public domain — Jérôme-Martin Langlois

Tu parles de réunir les douze tribus. Mais Juda et le nord se regardent en chiens de faïence. Crois-tu vraiment pouvoir les lier ?

Je ne me fais pas d'illusion, Jonathan : Juda me reconnaîtra peut-être d'abord, à Hébron sans doute, là où reposent nos pères. Le nord viendra plus tard, ou ne viendra pas. On ne lie pas douze tribus par l'épée — on les lie par un Dieu commun et une mémoire commune. C'est pourquoi je rêve moins d'un trône que d'un lieu où Éphraïm et Juda, ta tribu de Benjamin et la mienne, monteraient ensemble vers le même Dieu. Le peuple qui a un seul cœur n'a pas besoin de chaînes. Ton père a régné par la peur ; moi, si je règne, je voudrais régner par l'alliance — celle de l'Éternel avec son peuple, et celle des frères entre eux. C'est un songe de berger, je le sais. Mais des troupeaux dispersés, j'en ai déjà rassemblé.

On ne lie pas douze tribus par l'épée — on les lie par un Dieu commun.

Quand tu chantes dans ces grottes, penses-tu que ces mots survivront à nous deux ? Ou les laisses-tu s'envoler comme la fumée du soir ?

Je ne chante pas pour qu'on se souvienne de moi, Jonathan. Quand la peur me serre la gorge dans la nuit, le chant est ma respiration — sans lui, je crois que je suffoquerais. Si ces mots survivent, ce ne sera pas parce qu'ils sont de David : ce sera parce qu'ils sont vrais devant l'Éternel. La gloire d'un homme passe comme l'herbe des champs ; un matin elle fleurit, le soir elle est fauchée. Mais ce qui est dit d'un cœur droit demeure, parce que c'est Lui qui demeure. Alors oui, j'aime à penser qu'un berger inconnu, un jour, reprendra peut-être ma plainte pour en faire la sienne — non parce qu'il connaîtra mon nom, mais parce que sa peur sera la même, et son Dieu aussi. Voilà la seule postérité que je désire.

La gloire d'un homme passe comme l'herbe des champs ; ce qui est dit d'un cœur droit demeure.

La nuit tombe et je dois repartir avant l'aube, sinon mon père saura que je t'ai trouvé. Avant que je m'en aille — que jures-tu, mon frère ?

Ce que je te jure, Jonathan, je le jure devant l'Éternel qui est témoin entre toi et moi pour toujours. Si je règne un jour — puisque ta bouche l'a dit —, ta maison ne connaîtra jamais ma main que pour le bien. Je ne ferai pas comme font les rois, qui effacent la descendance de leur prédécesseur ; ton sang sera mon sang, ta table sera ma table, et tes fils mangeront au pain du roi comme mes propres fils. Tu as ôté ton manteau pour me le donner quand je n'étais rien ; je ne l'oublierai pas, même au sommet, même si tous les autres m'oublient. Va vers ton père, et que la paix soit sur toi. Que l'Éternel soit entre nous deux et entre nos deux descendances, à jamais. Maintenant pars — et que je trouve la force de te regarder t'éloigner.

Ton sang sera mon sang, ta table sera ma table.
See the full profile of David

This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in David's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.