Imaginary interview

Kids interview Du Fu

by Charactorium · Du Fu (712 — 770) · Literature · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Du Fu
Wikimedia Commons, Public domain — Unknown authorUnknown author

Deux élèves de douze ans, en classe découverte, poussent la porte d'une modeste chaumière de bambou. Un vieil homme au chapeau noir les accueille en souriant : c'est Du Fu, le poète. Il pose son pinceau et les invite à s'asseoir près du feu.

Vous aviez quel âge quand vous avez raté vos fameux examens ?

Ah, mon enfant, tu touches là une vieille blessure. J'avais vingt-trois ans à mon premier échec, en 735. Mais le pire vint en 747 : j'avais déjà trente-cinq ans. Cet examen, le jinshi, c'était le grand concours qui ouvrait les portes des hauts postes de l'empire. Imagine une salle immense, pleine de lettrés qui en rêvent tous. Cette année-là, le Premier ministre Li Linfu, jaloux de nous, nous a tous fait recaler — pas un seul reçu ! Il a osé dire à l'empereur qu'aucun talent nouveau ne méritait d'être promu. Moi qui étais déjà un wenren, un homme de lettres reconnu, j'ai dû attendre des années pour obtenir un tout petit poste.

C'était comment, votre ami Li Bai ? Vous faisiez quoi ensemble ?

Oh, Li Bai ! Rien que son nom me réchauffe le cœur. Nous nous sommes rencontrés à Luoyang en 744. Imagine deux poètes qui partent à cheval dans la campagne, sans but précis, juste pour voir le monde. On marchait dans le Henan et le Shandong, on buvait du vin de millet dans de petites coupes, et on se récitait des poèmes jusqu'à la nuit. Lui, on l'appelait l'Immortel de la poésie ; moi, plus tard, le Sage de la poésie. Deux caractères opposés : lui léger comme le vent, moi grave comme la terre. Mais quelle amitié ! J'ai écrit bien des poèmes rien que pour lui dire mon admiration.

C'est quoi la différence entre le Sage et l'Immortel de la poésie ?

Belle question ! Li Bai, c'était l'Immortel de la poésie. Ses vers semblaient tomber du ciel, libres comme un oiseau ivre, pleins de lune et de vin. Moi, on m'a appelé le Sage de la poésie, le shīshèng. Le sage, ce n'est pas celui qui vole : c'est celui qui travaille, qui observe, qui construit patiemment. Lui chantait ses rêves ; moi je racontais les souffrances des gens ordinaires — les paysans, les soldats, les mères qui pleurent. Dans notre monde Tang, être poète, un shīrén, n'était pas qu'un joli talent. C'était un devoir : témoigner de la vie du peuple. Deux chemins différents pour une même passion.

Vous aviez peur, quand les rebelles ont pris la ville ?

Oui, j'ai eu peur, je ne vais pas te mentir. En 756, le général An Lushan s'est révolté, et la grande capitale Chang'an est tombée. J'ai voulu rejoindre l'empereur, mais les rebelles m'ont capturé. J'étais prisonnier dans une ville pillée, et je voyais le palais brûler. C'est là que j'ai écrit Vue du printemps. Écoute ces mots : « L'empire s'est brisé, montagnes et fleuves demeurent ; le printemps revient à la ville, herbes et arbres verdissent. » Tu comprends ? Même détruite, la nature revenait, indifférente à notre malheur. Les fleurs elles-mêmes me faisaient verser des larmes.

C'est quoi cette histoire de vieux monsieur à Shihao, la nuit ?

Ah, cette nuit-là, je ne l'oublierai jamais. Pendant la guerre civile, l'armée manquait d'hommes ; alors des soldats venaient la nuit dans les villages arrêter de force les paysans. J'ai vu ça de mes yeux, dans un village nommé Shihao. Un vieil homme a sauté par-dessus le mur pour s'enfuir ; sa pauvre femme est sortie affronter les soldats. Leur colère était terrible, ses pleurs déchiraient le cœur. J'en ai fait une série de poèmes, Trois fonctionnaires, trois adieux. Je ne voulais pas de grands mots savants. Je voulais juste que personne n'oublie jamais ces familles brisées par la guerre.

C'est vrai qu'une tempête a arraché le toit de votre maison ?

Tout à fait vrai, mon enfant ! En 759, je m'étais installé à Chengdu, dans une petite cabane de bambou et de chaume, mon Caotang — ça veut dire « chaumière de chaume », la maison modeste du lettré. Un jour d'automne, un vent furieux a emporté la paille de mon toit. Mes enfants grelottaient, la pluie entrait partout. Et sais-tu à quoi j'ai pensé ? Pas à moi. J'ai écrit : « Ah ! qu'une immense demeure de mille pièces surgisse soudain, abritant tous les lettrés miséreux du monde ! » Ma maison à moi pouvait bien s'écrouler, si seulement tous les pauvres avaient un toit.

Ma cabane pouvait s'écrouler, si tous les pauvres avaient un toit.

Vous mangiez quoi, le matin, dans votre chaumière ?

Ah, le matin ! J'étais réveillé par les coqs du voisinage et le bruit de la rivière Huanhua. Je commençais par une tasse de thé chaud, préparée sur mon petit foyer. Notre nourriture était simple, tu sais, et souvent trop maigre : du riz cuit à l'eau, des légumes sautés, du chou, des navets, parfois une bouillie de millet. Les bons jours, un peu de poisson du fleuve. J'avais planté moi-même les bambous autour de la maison, et un potager où poussait la ciboule. Puis, si une image me venait, je saisissais vite mon pinceau — un máobǐ, fait de poils montés sur un manche de bambou — avant que le rêve ne s'envole.

C'est vrai que vous pouviez passer des heures sur un seul mot ?

Oh oui, et mes amis s'en moquaient gentiment ! L'après-midi, je relisais mes poèmes encore et encore. Je pouvais chercher pendant des heures le mot juste, un seul, celui qui sonne parfaitement. Vois-tu, j'écrivais surtout des lüshi, des « poèmes réglés » : huit vers, avec des règles très strictes sur les sons et les rimes. Imagine un jeu de construction où chaque pièce doit s'emboîter à la perfection, sinon tout s'écroule. Ce n'est pas de la facilité, c'est de la patience. Un poème réussi, ce n'est pas un cadeau tombé du ciel.

Vous avez écrit vos plus beaux poèmes quand vous étiez vieux ?

C'est étrange, mais oui. En 766, j'étais vieux et malade, retenu à Kuizhou, près des immenses Trois Gorges du grand fleuve. L'eau grondait entre les falaises, l'automne dévastait les érables. C'est là, seul, que j'ai composé mes Méditations automnales, huit poèmes qu'on dit être le sommet de mon art. Je n'étais plus qu'un vieil homme fatigué, loin de chez moi, mais jamais mes vers n'avaient été aussi précis. Plus tard, la postérité m'a donné ce beau titre : shīshèng, le « Sage de la poésie ».

La tristesse, quand on sait l'écrire, devient de la beauté.

Ça vous rend triste de ne jamais être rentré chez vous ?

Un peu, oui... Mes dernières années, je les ai passées à errer sur les fleuves du Hunan, sur un petit bateau, malade et sans argent. Je suis mort en 770, sur le lac Dongting, sans avoir revu ma ville natale. C'est une peine que je porte encore. Mais laisse-moi te confier quelque chose de doux. Vous êtes là, tous les deux, des enfants venus de très loin, plus de mille ans après moi, à écouter mes histoires. Alors je ne suis pas vraiment mort, tu vois ? Mes mots continuent de marcher, de bouche en bouche, bien après moi.

Un poète qui témoigne des malheurs des humbles ne s'éteint jamais tout à fait.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Du Fu's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.