Imaginary interview

Imaginary interview with Elizabeth Anscombe

by Charactorium · Elizabeth Anscombe (1919 — 2001) · Philosophy · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.

C'est dans le bureau encombré de leur maison de Cambridge, par un après-midi d'hiver où la fumée de cigare flotte entre les piles de manuscrits, que Peter Geach s'installe face à sa femme, Elizabeth Anscombe. Depuis près de trente ans ils partagent ce métier de philosophe, sept enfants et l'odeur d'encre des épreuves à corriger. Geach connaît mieux que quiconque la pensée derrière l'image publique, et il vient ce jour-là non pour débattre, mais pour la faire parler d'elle-même. Au-dehors, les cloches d'une messe lointaine rappellent l'heure.

Elizabeth, tu te souviens du tumulte d'Oxford lorsque tu as voté contre le doctorat de Truman — pourquoi t'es-tu dressée seule ce jour-là ?

Tu étais là, Peter, tu sais dans quel état je suis rentrée. On voulait honorer un homme qui avait délibérément choisi de tuer des innocents à Hiroshima et Nagasaki comme moyen d'une fin politique. Or choisir de tuer l'innocent comme moyen, c'est un meurtre, et le meurtre demeure l'un des actes humains les plus graves. Que l'on portât une robe d'apparat sur les épaules d'un tel homme me paraissait une obscénité tranquille, polie, et c'est cette politesse qui me révoltait le plus. J'ai écrit Mr Truman's Degree parce que je ne pouvais pas me taire et continuer à me regarder. La salle a voté pour ; nous étions une poignée contre. Mais une conscience ne se compte pas à la majorité.

Une conscience ne se compte pas à la majorité.

On t'a reproché ta dureté envers un chef d'État en guerre. La doctrine de la guerre juste suffit-elle vraiment à condamner un homme ?

Elle ne condamne pas l'homme, Peter, elle juge l'acte — la distinction est tout. La doctrine héritée de saint Augustin et de saint Thomas ne dit pas qu'il est interdit de combattre ; elle dit que certaines choses ne se font jamais, quelles qu'en soient les conséquences espérées. Viser exprès des quartiers de civils pour briser un moral, c'est précisément cela. On m'oppose toujours les vies de soldats épargnées, comme si l'on pouvait peser des meurtres contre des sauvetages. Mais dès qu'on admet ce calcul, on a déjà tout cédé : il n'y a plus d'acte interdit, seulement des additions. Je refuse cette arithmétique. Il existe des choses qu'un honnête homme sait qu'il ne fera pas, même pour sauver sa cité.

Il existe des choses qu'un honnête homme sait qu'il ne fera pas, même pour sauver sa cité.

Quand Wittgenstein t'a désignée exécutrice en 1951, t'es-tu mesurée à l'ampleur de ces carnets qu'il t'a confiés ?

Pas sur le moment — on n'évalue pas un legs comme on soupèse un fardeau. Il me faisait confiance, et cette confiance était un ordre silencieux. Puis sont arrivés les cartons de manuscrits, son écriture serrée, ces remarques qu'il déplaçait, reprenait, raturait sans fin. Déchiffrer une main, c'est déjà interpréter une pensée : chaque variante posait la question de ce qu'il avait vraiment voulu dire. Pour les Recherches philosophiques, j'ai dû me faire à la fois traductrice et témoin, retrouver en anglais le grain de sa voix sans le trahir. Toi qui m'as vue passer des nuits sur une seule phrase, tu sais que ce ne fut pas un travail d'édition mais un acte de fidélité. Je crois lui avoir gardé parole.

Déchiffrer une main, c'est déjà interpréter une pensée.

Ton Introduction to Wittgenstein's Tractatus a coûté des années. Qu'as-tu cherché à transmettre du maître à ceux qui ne l'avaient pas connu ?

À le lire, simplement — c'est plus rare qu'on ne croit. Le Tractatus effraie par sa sécheresse, ses propositions numérotées qui ressemblent à des sentences. On le cite, on le révère, on ne le comprend pas. J'ai voulu en démonter la logique pas à pas, montrer qu'il s'agit d'un combat sur ce que le langage peut et ne peut pas dire, et non d'une suite d'oracles. Ludwig détestait les disciples qui répétaient ses formules sans les avoir éprouvées. Mon introduction est une manière de désobéir aux paresseux et d'obéir à son exigence : penser soi-même. Si un étudiant referme le livre en se disant qu'il doit enfin affronter le texte original, alors j'aurai réussi. Le reste n'est que glose.

On le cite, on le révère, on ne le comprend pas.

Dans Modern Moral Philosophy, tu écris que les notions d'obligation et de devoir moral devraient être abandonnées. N'est-ce pas saper toute morale ?

Au contraire, c'est la sauver d'une imposture. Nous avons hérité d'un vocabulaire — le ought moral, l'obligation, la loi — qui n'a de sens que dans un cadre où existe un législateur divin. Or les modernes ont gardé les mots après avoir congédié l'idée. Il reste une notion d'obligation suspendue dans le vide, à laquelle on obéit par habitude sans savoir devant qui. Je dis : abandonnons ce langage tant que nous n'avons pas refondé une psychologie morale digne de ce nom, une enquête sur ce qu'est l'épanouissement humain, les vertus, l'action volontaire. C'est à Aristote qu'il faut revenir, non à Kant dénaturé. Tant que nous n'aurons pas compris ce qu'est agir, parler de devoir n'est qu'un bruit respectable.

Les modernes ont gardé les mots après avoir congédié l'idée.
Elisabeth Anscombe
Elisabeth AnscombeWikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — Albarluque

Tu as forgé le mot « conséquentialisme » presque en passant. Mesurais-tu que tu donnais un nom à tout un camp adverse ?

Non, je cherchais seulement un terme net pour désigner une erreur précise. J'appelle conséquentialiste quiconque juge un acte uniquement à ses suites, et tient donc qu'aucun acte n'est interdit en lui-même pourvu que le bilan soit favorable. C'est l'utilitarisme, mais c'est aussi, hélas, le sens commun des gens respectables qui se croient au-dessus des règles. Or il existe des actes intrinsèquement mauvais — tuer l'innocent en est le modèle — qu'aucun calcul ne rachète. Le mot était une arme défensive : nommer une confusion, c'est déjà commencer à s'en défendre. Que d'autres l'aient repris pour s'en réclamer fièrement m'étonne encore. On peut tenir à un nom que son inventeur destinait au blâme.

Nommer une confusion, c'est déjà commencer à s'en défendre.

Tes étudiants te craignent un peu, je le vois. Le monocle, le cigare, ces pantalons — joues-tu de cette allure, ou n'y penses-tu jamais ?

Je n'y pense pas une seconde, Peter, et c'est précisément ce qui les déconcerte. Le monocle, je le porte parce que ma vue l'exige ; le cigare, parce qu'il m'aide à penser et que la fumée tient à distance les fâcheux. Que ce soit inconvenant pour une femme ne m'a jamais effleurée comme une objection sérieuse — l'inconvenance sociale n'est pas une catégorie morale. Ce qui intimide mes étudiants, ce n'est pas ma tenue, c'est que je refuse les arguments mous. Quand l'un d'eux avance une thèse insuffisamment pensée, je le lui dis, et il croit que c'est de la sévérité. C'est de l'égard : on ne respecte un esprit qu'en exigeant de lui qu'il pense vraiment.

On ne respecte un esprit qu'en exigeant de lui qu'il pense vraiment.

Au fond, d'où te vient cette indifférence si totale au qu'en-dira-t-on, qui m'a séduit dès notre rencontre ?

De la conviction qu'il n'y a qu'un seul juge dont l'opinion compte, et qu'il ne lit pas les journaux. Le reste — la mode, les convenances d'Oxford ou de Cambridge, les sourcils froncés des collègues — est un théâtre auquel je n'ai jamais souscrit. Je crois que beaucoup de gens passent leur vie à mendier l'approbation d'un public qu'au fond ils méprisent. Cela me semble une servitude épuisante. Toi, tu as compris dès le début que je dirais ce que je pense, fût-ce à contretemps, et tu ne m'as jamais demandé de m'adoucir. C'est sans doute pourquoi nous nous entendons : nous partageons le même mépris tranquille des opinions reçues. La liberté, c'est aussi de pouvoir fumer son cigare en paix.

Il n'y a qu'un seul juge dont l'opinion compte, et il ne lit pas les journaux.

Tu as défendu Humanae Vitae alors même que des catholiques la rejetaient. Comment relies-tu cette bataille à ta philosophie de l'acte ?

Elle n'en est pas séparée, c'est la même question sous un autre jour. Toute ma vie j'ai cherché à comprendre ce qu'est faire une chose — l'intention, l'objet de l'acte, ce que l'on choisit réellement quand on agit. Or ceux qui rejettent l'encyclique raisonnent en conséquentialistes sans le savoir : ils pèsent des biens et des maux et concluent que l'acte est innocenté par ses fruits. Mais un acte a une nature avant d'avoir des suites. Défendre Humanae Vitae, ce n'était pas pour moi une affaire de discipline ecclésiale, c'était tenir bon sur ce point : il y a des actes que leur structure même rend illégitimes. Je sais que cela m'a coûté, jusque chez nos amis. On ne choisit pas ses convictions pour leur confort.

Un acte a une nature avant d'avoir des suites.

Entre la messe du matin, les sept enfants et tes manuscrits, comment tiens-tu ensemble la philosophe et la croyante, sans que l'une étouffe l'autre ?

Mais elles ne se font pas la guerre, Peter — c'est la même personne qui prie le matin et qui corrige une démonstration l'après-midi. On imagine la foi comme une fuite hors de la pensée ; pour moi c'est l'inverse, elle m'oblige à penser plus durement, jamais moins. Le chapelet et le Tractatus tiennent sur la même table sans se contredire, parce que la rigueur n'est pas l'ennemie de la prière, elle en est une forme. Nos enfants ont grandi dans cette maison où l'on discutait d'Aristote entre deux assiettes : ils savent qu'une vie ne se divise pas en compartiments. Je n'ai jamais cherché la cohérence comme un système ; je la vis, simplement, parce qu'une pensée qu'on ne pratique pas n'est qu'un ornement.

La rigueur n'est pas l'ennemie de la prière, elle en est une forme.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Elizabeth Anscombe's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.