Imaginary interview

Imaginary interview with François Rabelais

by Charactorium · François Rabelais (1500 — 1553) · Literature · 4 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.

Ce matin-là, lors d'une classe découverte en Touraine, deux jeunes élèves de cinquième poussent la porte de la Devinière, la maison où naquit Rabelais. L'écrivain les attend, malicieux, prêt à raconter sa vie de moine, de médecin et de conteur de géants. Les questions fusent aussitôt.

C'est vrai qu'on vous a confisqué vos livres quand vous étiez moine ?

Tu sais, mon enfant, j'étais jeune moine chez les franciscains, au couvent de Fontenay-le-Comte. J'adorais le grec ancien. Imagine : une langue que presque personne autour de moi ne savait lire. Mes supérieurs, eux, trouvaient ça suspect. Un matin, ils sont entrés dans ma cellule et ils ont emporté mes livres grecs. Tous. C'était comme si on m'arrachait un morceau de ma tête. J'ai eu beaucoup de peine. Mais cette peine m'a appris une chose toute simple.

Quand on t'interdit un livre, c'est souvent qu'il vaut la peine d'être lu.

Et après, vous avez arrêté le grec pour leur faire plaisir ?

Jamais de la vie ! Au contraire. J'ai demandé une faveur très spéciale : l'autorisation du pape lui-même de changer d'ordre. Je suis passé chez les bénédictins, des moines plus tolérants envers ceux qui aiment étudier. Tu vois, je n'allais pas abandonner mes chères lettres grecques pour quelques supérieurs grincheux. À mon époque, lire le grec, c'était presque une aventure interdite. Plus tard, j'ai même pu quitter tout à fait l'habit de moine. Mais cette envie d'apprendre, elle, ne m'a jamais quitté. Un jour tu comprendras : on peut t'enlever tes livres, jamais ta curiosité.

C'est vrai que vous êtes devenu médecin super vite ?

Ah, on raconte ça, oui ! J'ai obtenu mon diplôme à la faculté de Montpellier, en 1530. On dit que ça n'a pris que quelques semaines. Il faut dire que j'avais déjà énormément lu avant. La médecine, à mon époque, on l'apprenait surtout dans les vieux textes grecs, comme ceux d'Hippocrate, ce grand médecin de l'Antiquité. Moi, je les lisais dans la langue d'origine, pas dans de mauvaises traductions. Ça m'a donné une belle avance. Imagine un cuisinier qui lit la recette d'origine, pendant que les autres copient une copie de copie. C'était un peu ça, mon secret.

Vous touchiez vraiment des corps morts ? Ça devait faire peur, non ?

Oui, et c'était très rare à l'époque, tu sais. À l'Hôtel-Dieu de Lyon, le grand hôpital où je soignais les malades, j'ai pratiqué des dissections publiques. On ouvrait un corps devant des spectateurs pour comprendre comment il était fait à l'intérieur. Beaucoup trouvaient ça choquant, presque interdit. Mais comment veux-tu soigner un corps si tu ne sais pas comment il marche ? J'avais peur, parfois, du regard des autres. Pas du corps. Lui, il t'apprend en silence ce qu'aucun vieux livre ne raconte vraiment.

Le corps mort ne ment pas : il t'apprend en silence.

Pourquoi vous avez signé votre premier livre avec un faux nom ?

Ha ! Tu as l'œil. Mon premier roman, Pantagruel, je l'ai publié en 1532 sous le nom d'Alcofribas Nasier. Prends une feuille et amuse-toi : ce sont exactement les mêmes lettres que François Rabelais, mélangées ! On appelle ça une anagramme. Pourquoi me cacher ainsi ? Parce que mon livre se moquait des puissants et faisait rire avec des choses un peu osées. Les juges de la Sorbonne, la grande école de théologie, eux, ne riaient pas du tout. Ils ont vite condamné mon livre. Un masque, ça ne protège pas longtemps. Mais ça te laisse le temps de faire rire avant de te faire gronder.

François Rabelais, ca 1494-1553
François Rabelais, ca 1494-1553Wikimedia Commons, Public domain — Unknown authorUnknown author

Ils étaient si méchants que ça, les gens de la Sorbonne ?

Disons qu'ils n'aimaient pas qu'on pense autrement. La Sorbonne voulait décider de ce qu'on avait le droit de lire ou pas. Moi, je les trouvais bornés, fermés au savoir nouveau. Je leur ai même inventé un surnom moqueur : sorbonagres — un mélange de Sorbonne et d'âne ! C'était ma façon de me défendre. Mais le danger était bien réel : mon ami Étienne Dolet a été brûlé en 1546 pour ses idées. Alors je continuais de rire, oui, mais je faisais très attention à chaque mot que j'écrivais.

C'est vrai que vous êtes allé jusqu'à Rome ? C'était comment ?

Deux fois, oui ! J'accompagnais l'évêque Jean du Bellay comme son médecin personnel. Le voyage était long : des semaines à cheval, par les montagnes, sur des routes poussiéreuses. Imagine une route où il n'y a aucun bruit de moteur, seulement le pas des chevaux et le grincement des roues de bois. À Rome, j'ai contemplé les vieilles ruines des Romains, ces colonnes brisées vieilles de mille ans. J'étais émerveillé comme un enfant. J'ai même obtenu le pardon du pape pour avoir quitté mon couvent autrefois. Voyager, vois-tu, c'est lire le monde au lieu de lire un livre.

François Rabelais. Lithograph by C. Nanteuil, 1836, after E. Delacroix.
François Rabelais. Lithograph by C. Nanteuil, 1836, after E. Delacroix.Wikimedia Commons, CC BY 2.0 — Inconnu

Vous avez rapporté quoi, de tous ces voyages ?

Devine un peu ! Pas de l'or, non. Des graines ! De la laitue romaine, des melons, des artichauts. Des plantes qu'on ne connaissait presque pas en France. Je les ai rapportées dans mes bagages comme des trésors. J'aimais la botanique, l'étude des plantes, surtout celles qui soignent. Un médecin de mon temps devait connaître les herbes aussi bien que les livres. Et puis, j'étais gourmand, je l'avoue ! Fils de vigneron, j'aimais une bonne table et le vin de Touraine. Grâce à ces petites graines, des légumes tout nouveaux sont arrivés dans les assiettes françaises.

Dans votre livre, il y a une abbaye sans règles ? C'est quoi cette idée ?

Ah, mon abbaye de Thélème, dans Gargantua ! C'est une maison de rêve que j'ai imaginée. Là-bas, pas d'horloge, pas de cloche pour t'obliger à te lever. Une seule devise : « Fais ce que voudras ». On y dort, on y mange et on y travaille quand le désir nous vient. Tu trouves ça fou ? Moi, j'avais vécu dans des couvents très stricts, avec une règle pour chaque minute. J'ai voulu imaginer tout le contraire. Mais attention : Thélème n'accueille que des gens bien éduqués.

La vraie liberté, ce n'est pas faire n'importe quoi : c'est savoir bien choisir.

Si on se souvient de vous aujourd'hui, vous aimeriez qu'on retienne quoi ?

Quelle belle question, mon enfant. J'ai même inventé un mot pour ma façon de voir la vie : le pantagruélisme. Ça veut dire aimer apprendre, aimer rire, et rester bon avec les autres, même quand la vie est dure. On a souvent voulu me faire taire : la Sorbonne, les juges, la peur. Mais mes géants Gargantua et Pantagruel, eux, font encore rire après tout ce temps. Si tu retiens une seule chose de moi, retiens celle-ci : le rire et le savoir, ensemble, sont plus forts que la peur. Continue de lire, continue de rire. C'est comme ça qu'on reste libre.

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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in François Rabelais's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.