Imaginary interview

Imaginary interview with Hattie McDaniel

by Charactorium · Hattie McDaniel (1893 — 1952) · Performing Arts · Society · 6 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Hattie McDaniel
Wikimedia Commons, Public domain — Inconnu

Los Angeles, un après-midi de 1949, dans le salon de sa maison de Sugar Hill. La lumière tombe sur un piano où traînent de vieilles partitions de blues. Hattie McDaniel nous reçoit une tasse à la main, la voix chaude et le rire prompt, prête à raconter une vie tenue entre les projecteurs et les tables du fond.

Que gardez-vous de la nuit du 29 février 1940, quand votre nom a été appelé ?

On m'avait installée au fond de la salle du Coconut Grove, à l'Ambassador Hotel, à une petite table à l'écart de Clark, de Vivien, de tous ces visages blancs de Autant en emporte le vent. J'avais mis ma plus belle robe de soirée et piqué des gardénias blancs dans mes cheveux, parce qu'on ne me verrait pas courber l'échine ce soir-là. Quand on a dit mon nom, j'ai traversé toute cette salle, la gorge nouée, et je me suis entendue dire que c'était l'un des moments les plus heureux de ma vie, que j'espérais rester une fierté pour ma race et pour le cinéma. Douze ans que ces récompenses existaient, et j'étais la première des nôtres à en tenir une. La statuette pesait lourd dans ma main. Le chemin pour l'atteindre, lui, pesait bien davantage.

On m'avait mise au fond de la salle, mais c'est jusqu'à la scène que j'ai marché.

Comment répondiez-vous à ceux qui vous reprochaient de n'incarner que des domestiques ?

La NAACP m'écrivait, me sermonnait, jugeait que mon tablier de bonne trahissait les miens. Je leur ai fait cette réponse qu'on m'a assez répétée depuis : je préfère jouer les bonnes à Hollywood que vraiment l'être. Ce n'était pas de la provocation, c'était de l'arithmétique. Dans ce pays, une femme noire pouvait récurer les planchers d'une vraie maison pour trois fois rien, ou en récurer une fausse devant une caméra et rentrer chez elle en robe de qualité. Quand j'ai reçu le script de Autant en emporte le vent et le rôle de Mami, j'ai lu chaque réplique en cherchant où glisser un peu de fierté, un regard qui commande, une autorité que le personnage ne devait pas avoir. On m'a donné un tablier. J'ai tâché d'y coudre une âme.

On m'a donné un tablier. J'ai tâché d'y coudre une âme.

Vous arrivait-il de modifier ces rôles de l'intérieur ?

Toujours, quand je le pouvais. Le Code Hays de 1934 verrouillait tout — pas une romance entre races, pas une once de dignité qui aurait dérangé le Sud —, et le système des studios nous coulait, nous autres, dans le même moule servile film après film. Mais un texte, ça se négocie. Devant les plus grandes, Katharine Hepburn dans Alice Adams par exemple, j'ai obtenu qu'on me laisse être drôle plutôt que simplement effacée, et le rire, croyez-moi, c'est une manière de tenir tête. Dans Show Boat, en 1936, ma Queenie avait une épaisseur que le stéréotype ne prévoyait pas. Je travaillais mes répliques comme une couturière reprend un ourlet : discrètement, pour que le vêtement tombe mieux. Personne au générique ne saluait ce travail-là. Il n'en était pas moins le mien.

Un texte, ça se négocie ; le rire est une manière de tenir tête.

Parlez-nous de la grande première d'Atlanta, en décembre 1939.

On ne m'y voulait pas. La Géorgie et ses lois ne toléraient pas qu'une actrice noire foule le tapis de la première de son propre film — le plus grand succès jamais tourné, et sa Mami priée de rester chez elle. David O. Selznick m'a envoyé un télégramme où il disait regretter profondément que les circonstances nous privent de ma présence, que mon interprétation était l'une des contributions les plus précieuses du film. De belles phrases pour une porte fermée. Clark Gable, lui, a menacé de boycotter la soirée par solidarité — il en était capable, cet homme avait le cœur droit. C'est moi qui l'en ai dissuadé. À quoi bon compromettre le film pour un geste ? J'ai avalé l'affront et gardé mon Oscar en tête, qui viendrait quelques semaines plus tard leur répondre mieux que n'importe quel scandale.

De belles phrases pour une porte fermée.

En dissuadant Gable de vous défendre, ne renonciez-vous pas à un combat ?

Voilà ce qu'on ne comprend pas toujours : il y a plus d'un front. Éclater à Atlanta, ç'aurait été offrir aux journaux du Sud le prétexte de dire que les nôtres ne savent pas se tenir, et couler la carrière de tous ceux qui viendraient après moi. J'ai choisi mon terrain ailleurs. Quelques années plus tard, quand mes voisins blancs de Sugar Hill ont porté plainte pour m'expulser, là je ne me suis pas tue — j'ai marché jusqu'au tribunal. Chaque bataille a son heure. Au cinéma, on m'avait appris la patience des seconds rôles ; j'en ai fait une stratégie. On avance masquée dans un monde qui a le Code Hays pour Bible et Plessy pour loi. Reculer d'un pas ici pour en gagner deux là-bas, c'est aussi une forme de courage.

Chaque bataille a son heure ; reculer d'un pas ici pour en gagner deux là-bas.
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"Hattie McDaniel (center), Chairman of the Negro Division of the Hollywood Victory Committee, takes time off from rehearsals...to lead a caravan of entertainers and hostesses to Minter Field,...for aWikimedia Commons, Public domain — Unknown authorUnknown author or not provided

Justement, racontez-nous ce procès de Sugar Hill.

En 1945, j'avais acheté une belle maison dans Sugar Hill, où vivaient quelques-uns des nôtres qui avaient réussi. Les voisins blancs ont sorti leurs contrats et leurs clauses restrictives raciales — ces lignes en petits caractères qui interdisaient de vendre à un non-Blanc — et ils ont voulu nous jeter dehors, comme on chasse des intrus. Cette fois, pas de télégramme d'excuses, pas de table au fond : le tribunal. Nous avons fait valoir que ces clauses violaient le Quatorzième amendement, et nous avons gagné. C'était plus grand que ma maison, croyez-moi. Trois ans après, la Cour suprême elle-même, dans Shelley contre Kraemer, a déclaré ces clauses inconstitutionnelles pour tout le pays. J'aime penser que notre petit combat de Sugar Hill a poussé, à sa mesure, cette porte-là.

C'était plus grand que ma maison ; c'était une porte poussée pour tout le pays.

Cette maison, qu'y avez-vous vécu au-delà du procès ?

Ah, cette maison, c'était mon vrai théâtre, celui où je jouais enfin mon propre rôle. J'y recevais artistes et musiciens noirs de la ville, je cuisinais pour eux — du poulet frit, des collard greens, du pain de maïs, la vraie soul food de mes racines du Kansas. On riait fort, on chantait, loin des projecteurs et des costumiers. Dans la vie, voyez-vous, je ne portais pas de tablier : des robes de qualité, des chapeaux à larges bords, une élégance que Mami n'avait jamais eu le droit d'afficher. Sugar Hill, c'était l'endroit où je pouvais être une femme accomplie plutôt qu'une servante de pellicule. Les voisins avaient voulu m'en chasser précisément parce qu'ils sentaient cela : qu'entre ces murs, la ségrégation perdait son emprise et qu'une Noire y vivait libre.

Dans la vie, je ne portais pas de tablier : Sugar Hill, c'était où je vivais libre.
Studio publicity Hattie McDaniel
Studio publicity Hattie McDanielWikimedia Commons, Public domain — Unknown authorUnknown author

Avant Hollywood, il y avait la musique. Comment cela a-t-il commencé ?

Avant les caméras, il y avait ma voix. Ma mère, Susan, chantait le gospel, et j'ai grandi le refrain aux lèvres. J'ai été chanteuse de blues, l'une des premières femmes noires à graver sa voix sur des disques dans ce pays — imaginez ce que cela voulait dire, à une époque où la scène et le sillon étaient à peu près les seuls endroits où l'on nous laissait exister. Les partitions qui traînent encore sur mon piano viennent de ce temps-là. Le blues m'a tout appris : le sens de la mesure, la manière de faire porter une émotion sans un mot de trop. Quand plus tard j'ai façonné Mami ou Queenie, c'est cette science-là que j'appliquais. Une actrice, au fond, ce n'est qu'une chanteuse qui a troqué la note contre la réplique.

Une actrice, ce n'est qu'une chanteuse qui a troqué la note contre la réplique.

Que représentaient pour vous les nuits de Central Avenue ?

Central Avenue, c'était notre Harlem de la côte ouest, le cœur battant de la communauté noire de Los Angeles. Le jour, je passais des heures sous les projecteurs, dans des vestiaires séparés de mes collègues blancs, en costume de bonne mal taillé. Le soir venu, je filais vers les clubs de jazz et de blues où l'on n'avait pas besoin de me reléguer au fond : j'y étais chez moi. Il m'arrivait de remonter sur scène et de chanter, comme aux premiers jours, entre des gens qui n'avaient rien à me pardonner. Dans ce pays, la ségrégation nous fermait tant de portes que la musique était l'une des rares scènes qu'on nous laissait. Nous en avons fait un royaume. Ces nuits-là me rendaient la respiration que les studios, tout le jour, m'avaient mesurée.

Ces nuits de Central Avenue me rendaient la respiration que les studios m'avaient mesurée.

Si vous imaginiez qu'on vous lise dans un siècle, que voudriez-vous qu'on retienne ?

Si l'on doit se souvenir de moi dans cent ans — quelle drôle d'idée, pour une fille de Wichita —, que ce ne soit pas seulement la première Noire à tenir un Oscar. J'ai dit un jour à un journaliste de Our World que la dignité d'une artiste ne se mesure pas au titre de son personnage, mais à la manière dont elle l'incarne. Voilà ce que je léguerais. J'ai porté le tablier qu'on m'imposait et j'y ai mis mon talent entier ; j'ai perdu la table des Oscars et j'ai gagné le tribunal de Sugar Hill. Mon père était né esclave et devint soldat de l'Union ; sa fille a fait entrer une statuette dorée dans la maison. Le chemin n'est pas fini, il ne le sera pas de mon vivant. Mais on aura vu qu'il montait.

La dignité d'une artiste ne se mesure pas au titre de son personnage, mais à la manière dont elle l'incarne.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Hattie McDaniel's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.