Imaginary interview

Imaginary interview with He Zehui

by Charactorium · He Zehui (1914 — 2011) · Sciences · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of He Zehui
Wikimedia Commons, Public domain — Unknown authorUnknown author

Pékin, un matin d'hiver, dans un appartement où les étagères ploient sous les revues de physique et où le thé refroidit près d'une pile de tirés-à-part. He Zehui, menue, vêtue d'un lainage usé jusqu'à la corde, s'assied sans façon. Elle parle bas, avec la précision de quelqu'un qui a passé sa vie à mesurer des traces invisibles au microscope.

Comment avez-vous vécu votre arrivée au département de physique de Tsinghua, en 1932 ?

J'avais dix-huit ans et une idée fixe : la physique. Le directeur du département, lui, avait une autre idée fixe : que cette discipline n'était pas faite pour des filles. Il nous prenait à part, nous, les rares étudiantes, et nous suggérait poliment d'aller voir ailleurs, biologie, lettres, peu importe, pourvu que nous libérions la place. À Tsinghua, on ne me chassait pas par la porte, on m'invitait à sortir par la fenêtre. J'ai fait la sourde. Quatre années durant, j'ai travaillé mes équations comme on aiguise un outil, et en 1936 je suis sortie major de ma promotion. Ce n'était pas de l'orgueil : je voulais simplement qu'une démonstration réponde à un préjugé. Les chiffres, eux, ne connaissent pas le sexe de celui qui les aligne.

On ne me chassait pas par la porte, on m'invitait à sortir par la fenêtre. J'ai fait la sourde.

Où avez-vous puisé la ténacité de tenir bon face à ce mépris ?

La ténacité, chez moi, n'a jamais eu l'allure d'une révolte. C'était plutôt une patience têtue, la même que j'ai retrouvée plus tard penchée des heures sur une émulsion, à mesurer une trace d'un dixième de millimètre. Je viens d'une famille de Suzhou où l'on tenait l'étude pour un devoir, non pour un ornement. Alors quand on me disait qu'une femme n'entendrait rien à la mécanique, je ne discutais pas : je rendais ma copie. Discuter fait du bruit ; réussir fait du silence, et le silence pèse davantage. J'ai compris très tôt que la meilleure réfutation d'un jugement injuste, c'est un résultat propre, vérifiable, que l'on ne peut ni contester ni attribuer à la chance.

Pourquoi, en 1938, avoir choisi une science aussi guerrière que la balistique, à Berlin ?

Parce que mon pays brûlait. Après l'incident du pont Marco Polo, en 1937, le Japon déferlait sur la Chine, et je ne pouvais pas rester à contempler des raies spectrales pendant qu'on bombardait mes provinces. La balistique — la science des trajectoires d'obus — m'a semblé le service le plus direct qu'une physicienne pût rendre à une nation envahie. Je suis donc partie pour l'Institut de technologie de Berlin, dans une Allemagne elle-même au bord du gouffre, étudier comment volent les projectiles. On me regardait comme une curiosité : une jeune Chinoise réclamant l'accès à une spécialité militaire réservée aux hommes. J'ai insisté jusqu'à ce que la porte cède. La science, pour moi, n'a jamais été un luxe contemplatif ; elle devait servir.

Je ne pouvais pas rester à contempler des raies spectrales pendant qu'on bombardait mes provinces.

Que représentait le fait d'être la première femme admise dans cette spécialité, puis d'y soutenir un doctorat en 1940 ?

Sur le moment, cela ne me flattait pas : c'était surtout un obstacle administratif de plus. On ne m'a pas ouvert cette voie, je l'ai forcée. En 1940, quand j'ai soutenu ma thèse à Berlin, j'étais la seule femme de la salle, et l'on aurait dit que le diplôme lui-même s'étonnait de m'échoir. Mais j'ai vite mesuré autre chose : chaque première ouvre une brèche pour celles qui suivent. Si une porte s'entrouvre pour une, elle ne se refermera plus tout à fait. Je ne pensais pas à la postérité, seulement à rentrer utile. Pourtant je sais aujourd'hui que ce petit trou dans un mur allemand a compté autant, peut-être, que mes calculs de trajectoire.

He Zehui 3
He Zehui 3Wikimedia Commons, Public domain — Unknown authorUnknown author

On raconte que votre mariage a commencé par une lettre de vingt-cinq mots. Vous souvenez-vous de ce message ?

La guerre rationnait tout, jusqu'aux mots. Le courrier international entre l'Allemagne et la France était limité à vingt-cinq mots — pas une syllabe de plus. C'est dans cet espace minuscule que Qian Sanqiang, resté à Paris, a logé sa demande en mariage. Imaginez : déclarer sa vie entière en autant de mots qu'un télégramme comptable. Il n'y avait pas de place pour les fioritures, seulement pour l'essentiel, ce qui, tout compte fait, rend la chose plus vraie qu'un long poème. J'ai répondu oui, dans le même format économe. Nous nous sommes mariés à Paris en 1946. Deux physiciens qui, ayant l'habitude de mesurer, avaient appris à dire beaucoup avec très peu.

Déclarer sa vie entière en autant de mots qu'un télégramme comptable.

Racontez-nous ce que vous avez observé, avec votre mari, dans le laboratoire des Joliot-Curie.

Nous bombardions de l'uranium avec une source de neutrons radium-béryllium, et nous relevions ce que les noyaux avaient laissé dans les plaques d'émulsion nucléaire. Depuis Hahn et Meitner, on savait qu'un noyau lourd, frappé, se coupe en deux. Or, sous le microscope, nous avons vu des noyaux se briser non pas en deux, mais en trois, et parfois en quatre fragments distincts, chaque éclat traçant sa propre griffe dans la gélatine. La tripartition, la quadripartition : ce n'était pas prévu au programme. Il a fallu compter, recompter, établir la fréquence de ces fissions rares. Frédéric et Irène Joliot-Curie ne cachaient pas leur contentement ; ils tenaient cela pour la plus belle chose sortie de leur laboratoire depuis la guerre.

Chaque éclat traçait sa propre griffe dans la gélatine.
He Zehui DYK
He Zehui DYKWikimedia Commons, Public domain — Unknown authorUnknown author

La presse vous a surnommée la « Marie Curie de Chine ». Comment avez-vous accueilli cette étiquette ?

Avec un mélange de gêne et de gratitude. La comparaison m'écrasait : Marie Curie avait défriché la radioactivité, et voilà qu'on me couronnait de son nom pour quelques fragments comptés dans une émulsion. Les journaux d'Occident aiment les formules qui frappent ; celle-là, en 1947, faisait vendre. Je préférais qu'on parlât du travail, pas de la personne. Cela dit, il y avait dans ce laboratoire parisien une filiation réelle : nous travaillions chez les héritiers directs des Curie, avec les mêmes instruments patients, la même discipline du détail. Alors si l'on tenait à ce surnom, je l'acceptais comme on accepte un fardeau honorable : moins une couronne qu'une dette envers celle qui m'avait précédée.

De retour en Chine, comment fabrique-t-on une physique nucléaire quand le pays ne possède presque rien ?

On la fabrique avec ce qu'on a, et l'on refuse de mendier le reste. Dans les années 1950, nos plaques d'émulsion nucléaire venaient de l'étranger, chères, rares, arrivant au compte-gouttes. J'ai entrepris d'en fabriquer chez nous, à la main, en ajustant les gélatines jusqu'à obtenir des plaques assez sensibles pour capter la trace d'une particule. Ce fut un travail obscur, de cuisine presque, mais il nous a rendus libres : un laboratoire qui dépend d'un fournisseur lointain n'est pas maître de ses questions. En même temps, nous bâtissions les premiers laboratoires de l'Institut de physique moderne, et je formais des jeunes gens à cette patience du microscope. Une science nationale ne s'importe pas ; elle se sème, chercheur par chercheur.

Un laboratoire qui dépend d'un fournisseur lointain n'est pas maître de ses questions.

Vous étiez l'une des plus grandes physiciennes du pays, et pourtant vous preniez l'autobus dans de vieux habits. Pourquoi ce dénuement choisi ?

Parce que je n'y voyais nul dénuement. J'ai gardé longtemps les mêmes vêtements, parfois rapiécés, j'ai pris l'autobus comme tout le monde, et j'ai habité un logement sans luxe à Pékin. Cela ne relevait d'aucune vertu affichée : simplement, ce qui m'intéressait coûtait rarement de l'argent — une équation, une trace bien mesurée, un étudiant qui comprend enfin. Le confort me paraissait une distraction, un bruit de fond dont je pouvais me passer. Mes repas étaient du riz et des légumes, mes soirées se partageaient entre les revues et les discussions de physique avec Qian Sanqiang. On m'a élue à l'Académie des sciences en 1980 ; cela n'a rien changé à la coupe de mon manteau. La reconnaissance est agréable, mais elle ne se porte pas sur les épaules.

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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in He Zehui's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.