Imaginary interview

Imaginary interview with Kaguya-hime

by Charactorium · Kaguya-hime · Mythology · 6 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.

Une nuit de pleine lune sur les hauteurs de Heian-kyō, dans une demeure que la richesse a embellie sans la rendre moins étrangère à celle qui l'habite. Derrière un store de bambou fendu, une silhouette vêtue de soie pâle contemple le ciel. Elle a accepté de parler, à voix basse, comme on confie un secret que l'on sait déjà près de finir.

Comment êtes-vous venue au monde des hommes ?

Je n'ai pas été enfantée, j'ai été trouvée. Un vieil homme, le Coupeur de bambou, taillait sa forêt comme chaque matin lorsqu'une tige s'est mise à briller d'une lumière qui n'appartenait pas à ce monde. Il l'a ouverte, et j'étais là, pas plus haute que trois pouces, déposée au creux du chaume comme une perle dans sa coquille. Le bambou est ainsi : droit, creux, traversé de lumière — un canal entre ce qui est en bas et ce qui veille en haut. Le vieillard m'a recueillie dans ses mains tremblantes et m'a portée à sa femme. Ils n'avaient pas d'enfant ; ils ont cru que le Ciel leur faisait grâce. Moi, je savais déjà, sans pouvoir le dire encore, que je n'étais pas un présent, mais un emprunt.

Je n'ai pas été enfantée, j'ai été trouvée — déposée dans le bambou comme une perle dans sa coquille.

Que représentait pour vous cette lumière dans laquelle on vous a découverte ?

Cette clarté, les gens du village l'ont prise pour un prodige, un signe des kami. Pour moi, c'était simplement la couleur du lieu d'où je venais, restée accrochée à ma peau comme la rosée reste sur l'herbe au matin. En quelques mois, j'ai grandi d'une enfant minuscule à une femme faite ; ce qui chez les filles d'ici prend trois lustres s'est accompli en une saison. Le vieux Coupeur de bambou continuait de trouver, dans chaque tige qu'il ouvrait, des pépites d'or — comme si l'on payait d'avance ma pension sur terre. Sa chaumière de chaume s'est changée en demeure. Mais l'or ne m'éclairait pas autant que la lune le soir, quand je m'asseyais près du store et que je sentais, sans en comprendre la cause, mes yeux se mouiller.

Vous souvenez-vous de vos premiers jours dans la maison paysanne ?

Le matin, on tirait l'eau froide du puits, on faisait cuire le riz et les légumes du potager — des courges, des haricots, ce que la terre voulait bien donner. L'après-midi, je filais, je tissais aux côtés de ma mère adoptive, et nos mains se ressemblaient alors, deux femmes humbles parmi les champs de bambou. J'ai aimé cette simplicité plus qu'on ne le croit. Quand les coffres se sont remplis et que l'on m'a enveloppée de kimono de soie, qu'on a paré mes cheveux d'ornements de jade, j'ai senti que chaque parure m'éloignait un peu plus de ces deux vieillards qui m'avaient nourrie de rien. La beauté qu'on me prêtait était une distance. Je serais restée volontiers la fille qui tisse, si l'on m'avait laissé ce choix.

Chaque parure m'éloignait un peu plus des deux vieillards qui m'avaient nourrie de rien.

Pourquoi votre beauté est-elle devenue, dit-on, légendaire ?

Je ne saurais le dire de moi-même, car un miroir ne connaît pas son propre éclat. Mais le bruit a couru de chaumière en palais, et l'on est venu de loin pour me voir comme on vient voir la première neige. Les courtisans s'arrêtaient devant le miroir en bronze poli de ma chambre, ajustant leur coiffe, persuadés que leur reflet suffirait à me séduire. Ils ne comprenaient pas que ce qu'ils prenaient pour de la beauté n'était que la trace de mon autre patrie, cette lumière froide que je portais malgré moi. Aux soirs de pleine lune, je me retirais dans mes appartements intérieurs, je composais quelques vers, je contemplais le ciel. Les hommes voyaient une femme à conquérir ; je n'étais qu'une voyageuse comptant les nuits qui lui restaient.

Les hommes voyaient une femme à conquérir ; je n'étais qu'une voyageuse comptant les nuits qui lui restaient.

Pourquoi avoir imposé à vos prétendants des épreuves impossibles ?

Cinq nobles parmi les plus puissants se sont présentés, chargés de présents, certains de m'acheter comme on achète une étoffe rare. Je ne pouvais les renvoyer d'un mot — une femme de mon temps ne refuse pas un prince sans périr de l'avoir offensé. Alors j'ai demandé à chacun l'introuvable : le bol de pierre du Bouddha, le rameau de l'arbre aux joyaux de l'île d'Hōrai, la robe de peau du rat de feu, le joyau au cou du dragon, le coquillage que cache l'hirondelle. Des choses qui n'existent que dans les récits. Ce n'était pas cruauté, mais l'unique langage qui me permît de dire non sans le dire. Tous ont échoué — l'un par mensonge démasqué, l'autre par lâcheté, un autre faillit y laisser la vie. Mon cœur n'était pas à donner à la terre.

Je demandais l'introuvable : c'était l'unique langage qui me permît de dire non sans le dire.
Kaguya-hime by Mitsutani Kunishiro (Kasama Nichido Museum of Art)
Kaguya-hime by Mitsutani Kunishiro (Kasama Nichido Museum of Art)Wikimedia Commons, Public domain — Mitsutani Kunishiro 満谷国四郎 (1874-1936)

N'était-ce pas une audace, pour une femme de l'époque de Heian, de refuser ainsi le mariage ?

On me l'a assez reproché. À la cour des Fujiwara, une fille était une alliance, un pont entre deux maisons, parfois un degré vers le trône. Refuser, c'était se placer hors du monde — et c'est précisément ce que j'étais, sans encore l'avouer. Je voyais ces prétendants empiler les épreuves comme on empile les preuves d'un amour qui n'en était pas un : ils convoitaient le prestige de me posséder, non ma personne. Le Taketori monogatari dira de moi que je tenais mon destin entre mes mains ; la vérité plus humble, c'est que je savais mon destin écrit ailleurs, sur la lune, et qu'aucune noce terrestre ne pouvait en effacer la ligne. Je n'ai pas été courageuse. J'ai été fidèle à ce que j'étais.

Que diriez-vous de votre rencontre avec l'empereur lui-même ?

Le Mikado entendit parler de moi comme on entend parler d'un trésor que nul sujet ne devrait posséder avant son souverain. Il m'envoya quérir ; je refusai de paraître. Il vint alors lui-même, sous prétexte d'une chasse, et me surprit dans ma demeure. Un instant, dit-on, ma forme vacilla et devint lumière entre ses mains — car celui qui n'est pas de ce monde ne se laisse pas saisir par le pouvoir de ce monde. L'empereur comprit qu'aucun palais de Heian-kyō, aucune couronne, ne pourrait me retenir. Nous avons échangé, des années durant, des poèmes portés par des messagers. C'est la seule tendresse que j'aie connue ici : faite de distance et d'encre, jamais de possession. Même le maître de tout le Japon a dû apprendre qu'il est des êtres que l'on n'épouse pas.

Même le maître de tout le Japon a dû apprendre qu'il est des êtres que l'on n'épouse pas.
Kaguya Hime
Kaguya HimeWikimedia Commons, Public domain — Suzuki Harunobu (school of) (Japan)

On raconte qu'un présent de vous gagna le sommet du Mont Fuji. Qu'en est-il ?

Avant de partir, j'ai laissé à l'empereur une lettre et une fiole — un peu de l'élixir d'immortalité que les miens m'avaient remis. C'était mon dernier geste vers ce monde : lui offrir l'éternité que j'allais regagner. Mais à quoi sert de vivre toujours quand l'unique visage qu'on désire revoir a disparu dans le ciel ? Il l'a compris mieux que moi. Il ordonna que la fiole fût portée à la montagne la plus proche du ciel et qu'on l'y brûlât, pour que la fumée monte vers moi. On dit que c'est depuis ce jour que la cime du Fuji fume sans cesse, et que la montagne porte le nom de l'immortalité refusée. Voilà ce qui reste de nous : non un baiser, mais une fumée qui cherche la lune.

Voilà ce qui reste de nous : non un baiser, mais une fumée qui cherche la lune.

Comment avez-vous su que l'heure du retour était venue ?

Cela commença par les larmes, sans cause apparente, chaque soir où la lune grossissait. Mon père adoptif s'en inquiétait ; je ne pouvais lui répondre. Puis un printemps, je n'ai plus pu me taire : je leur ai dit que je n'étais pas de cette terre, que j'étais née de la Lune, et qu'au quinzième jour du huitième mois, au plein de l'astre, les miens viendraient me reprendre. Le vieux Coupeur de bambou qui m'avait tirée d'une tige brillante a pleuré comme un enfant. Il a fait dresser des gardes, l'empereur a envoyé deux mille soldats cerner la maison. Pauvres armes des hommes : contre la lumière qui descend, aucune flèche ne se bande. Je le savais. Je les ai laissés croire qu'on pouvait me défendre, par tendresse pour leur courage inutile.

Que ressent-on à quitter une terre où l'on a été aimée ?

Quand le cortège céleste est descendu sur son nuage, on m'a tendu la robe de plumes et la coupe d'élixir. On m'avait prévenue : revêtir ce vêtement, c'est tout oublier — le chagrin, mais aussi l'amour, et jusqu'au souvenir de ces deux vieillards. Voilà la véritable épreuve, bien plus que les cinq que j'avais imposées. J'ai eu le temps d'écrire une dernière lettre, de poser ma main une dernière fois sur ce monde, puis la plume m'a enveloppée et tout est devenu lointain comme une vie rêvée. Les bouddhistes appellent cela l'impermanence — que rien ne dure, que tout retourne à sa source. Je suis cette loi faite femme : un éclat prêté au bambou, repris par la lune. Ne pleurez pas pour moi. Pleurez plutôt ce qui, en vous, ne sait pas encore qu'il devra partir.

Je suis l'impermanence faite femme : un éclat prêté au bambou, repris par la lune.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Kaguya-hime's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.