Imaginary interview

Imaginary interview with Kaguya-hime

by Charactorium · Kaguya-hime · Mythology · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.

C'est dans les appartements intérieurs de la demeure agrandie du vieux Coupeur de Bambou, quelque part dans la campagne proche de Heian-kyō, qu'un soir d'automne le Mikado vient s'entretenir avec Kaguya-hime. La lune éclaire les paravents de soie et les champs de bambou bruissent au-dehors. Ils se connaissent : l'empereur l'a courtisée, a échangé avec elle des poèmes, et n'a jamais pu la retenir. Il vient ce soir non plus en souverain, mais en homme qui pressent qu'elle lui échappera bientôt.

Princesse, on raconte que le vieil homme t'a trouvée enfant dans une tige de bambou brillante. Cette nuit-là, te souviens-tu seulement d'être venue au monde ainsi ?

Souverain, je ne me souviens pas de l'instant où le vieillard ouvrit la tige — mais je connais le récit qu'il en fait. En coupant le bambou dans sa forêt, il vit une lumière extraordinaire jaillir d'une tige, et m'y découvrit, petite fille de trois pouces de haut. Il m'a prise au creux de ses mains comme on prend un trésor du ciel. Cette lumière n'était pas du bois : elle était un signe, le passage du merveilleux dans le monde des hommes. Le bambou ploie sans rompre, il relie la terre basse aux hauteurs — voilà pourquoi je suis venue par lui. Le vieil homme, lui, n'a vu qu'une enfant à aimer. Moi je sais déjà que j'étais un présent qu'on lui prêtait.

J'étais un présent qu'on lui prêtait, non un trésor qu'on lui donnait.

Tu vivais dans une simple maison de chaume, parmi les paysans, à filer et tisser. Comment une telle splendeur a-t-elle pu grandir dans ce foyer modeste ?

C'est dans cette humble demeure que j'ai grandi, et je n'en rougis pas. Le matin, je puisais l'eau froide et partageais les tâches du foyer ; l'après-midi, je filais et tissais comme les filles de la campagne. Mes parents adoptifs m'aimaient d'un amour simple, et le riz, les légumes de saison nous suffisaient. Puis ma beauté est devenue légende, et la maison s'est emplie de soieries, de kimono offerts, de miroirs de bronze poli. Mais sous ces parures, je restais celle qui contemplait la lune le soir. Le merveilleux n'a pas besoin de palais pour naître ; il grandit aussi bien sous un toit de chaume, entre des champs de bambou.

Le merveilleux n'a pas besoin de palais pour naître.

Cinq nobles t'ont couverte de présents pour t'épouser. Tu leur as imposé des épreuves irréalisables. Étais-tu donc résolue à n'appartenir à personne ?

Ces cinq seigneurs venaient avec des présents somptueux, persuadés qu'une femme se gagne comme une terre. Je ne les ai pas chassés : je leur ai demandé l'impossible, des trésors que nul mortel ne peut atteindre. Ainsi chacun s'est révélé tel qu'il était, et aucun n'a tenu. Ce n'était pas cruauté, souverain, mais vérité — je savais que je n'étais à personne, et que prétendre le contraire eût été mentir. Une femme de la cour de Heian n'a guère le droit de refuser ; moi, je l'avais, et je l'ai exercé. Mon cœur n'était pas libre de se donner : il était déjà promis ailleurs, plus haut que toutes les promesses terrestres.

Je leur ai demandé l'impossible pour que chacun se révèle tel qu'il était.

Et moi, Kaguya-hime ? Quand je suis venu te voir, espérant te garder auprès de moi au palais, pourquoi m'as-tu repoussé comme les autres ?

Toi, souverain, tu n'étais pas comme les cinq prétendants. Tu n'es pas venu avec des coffres ni des exigences, et nos poèmes échangés, je les garde. Je ne t'ai pas repoussé par dédain — comment dédaigner celui à qui nul au Japon ne peut rien refuser ? Mais c'est justement là ma douleur : même l'autorité suprême, même l'empereur, ne peut me retenir. Si je m'étais donnée à quiconque, c'eût été à toi ; et c'est pourquoi mon refus t'a coûté, et m'a coûté davantage. Mon destin n'obéit pas au trône du Yamato. Tu règnes sur les hommes, mais non sur ce qui, en moi, appartient au ciel.

Si je m'étais donnée à quiconque, c'eût été à toi.

Les soirs, dit-on, tu te retires pour composer des poèmes et fixer la lune. Qu'y cherches-tu, toi qui sembles toujours ailleurs ?

Tu l'as remarqué, souverain, car tu m'observes mieux que tu ne l'avoues. Le soir, après le repas simple partagé avec mes parents, je me retire et je regarde la lune monter au-dessus des bambous. Les autres y voient une beauté ; moi j'y entends un appel. Chaque pleine lune me serre le cœur d'une mélancolie que je ne sais nommer aux humains. Je compose alors quelques vers, non pour la cour, mais pour apaiser ce qui m'attire là-haut. Tu m'as vue triste sans en comprendre la cause — c'est que je pressens, de mois en mois, l'heure où l'on viendra me reprendre.

Les autres y voient une beauté ; moi j'y entends un appel.
Kaguya-hime by Mitsutani Kunishiro (Kasama Nichido Museum of Art)
Kaguya-hime by Mitsutani Kunishiro (Kasama Nichido Museum of Art)Wikimedia Commons, Public domain — Mitsutani Kunishiro 満谷国四郎 (1874-1936)

Tu parles de la lune comme d'une patrie. Veux-tu dire que ce monde-ci, et tous ceux qui t'y aiment, ne sont pour toi qu'un exil ?

Ne le prends pas ainsi, souverain. La Lune, Tsuki, est ma véritable demeure — j'en suis descendue, et l'on m'y rappellera bientôt. Cela ne fait pas de la terre un cachot : j'y ai connu l'amour du vieil homme, les saisons, tes poèmes. Mais tout ici passe et se défait, comme l'enseignent les sages : rien ne demeure, et c'est dans ce monde fragile que j'ai appris le prix des choses. Là-haut, on ne pleure ni ne vieillit, mais on n'aime pas non plus comme vous aimez. Mon retour n'est pas une fuite : c'est une loi à laquelle ni toi ni moi ne pouvons rien.

Tout ici passe et se défait — c'est dans ce monde fragile que j'ai appris le prix des choses.

On murmure que tu laisseras derrière toi un élixir d'immortalité. À qui le destines-tu, et pourquoi à moi un tel présent ?

Avant de remonter, je laisserai un dernier gage à cette terre — et c'est à toi, souverain, que je veux le confier. Un élixir qui prolonge la vie au-delà de toute mesure mortelle, lien entre ton monde et celui d'où je viens. Mais sache une chose : que vaut une vie sans fin si celle qu'on aime s'en est allée vers la lune ? Je crains que tu ne veuilles point de cette éternité sans moi. Garde-le, ou n'en fais rien — ce sera ton choix d'homme et d'empereur. Moi, je te laisse ce que je peux : non ma présence, qui m'est interdite, mais un souvenir qui ne se flétrira pas.

Que vaut une vie sans fin si celle qu'on aime s'en est allée vers la lune ?
Kaguya Hime
Kaguya HimeWikimedia Commons, Public domain — Suzuki Harunobu (school of) (Japan)

Quand viendront te chercher ces êtres de lumière, pourras-tu seulement te souvenir de nous, ou tout s'effacera-t-il ?

Voilà ce que je redoute le plus, souverain. On dit que ceux de la Lune font revêtir aux partants un habit céleste qui efface toute attache terrestre — la peine, le regret, et jusqu'au souvenir de ceux qu'on a aimés. Une fois ce vêtement posé sur mes épaules, je ne pleurerai plus, car je ne saurai plus pourquoi pleurer. C'est pour cela que ces derniers mois me sont si précieux et si cruels. Je voudrais graver ton visage, celui du vieil homme, le bruissement des bambous, avant qu'on ne me dépouille de tout cela. Souviens-toi de moi à ma place, puisque je n'en aurai bientôt plus le pouvoir.

Une fois l'habit céleste posé, je ne pleurerai plus — car je ne saurai plus pourquoi.

Jamais, dans nos récits, une femme n'avait tenu le cœur d'une histoire comme tu tiens la tienne. Sais-tu ce que tu inaugures ainsi ?

Je ne sais ce qu'il adviendra des récits après moi, souverain — je n'en suis pas le juge. Mais je sais que je n'ai pas voulu être la demoiselle qu'on sauve ou qu'on marie selon le vouloir des hommes. J'ai choisi mes épreuves, refusé mes prétendants, et même devant toi j'ai gardé mon destin entre mes mains jusqu'au bout. Si les conteurs me redisent un jour, qu'ils disent au moins cela : qu'une femme, dans le monogatari, peut être le cœur qui décide et non l'ombre qui subit. Le reste, la beauté, le merveilleux, ce ne sont que les habits du récit.

Une femme peut être le cœur qui décide et non l'ombre qui subit.

Avant de te perdre, dis-moi : que voudrais-tu qu'on retienne de toi, lorsque le Taketori monogatari sera redit de bouche en bouche ?

Tu me presses comme un homme qui sait l'heure proche, et tu as raison. Qu'on retienne ceci : je suis venue d'une tige de bambou et je repartirai vers la lune, et entre ces deux lumières j'ai été aimée et j'ai aimé à ma manière. Qu'on ne fasse pas de moi une simple merveille, ni une princesse hautaine. Je fus une enfant trouvée, devenue femme libre dans un monde qui ne le permettait guère. Si l'on me redit, que ce soit comme celle qui passa parmi les hommes sans leur appartenir, et qui laissa, en s'en allant, plus de regret que de réponses. Cela, souverain, suffira à ma mémoire.

Je passai parmi les hommes sans leur appartenir, et laissai plus de regret que de réponses.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Kaguya-hime's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.