Imaginary interview with Kaguya-hime
by Charactorium · Kaguya-hime · Mythology · 4 min read
Ce matin-là, deux jeunes visiteurs en classe découverte s'assoient devant une dame d'une beauté étrange, vêtue de soie claire. Elle sourit doucement, comme si elle venait de très loin. Elle s'appelle Kaguya-hime, et elle accepte de leur raconter son histoire.
—C'est vrai que vous êtes née dans une plante ? Ça s'est passé comment ?
Oui, mon enfant, et c'est l'histoire la plus douce de ma vie. Un vieil homme, le Coupeur de Bambou, travaillait dans la forêt. Imagine une forêt silencieuse, juste le craquement des tiges sous sa lame. Soudain, une tige brille d'une lumière qui n'existe pas sur terre. Il l'ouvre, et il me trouve : une toute petite fille, pas plus grande que sa main. Le Taketori monogatari dit que je faisais « trois pouces de haut ». Ce vieil homme et sa femme n'avaient pas d'enfant. Ils m'ont élevée comme leur trésor. Tu sais, on peut naître d'un bambou et être aimée pour de vrai.
On peut naître d'un bambou et être aimée pour de vrai.
—C'était comment, votre maison quand vous étiez petite ?
C'était une maison toute simple, mon enfant. Du bois, un toit de chaume, posée au milieu des champs de bambou. Imagine une odeur de riz qui cuit le matin, et de l'eau froide pour se laver le visage. On mangeait des choses simples : du riz, des légumes du jardin, parfois un poisson séché. Mes parents adoptifs étaient pauvres mais le cœur grand. Le soir, je regardais déjà la Lune par l'ouverture, sans savoir encore pourquoi elle m'attirait tant. Une maison modeste, mais c'est là que j'ai appris ce qu'est la tendresse.
Une maison modeste, mais c'est là que j'ai appris la tendresse.
—On dit que votre histoire est très très vieille. C'est la plus ancienne ?
C'est ce qu'on raconte, et cela me touche. Mon histoire s'appelle le Taketori monogatari, écrite vers l'an 910, à l'époque de Heian. Un monogatari, c'est simplement le mot japonais pour « un récit, une histoire ». Le mien est l'un des tout premiers écrits en prose au Japon. Tu sais ce qui était nouveau ? D'habitude, dans les récits, la fille attend qu'un héros la sauve. Moi, je décide moi-même. Je suis l'héroïne, pas la demoiselle en détresse. Beaucoup d'histoires japonaises sont nées après la mienne, comme des petites sœurs.
Je suis l'héroïne, pas la demoiselle en détresse.
—Pourquoi vous vouliez pas vous marier avec les princes qui venaient ?
Ah, les prétendants ! Imagine cinq grands nobles, couverts de soie, qui arrivent avec des cadeaux somptueux pour me conquérir. Mais moi, je sentais déjà que ma place n'était pas ici. Alors je leur ai donné à chacun une épreuve impossible : rapporter des objets qui n'existent presque pas dans ce monde. À mon époque, une femme avait très peu le droit de dire non. Moi, j'ai dit non, et avec intelligence. Ce n'était pas de la cruauté, mon enfant. C'était ma façon de rester libre.
Dire non avec intelligence, c'était ma façon de rester libre.
—Et les princes, ils ont réussi vos épreuves ?
Aucun, mon enfant ! Chacun a tenté de me tromper. L'un a fabriqué un faux trésor, un autre a inventé un voyage qu'il n'avait jamais fait. Mais le mensonge se voit toujours, comme une fissure dans un beau vase. Mes épreuves n'étaient pas seulement des défis : elles montraient le vrai cœur de chacun. Tu vois, je ne cherchais pas l'homme le plus riche ni le plus puissant. Je cherchais quelqu'un de sincère. Et même les plus grands seigneurs de la cour impériale n'ont pas su l'être.
Le mensonge se voit toujours, comme une fissure dans un beau vase.

—Même l'empereur a essayé de vous garder ? Il était pas trop puissant ?
Oui, le Mikado, l'empereur du Japon lui-même, a voulu me garder près de lui. C'était l'homme le plus puissant de tout le pays, mon enfant. Imagine un palais immense, des gardes, de l'or partout. À l'époque de Heian, sa parole était presque sacrée. Et pourtant, même lui n'a pas pu me retenir. Pas parce qu'il était faible, mais parce que certaines choses sont plus fortes que tous les rois : le destin. J'appartenais à un autre monde, et aucun trône sur terre ne pouvait changer cela.
Aucun trône sur terre ne peut retenir ce qui appartient au ciel.
—Vous avez laissé un cadeau à l'empereur avant de partir ?
Oui, et c'est un adieu un peu triste. Avant de partir, j'ai laissé à l'empereur un élixir d'immortalité, une potion venue de la Lune qui empêche de mourir. Un cadeau merveilleux, non ? Et pourtant, l'empereur n'en a pas voulu. Sans moi, vivre éternellement n'avait plus de sens pour lui. Alors, dit-on, il a fait porter cet élixir au sommet de la plus haute montagne, le Mont Fuji, pour le brûler. La fumée monte encore vers le ciel, comme un message qu'on envoie à celle qu'on a perdue.
Sans amour, même vivre toujours n'a plus de saveur.

—Ça vous a fait quoi de devoir retourner sur la Lune ?
Mon enfant, c'est la partie la plus déchirante. La Lune est ma vraie patrie, mon lieu de naissance caché depuis le début. Quand l'heure est venue, des êtres de lumière sont descendus me chercher. Je le savais, et pourtant mon cœur se brisait. J'aimais tant mes parents de la terre ! Mais je devais repartir. Dans la pensée de mon temps, rien ne dure toujours : ni la beauté, ni le bonheur, ni même la peine. C'est ce qu'on appelle l'impermanence. J'ai pleuré en montant vers le ciel, comme on pleure en quittant ceux qu'on aime.
Rien ne dure toujours, ni la beauté, ni la peine.
—Vous étiez triste de quitter vos parents qui vous avaient trouvée ?
Terriblement, mon enfant. Ce vieux Coupeur de Bambou et sa femme m'avaient aimée sans rien attendre en retour. Imagine : ils m'avaient trouvée minuscule, ils m'avaient nourrie, bercée, regardée grandir. Et voilà que je devais les abandonner pour la Lune. Avant de partir, on m'a fait revêtir un manteau céleste qui efface les souvenirs et les chagrins de la terre. Mais avant de l'enfiler, j'ai laissé une lettre et des larmes. Tu vois, même une princesse du ciel pleure quand elle quitte ceux qui l'ont aimée pour de vrai.
Même une princesse du ciel pleure quand elle quitte ceux qui l'ont aimée.
—Pourquoi les gens racontent encore votre histoire après tant de temps ?
Parce qu'elle parle à tous les cœurs, je crois. Depuis plus de mille ans, on rejoue mon histoire au théâtre, on la peint, on la chante. Le motif de la tige de bambou qui brille dans la nuit, ça ne s'oublie pas. Tu sais pourquoi ? Parce que tout le monde a, un jour, aimé quelqu'un qu'il a dû laisser partir. Mon histoire dit une chose simple : aimer fort, même si ça finit. Et si, ce soir, tu regardes la Lune et que tu penses à moi, alors je ne suis pas vraiment partie.
Regarde la Lune et pense à moi : alors je ne suis pas vraiment partie.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Kaguya-hime's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.

