Imaginary interview

Imaginary interview with Theodora

by Charactorium · Theodora (497 — 548) · Politics · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.

Deux élèves de douze ans, en classe découverte, poussent la lourde porte d'une salle aux murs couverts de mosaïques dorées. Au fond, sur un siège de marbre, une femme au regard vif les attend. Elle s'appelle Théodora, impératrice de Byzance, et elle a accepté de tout leur raconter.

Vous êtes née où, et vos parents faisaient quoi quand vous étiez petite ?

Tu sais, mon enfant, je ne suis pas née dans un palais. Je suis venue au monde à Constantinople, vers l'an 497, dans une famille du cirque. Imagine le plus grand stade de la ville, l'Hippodrome, plein de cris et de poussière. Mon père y dressait des bêtes sauvages, des ours, des fauves. Ma mère, elle, montait sur scène pour faire rire et danser la foule. Moi, toute petite, j'ai grandi entre les loges et la piste. On ne m'a jamais appris que je deviendrais grande. À mon époque, une fille du cirque, c'était tout en bas de l'échelle. C'est pour ça que mon histoire étonne encore.

Je ne suis pas née dans un palais, mais entre les loges du cirque.

Et comment une fille du cirque peut devenir impératrice ? C'est fou !

Oui, c'était fou, et beaucoup l'ont trouvé scandaleux. Avant le palais, j'étais danseuse et actrice. À mon époque, on appelait ça une courtisane — une femme pauvre qui vivait grâce à des protecteurs riches. Personne ne s'inclinait devant moi. Puis j'ai rencontré Justinien, le neveu de l'empereur. Il m'a aimée et m'a épousée en 527. Ce jour-là, on m'a posé sur le front le diadème, cette couronne de pierres précieuses, et j'ai revêtu la pourpre, ce tissu teint d'un rouge profond réservé à la seule famille impériale. Imagine la fille de la piste portant soudain la couleur des souverains. Personne n'avait jamais vu ça.

On m'a posé sur le front la couronne des rois, à moi, la fille de la piste.

En 532, il y a eu une révolte. Vous aviez peur de mourir ?

La peur, oui, je l'ai sentie passer. En 532, la ville s'est embrasée : c'est ce qu'on a appelé la révolte de Nika. Les gens en colère brûlaient les rues de Constantinople et voulaient renverser mon mari. Dans la salle du conseil, tout le monde tremblait. Les ministres avaient déjà préparé un bateau pour s'enfuir par la mer. Justinien lui-même hésitait, prêt à partir. Imagine la scène : l'empereur, presque vaincu, regardant la porte de sortie. Moi, j'ai senti que si nous fuyions cette nuit-là, nous ne serions plus jamais rien. Alors j'ai parlé. Et ma voix a tenu là où les hommes faiblissaient.

Tout le monde tremblait, mais ma voix a tenu là où les hommes faiblissaient.

Et vous avez dit quoi exactement pour qu'il décide de rester ?

Je leur ai dit que je ne pouvais pas supporter l'idée de fuir. Puis j'ai prononcé ces mots, que l'on a retenus : « Celui qui a revêtu la pourpre ne peut la quitter pour devenir exilé. » Tu comprends ? Pour moi, mieux valait mourir en impératrice que vivre cachée, sans nom. Ce jour-là, mon courage a réveillé celui de Justinien. Il a séché ses larmes, rassemblé ses généraux, et il est resté. La révolte a été matée. Vois-tu, parfois une seule personne qui refuse de courir suffit à retenir tous les autres. J'avais grandi dans la peur d'être rien : je n'allais pas le redevenir en m'enfuyant.

Mieux valait mourir en pourpre que vivre cachée, sans nom.

C'était comment, une journée normale pour vous dans le palais ?

Mes journées étaient bien remplies, tu sais. Je vivais au Sacré-Palais, un immense ensemble de salles, de jardins et de bains au bord de la mer. Le matin, mes servantes m'habillaient pour les cérémonies. L'après-midi, je recevais des ambassadeurs venus de pays lointains, j'écoutais leurs demandes, je donnais mon avis sur les lois. Beaucoup croient qu'une impératrice ne sert qu'à être belle aux banquets. Faux. Je pesais sur les nominations, je conseillais Justinien sur les affaires de l'Empire. Imagine une femme assise non pas pour décorer, mais pour décider. Le soir venu, dans les mosaïques dorées, je discutais encore politique avec mon mari.

Une impératrice n'est pas là pour décorer un banquet, mais pour décider.
Sculpture by Theodora Barazzone at Cimetière des Rois-IMG 4522
Sculpture by Theodora Barazzone at Cimetière des Rois-IMG 4522Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 fr — Rama

Et vous mangiez quoi, le soir, à la table de l'empereur ?

Ah, la table impériale ! Imagine des plats venus de toute la Méditerranée. On nous servait des viandes — agneau, volaille, bœuf —, des poissons pêchés dans la mer toute proche, du pain blanc bien tendre, des fruits secs apportés de l'Orient par les marchands. Le miel coulait sur les douceurs, et le vin remplissait des coupes précieuses. Mais ne crois pas que je pensais qu'à manger. Quand j'avais faim, enfant, au cirque, je n'avais pas tout ça. Alors à chaque banquet, je me souvenais du chemin parcouru. Le luxe ne m'éblouissait pas : je savais d'où je venais, et c'est ce qui me gardait les pieds sur terre.

Le luxe ne m'éblouissait pas : je me souvenais toujours d'où je venais.

C'est vrai que vous avez fait des lois exprès pour aider les femmes ?

C'est vrai, et j'en suis fière. À mon époque, une femme avait peu de droits : on pouvait la chasser, la priver de ses biens, sans qu'elle puisse se défendre. Avec mon influence sur Justinien, j'ai poussé pour de nouvelles lois. On les a écrites dans des textes officiels qu'on appelait les Novelles. Désormais, une femme abandonnée par son mari était mieux protégée. Elle pouvait garder sa propriété, demander le divorce, ne plus être jetée comme rien. J'ai même fait protéger les actrices, ces filles du théâtre que tout le monde méprisait — comme on m'avait méprisée. Imagine : la fille du cirque écrivant la loi pour ses semblables.

La fille du cirque a fini par écrire la loi pour celles qu'on méprisait.
Sculpture by Theodora Barazzone at Cimetière des Rois-IMG 4521
Sculpture by Theodora Barazzone at Cimetière des Rois-IMG 4521Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 fr — Rama

Pourquoi ça vous tenait autant à cœur, les femmes pauvres ?

Parce que j'avais été l'une d'elles, mon enfant. Je n'avais pas oublié. Avant le diadème, j'avais vu des filles seules, sans argent, sans personne pour les défendre. Personne ne signait de loi pour elles. Quand on a connu le froid d'en bas, on ne l'oublie jamais une fois en haut. Beaucoup de puissants, dès qu'ils montent, méprisent ceux qu'ils ont quittés. Moi, c'était l'inverse : plus j'avais de pouvoir, plus je voulais m'en servir pour celles d'en bas. Une couronne ne sert à rien si on s'en sert juste pour soi. Voilà ce que je voulais laisser : des lois qui restent quand l'impératrice, elle, s'en va.

Une couronne ne sert à rien si on s'en sert juste pour soi.

On m'a dit que vous protégiez des gens que l'Église trouvait dangereux ?

Oui, et c'était courageux, car je risquais gros. À mon époque, les chrétiens n'étaient pas tous d'accord sur la foi. Un groupe, qu'on appelait les monophysites, était jugé hérétique — c'est-à-dire dans l'erreur — par les chefs religieux de Rome. On les pourchassait, on chassait leurs évêques. Moi, je pensais autrement. J'ai ouvert mes portes à ces croyants traqués, je leur ai offert un refuge, j'ai financé leurs abris. Imagine cacher dans ton palais des gens que les puissants veulent faire taire. C'était dangereux, mais je croyais qu'on n'a pas le droit de persécuter quelqu'un pour sa prière. Mon mari, lui, penchait de l'autre côté : nous n'étions pas toujours d'accord.

On n'a pas le droit de persécuter quelqu'un pour sa prière.

Avant de partir, qu'est-ce que vous aimeriez qu'on retienne de vous ?

Bonne question, mon enfant. Quand je suis morte, en 548, on a continué de bâtir et de protéger en mon nom. J'ai aidé à élever des églises, comme celle de Saint-Serge-et-Bacchus, et soutenu des monastères. Mais ce n'est pas la pierre que je veux que tu retiennes. Souviens-toi plutôt qu'une enfant née tout en bas, dans la poussière du cirque, a fini par changer des lois et sauver un Empire. Si on t'a dit un jour que tu ne serais rien, ne le crois pas. Le rang où l'on naît ne décide pas de celui où l'on finit. Voilà ce que je vous laisse, à toi et à ton ami.

Le rang où l'on naît ne décide pas de celui où l'on finit.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Theodora's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.