Biographie

Artisan et inventeur chinois du XIe siècle, Bi Sheng est l'inventeur de l'imprimerie à caractères mobiles en terre cuite vers 1040, sous la dynastie Song. Son invention précède de quatre siècles celle de Gutenberg en Europe.

Bi Sheng(990 — 1052)

Bi Sheng

dynastie Song du Nord

9 min de lecture

TechnologieSciencesInventeur/triceMoyen ÂgeChine médiévale, dynastie Song des Northern Song (960-1127), période de grandes innovations techniques et intellectuelles

Questions fréquentes

Bi Sheng (990-1052) était un artisan chinois de la dynastie Song du Nord qui a inventé le premier système d'impression à caractères mobiles en terre cuite vers 1040. Ce qu'il faut retenir, c'est que son procédé a précédé de quatre siècles celui de Gutenberg en Europe. Bien que moins connu que l'imprimeur allemand, Bi Sheng a posé le principe fondamental de la typographie moderne : des caractères individuels réutilisables, composés sur une plaque, encrés et pressés. Son invention a permis une diffusion plus rapide des textes, mais la complexité de l'écriture chinoise a limité son adoption massive face à la xylographie.

Faits marquants

  • Vers 1040 : invention des caractères mobiles en terre cuite sous la dynasty Song du Nord
  • Sa technique est décrite par Shen Kuo dans le 'Mengxi Bitan' (vers 1088)
  • Les caractères étaient fabriqués en argile cuite et fixés sur une plaque de résine pour l'impression
  • Son invention précède de quatre siècles la presse de Gutenberg (vers 1450) en Europe
  • Les caractères mobiles en bois puis en métal furent développés après lui en Asie orientale

Œuvres & réalisations

Système d'impression à caractères mobiles en terre cuite (活字印刷术) (vers 1040)

Invention consistant à graver des caractères individuels sur des cubes d'argile cuite, à les composer sur une plaque de fer et à les réutiliser après impression. Premier système de caractères mobiles documenté au monde, il précède l'invention de Gutenberg de quatre siècles et pose le principe fondamental de toute typographie moderne.

Procédé de fixation par adhésif thermique (vers 1040)

Innovation technique consistant à fixer les caractères mobiles sur une plaque de fer à l'aide d'un mélange de résine, cire et cendres chauffé puis refroidi. Ce procédé réversible permet de composer une page, d'imprimer, puis de récupérer intacts les caractères — principe central de l'imprimerie à caractères mobiles.

Système de double-plateau en alternance (vers 1040)

Méthode de productivité documentée par Shen Kuo : Bi Sheng travaille simultanément avec deux plaques de fer. Pendant que l'une refroidit et sert à l'impression, il compose la page suivante sur la seconde — une organisation du travail qui double le rendement de l'atelier.

Classification phonétique des caractères pour l'imprimerie (vers 1040)

Système de rangement des milliers de caractères en terre cuite dans des casiers étiquetés par catégorie phonétique (rime), permettant à l'imprimeur de retrouver rapidement le signe voulu. Cette innovation organisationnelle est aussi importante que la technique elle-même pour rendre le système utilisable en pratique.

Anecdotes

Vers 1040, Bi Sheng met au point une méthode révolutionnaire : il taille des caractères individuels dans de l'argile fine, les fait cuire au four pour les durcir, puis les dispose sur une plaque de fer enduite d'un mélange de résine de pin, de cire et de cendres de papier. En chauffant la plaque, les caractères s'y ancrent solidement ; une fois refroidie, la surface est prête pour l'impression. Après tirage, un nouveau chauffage libère les caractères pour être réutilisés indéfiniment.

Le savant Shen Kuo décrit en détail l'invention de Bi Sheng dans son encyclopédie rédigée vers 1088 — environ quarante ans après la mort de l'artisan. Il rapporte que les caractères en terre cuite de Bi Sheng furent conservés précieusement par ses propres neveux après le décès de l'inventeur. Ce témoignage direct est la seule source contemporaine qui nous soit parvenue sur cet homme du commun devenu pionnier de la communication écrite.

Bi Sheng organise ses milliers de caractères avec une rigueur d'ingénieur : il les range dans des boîtes en bois compartimentées selon leur catégorie phonétique, notant sur chaque casier la famille de signes qu'il contient. Pour les caractères très fréquents, il en fabrique plusieurs dizaines d'exemplaires identiques à l'avance. Cette logistique anticipe de quatre siècles les casiers à caractères des imprimeries européennes de la Renaissance.

La difficulté du système de Bi Sheng tient à la richesse de l'écriture chinoise : là où l'alphabet latin ne compte que quelques dizaines de lettres, l'écriture des Song mobilise des milliers de caractères différents. Bi Sheng doit fabriquer et stocker des centaines de doubles pour les signes les plus courants, ce qui explique que la xylographie — impression sur planches de bois gravées — reste dominante en Chine malgré son invention révolutionnaire.

Gutenberg invente sa presse à caractères métalliques vers 1450 en Europe, soit quatre siècles après Bi Sheng. L'historien britannique Joseph Needham a mis en lumière au XXe siècle la priorité chinoise dans son monumental ouvrage 'Science and Civilisation in China', soulignant que des systèmes similaires furent ensuite développés en Corée avec des caractères en bronze dès le XIIIe siècle, dans la continuité directe de l'innovation de Bi Sheng.

Sources primaires

Mengxi Bitan (梦溪笔谈 — Rêves des ruisseaux et des étangs) de Shen Kuo, chapitre 18, paragraphe 307 (vers 1088)
Durant le règne de Qingli, un homme du commun nommé Bi Sheng inventa l'impression à caractères mobiles. Son procédé consistait à tailler des caractères dans de l'argile fine, aussi minces qu'un bord de pièce de monnaie, et à les faire cuire au feu pour les durcir. Il préparait une plaque de fer enduite d'un mélange de résine de pin, de cire et de cendres de papier. Lorsqu'il voulait imprimer, il plaçait une armature de fer sur la plaque, disposait les caractères serrés, puis chauffait le tout ; dès que le mélange fondait, il pressait une planche plate contre les caractères pour les égaliser, et l'impression était parfaitement régulière.
Mengxi Bitan, paragraphe 307, suite — conservation des caractères après la mort de Bi Sheng (vers 1088)
Pour les caractères peu usités, on les fabrique sur commande, et on peut les obtenir en un instant. Quand il ne servait pas à imprimer, on rangeait chaque type dans sa case. Après la mort de Bi Sheng, ses caractères en terre cuite furent recueillis par mes neveux, qui les conservent encore à ce jour.

Lieux clés

Huanggang, Hubei (湖北黄冈)

Ville du centre de la Chine identifiée comme le lieu d'origine probable de Bi Sheng. Un musée de l'imprimerie à caractères mobiles lui est aujourd'hui consacré, et la ville revendique activement cet héritage dans le cadre du patrimoine technique mondial.

Kaifeng / Bianjing (开封/汴京)

Capitale de la dynastie Song du Nord, métropole d'environ un million d'habitants et centre du commerce du livre imprimé. C'est dans cette ville bouillonnante que les techniques d'impression connaissent leur plus grand essor sous les Song.

Jardin de Mengxi, Zhenjiang (梦溪园, 镇江)

Propriété de retraite du savant Shen Kuo, où il rédige vers 1088 le Mengxi Bitan — seule source écrite sur l'invention de Bi Sheng. C'est ici que les neveux de Shen Kuo conservaient précieusement les caractères en terre cuite hérités de l'inventeur.

Liens externes & ressources

Œuvres

Système d'impression à caractères mobiles en terre cuite (活字印刷术)

vers 1040

Procédé de fixation par adhésif thermique

vers 1040

Système de double-plateau en alternance

vers 1040

Classification phonétique des caractères pour l'imprimerie

vers 1040

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