Artisan et inventeur chinois du XIe siècle, Bi Sheng est l'inventeur de l'imprimerie à caractères mobiles en terre cuite vers 1040, sous la dynastie Song. Son invention précède de quatre siècles celle de Gutenberg en Europe.
Bi Sheng(990 — 1052)
Bi Sheng
dynastie Song du Nord
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Vers 1040 : invention des caractères mobiles en terre cuite sous la dynasty Song du Nord
- Sa technique est décrite par Shen Kuo dans le 'Mengxi Bitan' (vers 1088)
- Les caractères étaient fabriqués en argile cuite et fixés sur une plaque de résine pour l'impression
- Son invention précède de quatre siècles la presse de Gutenberg (vers 1450) en Europe
- Les caractères mobiles en bois puis en métal furent développés après lui en Asie orientale
Œuvres & réalisations
Invention consistant à graver des caractères individuels sur des cubes d'argile cuite, à les composer sur une plaque de fer et à les réutiliser après impression. Premier système de caractères mobiles documenté au monde, il précède l'invention de Gutenberg de quatre siècles et pose le principe fondamental de toute typographie moderne.
Innovation technique consistant à fixer les caractères mobiles sur une plaque de fer à l'aide d'un mélange de résine, cire et cendres chauffé puis refroidi. Ce procédé réversible permet de composer une page, d'imprimer, puis de récupérer intacts les caractères — principe central de l'imprimerie à caractères mobiles.
Méthode de productivité documentée par Shen Kuo : Bi Sheng travaille simultanément avec deux plaques de fer. Pendant que l'une refroidit et sert à l'impression, il compose la page suivante sur la seconde — une organisation du travail qui double le rendement de l'atelier.
Système de rangement des milliers de caractères en terre cuite dans des casiers étiquetés par catégorie phonétique (rime), permettant à l'imprimeur de retrouver rapidement le signe voulu. Cette innovation organisationnelle est aussi importante que la technique elle-même pour rendre le système utilisable en pratique.
Anecdotes
Vers 1040, Bi Sheng met au point une méthode révolutionnaire : il taille des caractères individuels dans de l'argile fine, les fait cuire au four pour les durcir, puis les dispose sur une plaque de fer enduite d'un mélange de résine de pin, de cire et de cendres de papier. En chauffant la plaque, les caractères s'y ancrent solidement ; une fois refroidie, la surface est prête pour l'impression. Après tirage, un nouveau chauffage libère les caractères pour être réutilisés indéfiniment.
Le savant Shen Kuo décrit en détail l'invention de Bi Sheng dans son encyclopédie rédigée vers 1088 — environ quarante ans après la mort de l'artisan. Il rapporte que les caractères en terre cuite de Bi Sheng furent conservés précieusement par ses propres neveux après le décès de l'inventeur. Ce témoignage direct est la seule source contemporaine qui nous soit parvenue sur cet homme du commun devenu pionnier de la communication écrite.
Bi Sheng organise ses milliers de caractères avec une rigueur d'ingénieur : il les range dans des boîtes en bois compartimentées selon leur catégorie phonétique, notant sur chaque casier la famille de signes qu'il contient. Pour les caractères très fréquents, il en fabrique plusieurs dizaines d'exemplaires identiques à l'avance. Cette logistique anticipe de quatre siècles les casiers à caractères des imprimeries européennes de la Renaissance.
La difficulté du système de Bi Sheng tient à la richesse de l'écriture chinoise : là où l'alphabet latin ne compte que quelques dizaines de lettres, l'écriture des Song mobilise des milliers de caractères différents. Bi Sheng doit fabriquer et stocker des centaines de doubles pour les signes les plus courants, ce qui explique que la xylographie — impression sur planches de bois gravées — reste dominante en Chine malgré son invention révolutionnaire.
Gutenberg invente sa presse à caractères métalliques vers 1450 en Europe, soit quatre siècles après Bi Sheng. L'historien britannique Joseph Needham a mis en lumière au XXe siècle la priorité chinoise dans son monumental ouvrage 'Science and Civilisation in China', soulignant que des systèmes similaires furent ensuite développés en Corée avec des caractères en bronze dès le XIIIe siècle, dans la continuité directe de l'innovation de Bi Sheng.
Sources primaires
Durant le règne de Qingli, un homme du commun nommé Bi Sheng inventa l'impression à caractères mobiles. Son procédé consistait à tailler des caractères dans de l'argile fine, aussi minces qu'un bord de pièce de monnaie, et à les faire cuire au feu pour les durcir. Il préparait une plaque de fer enduite d'un mélange de résine de pin, de cire et de cendres de papier. Lorsqu'il voulait imprimer, il plaçait une armature de fer sur la plaque, disposait les caractères serrés, puis chauffait le tout ; dès que le mélange fondait, il pressait une planche plate contre les caractères pour les égaliser, et l'impression était parfaitement régulière.
Pour les caractères peu usités, on les fabrique sur commande, et on peut les obtenir en un instant. Quand il ne servait pas à imprimer, on rangeait chaque type dans sa case. Après la mort de Bi Sheng, ses caractères en terre cuite furent recueillis par mes neveux, qui les conservent encore à ce jour.
Lieux clés
Ville du centre de la Chine identifiée comme le lieu d'origine probable de Bi Sheng. Un musée de l'imprimerie à caractères mobiles lui est aujourd'hui consacré, et la ville revendique activement cet héritage dans le cadre du patrimoine technique mondial.
Capitale de la dynastie Song du Nord, métropole d'environ un million d'habitants et centre du commerce du livre imprimé. C'est dans cette ville bouillonnante que les techniques d'impression connaissent leur plus grand essor sous les Song.
Propriété de retraite du savant Shen Kuo, où il rédige vers 1088 le Mengxi Bitan — seule source écrite sur l'invention de Bi Sheng. C'est ici que les neveux de Shen Kuo conservaient précieusement les caractères en terre cuite hérités de l'inventeur.
Objets typiques

Petits cubes d'argile fine sur lesquels Bi Sheng grave en relief un caractère chinois avant de les faire cuire au four. Selon Shen Kuo, chaque caractère est aussi fin qu'un bord de pièce de monnaie — une prouesse de miniaturisation artisanale.

Surface métallique rectangulaire sur laquelle sont disposés les caractères pour former une page. Sa robustesse permet de la chauffer et de la refroidir à répétition sans se déformer, garantissant la régularité des impressions successives.

Substance composée de résine de pin, de cire d'abeille et de cendres de papier, appliquée sur la plaque de fer. Chauffée, elle devient souple et fixe les caractères ; refroidie, elle les maintient rigides et parfaitement alignés pour l'impression.

Cadre rectangulaire posé sur la plaque de fer pour délimiter la surface à imprimer et maintenir groupés les caractères mobiles lors de la composition — ancêtre direct du châssis des presses européennes.

Boîtes compartimentées dans lesquelles Bi Sheng classe ses milliers de caractères par catégorie phonétique (rime/ton). Un système d'étiquetage permet de retrouver rapidement le signe voulu parmi plusieurs milliers de cubes identiques en apparence.

Encre noire épaisse et grasse fabriquée à partir de suie de pin mélangée à un liant huileux. Elle adhère parfaitement aux reliefs en terre cuite et se transfère avec netteté sur le papier ou la soie sous pression.

Four artisanal utilisé pour cuire les caractères en argile fraîche et les transformer en céramique dure et réutilisable. La maîtrise de la cuisson est essentielle : une température insuffisante fragilise les caractères, excessive elle les déforme.
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Vie quotidienne
Matin
Bi Sheng commence sa journée avant l'aube dans son atelier d'artisan. Il allume le four pour chauffer les nouvelles pièces d'argile et prépare son mélange adhésif de résine et de cire. Il passe ensuite à la composition : parcourant ses casiers en bois, il extrait un à un les caractères nécessaires au texte du jour et les dispose dans l'armature de fer, serrant les cubes les uns contre les autres avec soin.
Après-midi
L'après-midi est consacré à l'impression proprement dite. Bi Sheng chauffe la plaque garnie de caractères, presse la surface pour égaliser les reliefs, encre les types et imprime plusieurs exemplaires de la même page. Pendant que la première plaque refroidit, il compose déjà la suivante sur la seconde — un rythme d'alternance qui maximise le rendement de l'atelier.
Soir
Le soir, Bi Sheng récupère les caractères des plaques refroidies, les nettoie et les remet dans leurs casiers respectifs. Il grave de nouveaux cubes d'argile pour remplacer les pièces abîmées ou compléter ses séries de signes fréquents, avant de les enfourner pour la cuisson nocturne. La journée se clôt sur ce geste de maintenance que tout imprimeur répète inlassablement.
Alimentation
Sous les Song du Nord, un artisan comme Bi Sheng consomme principalement du riz, du millet et des nouilles, accompagnés de légumes saisonniers sautés, de tofu et, plus occasionnellement, de poisson ou de porc. Le thé, boisson nationale sous les Song et objet d'une véritable culture raffinée à cette époque, accompagne chaque pause de sa journée de travail.
Vêtements
Bi Sheng porte les vêtements d'un homme du commun sous les Song : une longue tunique (changpao) en coton ou en lin de couleur sobre — bleu indigo, gris ou brun — fermée par des boutons de tissu noués, et des sandales de chanvre tressé. Un tablier de cuir ou de toile épaisse le protège des taches d'encre et des projections lors de la manipulation des plaques chauffées.
Habitat
Bi Sheng vit probablement dans une maison à cour intérieure modeste dans un quartier artisanal de la ville, avec un espace de vie familial et un atelier attenant. Le four à céramique, indispensable à son travail, occupe une place centrale dans la cour. Les rues du quartier des artisans sont animées de bruits de marteaux et d'odeurs de résine chaude, formant une communauté soudée de métiers complémentaires.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Système d'impression à caractères mobiles en terre cuite (活字印刷术)
vers 1040
Procédé de fixation par adhésif thermique
vers 1040
Système de double-plateau en alternance
vers 1040
Classification phonétique des caractères pour l'imprimerie
vers 1040






