Ekaterina Vorontsova-Dachkova(1743 — 1810)
Catherine Dachkov
Empire russe
6 min de lecture
Aristocrate russe lettrée, proche de Catherine II, elle joua un rôle dans le coup d'État de 1762. Première femme à diriger l'Académie des sciences de Russie, elle fonda l'Académie impériale russe consacrée à la langue.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Née en 1743 à Saint-Pétersbourg dans la haute aristocratie russe (famille Vorontsov)
- Participe au coup d'État de 1762 qui porte Catherine II sur le trône
- Nommée en 1783 directrice de l'Académie impériale des sciences de Russie, fait rare pour une femme
- Fonde en 1783 l'Académie russe, vouée à l'étude et à la codification de la langue russe
- Meurt en 1810 après avoir laissé des Mémoires sur la cour de Catherine II
Œuvres & réalisations
Première femme à diriger une académie scientifique nationale ; elle assainit ses finances et relança ses publications.
Institution consacrée à l'étude et à la défense de la langue russe, dont elle fut la première présidente.
Premier grand dictionnaire explicatif du russe, conçu sous sa direction et organisé par racines de mots.
Périodique académique qu'elle lança pour diffuser textes littéraires et travaux savants en russe.
Récit autobiographique précieux sur la cour de Catherine II et le coup d'État de 1762, source historique de premier plan.
Œuvres variées illustrant la curiosité d'une femme des Lumières, à l'aise en musique comme en lettres.
Anecdotes
En 1762, à seulement dix-neuf ans, Catherine Dachkov participe au complot qui renverse l'empereur Pierre III pour porter Catherine II sur le trône. Comble du paradoxe : sa propre sœur, Élisabeth Vorontsova, était alors la favorite de l'empereur déchu. La famille se trouvait ainsi déchirée des deux côtés du coup d'État.
Lors de ses voyages en Europe, la princesse rencontre Diderot à Paris en 1770 et passe des soirées entières à débattre de philosophie, de servage et de politique avec lui. Le philosophe, séduit par son intelligence, laissa un portrait admiratif d'elle dans ses écrits. Elle rendit aussi visite à Voltaire dans sa retraite de Ferney.
En 1783, Catherine II la nomme directrice de l'Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg : elle devient ainsi la première femme au monde à diriger une académie scientifique nationale. Une charge tout à fait exceptionnelle pour une femme au XVIIIe siècle.
La même année, elle fonde et préside l'Académie russe, consacrée à la langue. Sous sa direction, l'institution publie le premier grand dictionnaire de la langue russe, dont les mots sont rangés par racines plutôt que par ordre alphabétique, une méthode originale pour l'époque.
À la mort de Catherine II en 1796, le nouvel empereur Paul Ier, qui détestait l'entourage de sa mère, la démet brutalement de toutes ses fonctions et l'exile dans un village reculé du Nord. Elle ne put rentrer qu'après l'avènement d'Alexandre Ier en 1801.
Sources primaires
Rédigés en français à la fin de sa vie à la demande de son amie irlandaise Martha Wilmot, ces mémoires racontent de l'intérieur le coup d'État de 1762, la cour de Catherine II et la direction des deux académies.
Premier dictionnaire explicatif de la langue russe, réalisé sous la présidence de Dachkov, qui recense près de 43 000 mots organisés par racines étymologiques.
Les lettres échangées avec l'impératrice témoignent de leur amitié intellectuelle puis de ses refroidissements, ainsi que des questions d'administration des académies.
Catherine et Martha Wilmot, hôtes de la princesse dans son domaine de Troïtskoïé, décrivent sa vie quotidienne, son caractère et ses récits sur la cour de Russie.
Lieux clés
Capitale impériale où elle naît en 1743 et où elle dirige les deux académies, au cœur du pouvoir de Catherine II.
Ancienne capitale où elle meurt en 1810 et à laquelle elle lègue ses collections scientifiques.
Sa propriété rurale près de Kalouga, où elle se retira, reçut ses amies les sœurs Wilmot et dicta ses mémoires.
Étape de ses voyages où elle rencontra Diderot et fréquenta les milieux des Lumières.
Ville où son fils étudia à l'université et où elle côtoya les penseurs des Lumières écossaises.
Domaine suisse de Voltaire, qu'elle visita lors de son tour d'Europe.
Liens externes & ressources
Voir aussi
Personnages liés

Anne Thérèse de Marguenat de Courcelles, marquise de Lambert

Philippe II d'Orléans

Antoine François de Fourcroy
1755 — 1809

Benjamin Franklin
1706 — 1790

Fontenelle
1657 — 1757

Louis-Bernard Guyton de Morveau
1737 — 1816
