Empousa

Empousa

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MythologieSpiritualitéReligieux/seAvant J.-C.Mythologie grecque archaïque et classique — tradition orale et écrite attestée dès le VIe siècle avant J.-C.

Créature démoniaque de la mythologie grecque, servante d'Hécate. Dotée d'une jambe de bronze et d'une jambe d'âne, elle se métamorphose pour séduire les voyageurs solitaires avant de les dévorer.

Questions fréquentes

Empousa est une créature démoniaque de la mythologie grecque, servante de la déesse Hécate. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle incarne la peur nocturne des voyageurs : dotée d'une jambe de bronze et d'une jambe d'âne, elle se métamorphose en belle femme, en vache ou en chien pour attirer les hommes seuls avant de les dévorer. Son nom viendrait du grec empodizô, « mettre une entrave, bloquer le chemin » — elle se postait aux carrefours, lieux sacrés d'Hécate, pour intercepter les passants imprudents. Moins une simple légende qu'un véritable outil d'éducation dans l'Antiquité : les mères grecques menaçaient leurs enfants désobéissants de l'arrivée d'Empousa.

Faits marquants

  • Empousa est mentionnée par Aristophane dans Les Grenouilles (405 av. J.-C.), ce qui atteste son ancienneté dans la tradition grecque
  • Elle possède une jambe de bronze et une jambe d'âne, marques de sa nature hybride et surnaturelle
  • Elle est associée au cortège d'Hécate, déesse des carrefours, de la magie et des frontières entre les mondes
  • Elle se métamorphose en belle femme, en vache, en jument ou en chienne pour tromper ses victimes
  • Les Empousai forment parfois un groupe de créatures démoniaques envoyées par Hécate pour terroriser les mortels

Œuvres & réalisations

Les Grenouilles d'Aristophane (Βάτραχοι) (405 av. J.-C.)

Première représentation littéraire détaillée d'Empousa, où la créature terrifie Dionysos et Xanthias lors de leur descente aux Enfers. Cette comédie est la source principale de la description physique du monstre.

L'Assemblée des femmes d'Aristophane (Ἐκκλησιάζουσαι) (392 av. J.-C.)

Second témoignage comique attestant la notoriété d'Empousa dans l'imaginaire athénien du Ve siècle, où son nom sert de comparaison pour une apparence effrayante.

Vie d'Apollonios de Tyane de Philostrate (vers 220 ap. J.-C.)

Récit de la confrontation entre le philosophe Apollonios et une Empousa déguisée en femme à Corinthe. Ce texte assimile Empousa à la Lamia, enrichissant considérablement le mythe et sa postérité vampirique.

Papyrus Magiques Grecs (PGM) (IIe siècle av. J.-C. — IVe siècle ap. J.-C.)

Corpus de formules magiques mentionnant les créatures d'Hécate dont les Empusai. Ces textes témoignent du rôle réel qu'Empousa jouait dans la magie pratique de l'Antiquité tardive.

Lexicon d'Hésychios d'Alexandrie (Ve siècle ap. J.-C.)

Première définition lexicographique complète d'Empousa, transmettant ses caractéristiques physiques et son rôle mythologique aux générations byzantines et médiévales.

Lamia, poème de John Keats (1820)

Inspiré directement du récit de Philostrate sur l'Empousa de Corinthe, ce long poème romantique anglais illustre l'extraordinaire postérité du mythe d'Empousa dans la littérature européenne moderne.

Anecdotes

Dans la comédie d'Aristophane Les Grenouilles (405 av. J.-C.), Dionysos et son esclave Xanthias descendent aux Enfers et croisent soudain Empousa. La créature prend successivement l'apparence d'une vache, d'un mulet, d'une belle femme et d'un chien, semant la panique chez Dionysos qui tremble de peur. Xanthias, lui, garde son sang-froid et l'insulte jusqu'à la faire fuir — une scène comique qui montre que la ruse peut vaincre la terreur.

Le nom Empousa vient probablement du grec empodizô, « mettre une entrave, bloquer le chemin ». La créature se postait aux carrefours — lieux sacrés d'Hécate — pour intercepter les voyageurs nocturnes, surtout ceux qui rentraient seuls après les fêtes. Croiser une Empousa la nuit était considéré comme un présage de mort imminente.

Selon Philostrate (IIe siècle ap. J.-C.), le philosophe Apollonios de Tyane démasqua une Empousa déguisée en belle jeune femme à Corinthe : elle était sur le point d'épouser l'un de ses disciples. Apollonios la força à révéler sa vraie nature en la fixant du regard ; elle disparut en poussant un cri perçant. Cette scène inspira bien plus tard le poème Lamia de Keats.

Empousa appartenait à la suite nocturne d'Hécate, avec les Lamies et les Mormos. Ces créatures étaient envoyées sur Terre pour éprouver les mortels impurs ou punir ceux qui avaient offensé la déesse. Les mères grecques invoquaient la peur d'Empousa pour faire obéir leurs enfants : « Sois sage, ou Empousa viendra cette nuit ! »

La jambe de bronze d'Empousa est un détail énigmatique que les mythographes ont diversement interprété : signe de son origine divine, marque de son statut de créature hybride entre le monde des vivants et celui des morts, ou vestige d'une divinité pré-hellénique à moitié animale. Sa jambe d'âne, elle, la rattache aux créatures ctoniennes liées à Hécate.

Sources primaires

Aristophane, Les Grenouilles (Βάτραχοι) (405 av. J.-C.)
XANTHIAS : Je vois une bête monstrueuse, une Empousa ! Elle prend toutes les formes : elle est tantôt bœuf, tantôt mulet, tantôt belle femme, tantôt chienne.
Aristophane, L'Assemblée des femmes (Ἐκκλησιάζουσαι) (392 av. J.-C.)
Elle ressemble à une Empousa recouverte d'un cuir cramoisi, cela ne fait aucun doute.
Philostrate, Vie d'Apollonios de Tyane (Τὰ ἐς τὸν Τυανέα Ἀπολλώνιον) (vers 220 ap. J.-C.)
Apollonios déclara que la belle hôtesse n'était qu'une Empousa, que les hommes du commun appellent Lamie ou Strige ; ces créatures s'éprennent des plaisirs d'amour et recherchent la chair des hommes pour la dévorer.
Hésychios d'Alexandrie, Lexicon (Ve siècle ap. J.-C.)
Empousa : fantôme envoyé par Hécate, doté d'une jambe de bronze et d'une jambe d'âne, qui se métamorphose pour effrayer et tromper les mortels.
Souda (Σοῦδα), encyclopédie byzantine (Xe siècle ap. J.-C.)
Empousa est une créature d'Hécate capable de changer de forme à volonté ; on la dit dotée d'une seule jambe, ce qui signifie qu'elle n'est qu'à moitié présente dans le monde des vivants.

Lieux clés

Le Tartare et les Enfers (Hadès)

Demeure d'origine d'Empousa, les Enfers grecs sont le domaine dont Hécate l'envoie sur Terre pour éprouver ou punir les mortels. C'est là que Dionysos et Xanthias la croisent dans Les Grenouilles d'Aristophane.

Les carrefours nocturnes (triodoi) de Grèce

Les carrefours à trois voies étaient les lieux de prédilection d'Empousa, espaces de transition entre les mondes et domaine sacré d'Hécate. On y déposait la nuit des repas rituels pour conjurer ses créatures.

Corinthe (Κόρινθος)

Ville où, selon Philostrate, Apollonios de Tyane démasqua une Empousa déguisée en jeune femme sur le point d'épouser un de ses disciples. Corinthe était réputée pour ses cultes ésotériques et ses pratiques magiques.

Lagina (Λάγινα), sanctuaire d'Hécate

Grand sanctuaire d'Hécate en Carie (actuelle Turquie), centre du culte de la déesse dont Empousa est la servante. Des rites nocturnes y étaient célébrés en l'honneur d'Hécate et de son cortège démoniaque.

Éleusis (Ἐλευσίς)

Cité des grands mystères grecs où Hécate joue un rôle important comme guide de Perséphone aux Enfers. Le culte d'Hécate à Éleusis renforçait la croyance en ses créatures nocturnes, dont Empousa.

Voir aussi