Guillaume d'Ockham(1287 — 1349)

Guillaume d'Ockham

royaume d'Angleterre

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PhilosophieSpiritualitéPhilosopheThéologien(ne)Moyen ÂgeMoyen Âge tardif, XIVe siècle — apogée et crise de la scolastique universitaire

Guillaume d'Ockham est un philosophe, logicien et théologien anglais, figure majeure de la scolastique tardive et du courant nominaliste. Frère franciscain, il est célèbre pour le principe de parcimonie connu sous le nom de « rasoir d'Ockham ».

Questions fréquentes

Guillaume d'Ockham est un philosophe et théologien anglais du XIVe siècle, figure majeure de la scolastique tardive. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il est surtout connu pour le principe de parcimonie, appelé « rasoir d'Ockham », qui préfère les explications simples aux hypothèses superflues. Mais son apport va bien au-delà : il a développé un nominalisme radical, niant l'existence réelle des idées générales, et a contesté le pouvoir temporel des papes, ce qui l'a conduit à l'exil sous la protection de l'empereur Louis de Bavière.

Citations célèbres

« Pluralitas non est ponenda sine necessitate (Il ne faut pas multiplier les entités sans nécessité). »

Faits marquants

  • Né vers 1285 à Ockham, dans le Surrey en Angleterre.
  • Étudie et enseigne à l'université d'Oxford au début du XIVe siècle.
  • Convoqué en 1324 à Avignon pour examen de ses thèses jugées suspectes.
  • Prend parti dans la querelle de la pauvreté et se réfugie auprès de l'empereur Louis de Bavière en 1328.
  • Mort vers 1347, probablement à Munich, vraisemblablement de la peste noire.

Œuvres & réalisations

Commentaire des Sentences (Ordinatio et Reportatio) (vers 1317-1318)

Premier grand ouvrage où Ockham expose sa théologie et son nominalisme, niant l'existence réelle des universaux. Fondement de toute sa pensée.

Summa logicae (Somme de logique) (vers 1323)

Traité magistral de logique qui systématise sa théorie des termes et des signes. Œuvre de référence pour la logique médiévale tardive.

Quodlibeta septem (Sept questions quodlibétiques) (vers 1322-1325)

Recueil de débats libres abordant des questions variées de métaphysique et de théologie. Illustre la méthode de la dispute universitaire.

Opus nonaginta dierum (Œuvre des quatre-vingt-dix jours) (vers 1332)

Défense de la doctrine franciscaine de la pauvreté du Christ contre le pape Jean XXII. Texte polémique majeur de la querelle de la pauvreté.

Dialogus (Dialogue) (vers 1334-1347)

Vaste œuvre politique sur les limites du pouvoir pontifical et impérial, restée inachevée. Influence durable sur la pensée politique médiévale.

Breviloquium de principatu tyrannico (vers 1341-1342)

Bref traité dénonçant les prétentions des papes au pouvoir temporel absolu. Plaide pour la séparation des pouvoirs spirituel et civil.

Anecdotes

Étudiant à Oxford, Guillaume d'Ockham termina les lectures requises pour devenir maître en théologie, mais n'obtint jamais officiellement son titre : on le surnomma pour cela « l'Inceptor venerabilis » (le vénérable débutant). Ce surnom devint paradoxalement une marque de respect pour l'un des esprits les plus aiguisés de son temps.

Le fameux « rasoir d'Ockham » — l'idée qu'il ne faut pas multiplier les êtres sans nécessité — n'a jamais été formulé mot pour mot par Ockham lui-même. La phrase latine la plus connue lui fut attribuée plus tard, mais le principe de simplicité traverse bien toute son œuvre logique.

Accusé d'hérésie, Ockham fut convoqué en 1324 à Avignon, devant la cour du pape Jean XXII, pour défendre ses thèses. Pendant près de quatre ans, une commission examina ses écrits sans jamais prononcer de condamnation définitive.

En 1328, mêlé à la querelle sur la pauvreté des franciscains, Ockham s'enfuit nuitamment d'Avignon avec le ministre général de son ordre et gagna l'empereur Louis de Bavière. La légende rapporte qu'il aurait lancé à l'empereur : « Défends-moi par l'épée, je te défendrai par la plume. »

Excommunié pour avoir fui, Ockham passa la fin de sa vie à Munich sous la protection impériale, écrivant des traités politiques contestant le pouvoir temporel des papes. Il mourut probablement de la peste noire qui ravageait l'Europe en 1349.

Sources primaires

Summa logicae (Somme de logique) (vers 1323)
Il ne faut pas affirmer la pluralité sans nécessité ; ce qui peut se faire avec un petit nombre de principes se fait en vain avec un plus grand.
Commentaire des Sentences (Ordinatio) (vers 1317-1318)
Toute chose hors de l'âme est singulière par elle-même ; il n'existe aucune universalité réelle dans les choses, seulement des concepts et des signes.
Dialogus (Dialogue entre un maître et son disciple) (vers 1334-1347)
Le pouvoir du pape n'est pas tel qu'il puisse à son gré ôter aux fidèles leurs droits et leurs libertés.
Opus nonaginta dierum (Œuvre des quatre-vingt-dix jours) (vers 1332)
Le Christ et les apôtres n'ont rien possédé en propre ni en commun, vivant de l'usage simple des choses nécessaires.

Lieux clés

Ockham (Surrey, Angleterre)

Village qui donna son nom au philosophe et lieu présumé de sa naissance vers 1287. Une église médiévale y subsiste encore.

Université d'Oxford

Centre intellectuel où Ockham étudia et commenta les Sentences, élaborant sa logique et son nominalisme. Il y forma sa réputation de penseur redoutable.

Couvent franciscain de Londres (Greyfriars)

Maison de l'ordre des frères mineurs où Ockham poursuivit l'enseignement après Oxford. Les franciscains y débattaient théologie et philosophie.

Palais des Papes d'Avignon

Siège de la papauté où Ockham fut convoqué en 1324 pour répondre des accusations d'hérésie. Il y résida sous surveillance avant sa fuite de 1328.

Munich (Bavière)

Refuge d'Ockham sous la protection de l'empereur Louis de Bavière, où il rédigea ses traités politiques. Il y mourut vers 1349, probablement de la peste.

Voir aussi