Moine bouddhiste japonais du XIIIe siècle, fondateur de l'école Sōtō du zen au Japon. Après un séjour en Chine, il enseigne la pratique de la méditation assise (zazen) et rédige le Shōbōgenzō, œuvre majeure de la pensée bouddhiste.
Dogen
Dogen
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Étudier la Voie, c'est s'étudier soi-même. S'étudier soi-même, c'est s'oublier soi-même.»
Faits marquants
- Né en 1200 à Kyoto, dans l'aristocratie japonaise.
- Voyage en Chine en 1223 où il reçoit l'enseignement du maître Rujing dans la tradition Caodong (Sōtō).
- De retour au Japon vers 1227, il introduit et structure l'école Sōtō du zen.
- Rédige le Shōbōgenzō (« Le Trésor de l'œil de la vraie Loi »), son œuvre maîtresse.
- Fonde le temple Eihei-ji en 1244 ; meurt en 1253.
Œuvres & réalisations
Recueil d'une centaine de textes rédigés en japonais, considéré comme l'une des œuvres philosophiques et religieuses majeures de l'histoire du Japon.
Premier texte de Dōgen à son retour de Chine, manuel concis exposant la posture et l'esprit de la méditation assise.
Traité faisant de la préparation des repas une pratique spirituelle à part entière, exemple de l'attention portée aux gestes du quotidien.
Ensemble de règles organisant la vie communautaire à Eihei-ji, du lever aux repas en passant par les cérémonies.
Court recueil de conseils destinés aux disciples qui s'engagent dans la pratique du zen.
En implantant à Eihei-ji la lignée reçue de Rujing, Dōgen établit au Japon l'école Sōtō, l'une des grandes branches du zen encore vivante aujourd'hui.
Anecdotes
Devenu orphelin très jeune, Dōgen aurait été bouleversé en voyant la fumée de l'encens monter aux funérailles de sa mère : cette image de l'impermanence de toute chose l'aurait décidé à devenir moine vers l'âge de douze ans.
Jeune moine, Dōgen était tourmenté par une question : si tous les êtres possèdent déjà la nature de Bouddha, pourquoi faut-il s'entraîner et méditer ? Aucun maître japonais ne sut le satisfaire, ce qui le poussa à partir chercher la réponse en Chine.
En Chine, Dōgen aurait connu son éveil en entendant son maître Rujing réprimander un moine qui somnolait pendant la méditation, par la formule « corps et esprit dépouillés » (shinjin datsuraku). Cette expérience devint le cœur de son enseignement.
On raconte qu'au lieu de rapporter de Chine des soûtras précieux ou des reliques, Dōgen disait être revenu « les mains vides », ayant seulement compris que « les yeux sont horizontaux et le nez vertical » : l'éveil n'est rien d'autre que voir les choses telles qu'elles sont.
Dōgen attachait une importance spirituelle aux tâches les plus ordinaires : il écrivit tout un texte d'instructions pour le cuisinier du monastère (Tenzo kyōkun), affirmant que préparer le riz avec une attention totale valait autant que la méditation assise.
Sources primaires
Étudier la voie du Bouddha, c'est s'étudier soi-même. S'étudier soi-même, c'est s'oublier soi-même. S'oublier soi-même, c'est être éveillé par les dix mille choses.
Pensez à partir du fond de la non-pensée. Comment pense-t-on à partir du fond de la non-pensée ? Au-delà de la pensée. Voilà l'art essentiel du zazen.
Lorsque vous préparez le repas de la communauté, maniez ne serait-ce qu'une feuille de légume avec un soin sincère, comme s'il s'agissait de votre propre corps.
Le temps que l'on appelle « être-temps » signifie que le temps lui-même est l'être, et que tout être est le temps.
Lieux clés
Capitale impériale du Japon, où Dōgen serait né dans l'aristocratie et où il mourut en 1253.
Grand monastère de l'école Tendai surplombant Kyōto, où Dōgen reçut sa première formation monastique.
Monastère du Zhejiang où Dōgen étudia auprès de maître Rujing et connut l'éveil lors de son séjour dans la Chine des Song.
Premier monastère indépendant fondé par Dōgen près de Kyōto, où il entreprit la rédaction du Shōbōgenzō.
Monastère fondé par Dōgen en 1244 dans les montagnes de la province d'Echizen ; il reste aujourd'hui le grand temple-mère de l'école Sōtō.
Siège du gouvernement shogunal, où Dōgen séjourna brièvement en 1247 à l'invitation du régent Hōjō Tokiyori.
Objets typiques

Coussin rond et ferme sur lequel le pratiquant s'assoit pour le zazen, afin de garder le dos droit pendant de longues périodes immobiles.

Robe rectangulaire faite de pièces de tissu cousues ensemble, portée par-dessus l'épaule. Pour Dōgen, elle symbolise la transmission directe de l'enseignement du Bouddha.

Ensemble de bols emboîtés utilisés par les moines pour manger selon un rituel précis, sans gaspiller la moindre nourriture.

Planche de bois suspendue que l'on frappe avec un maillet pour rythmer la journée du monastère, notamment l'appel à la méditation.

Outils de calligraphie avec lesquels Dōgen rédigea son œuvre maîtresse en japonais plutôt qu'en chinois, choix rare pour un texte savant de l'époque.

Bâtonnets ou poudre brûlés lors des cérémonies et de la méditation. Sa fumée évanescente évoquait pour Dōgen l'impermanence de toute chose.
Programmes scolaires
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Vie quotidienne
Matin
La journée commençait avant l'aube : réveillé par le son de la planche frappée, Dōgen et ses moines se rendaient en silence à la salle de méditation pour une longue session de zazen. Suivaient les chants et offrandes matinales devant l'autel.
Après-midi
L'après-midi mêlait travail manuel (samu) et étude : entretien du monastère, jardinage, copie de textes ou enseignement aux disciples. Dōgen insistait pour que chaque tâche, même la plus humble, soit accomplie avec une pleine attention.
Soir
Le soir réunissait à nouveau la communauté pour le zazen et parfois pour une causerie du maître commentant un texte ou un kōan. Le coucher était précoce et silencieux, dans le respect strict de l'horaire monastique.
Alimentation
L'alimentation était végétarienne et frugale, à base de riz, de soupe de miso, de légumes et de céréales, conformément aux préceptes bouddhistes. Les repas se prenaient en silence, avec les bols ōryōki, sans rien gaspiller.
Vêtements
Dōgen portait la robe sombre des moines (kimono monastique) recouverte du kesa rapiécé, symbole de l'enseignement transmis. Le crâne était rasé et les pieds chaussés de simples sandales.
Habitat
Il vivait dans les bâtiments de bois sobres des monastères, d'abord près de Kyōto puis à Eihei-ji, dans les montagnes enneigées d'Echizen. Les moines dormaient et méditaient dans la salle commune (sōdō), sur de minces nattes.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Shōbōgenzō (Le Trésor de l'œil de la vraie Loi)
1231-1253
Fukan zazengi (Règles universelles pour la pratique du zazen)
vers 1227
Tenzo kyōkun (Instructions au cuisinier)
1237
Eihei Shingi (Règles monastiques d'Eihei)
vers 1246
Gakudō yōjinshū (Points de vigilance dans l'étude de la voie)
1234
Fondation de l'école Sōtō
à partir de 1244






