Dogen
Dogen
6 min de lecture
Moine bouddhiste japonais du XIIIe siècle, fondateur de l'école Sōtō du zen au Japon. Après un séjour en Chine, il enseigne la pratique de la méditation assise (zazen) et rédige le Shōbōgenzō, œuvre majeure de la pensée bouddhiste.
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Étudier la Voie, c'est s'étudier soi-même. S'étudier soi-même, c'est s'oublier soi-même. »
Faits marquants
- Né en 1200 à Kyoto, dans l'aristocratie japonaise.
- Voyage en Chine en 1223 où il reçoit l'enseignement du maître Rujing dans la tradition Caodong (Sōtō).
- De retour au Japon vers 1227, il introduit et structure l'école Sōtō du zen.
- Rédige le Shōbōgenzō (« Le Trésor de l'œil de la vraie Loi »), son œuvre maîtresse.
- Fonde le temple Eihei-ji en 1244 ; meurt en 1253.
Œuvres & réalisations
Recueil d'une centaine de textes rédigés en japonais, considéré comme l'une des œuvres philosophiques et religieuses majeures de l'histoire du Japon.
Premier texte de Dōgen à son retour de Chine, manuel concis exposant la posture et l'esprit de la méditation assise.
Traité faisant de la préparation des repas une pratique spirituelle à part entière, exemple de l'attention portée aux gestes du quotidien.
Ensemble de règles organisant la vie communautaire à Eihei-ji, du lever aux repas en passant par les cérémonies.
Court recueil de conseils destinés aux disciples qui s'engagent dans la pratique du zen.
En implantant à Eihei-ji la lignée reçue de Rujing, Dōgen établit au Japon l'école Sōtō, l'une des grandes branches du zen encore vivante aujourd'hui.
Anecdotes
Devenu orphelin très jeune, Dōgen aurait été bouleversé en voyant la fumée de l'encens monter aux funérailles de sa mère : cette image de l'impermanence de toute chose l'aurait décidé à devenir moine vers l'âge de douze ans.
Jeune moine, Dōgen était tourmenté par une question : si tous les êtres possèdent déjà la nature de Bouddha, pourquoi faut-il s'entraîner et méditer ? Aucun maître japonais ne sut le satisfaire, ce qui le poussa à partir chercher la réponse en Chine.
En Chine, Dōgen aurait connu son éveil en entendant son maître Rujing réprimander un moine qui somnolait pendant la méditation, par la formule « corps et esprit dépouillés » (shinjin datsuraku). Cette expérience devint le cœur de son enseignement.
On raconte qu'au lieu de rapporter de Chine des soûtras précieux ou des reliques, Dōgen disait être revenu « les mains vides », ayant seulement compris que « les yeux sont horizontaux et le nez vertical » : l'éveil n'est rien d'autre que voir les choses telles qu'elles sont.
Dōgen attachait une importance spirituelle aux tâches les plus ordinaires : il écrivit tout un texte d'instructions pour le cuisinier du monastère (Tenzo kyōkun), affirmant que préparer le riz avec une attention totale valait autant que la méditation assise.
Sources primaires
Étudier la voie du Bouddha, c'est s'étudier soi-même. S'étudier soi-même, c'est s'oublier soi-même. S'oublier soi-même, c'est être éveillé par les dix mille choses.
Pensez à partir du fond de la non-pensée. Comment pense-t-on à partir du fond de la non-pensée ? Au-delà de la pensée. Voilà l'art essentiel du zazen.
Lorsque vous préparez le repas de la communauté, maniez ne serait-ce qu'une feuille de légume avec un soin sincère, comme s'il s'agissait de votre propre corps.
Le temps que l'on appelle « être-temps » signifie que le temps lui-même est l'être, et que tout être est le temps.
Lieux clés
Capitale impériale du Japon, où Dōgen serait né dans l'aristocratie et où il mourut en 1253.
Grand monastère de l'école Tendai surplombant Kyōto, où Dōgen reçut sa première formation monastique.
Monastère du Zhejiang où Dōgen étudia auprès de maître Rujing et connut l'éveil lors de son séjour dans la Chine des Song.
Premier monastère indépendant fondé par Dōgen près de Kyōto, où il entreprit la rédaction du Shōbōgenzō.
Monastère fondé par Dōgen en 1244 dans les montagnes de la province d'Echizen ; il reste aujourd'hui le grand temple-mère de l'école Sōtō.
Siège du gouvernement shogunal, où Dōgen séjourna brièvement en 1247 à l'invitation du régent Hōjō Tokiyori.






